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Les tépor ses du jurý ont été affir paru la considérer que comme une malives sur toutcs' les questions, et Quvre légère, sans beaucoup d'imsảns circonstances attennantes, si ce portance sous le rapport de l'art. n'est en faveur de Cadot seulement. Cependant on y a remarqué çà et là La cour à prononcé la peine de mort de jolis motifs, une cavatine su precontre les trois premiers accusés, et mier acte qui a valu à Mme Unghet celle des travaux forcés à perpétuité de légitimes applaudissemens, une contre Cadot.

barcarolle fort originale, parfaitement

chantée par Tamburini, une cara. 16. Paris. Institut. Élection.

tine également chantée à ravir par L'Académie des sciences a procédé Rubini, et enfin un trio charmant aujourd'hui au scrutin pour l'élection dans lequel ces trois virtooses ont d'un membre dans la section d'agri• fait assaut de talent comme acteurs culture.

el commé chanteurs. Le finale du Au preniler tour, sur 52 votans, deuxième acte est aussi très-bien. M. Turpin a obtenu 15 roix, M. Gi Toutefois la première impression rou de Buzaraignes i í, M. Huzard 12, a été défavorable à cet opéra et de M. lluerne de Pommeuse 4, M. Vil- lui permettra pas sans doute d'être morin , 6, et M. Soulange-Bodia 3. joué souvent. Au second tour, les suffrages se sont partagés de la manière suivante : 26. Réception de M. Ch. Nodier M. Turpin 19; M. Girou 11, M. Hu à l'Académie Française. - La zard 14, M. Huerne i, M. Vilmorin 5, séance était brillante et digne de la et M. Soularige-Bodin 2.

réputation du nouvel académicier. Enfin, au troisième tour, M. Tur Une autre raison d'ailleurs que l'espin a obtenu la majorité (3r voix). time qu'inspire son talent avait

attiré la foule dans la salle de l'lds17. Théáire Italien. Première titut: on se rappelait les opinions répréseñitation de Giansi di CALAIS, politiques de M. Nodier, sa guerre opéra scmi.seria en trois actes, de d'épigrammes contre l'Académie, le Donizeni.-Ce Jean de Calais est penchant qu'il a montré pour la un armateur

qui, faisant un jour la nouvelle école élevée jadisaus nex chasse aux corsaires , a délivré de par l'auteur de Jean Sbogar; et la leurs mains une jeune et belle de-' manière dont il parviendrait à plaire nioiselle qu'il a ensuite épousée, à ses auditeurs, cans blesser aucune san's lui demander aucun resci convenance, en expliquant ses angnement hi sur elle ni sur sa fa ciens sentimens, excitait au plus mille, mais qui n'en est pas moins haut point la curiosité publique. Ja fille du roi de Zélande. Après M. Nodier a commencé, suivant une série d'aventures singulières et l'usage ; par se prosterner en toute tomanesques, les plus incroyables humilité devant la gloire de ceux đu nionde, Jean de Calais est qui l'avaient élu, par exprimer le réconnu par ce roi, bonhomme s'il bonheur qu'il ressentait d'être à son ed fut, comme son geodre et son tour de l'Académie ; ou plutot par successeur au trône. Ce tissu d'in. déclarer

que cc bonheur était iner. vraisemblances, tiré d'un vieux primable. Et en effet, s'il faut en Biélodrame joué vers 1810 à l'Am croire M. Nodier, malgré quarante bign-Comiqué, est au dessous de la d'études appliquées à l'art critique. Le public n'y comprenait oratoire et à la grammaire , il s'atien, et de la sans doute en partie vait pas trouvé dans le langage de la froideur avec laquelle il a écouté paroles assez vives, des expressions la musique de Donizetti. C'était assez fortes pour peindre l'excès de sa d'aillcurs une rude besogne pour félicité. Quelques personnes on! Tes dilettanti parisiens que de suivre pensé que c'était pousser ùu per une pièce inintelligible et d'apprée loin l'exagération. cier une partition nouvelle. On n'a Après un tribut d'éloges payé en

ans

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men termes élégans et justes à son pré- cet autre roi des rois qui venait iement décesseur M. Laya, en mettant le d’infliger à l'écrivain onblicos de

citoyen au dessus de l'écrivain et sa gloire une jiste punition. Mais son courage au dessus de son talent, M. Damas avait à sa disposition le récipendiaire est arrivé à la ques- trop de moyens de faire la paix avec

tion de ses opinions littéraires. L'é- ses jugés, pour que sa rancune tint on cole romantique avait ea long-temps à jamais contre la perspective d'un

