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déclara que

de la Belgique; et dans ce cas, loin de nous opposer à des demandes de crédit, nous augmenterons, s'il en est besoin, les moyens de coërcition, et nous ne négligerons rien pour assurer le triomphe de nos armées. (Bien! bien ! bravo!) »

Malgré ces explications, le'ministre de l'intérieur, se fondant surla diversité des opinions qui avaient été proclamées au sujet du budget de la guerre,

le gouvernement se voyait dans la nécessité d'apprendre de la Chambre si l'amendement de la section centrale avait ou n'avait pas un caractère de défiance, un caractère d'hostilité contre le ministère. Faute par la Chambre de faire à cet égard une réponse franche et catégorique, le ministre annonçait qu'il déposerait lui-même un amendement qui la mettrait en position de la donner. M. de Brouckere se récria sur la singularité d'une pareille interpellation, et ajouta que la Chambre n’a. vait pas à expliquer ses intentions; que chaque membre votait selon sa conscience, et sans dire les motifs de son vote; que si la Chambre adoptait l'amendement, c'était au ministère à interpréter celle décision comme il l'entendrait.

Ces paroles confirmèrent le ministère dans l'opinion qu'il fallait forcer la Chambre à sortir de sa réserve, et M. Rogier presenta un amendement portant que le budget de la guerre pour 1833 serait soumis à une révison lors du vote définitif du budget de l'état et ferait partie de la même loi. Cet amen-. dement ne préjugeait rien, mais venant du ministère , il tranchait le débat en sa faveur, si la Chambre l'accueillait. L'opposition persista de son côté à déclarer qu'elle n'allachait aucun sens hostile à l'amendement de la section centrale, qui fut admis après que celui du ministre de l'intérieur eul été rejeté par la question préalable, à une assez

forte majorité ( 45 voix contre 28). La loi fixant les dépenses du ministère de la guerre pour l'année à 66,433,000 fr. fut adoptée le lendemain å l'unanimité.

La Chambre ayant ainsi émis un vote dans lequel le ministère ne pouvait pas ne pas voir un de ces échecs qui sont un sigual de retraite, il donna sa démission. Le chef du parti ul

Ann. hist. pour 1833.

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tes! orts

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tra-catholique, M. de Theux, fut appelé à former un nouveau cabinet, mais ce qu'on avait déjà vu au mois de novembre dernier se renouvela, c'est-à-dire que dans cette majorité qui pour la seconde fois venait de se prononcer contre le système acluel, il fut impossible de trouver les élémens d'un autre ministère. Les ministres refusant, de leur côté, de rentrer en fonctions ou plutôt de reparaître dewant la Chambre des représentans, il ne restait plus que le parti d'en appeler aux électeurs. C'est ce qui eut lieu par un arrêté royal du 28 avril, en vertu duquel les colléges électoraux furent convoqués pour le 23 mai et les Chambres pour le 7 juin prochain.

Dans l'intervalle, des désordres plus ou moins graves éclatèrent à Gand, à Anvers et à Bruxelles. Des militaires, ayant jugé que les injures adressées au roi par les journaux à la solde de la Hollande passaicnt toutes les bornes , allèrent provoquer les rédacteurs dans leurs bureaux, se portèrent contre eux à des voies de fait, parcoururent les cafés et les estaminets pour déchirer les feuilles qui avaient encouru leur animadversion. Quels que fussent des excès des journaux orangistes, ils ne pouvaient certainement pas motiver cette justice aveugle et brutale du sabre, dans un pays où la connaissance des délits de la presse est dévolue au jury. Des collisions déplorables, des duels s'en suivirent : à Anvers la populace assaillit, dévasta des maisons appartenant à des partisans de la dynastie déchue et se rua même avec fureur sur quelques personnes de cette opinion.

Cependant, il s'était écoulé près d'un mois depuis la note si nette et si ferme du 22 avril, lorsque le 16. mai les négociations furent renouées par une note dans laquelle, après avoir sauvé l'amour-propre du cabinet de La Haye en soutenant qu'il aurait été maitre de reprendre les armes, à l'expiration de l'armistice, et que s'il ne l'avait pas fait, c'est qu'il ne l'avait pas voulu , le plénipotentiaire hollandais abordait plus directement les questions

essentielles de l'arrangement à conclure avec la Hollande, La reconnaissance de la neutralité de la Belgique appartenait, suivant cette note, au traité définitif et n'offrirait qu'un double emploi dans la convention préalable, à côté de la stipulation relative à une cessation d'hostilités. L'occupation de presque tout le Limbourg par les Belges' mettait en évidence combien il était indispensable d'établir les libres communications de Maestricht; mais celte même circonstance rendait le passage commercial par Maestricht indif. férent aux Belges, attendu qu'ils en jouissaient sur beaucoup d'autres points au dessus et au dessous de la forteresse. Le cabinet hollandais appelait de ses voeux la plus prompte

conclusion du traite définitif avec les cinq puissances, et dès : qu'elles seraient réunies, il s'engageait à faire les ouvertures

nécessaires à cet effet. Passant à la partie pratique de la négociation, le plénipotentiaire hollandais offrait un armistice indéfini et la liberté entière de l'Escaut.

