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de l'Annuaire historique pour 1832.
Une transposition de mots a rendu inintelligibles les deux premières lignes

de la page 519 dans l'Annuaire historique pour 1832; il faut lire :
« d'accepter le poste qu'on regarde comme le but le plus élevé de l'am-
bition d'un homme politique.»

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Etat du pays. — Politique extérieure. - Discussion sur les pétitions rela

tives à la duchesse de Berry dans la Chambre des députés. — Proposition de M. Salverte relative à la disparition du caissier Kessner. Voyage du roi dans les départemens du nord.

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L'année commençait sous d'heureux auspices. La France était à peu près délivrée de ses troubles intérieurs, et les partis, qui la divisaient toujours, avaient du moins renoncé, de force ou de gré, à la violence et aux émeutes. Le commerce et l'industrie avaient repris tout leur essor : l'amourpropre national jouissait de la prise de la citadelle d'Anvers; fait d'armes dont la France pouvait se féliciter doublement, car, outre l'honneur qu'elle en recueillait, elle y voyait la preuve que, malgré de nombreuses causes de rupture, les gouvernemens étaient bien décidés à ne pas faire la guerre, sans doute dans la crainte que la propagande ne vint s'apJroprier les fruits de la victoire. Cependant, il faut le remarquer, la politique extérieure Ann. hist. pour 1833.

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était toujours chargée de graves difficultés. La question belge n'avait fait aucun progrès décisif vers une solution définitive; le poids de l'occupation autrichienne et française accablait toujours l'Italic; l'Espagne assistait avec inquiétude à lă longue agonie de Ferdinand VII; le Portugal savait à peine qui l'emporterait de don Pedro ou de don Miguel; la Turquie , pressée entre l'invasion égyptienne et la protection russe, ajoutait un élément de discorde à ceux que présentait déjà l'état de l'Europe. Mais tous ces nuages, amoncelés dans un lointain horizon, affectaient peu la France, entièrement préoccupée du rétablissement de la tranquillité intérieure, de la renaissance des affaires, et du nouveau trophée conquis à Anvers. Les discours adressés, le jour de l'an, à la couronne, ne retentissaient que de cet événement, , ainsi que des espérances de paix, dont il était le gage.

A cette perspective consolante, après laquelle le pays avait si long-temps soupiré, se joignait celle d'un calme également profond dans les Chambres législatives. La session de 1832, ouverte depuis un mois et demi ( 19 novembre), s'était jusqu'alors passée, comme on l'a vu dans notre Annuaire précédent , en délibérations paisibles, sauf les interpellations relatives aux journées des 5 et 6 juin, à la Vendée et à l'état de siége, dans la discussion de l'adresse, à la Chambre des députés : d'ailleurs, le résultat de cette discussion avait démontré que l'opposition ne comptait aucune chance d'enlever la majorité au ministère.

La première séance de cette même Chambre, en 1833 ( 2 janvier ), n'offrit de remarquable que le retour du ministre de l'instruction publique, M. Guizot, éloigné depuis quelque temps des débats par des raisons de santé, et apportant un projet de loi sur l'instruction primaire. Un objet d'intérêt plus vif et plus en rapport avec les passion du moment occupa la seconde séance ( 5 janvier ). De norr breuses pétitions, les unes individuelles, les autres cens.': collectives , avaient été adressées à la Chambre des députés,

relativement à l'arrestation et à la captivité de madame la

duchesse de Berry. La commission les comprit dans un même i rapport, que M. Sapey fut chargé de présenter. La plupart

des pétitionnaires, contestant aux Chambres le droit de statuer sur le sort de la princesse, leur enjoignaient de repousser par l'ordre du jour les propositions' que le gouvernement pourrait leur soumettre. Plusieurs s'efforçaient de démontrer que la princesse n'était venue en France

que

dans des intentions pacifiques, et pour faire déposer plutôt que pour faire prendre les armes à ses partisans du midi et de l'ouest ; qu'il n'existait pas de disposition pénale qui lui fût applicable, et qu'elle ne pouvait être soumise à un tribunal d'exception, puisque l'article 54 de la Charte avait aboli tous les tribunaux de ce genre. L'un d'eux des mandait que des registres fussent ouverts dans toutes les communes pour que le peuple répondit par oui ou par non aux deux questions suivantes : « 7° Madame la duchesse de Berry a-t-elle outrepassé les droits et les devoirs de la maternité en venant revendiquer la couronne de son fils? 2° Avait-elle en vue le bonheur ou le malheur du pays? D'autres pétitionnaires, au contraire, voulaient que la Chambre des députés décidât elle-même du sort de la capuive, en conciliant les égards qui lui étaient dus avec la sûreté de la France et la tranquillité de la Vendée. D'autres enfin s'offraient pour otages à la place de la princesse, Press que toutes ces pétitions n'étaient au reste que des protestas uions déguisées contre la révolution de juillet , souvent remplies de considérations, d'hypothèses, d'allusions injurieuses à la royauté nouvelle; et, suivant l'observation du rapporteur, beaucoup étaient souscrites de noms tracés en caractères illisibles, paraissant appartenir à la même main. En résumé, M. Sapey concluait que c'était à la politique seule de prévenir et d'agir : mais il demandait par qui cette action politique devait être exercée? La commission pensait que c'était par le pouvoir exécutif, en d'autres termes

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