un appui dans la critique ingénieuse nouveau triomphe. Il n'avait qu'a

de M. Nodier, quelquefois même un leur donner un de ces ouvrages féreticouragement dans l'autorité de conds en mouvemens passionnés,

son exemple. Il n'a point désa voué en émotions fortes et inattendues ses sympathies pour la rénovation qui rachètent leurs défauts hábi de la littérature , et pour certains (uels;, et, à cette condition, la ré. écrivaiijs de nos jours qui tentent conciliation serait bientôt opérée : de l'opérer avec plus de persévérance c'est ce qui a eu lieu ce soir, avec que de succès ; mais il a posé de tant de bienveillance et d'applaujustes bornes à son admiration, dissemens de la part du public, et les restrielions dont ses éloges qu'it n'aurait pas fait davantage pour étaient mêlés n'étaient que des un chef-d'oeuvre. Angèle est loin concessions au bon sens. Bientôi, il cependant d'être un chef. d'ouvre, s'est élevé jusqu'à l'éloquence en et même il faut passer par trois défendant les intérêts de la vraie actes assez médiocres, assez peu inlittérature contre ceux qui semblent téressans , pour arriver au drame; avoir conspiré la ruine de la morale trois actes qui se ressentent encore publique. Des applaudissement beaucoup de cette brutalité cyunanimes ont dû lui prouver que niqoe, de ce matérialisme effronté, ses paroles avaient trouvé un écho dont la scène est aujourd'hui si dans tous les cœurs. Il a fini son souvent souillée par ses régénéradiscours par un noble souvenir ac teurs. Un progrès de M. Dumas, cordé à la vieillesse, à l'exil, en c'est d'avoir donné cette fois une présence du pouvoir qu'il a remer pensée morale pour base à son oucié de lui laisser la franchise de sa Vrage. L'homme profondément corconscience.

rompu, qu'il nous montre cherchant M. Jouy était chargé de répondre à parvenir, à satisfaire son avidité à M. Nodier ; il l'a fait en homme pour la fortune et les honneurs, en d'esprit, mais surtout en admirateur séduisant les femmes dont le crédit de l'Académie, de M. Nodier, de péut favoriser ses desseins, reçoit M. Laya et de Voltaire. Après à la fin le justė châtiment de toutes toutes ces admirations, l'orateur s'est ses infamies, au rebours de certain Livré à une vive censure de la licence système de littérature suivant lede la presse, dont il a tracé un ef

quel la vertu est inévitablement froyable tableau.

destinée à être sacrifiée et le vice à La séancc a été terminée par la lec prospérer. La dernière victime de ture que M. Tissot a faite de deux

l'égoïste ambitieux, c'est une jeune idylles de Théocrite , qui ont paru fille qu'il a feint d'ainuer, et qu'il traduites avec autant d'élégance que a ensuite lâchement abandonnée, de fidélité.

pour se tourner du côté de la mère

lorsqu'il s'est aperçu qu'un mariage 28. Théâtre de la Porte Saint avec celle-ci Ini serait plus avantaMartin. Première représentation de geux. Mais Angèle porte avec elle ANGÈLE, drame en cinq actes et en les témoignages de la séduction, et prose de M. Alexandre Dumas.

quand elle arrive tout à coup à Paris Après la chute éclatante du Fils pour retrouver son séducteur, et de l'émigré ( 28 août 1832), M. Du surtout pour retrouver sa mère, alors mas s'était retiré, comme Achille,

le drame devient vif, simple, nasous sa tente, boudant le public, turel et touchant. La scène de l'a.

veu, au quatrième acte, entre la sur la terre, où il a le double plaisir mère et la fille, est fort belle, surtout, de confondre son nouveau propriéparce qu'elle est chaste et pleine taire et d'épouser sa fiancée. La de mots vrais et sortis du ceur. Les musique et les décors tiennent lieu situations du cinquième acte sont de l'intérêt qui manque à cette également fortes ei saisissantes. La pièce bizarre. Cette musique, d'une principale est la provocation qu'un iouche sévère et vigoureuse, atteste jeune homme, triste et malade, qui que l'auteur s'est inspiré de Weber, aimait aussi Angèle de toute son sans le copier servilement. L'og ame, adresse au baron d'Alvimar, le verture est d'un effet large et hardi. séducteur de la pauvre jeune fille; Des couplets modulés d'une maun duel s'ensuit, dans lequel d’Al- nière originale, une romance d'une vimar succombe, et son vainqueur, mélodie gracieuse, un finale traité poussant le dévouement pour An- avec talent ont été applaudis dans gèle jusqu'aux dernières limites, le premier acte. Au second, la scène s'arrange: de manière qu'elle pourra de l'enfer a fait sensation : le du moins avouer son enfant sans cheur des damnés et la ballade da rougir. Ce dénouement était plein sabbat ont obtenu un succès com. de difficultés ; mais M. Dumas s'en plet. Il est à regretter néanmoins, est tiré avec une adresse et une ba- dans cette æuvre si remarquable bileté que le public a reconnues par à beaucoup d'égards, que la nature d'unanimes applaudissemens. du sujet ramène trop souvent les