Les plénipotentiaires anglais et français : s'empressèrent d'exprimer à M. Pedel la satisfaction qu'ils avaient éprouvée de voir que sa dernière note renfermait des explications qui donnaient enfin l'espoir d'arriver à la conclusion d'une convention préliminaire. C'est pourquoi, sans entrer, touchant la première partie de la note, dans une controverse joutile , puisqu'elle n'aurait pas d'influence directe sur le résultat de la négociation, et sujelle à inconvéniens, si elle pouyait renouveler la discussion de fait qu'on devait désormais livrer à l'oubli, ils se bornèrent à remettre le 19 mai, au plénipotentiaire hollandais, un projet de convention basé sur ses récentes propositions et qui reçut le 21 la signature de toutes les parties. (Voyez l’Appendice.)

Les articles 1 et 2 de cette convention faisaient cesser les mesures coërcitives prises contre la Hollande. Les bâtimens hollandais détenus dans les ports de France et d'Angleterre devaient être relâchés sur-le-champ et restitués avec lenrs cargaisons à leurs propriétaires respectifs. Les marins etsoldats

pays, en

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hollanda's retenus en France ser aient pareillement délivrés avec tous leurs effets. Voilà ce qui était stipulé à l'avantage de la Hollande. En retour, 'elle consentait à ne pas recommencer les hostilités contre la Belgique, qui resterait dans l'état territorial actuel, tant que les relations entre les deux pays ne seraient pas réglées définitivement, el à laisser la navigation de l'Escaut entièrement libre, telle qu'elle existait avant le 1er novembre 1832. La Hollande ouvrait au commerce la navigation de la Meuse, sous les conditions du tarif de Mayence, en attendant un réglement spécial pour cette rivière, et obtenait dans son intérêt la liberté des communications de Maestricht avec la frontière du Brabant septentrional et avec l'Allemagne. Les parties contractantes s'engageaient à s'occuper sans délai du traité définitif qui devait fixer les relations entre les deux invitant les cours d'Autriche, de Prusse et de Russie à y con: courir. Telles étaient les dispositions qui devaient avoir leur effet immédiatement après l'échange des ratifications, lequel eut lieu le 29 mai à Londres, et mät fin à cette situation apomale dans laquelle la France, l'Angleterre et la Hollande se trouvaient depuis quelques mois vis à vis l'une de l'autre.

Cet acte , qui démontrait que le roi de Hollande sentait la nécessité de se plier-aux circonstances, ei qui donnait à la Belgique un provisoire plus favorable que l'exécution complète du traité du 15 novembre, venait à point pour le ministère belge au moment de faire l'épreuve d'une nouvelle Chambre des représentans, après des élections dont le résultat général semblait assez peu décisif, au premier abord, bien que l'opposition eût perdu une douzaine de ses membres.

7 juin. Le roi, dans son discours, commençait par signaler les dcux événemens importans qui s'étaient accomplis de: puis la dernière séance royale, l'évacuation de la citadelle d'Anvers et la convention du 21 mai, en annonçant qu’un dé

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sarmement partiel allait devenir possible et serait exécuté de manière à diminuer les charges du trésor, sans affaiblir l'organisation de l'armée. Ainsi de nouveaux impôts ne seraient pas nécessaires, et même il y avait lieu d'espérer un excédant considérable des recettes, si les huit derniers mois de l'exercice répondaient'aux quatre prerniers. Dans cet état de choses, l'instant était arrivé où le gouvernement , aidé du concours des Chambres, pourrait donner une at

tention soutenue et des soins efficaces aux améliorations inté2 ?rieures du pays. Dans l'intérêt du commerce et de l'industrie,

le roi recommandait aux Chambres le projet de grande - communication de la mer et de l'Escaut à la Meuse et au • Rhin, que réclamaient les besoins et les voeux de la Belgique

presque tout entière. Enfin, outre les lois du budget et des comptes, elles seraient encore appelées à discuter l'organisation provinciale et communale; et la loi des distilleries qui devait exercer une haute influence sur l'agriculture déjà si florissante en Belgique.

L'adresse du sénat en réponse au discours du trône n'offrit aucune particularité remarquable et fut votée à peu près sans discussion , à la presque unanimité des voix.

La Chambre des représentans, aussitôt qu'elle fut constituée, entendit un rapport du ministre des affaires étrangères sur la question extérieure, et reçut en même temps communication d'une note du 1er juin, par laquelle la France et l'Angleterre notifiaient à la Belgique la convention: da 21 mai, ainsi quede la réponse faité à cette notification sous la date du rojuin. Il résultait de cette réponse, qui portait adhésion à l'armistice et à la liberté des communications de Maestricht , que le gouvernement belge considérait le traité du 15 novembre comme intact, nonobstant l'existence de la convention du 21 mai; cette convention, comme une exécution partielle du traité; ce traité, comme devant servir de base

immuable à l'arrangement définitif qui restait à conclure - avec la Hollande ; l'armistice indéfini stipulé par l'article 3

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