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Cette province passe pour une des plus fertiles & des plus opulentes de la Chine, & ses habitans ont la réputation d'être.courageux, robustes, affables, & fort amateurs des sciences, qu'ils cultivent avec succès. Ses rivieres, ses mines d'or, de cuivre & d'étain, son ambre, ses rubis, ses saphirs, ses agates, ses perles, ses pierres précieuses, son marbre, son musc, sa soie, ses éléphans, ses chevaux , ses gommes, ses plantes médicinales, & son lin, lui ont acquis une célébrité qui la rend respectable aux Chinois. Son commerce est immense, ainsi que ses richeíses qu'on dit être inépuisables.

Cette province a dans fa jurisdiction vingt-une villes du premier ordre, & cinquante-cinq du second & du troisieme.

Y un-nan-fou , qui en est la capitale, étoit autrefois remarquable par son étendue &t la beauté de ses bâtimens publics. On y voyoit des édifices superbes, de vastes jardins, des mausolées, des arcs de triomphe, & des places bien décorées; mais les Tartares ont détruit ces monumens dans leurs diverses invasions, & la ville n'est plus aujourd'hui qu'une cité fort ordinaire, ce qui n'empêche pas que le Gouverneur de la province n'y fasse fa résidence. Elle compte dans son ressort quatre villes du second ordre, &c sept du troisieme.

Comme on ne trouve rien de particulier dans les autres, nous ne ferons que les indiquer; leurs noms sont: Lingngan-fou, Ta-li-fou, Tchou-hiung-fou , Tchin-kiang-fou, King-tong-fou t Quang-nan-fou , Quang-si-fou t Chunning-fou, Ku-tfing-fou , Yao-ngan-sou , Ko-king-fou t Vou - ting -fou , Li - kiang -tou-fou , Yuen - kiang -fou , & Mong-hoa-fou. La sixieme, la septieme, la neuvieme, la quatorzieme, la quinzieme, & la seizième de ces villes, font fans jurisdiction. Toutes les autres ensemble ne comprennent dans leur ressort que vingt-une villes du second ordre, & seize du troisieme. I

Province d'YitA

ARTICLE XV.

Province de Koci-tcheou.

Cette province est une des plus petites de la Chine; elle a le Quang-fi au midi, le Hou-quang au levant, au nord le Se-tchuen , & le Y un-han au couchant. Tout le pays est presque inculte , & couvert de montagnes inaccessibles. Cette province est pour les Chinois, ce que la Sibérie est pour les Russes; les peuples qui l'habitent font des montagnards accoutumés à l'indépendance, & qui semblent former un corps de nation séparé ; ils ne font guere moins féroces que les animaux sauvages au milieu desquels ils vivent.

Les Mandarins & les Gouverneurs qu'on envoie dans cette province , font quelquefois des Grands disgraciés qu'on a quelque intérêt à conserver, soit à cause de leurs alliances, soit à cause des services qu'ils peuvent avoir rendus à l'Efat. On leur confie de nombreuses garnisons , pour contenir dans le devoir les naturels du pays; mais ces troupes ne suffisent pas, & la Cour désespere de pouvoir jamais réduire fous son joug ces indociles montagnards.

Elle renouvelle souvent ses tentatives pour les soumettre^ &. fait de temps en temps construire de nouveaux forts dans leur pays; mais ces peuples, qui n'ignorent pas ses desseins, se tiennent caches dans leurs montagnes, & n'en

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: sortent que pour détruire les ouvrages des Chinois, ou pour ravager leurs terres.

On ne fabrique dans cette contrée, ni étoffes de foie, ni toiles de coton ; mais il y croît une certaine herbe qui ressemble assez à notre chanvre, & dont on fait des habits d'été. On y trouve aufli des mines d'or, d'argent, de mercure & de cuivre, & c'est de ce dernier métal qu'on fait la petite monnoie qui a cours dans l'Empire.

Cette province contient dix villes du premier rang, dont Koei-yang est la capitale, & trente-huit du second 8c du troisieme. On prétend que Koei-yang étoit jadis la demeure d'anciens Rois : on y voit encore des restes de temples & de palais qui annoncent son ancienne splendeur; mais on néglige ces monumens, qui tombent & se détruisent insensiblement.