effets sombres et lugubres , qu'elle 31. Théâtre de l'Opéra-Comique. en traine une trop grande uuilorPremière représentation de Le Re- mité de moyens ei de couleurs. VENANT, opéra fantastique en cing tableaux ; paroles de M. de Calvi - Voici le relevé des observations mont, musique de M. Gomis. — Le météorologiques faites à l'Observa. sujet de cette pièce n'est autre chose toire de Paris en 1833: que l'histoire contée, dans le Red La plus grande élévation du barogauntelel, de Walter Scott, par mètre a été, le 4 janvier, à 1130,93; Willie le vagabond, histoire ter- la moindre élévation a été , le rible et qui n'a pas le sens commun, per avril, à 732o, oo. Le 29 juin comme toutes les histoires de soro le thermomètre est monté à 29. 1/2 ciers, de diables et d'apparitions. centigrade, et le 10 janvier il est Il s'agit d'un fermier écossais qui descendu à 80 1/2 de glace cesti voit mourir son seigneur au moment grade. Il y a eu 164 jours de pluie, où il venait de lui payer son loyer, 168 de brouillard , 45 dé gelée, n et avant d'en avoir reçu quittance; de neige, 10 de grêle et grésil, 9 l'héritier du défunt, en rivalité d'a- de tonnere. Le vent a soufle 6 mour avec le fermier, insiste pour fois du N., 39 fois du N. E., 22 fois avoir cette quittance, ou sinon il de l'E., 31 fois du S. E., 44 fois da faudra payer deux fois. Le diable S., 68 fois du S. O., 89 fois de l'O., se mêle de l'aventure, si bien que 25 fois du N. 0. Il est tombé 580 le fermier descend aux enfers, re mill. 35 cent. d'eau dans la cour voit son ancien maitre , en oblient de l'Observatoire, et 487 mill. 10 la quittance voulue, et remonte cent, sur l'édifce.

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NOTE

POUR SERVIR A L'HISTOIRE DES LETTRES ET DES ARTS

EN 1833.

SALON DE 1833.

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Le chiffre des ouvrages exposés l'un rassasió de gloire et d'années, était considérable comme de cou l'autre dans toute la force da talent tume, ainsi que l'armée des expo et en possession de toute la faveur sans ; toutefois, le public ne remar publique, se rencontrant au Vatican: qua pas d'abord sans surprise et sans * Vous marchez avec

une suite regrets, que les chefs de premier et nombreuse ainsi qu'un général», dit de second ordre manquaient pour la le peintre du Jugement dernier au plupart à cette armée. Quelques jeune Sanzio entouré de ses élèves; uns ont été emportés par ce cruel « Et vous, reprit celui-ci, vous allez fléau qui, dans le cours de l'année seul comme le bourreau, Cette 1832, 'a décimé tant de familles, anecdote; si elle est vraie, n'honore éclairci tant de corporations ; les pas Raphaël, et peut-être, pour un autres, et parmi eux on comptait artiste, est-ce avoir eu la main malMM. Paul Delaroche, Léopold Ro heureuse que de l'avoir choisie pour bert, Schnetz, Gudin, Steuben, sujet d'un tableau. Mais ce choix Ingres, avaient négligé d'occuper admis, M. Horace Vernet a-t-il du les places qu'ils remplissent ordinai. moins rendu son idée avec force et rement par d'importantes composi- clarté ? Si peu, à notre avis, que tions, et ne brillaient cette fois que rien, absolument rien n'indique que par leur absence : c'est assez dire Raphaël et Michel Ange viennent que l'exposition de 1833 devait avoir d'échanger ces aigres paroles. Michel à regretter ce qui eût fait véritable. Ange, les bras chargés de plâtres , ment sa gloire et son éclat.

d'outils, de clefs, descend l'escalier M. Horace Vernet a été du petit du Vatican, tandis que Raphaël est nombre de ceux dont les ouvrages arrêté beaucoup plus haut, sur un concourent ordinairement à la rt- pallier, d'où il fait une étude d'après chesse de nos salons, qui n'ont pas une jeune paysanne placée au desfait défaut à l'appel ; niais la fatalité sous de lui, à gauche, scène que le qui poursuivait la peinture a voulu vieux pape Jules II observe d'un que lui-même ne se tint pas à la étage supérieur. Quant à la manière hauteur qu'il avait prise en 1827 et dont Raphaël peut faire cette étude, en 1831. Cet artiste s'est proposé de il est difficile de la comprendre', eu rendre, dans les dimensions du égard à la position respective du genre historique, avec un style pur, peintre et de la jeune femme. noble et travaillé, une anecdote Quoi qu'il en soit, cette femme, qui de la vie de Michel Ange et de tient un enfant dans ses bras, et Raphaël. Ces deux illustres rivaux, sur laquelle M. Veract a cu raison Ann. epist. pour 1833. Appendice.

