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MONSIEUR LE PREMIER PRÉSIDENT,

MESSIEURS, .

.

Dégagé des ombres qui l'enveloppaient, le principe de la souveraineté nationale apparaît aujourd'hui comme l'une des assises fondamentales des sociétés modernes. Telle est sa force d'expansion qu'il pénétrera tôt ou tard au sein des peuples même les plus réfractaires, pour les entraîner dans les voies de la démocratie et de la liberté. Sous son influence chaque jour grandissante, ils secoueront leurs vieilles superstitions, leurs préjugés invétérés et se prépareront une nouvelle jeunesse, plus virile et plus féconde que la première, participant dans une large mesure au gouvernement des affaires publiques. Con

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tenu dans ses justes et naturelles limites, ce principe n'offre rien qui doive éveiller de crain. tives alarmes, et, s'il consomme avec le passé une rupture définitive, il clòt à jamais l'ère des révolutions. Grâce à lui, grâce à ce bulletin de vote qui en est la forme matériellement sensible, toutes les revendications peuvent se produire pacifiquement. Le vou le plus humble, le plus chétif désir s'exprime, sans obstacle, sous la formule convenue, et il prévaudra le jour où la masse de la nation l'aura adopté. C'est là un mécanisme qui, pour être très-simple, n'en est pas moins exposé à des déviations. Il appartenait aux législateurs de le régulariser, de le protéger contre ses propres écarts. Mais la perfection, j'entends la seule possible, ne se réalise pas du premiercoup. Les institutions humaines ne reçoivent qu'avec le temps et progressivement les correctifs et les compléments qui leur sont indispensables. Chaque génération y laisse les traces de son passage en y déposant les semences précieuses que les générations suivantes feront fructifier. La transformation des mæurs amène, par un contrecoup nécessaire, celle des lois, et c'est une chose remarquable que le lien qui rattache les unes

Si

aux autres dans une sorte de mutuelle subordination.

Je me suis demandé si notre législation électorale, envisagée sous le côté répressif, répondait suffisamment à tous les besoins, et il m'a paru que, pour inaugurer la solennelle reprise de vos séances, un examen critique de quelques-unes de ses dispositions n'était pas indigne d'être soumis à vos méditations. C'est en vain que vous y chercheriez l'attrait séduisant d'une auvre littéraire. Mon dessein est plus modeste, et la satisfaction d'avoir entrepris un travail utile suffit à mon ambition.

Je n'avais pas, d'ailleurs, à hésiter. Ce sujet était proposé à mon libre choix par le Magistrat si affectueusement bienveillant qui dirige avec la distinction la plus rare l'action publique dans le ressort, et dont la sollicitude infatigable se porte tour à tour sur les parties diverses d'un service multiple avec le souci de les améliorer. Je n'ai pas tardé à sentir combien ses vues étaient hautes et tout ce que la sûreté de son coup d'ail lui avait permis de discerner.

J'ai aussi pensé qu'une légère esquisse de mieurs électorales ne serait pas dépourvue d'intérèt pour le Chef éminent de cette Compagnie, car

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