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les leurs. Ces vaisseaux, qu'ils nomment Tchouen, font appelés par les Portugais Soma ou Sommes. Les plus gros ne font pas au dessus du port de 150 ou 300 tonneaux, & leur longueur n'excede pas 80 à 90 pieds; ce ne font , à proprement parler , que des barques plates à deux mâts. La proue, qui est coupée & fans éperon, fe termine, dans la partie supérieure, par deux especes d'aîlerons ou cornes, d'une forme assez bizarre. La poupe est fendue par le milieu pour faire place au gouvernail, qui fe trouve renfermé dans une esspece de chambre qui Je met à l'abri des coups de mer. Ce gouvernail, large de cinq à six pieds , peut aisément s'élever & s'abaisser par le moyen d'un cable qui le soutient sur la poupe.

Les vaiíleaux Chinois n'çnt ni artimon, ni beaupré, ni mâts de hune. Toute leur mâture fe réduit au grand mât & à celui de mifene, auxquels ils ajoutent quelquefois un petit mât de perroquet, qui ne peut être que d'un foible secours. Le grand mât occupe à peu près la place du nôtre; le mât de mifene est fort sur l'avant. Celui-ci est à l'autre dans la proportion de deux à trois; & le grand mât a ordinairement plus des deux tiers de la longueur du vaisseau. Des nattes de bambou font la matiere des voiles Chinoises : elles font renforcées par des bambous entiers , couchés sur la largeur de la voile, à la distance d'un pied les uns des autres. Deux pieces de bois garnissent l'extrémité supérieure & inférieure de la voile; celle d'en haut sert de vergue; celle d'en bas, large d'un pied sur cinq à six pouces d'épaiíseur , contient la voile lorsqu'on veut la hiílèr ou l'amener. Ces sortes de voiles peuvent se déplier & fe replier comme I des feuilles de paravent. Les bâtimens Chinois ne font

dudejjin. nullfiment bons voiliers; ils tiennent cependant beaucoup mieux le vent que les nôtres, à raison de la roideur de leur voilure qui ne cede point au vent; mais ils perdent bientôt cet avantage par la dérive qu'occasionne leur construction vicieuse.

Les Chinois n'emploient point, comme nous, le goudron pour calfater leurs vaííleaux. Ils fe fervent d'une gomme particuliere mêlée avec la chaux, & cette composition est si bonne, qu'un ou deux puits à fond de cale suffisent pour tenir le vaisseau sec. Ils puisent l'eau avee des seaux, car ils n'ont pas encore jusqu'ici adopté l'ufage des pompes. Leurs ancres font faites d'un bois dur & pesant, qu'ils appellent Tié-lymou ou bois de fer. Ils prétendent que ces ancres font très-supérieures à celles de fer, parce que celles-ci font sujettes à se fausser, ce qui n'arrive point aux ancres de Tié-ly-mou.

Les Chinois entendent aílez bien la manœuvre, & font assez bons Pilotes côtiers; mais ils naviguent mal en pleine mer. Ce font les seuls Timonniers qui conduisent le vaisseau; ils mettent le cap sur le rumb qu'ils croient devoir suivre, & , sans s'inquiéter des mouvemens du navire, ils courent, pour ainsi dire, à l'aventure. Les Chinois prétendent avoir été les premiers inventeurs de la boussole; mais il paroît qu'ils se sont peu occupés du foin de perfectionner cette intéressante découverte.

La Chine ne s'est guere trouvée dans le cas de livrer des batailles navales que sur le Kiang, autour & près de ses côtes, ou dans le voisinage des iíles du Japon:

ausll auífi la construction de ses vaiíseaux de guerre n'annonce ■ 1 point qu'ils soient destinés à entreprendre des courses Anti**lfr lointaines, qu'ils ne pourroient soutenir. On distingue difFérentës especes de vaiíseaux de ce genre. Ceux qui font attachés à la marine de Canton font plus grands & plus, forts que ceux qu'on emploie dans la marine du Fo-kien: ceux-ci ne font construits qu'en bois de pins ou de sapins, au lieu que les vaiíseaux de Canton font tous en bois de fer. Dans un combat fur mer, ils résistent davantage &c servent mieux; mais ils font plus lourds & ne valent pas les autres pour la course. Ces vaiíseaux durent très-long-temps; les vers ne s'y mettent jamais. Quelques-uns font armés de canons. DES ARTICLES ET DES CHAPITRES
Contenus dans ce Volume.
Première Partie.

Le vaisseau de pojle est un navire fort en usage dans le Fo-kien. On cloue des bandes de bois de bambou sur ses côtés, pour qu'il résiste mieux à la lame. II tire six à sept pieds d'eau, & peut mettre à la voile par toute forte de temps. On s'en sert pour courir après les Pirates , & pour porter des nouvelles.

Le vaijseau à ouvrir les vagues ne tire que trois ou quatre pieds d'eau; fa proue est en pointe, & divise aisément les eaux. II porte un gouvernail, une voile &c quatre rames. II ne craint, dit-on, ni le vent, ni les vagues. II peut contenir depuis trente jusqu'à cinquante soldats.

Le bâtiment à courir fur le fable est ainsi nommé parce qu'il court sur les eaux qui ont très-peu de profondeur, II est plat en dessous, àc glisse sur le fable le long des côtes de la mer du Nord, qui est peu profonde. On n'en fait point usage dans les mers du Midi.

Hhhhh

Bâtiment à bec d'epervier. De tous les vaisseaux Chinois , c'est le plus prompt & le plus léger à la course. Comme fa proue & fa poupe font construits de la même maniere, il peut avancer ou reculer avec la même facilité , fans être obligé de virer de bord. Son tillac est défendu par deux especes de murailles , faites de planches de bambou, qui mettent à l'abri des traits les soldats & les rameurs.

Nous ne pousserons pas plus loin cette nomenclature: on sent qu'une flotte entiere de pareilles barques armées ne fe maintiendroit pas en présence de quelques vaisseaux de guerre Européens.

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