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d'appeler la lumière la plus bril- le fracas qu'il y a mis , laisse le speclapte de sa composition, aurait été tateur froid, et manque de vente digne , par la pureté de ses formes, dans la couleur. M. Court semble par l'expression céleste de sa tête, de avoir voulu renchérir sur l'horreur servir de modèle au peintre de la du sujet ; c'est à la fois un défaut Vierge par excellence.

de goût et d'esprit. M. Horace Vernet figurait encore M. Orsel, à l'imitation des preau salon pour plusieurs portraits, miers peintres de la renaissance , a entre lesquels celui d'une dame ro- présenté le développement d'une maine, touchant du piano pour idée morale dans une suite de scènes amuser son enfant que lui présente variées et coordonnées entre elles, une nourrice , offre un heureux as. que renferme le même tableau. Le semblage de toutes les beltes quati- sujet représente allégoriquement le tés qui recommandent son pinceau. bien et le mal sous la forme de deux Ceci est plus qu'un portrait, c'est femmes, dont l'une, après une vie un tableau, et un tableau fort beau vertueuse, est admise dans le ciel, de composition, d'exécution, de tandis que l'autre, pour avoir prété dessin et de couleur.

l'oreille aux conseils du démon,finit L'auteur d'un tableau représen- par devenir sa proie, On reconnait tant les bonneurs funèbres rendus dans ce tableau l'application de touau Titien, mot à Venise , pendant tes les grandes doctrines professées la peste de 1576, M. A. Hesse, s'est par David. Le dessin de M. Orsel est place haut celte année dans l'estime correct, le jeu de la lumière rendu des connaisseurs. On trouve ici une avec soin , la composition bien orunité de pensée el d'exécution , un donnée, et l'exécution, dans beauaccord du tout avec chaque partie coup de parties, fait honneur su qui constituent le mérite particy- talent du peintre. Ce tableau n'était lier de l'ouvrage. On sent que l'au- pas d'ailleurs le seul de son genre à teur a étudié avec profit les iableaux l'exposition. M. Couder a rassemble et la ville de Venise. Le style est aussi, dans un seul cadre, les priabien approprié à la pature du sujet, cipales scènes de Notre-Dame de la lumière distribuée avec une es Paris, en surmontant le tout du trême justesse , la scène disposée portrait de l'auteur du roman, avec une grande simplicité; le ca M. V. Hugo. Ce genre, au total, ractère des têtes et des expressions a fait peu de sensation dans le po. vrai en même temps que varié, et blic, et ne parait pas devoir se enfin la couleur locale observée avec reproduire souvent. soin.

Il y avait au salon quelques Parmi les sujets de tableaux mis grandes pages où se rencontraient ao concours pour la Chambre des sans doute des qualités estimables, députés, celui de Poissy-d'Anglas mais qui ne sont pas de celles dont saluant la tête de Féraud massacré l'esprit reste frappé. Plusieurs ouau sein de la Convention dans la

vrages, qui attestaient un talent journée du 1er prairial an wu (20 mai réel, avaient le défaut d'avoir été 1795), parait avoir surtout convenu traités dans de trop grandes dimenà l'imagination de M. Court; car, sions : tels étaient Don Juan et Haibien que son esquisse n'eût pas ob- dée, de M. Dubuffe; Ali pacha et tenu la préférence du jury, cet ar Vasiliki , et Blanche de Beauliea, tiste n'en a pas moins persisté à exé- par M. Monvoisin. cuter ce sujet dans une grande com M. Ziegler s'est fait distinguer par position. Rien de mieux que celte son tableau du Giotto dans l'atelier confiance dans ses forces, dans son de Cimabué, et M. Guichard par talent, mais il faut que le succès y ses rêves d'amour : toutefois, dans réponde. Or, M. Court a échoué l'attention qu'on accordait à ce der. devant le public comme devant le nier ouvrage, il y avait plus d'éton. jury. Sa composition, malgré toutnement que de satisfaction, car il

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