Images de page
PDF
ePub

son eau a la propriété de communiquer à la soie un lustre qu'on ne peut imiter ailleurs. Outre les forts, les châteaux & les places de guerre, cette province renferme huit fou ou villes du premier ordre , & cent deux du second & du troisieme. Dans une de ces cités, nommée Nan-y ang, on trouve une espece de serpent dont la peau est marquée de petites taches blanches; les Médecins Chinois la font tremper dans une fiole pleine de vin, & s'en servent ensuite comme d'un excellent remede pour la paralysie.

Le Ho-nan est borné au nord par les provinces de Petcheli & de Chan-Jl t au couchant par celle de Chen-fi, au midi par celle de Hou-quang, & au levant par celle de Çhan - tong.

Cai-fong-fou, qui en est la capitale , est située à deux lieues du fleuve Hoang-ho; mais son sol est si bas, que les eaux du fleuve font plus hautes que la ville.

Pour parer aux inondations, on y a construit de fortes digues qui occupent une étendue de plus de trente lieues. Cette ville ayant été assiégée en 1642, par une armée de cent mille rebelles qui avoient à leur tête un certain Lytchuang, le Commandant des troupes qu'on avoit envoyées au secours de la cité, conçut le fatal projet de n©yer les ennemis, en rompant la grande digue du Hoang-ho. Ce Général réussit dans son dessein; mais en même temps la yille sut submergée, & l'inondation sut si violente & si prompte, qu'il y périt trois cent mille habitans.

II paroît par les ruines qui subsistent, que Qai-fong avoit alors environ trois lieues de circuit : on l'a rétablie depuis ce triste événement; mais on ne lui a point rendu fa premiere magnificence. On n'y trouve aujourd'hui rien qui la

distingue distingue des cités ordinaires, excepté l'étendue de son ressort, qui comprend quatre villes du second ordre & trente du troisieme.

Kouei-te-fou a sous fa dépendance une ville du second ordre, & six du troisieme. Située dans une plaine vaste & fertile, & au milieu de deux grandes rivieres, il ne lui manque pour être opulente, que d'être plus marchande 6c plus peuplée; l'air y est pur, & l'on y mange des fruits excellens. Le caractere du peuple qui l'habite, est d'une douceur & d'une affabilité qui surprennent tous les Etrangers.

Tchang-te fou est une des villes les plus septentrionales de la province. On y remarque deux choses ; la premiere est un poisson de la figure du crocodile, dont la graisse est d'une nature si singuliere, que si on la brûle il n'est pas possible d'en éteindre la flamme; la seconde est une montagne voisine, dont le penchant est si rapide & de st difficile accès, que dans les temps de guerre, les habitans s'y résugient & y trouvent un íur asile contre la violence & les insultes des soldats. Cette ville compte dans son ressort une cité du second ordre, & six du troisieme.

Le territoire de Ouèi-kiun-fou & de Hoai-king-sou est très-fertile en simples & en plantes médicinales ; c'est tout ce qu'on y trouve de particulier. L'une & l'autre ont fous leur jurisdiction six villes du troisieme ordre.

Honan - fou est située au milieu des montagnes, & entre trois rivieres; les Chinois croyoient autrefois que cette ville étoit le centre de la terre, parce qu'elle est au milieu de leur Empire. Son ressort est fort étendu, car il contient Une ville du second ordre & treize du troisieme.

Une de ces villes, nommée Teng-fong-hien, est célebre

H

[merged small][ocr errors][merged small]

par la tour que le fameux Tcheou-kong y éleva pour observer les astres: on y voit encore un instrument dont il se servoit pour prendre l'ombre du midi, afin de connoître l'élévation du pôle. Cet Astronome vivoit plus de mille ans avant J. C. & les Chinois prétendent qu'il a été l'inventeur de la boussole.

Nan-yang-fou & Yu-ning-fou ont fous leur dépendance, l'une deux villes du second ordre & six du troisieme, & l'autre deux du second &c douze du troisieme ordre. On assure que dans la premiere les vivres font en si grande abondance, que des armées nombreuses y ont demeuré un temps considérable, fans que fes habitans s'apperçussent de la moindre disette. Les terres de la seconde ne font guere moins fertiles; c'est tout ce qu'on peut en dire de particulier.

