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la multitude de ses habitans, ni par la richefse de son commerce. Sa íituation sur le bord du grand canal y attire une foule de Négocians étrangers. Une autre non moins célebre, est Kio-feou, qui a donné naissance à Confucius: on y voit encore plusieurs monumens élevés en l'honneur de ce grand homme.

On assure que dans les environs d'une troisieme, on ramassoit autrefois beaucoup d'or, & c'est peut-être ce qui lui a fait donner le nom de Kin-kiang ou terre dorée.

Tong-tchang-fou a dans son ressort trois villes du second ordre, & quinze du troisieme. Lin-tçin-tcheou, située sur le grand canal, est la plus remarquable de ces cités; elle est l'abord de tous les vaisseaux , & , pour ainsi dire , le magasin général de toutes les marchandises qu'on peut désirer. Parmi les édifices qu'on y admire, est une tour octogone partagée en huit étages, dont les dehors, revêtus de porcelaine, font chargés de diverses figures artistement travaillées ; au dedans, les murs font incrustés de marbres de différentes couleurs : on a pratiqué dans l'épaiíseur du mur un escalier par lequel on monte à tous les étages, d'où l'on passe dans de superbes galeries ornées de balustres dorés. Toutes les corniches & les saillies de la tour font garnies de clochettes, qui, agitées par le vent, forment une harmonie assez agréable; le dernier étage renferme une idole à laquelle la tour est consacrée ; cette statue est de cuivre doré. Prè.s de cette tour, font quelques temples d'idoles d'une assez belle architecture.

La ville de Tfìn-tcheóu-fou n'est ni moins étendue, ni moins riche que la précédente. La principale branche de son commerce est le poisson; on y en pêche en si grande

Province de Chan-tor.g.

Province de Ckja-tong.

quantité, qu'on assure que le seul profit qu'on tire des peaux est considérable.

Les Auteurs de Relations rapportent qu'il s'engendre au ventre des vaches du pays, une pierre jaune, que les Chinois appellent pour cette raison nieou-hoang; elle est groíle comme un œuf d'oie, &c aussi fragile que le plus tendre crayon. Les Médecins, qui en font très-grand cas, prétendent qu'elle guérit les catarres &c les fluxions les plus invétérées. Cette ville a dans son ressort une ville du second ordre &c treize du troisieme.

Ten-tcheou-fou &c hai-tcheou-fou, qui sont les deux dernieres villes du premier ordre, ne font remarquables que par leur situation; elles ont chacune un havre fort commode, une garnison nombreuse, & plusieurs vaiíleaux armés qui défendent leurs côtes. Une ville du second ordre. & sept du troisieme relevent de la premiere; la seconde n'en compte que sept dans fa jurifdiction, dont deux sont du second ordre.

Province de Ckun-Ji,

ARTICLE IX.

Province de Chan-Ji.

A province de Chan-fi, qui est une des plus petites de l'Empire, est bornée au levant par celle de Pe-tchelit au sud par le Ho-nan t au couchant par le Chen-fi, & au nord par la grande muraille. Les Chinois disent que c'est dans cette province que les premiers habitans de ,1a Chine fixerent leur séjour. Le climat en est sain & agréable; la terre y est fertile; on y trouve du musc en abondance; quântité de porphyre, de marbre & de jaspe de diverses couleurs; la pierre d'azur y est très-commune, auíîi bien que les mines de fer, les salines & le cristal.

Parmi les montagnes dont cette province est couverte, il en est quelques-unes d'inhabitables & d'affreuses ; mais les autres font cultivées avec foin, & coupées en terraíses depuis le pied jusqu'à la cime, ce qui forme un très-bel aspect. On en trouve même pluíieurs, au sommet desquelles font de vastes plaines qui ne font pas moins fécondes que les plus riches campagnes.

Les habitans de cette province font robustes & civils, mais extrêmement ignorans ; les femmes ont la réputation d'être belles.

