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LUCINDE à part.
Ce valer inconnu viendroit-il de la part
Du jeune homme qui m'a trouvé la voix si belle:
L'EPINE bas à Lucinde , la tirant à l'écart.

Pardon , rien qu'un mot à l'écart
N'est-ce pas vous, Mademoisello ,
Qu'on appelle Isabelle ?
LUCINDE. :

Non.
Je me pomme Lucinde.

L'EPINE.

Un moment, pour raison, ( Il se détourne , & lit le dessus d'un autre billet. A Lucinde. Prenez cette lettre en secret.

MELANIE.
De danser maintenant je n'ai plus le courage.

ISABELLE
Ni moi de rimer un coupler.

L'EPIN E à Mélanie à part.

Mademoiselle est, je le gage, La charmante Isabelle; oui, c'est vous en effet,

MELANIE. Non, je suis Mélanie.

L’EPINE à part.

Ah! Ventrebleu, j'enrage.

(bas à Mélanie.) Daignez recevoir ce billet. (Dans le temps qu'il donne pardevant une lettre à Mélanie , il en présente une autre , par derriére , à Ifa belle qui la reçoit.)

(à part.) Je respire à la fin. Chacune a son poulet

MELANIE'bas. Voyons ce qu'il m'écrit.

LUCIND E.

Sachons ce qu'il me mande:

IS. A BELLE. Inftruisons-nous à part de ce qu'il me demande:

(Chacune s'éloigne pour låre à l'écart , & n'être point apperçuë des autres.)

ISABELLE Nt. Ce matin , à onze heures précises , j'irai versifien avec vous. LEANDRE.

(après avoir li.) Ne nous éloignons point, l'heure approche déjà

( elle fort.2

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SCENE V I. LUCINDE,MELANIE, L'EPINE.

LUCINDE lit.
A Ttendez - moi sur les trois heures , je me rendrai

chez vous pour chanter ensemble un Duo.
(à part.) ;

LR ANDRE.
Le temps va me durer jusqu'à ce moment-là.

SCENE VII.
MELANIE, L'EPINE.

MELANIE lit. A Cinq heures sans faute, comprez fier moi. J'irai. . vous donner une leçon d'entrechats.

. . LEANDR B. (Après avoir avoir lll.) Ce mot réveille en moi la fureur de la danse ; Et je m'en vais l'attendre avec impatience.

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SCENE IX.
LEANDRE, L'EPINE.

LEANDRE.
Arle , à chacune, as-tụ remis ma lettre?

L'EPINE.
Oui, par l'effet d’up fortuné hazard,

Ou bien plutôt par un coup de mon art, Comme vous fouhaitiez, je viens de tout remetre.

LEANDRE.
N'as-tu point fait de qui pro quo

'B iiij.

Ne me déguise rien; je tremble.

L'EPINE. Non, quoiqu'elles fussent ensemble, Chaque soeur a reçu la sienne incognitò. Mais daignez, s'il vous plaît, m'éclaircir fur un

doute ?
Prétendez-vous , Monsieur, les aimer en trio?

LEANDRE.
Je ne sai.
L'EPINE.

Comment ?
LEANDRE.

Ecoute.
Je viens les voir ici pour la premiere foiso
Je veux les mieux connoître avant de faire un

choix ; Me fixer est d'ailleurs un pas que je redoute. Mon coeur est indécis , & mon esprit les goute

Egalement toutes les trois.

Une certaine împathie, Que font naître chez moi leurs charmes différens, Entr'elles tient mon ame, & mes desirs errans. Je veux & j'ai de quoi soutenir la partie. Comme je réunis en moi tous leurs calen's s ;

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