ARTICLE VIII.

Province de Chan-tong.

CHAN-TONG est bornée à l'ouest par la province de Pe-icheli &c par une partie de celle de Ho-nan, au midi par celle de Kiang-nan , à l'orient par la mer orientale, & au nord par cette même mer &c par une partie de la province de Pe-tchdi. On la divise en six contrées, qui renferment six villes du premier ordre, & cent quatorze du second & du troisieme. On y trouve de plus quinze ou seize forts bâtis le long des côtes, plusieurs bourgades considérables par leur commerce, & un grand nombre de petites líles, dont la plupart ont des havres fort commodes pour les sommes Chinoises, qui de là passent aisément en Corée — ou dans le Leao-tong. JaZZn

Outre le grand canal Impérial qui traverse cette province, on y voit quantité de lacs, de ruiíseaux & de rivieres qui ne contribuent pas moins à l'embelliílèment qu'à la fécondité de ses campagnes; cependant elle a beaucoup à craindre de la séchereíse, parce qu'il y pleut rarement. Les sauterelles y causent auíli quelquefois de très-grands ravages. II n'est peut-être point de contrée ou le gibier soit plus commun, ni où les faisans, les perdrix & les cailles se donnent à meilleur marché; il est vrai que les habitans de cette province paílent pour les plus déterminés Chasseurs de tout l'Empire.

La riviere d'Yun, qu'on nomme autrement le canal Impérial, augmente beaucoup les richeíles de cette province. C'est par ce canal que doivent nécessairement passer toutes les barques du midi de la Chine, destinées pour Pe-king. Leur abord est si considérable, & elles transportent une telle quantité de marchandises 6c de denrées de toute espece, que les seuls droits acquittés sur ce canal, montent chaque année à plus de dix millions. Toutes ces barques passent du fleuve Jaune dans le canal Impérial à So-tsien, d'où elles vont à Tci-ngin & de là à Lin-tcin, où elles entrent dans là riviere Oei. Le défaut d'une quantité suffisante d'eau pour les grosses barques a nécessité la construction d'un grand nombre d'écluses, qu'on rencontre dans le cours de cette navigation. Les obstacles que la Nature opposoit à l'exécution de ce superbe canal, les fortes & longues digues qui le contiennent, ses rives décorées & souvent revêtues de pierres de taille, le mécanisme ingénieux

Province de Ckan-tong.

de ses écluses, tout en fait un objet d'étonnement pour les Voyageurs Européens ; ils y admirent le même génie qui a présidé à l'exécution de notre célebre canal de Languedoc.

Outre les vers à foie ordinaires, on trouve encore dans cette province une autre esspece d'infecte, assez semblables à nos chenilles, qui donnent à la vérité une foie plus grossiere, mais dont on fabrique des étoffes beaucoup plus fermes. Comme celles-ci font plus de durée, il s'en fait un grand débit dans toute la Chine.

C'est dans cette province qu'est né l'immortel Kong-futfé ou Confucius t le plus éclairé, le plus sage & peut-être celui des Philosophes qui ait le mieux mérité ce nom.

Tfi-nan-fou , capitale du Chan-tong , est située au midi de la riviere de TJîng- ho ou Tjì. Cette ville est grande & bien peuplée; mais ce qui la rend respectable aux Chinois, c'est qu'elle a été la résidence d'une longue suite de Rois, dont les tombeaux, élevés sur les montagnes voisines, forment un très-bel aspect.

Tjî-nan a sous fa dépendance quatre villes du second rang, & vingt-six du troisieme. Ces villes n'ont rien de particulier, excepté Yen-tching , où il fe fait une esspece de verre si délicat & si fragile, qu'il se rompt lorsqu'on l'expose aux moindres injures de l'air.

Yen-tcheou-fou s qui est la seconde ville de la province, est située entre deux rivieres; l'air y est doux & tempéré, & le séjour en est extrêmement agréable.

Le ressort de cette cité est très-étendu; elle a fous fa jurisdiction quatre villes du second ordre, & vingt-trois du troisieme. Une de ces villes, nommée Tçi-ning-tcheou, n'est inférieure à fa métropole, ni par fa grandeur, ni par

« PrécédentContinuer »