Cette province a des vignes, & le raiíin qu'on en recueille est le meilleur qui croiíse dans tcute cette partie de l'Afie. II feroit facile aux Chinois d'en fabriquer un très-bon vin; mais ils préferent de faire sécher ces raisins, qu'on transporte &. qu'on vend dans toutes les provinces de l'Empire. Ses montagnes lui fourniísent aussi une grande quantité de charbon de terre; les habitans pilent ce charbon, le détrempent ,& en forment des pains : cette substance a de la peine à s'enflammer; mais lorsqu'elle est embrasée, elle donne un feu trcs-vif & qui dure long-temps: on s'en sert spécialement pour chauffer les poêles, la plupart construits de briques comme en Allemagne; mais les Chinois donnent à ces poêles la forme de petits lits , sur lesquels ils íe couchent en effet pendant la nuit.

Le Chan-si ne comprend que cinq villes du premier ordre, & quatre-vingt-cinq du second &c du troisieme.

La capitale de la province s'appelle Tai-yuen-fou. Cette

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BB ville, qui est ancienne, a environ trois lieues de circuit; ^Province^ ma±s elle est bien déchue de l'état de splendeur où elle C an /. ^toit^ lorsque les Princes du Sang de la derniere famille Impériale, Tai-ming-tchao , y faifoient leur résidence; les palais qu'ils occupoient n'offrent plus qu'un amas de ruines &l de tristes débris. Les seuls monumens qui restent, font les sépultures de ces Princes, qu'on voit sur une montagne voisine. Ce lieu sunéraire est décoré avec magnificence; tous ces tombeaux font en marbre 011 en pierres de taille; ils font accompagnés d'arcs de triomphe , de statues de Héros, de différentes figures d'animaux, de lions, & surtout de chevaux: ces statues & ces figures font distribuées avec goût & symétrie. De vieilles forêts de cyprès, plantées en échiquier, &c auxquelles la hache n'a jamais touché, forment une sombre enceinte autour de ces tombeaux.

Tai-yuen-fou a dans fa dépendance cinq villes du second ordre, & vingt du troisieme. Ses principaux articles de commerce font des ouvrages &c des ustensiles en fer , différentes sortes d'étoffes, & en particulier des tapis en façon de Turquie.

Pin-yang-fou ne le cede à la capitale, ni par la bonté de son terroir, ni par l'étenduede son ressort, qui contient six villes du second ordre & vingt-huit du troisieme.

On trouve près de Ngan-y un lac dont l'eau est aussi ! salée que celle de la mer, & dont on tire une grande

quantité de sel.

Lou-ngan-fou n'a dans fa dépendance que huit villes du troisieme ordre ; mais elle est située dans un lieu agréable, &c presque à la source de la riviere de Tfo-tsang-ho.

Fuen-tcheourfou, ville ancienne & commerçante, est bâtie sur les bords de la riviere Fuen-ho; ses bains & ses fontaines, presque bouillantes, y attirent un grand nombre d'Étrangers, ce qui la rend très-opulente. Une ville du second ordre & sept du troisieme forment tout son district.

Tai-tong-sou est une place de guerre, bâtie près de la grande muraille. Sa situation la rend importante, parce que c'est le seul endroit exposé aux excursions des Tartares; elle est d'ailleurs bien fortifiée , & les troupes qu'on y entretient pour fa défense, forment une nombreuse garnison. Le territoire de cette ville abonde en pierres d'azur ôc en herbes médicinales; on y trouve aussi une espece particuliere de jaspe, nommé yu-che , qui a la blancheur & l'éclat de l'agate. Le marbre & le porphyre y sont communs, & le commerce des peaux qu'on y prépare est d'un très-grand revenu. La jurifdiction de Tai-tong-fou est assez étendue, elle comprend quatre villes du second ordre &. sept du troisieme.

ARTICLE X.

Province de Chen-fì.

Cette province est divisée en deux parties, l'une orientale, & l'autre occidentale; elle contient huit fou ou villes du premier ordre, & cent six du second & du troisieme. Elle est bornée à l'orient par le Hoang-ho, qui la sépare du Chan-fi; au midi, par les provinces de Se-tchuen & de Houquang; au nord, par la Tartarie & la grande muraille, & à l'occident, par la Tartarie Mongole. Le Chen-Ji est une des plus vastes provinces de TEmpirej

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