Les Chinois de cette province, plus occupés du foin de se défendre des entreprises des montagnards, que de conserver des débris, semblent ne faire aucun cas de ces précieuses ruines. Leurs maisons font bâties de terre & de briques, & la plupart de leurs villes ne font, pour ainsi dire, que des tas de chaumieres mal distribuées; les neuf autres cités font vS'e-tcheou, S'e~nan, Tchin-yuen, Che-tfïen , Tong-gin, Ngan-chan, Tou-yun , Ping-yuen , & Ouei-ning. ,

Quelques-unes de ces villes font situées sur le bord de rivieres agréables, & dans des vallées fertiles : on trouveroit même dans cette province une grande quantité de terres dont le produit feroit considérable, si elles étoient vivifiées par la culture ; mais la crainte qu'inípirent les montagnards*, retient les Chinois dans le voisinage des forteresses. Le Koeitcheou fournit les meilleurs chevaux de la Chine; on y éleve

d'immenses d'immenses troupeaux de vaches &: de cochons, & l'on y trouve par-tout des poules sauvages dont le goût est exquis. ^jl°eì-tlcau

En donnant la description des quinze provinces de la Chine, nous nous sommes contentés d'indiquer les principales villes qu'elles renferment. L'Auteur à'Yu le Grand & Confacius en a donné le nombre total, d'après le relevé qu'un habile Mandarin, dit-il, en a fait imprimer pour l'usage du Gouvernement. Quoique nous ne garantissions pas l'exa£titude de cette notice des villes & principaux Jnonumens de la Chine, nous croyons cependant qu'elle peut ici trouver fa place.

On compte quatre mille quatre cent deux villes murées, *qui se divisent en deux classes, les civiles & les militaires. La claíle des civiles en contient deux mille quarante-cinq, & celle des militaires deux mille trois cent cinquante-sept. Les civiles font encore divisées çp. trois ordres; savoir, cent soixante-quinze du premier rang, que les Chinois appellent fou , deux cent soixante-dix du second rang, qu'on nomme tcheou s &c cent soixante du troisieme, qui portent le titre à'hien.

Les villes militaires font distinguées en sept claíses; on en compte fix cent vingt-neuf de la premiere, cinq cent soixante de la seconde, trois cent onze de la troisieme, trois cents de la quatrieme, cent cinquante de la cinquieme, cent de la sixieme, & trois cents de la septieme. Quelques-unes de ces villes militaires servent à loger les soldats, auxquels on assigne dans le voisinage une certaine quantité de terres pour leur entretien. Les frontieres & les côtes font défendues par quatre cent trente-neuf châteaux, tenus en bon état &c très-bien fortifiés. On compte en outre, le long de ces

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mêmes côtes, deux mille neuf cent vingt bourgs, dont un grand nombre égale en grandeur & en population plufieurs villes murées. Quant aux bourgs &: aux villages répandus dans l'intérieur des terres , on assure qu'ils font innombrables , la plupart riches, commerçans, & bien peuplés.

Les établiísemens publics répondent à la grandeur & à l'étendue de l'Empire : on compte onze cent quarantecinq hospices Pioyaux, ou lieux de logement, destinés à Fusage des Mandarins , des Préfets des provinces, des Officiers de la Cour, des Courriers, & de tous ceux qui voyagent aux dépens dé l'Empereur. Les tours, les arcs de triomphe, & les autres monumens publics élevés à la gloire des bons Rois & à celle des Hommes illustres font au nombre de onze cent cinquante-neuf. Les vertus des femmes , comme celles des hommes ont droit à la Chine aux honneurs publics; on y voit deux cent huit monumens consacrés à la mémoire d'un certain nombre d'entre elles, qui, par leur modestie, leur pudeur, & leur attachement aux devoirs de leur sexe , ont mérité l'estime & la vénération de leurs concitoyens. Deux cent soixantedouze bibliotheques célebres font continuellement ouvertesauxSavans & aux Lettrés.; les gymnases ou colléges, établis, par Confuáus K & ceux qu'on a fondés en son honneur „ font aussi multipliés que les cités & les bourgs.

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