Images de page
PDF
ePub

qu'elle contient. []

Mais la méthode la plus barbare & la plus contraire à ses propres intérêts, est celle de brûler les Mouches avec du souffre à la fin de l'automne : par cette maniére d'opérer, on se

procure,

à la vérité, dans ce moment une récolte plus abondante que par les précédentes, puisqu'alors les Abeilles ont fait toutes leurs provisions ; mais aussi on eft.réduit à ne conserver que les Ef faims de l'année : triste effer du préjugé où sont bien des personnes , que les Ruches , paffé trois ans, cessent d'en produire. Il n'est donc pas surprenant que

la multiplication des Abeilles n'ait pas fait plus de progrès dans le Royaume. Il l'est, au contraire, qu'il en reste encore une ausfi grande quantité qu'il y en a, 'fi, en outre le grand nombre d'ennemis, de maladies & d'accidens, dont j'ai donné ci-dessus le détail, on fait encore attention à la brieveté de leur vie.

On a cru prévenir une partie de ces [a] C'est un usage aussi pernicieux que commun de donner des Ruches d'égale grandeur aux Essaims foibles comme aux plus forts; & les Ruches nouvelles, dont on va parler, préviennent cet abus.

[ocr errors][merged small]

inconvéniens, en proposant , il y a quelques apnées, l'usage des Ruches Écossoises, qui ne sont autre chose que deux demi-Ruches de glui [a] posées l'une sur l'autre, & dont le haut, aulieu d'être en voute, plus ou moins oblongue , comme les Ruches ordinaires, étoit plat, avec une ouverture de trois pouces en quarré, pratiquée au haut de l'inférieure, pour la communication de l'une à l'autre.

On s'étoit persuadé que lorsque la Ruche supérieure étoit bien garnie de Cire, & l'autre jusqu'à moitié, il suffisoit d'y ajoûter une demi-Ruche,

& ensuite enlever la premiére, qu'on supposoit remplie de bon Miel, la poser au pied de la table, & forcer, avec deux bâtons, les Mouches de l'abandonner, pour se réunir à l'autre : à ce moyen on supposoit encore qu'il devoit leur rester des provisions suffisantes pour passer l'hiver ; mais cette Ruche est aussi imparfaite que les autres : 10en ce qu'avec le Miel on enlève encore une quantité considérable du Couvain, qui occupe coûjours alors tout le bas

[a] On entend par glui , la paille premiéte; c'esta à-dire, celle qui n'a pas été broyée par le Reau,

[ocr errors][ocr errors][ocr errors]

de la Ruche jusques vers les deux tiers; 20' en ce que pour couvrir des Ruches ainsi

. applaties par le haut , on est obligé de se pourvoir d'une couverture de terre cuite , chez les Potiers, en forme de poële renversée; méthode coûteuse, fragile, & incapable de préserver les Ruches des pluies que les vents poussent avec violence contre ses côtés, & qui en font moisir tout l'intérieur ; 30. en ce que le haut de la Ruche étant, plat , il s'affaisse bientôt sous le poids des gâteaux qui y sont attachés, lefquels venant à porter sur le plancher de la seconde hausse, s'y écrasant, étouffent le Couvain, & interrompent ainsi le libre passage & les travaux des Abeilles.

Les meilleures de toutes les Ruches connuës jusqu'à présent, font sans contredit celles de bois de Pin ou de Sapin, composées de trois hausses quarrées d'égale grandeur, appliquées les unes sur les autres, avec un surtout de bois peint par-dessus, pour les garantir de tous accidens. Ces Ruches, fortingénieusement inyentées, ont été données au Public par Mr. de Palteau , avec un Traité imprimé à Merz

en 1756, & Mr. de Massac en a si bien reconnu les avantages, qu'il en a faic imprimer depuis peu un Extrait, pour en rappeller l'usage.

Il est certain que cette méthode obvie à la plậparc des inconvéniens qu'on rencontre dans les Ruches ordinaires ; mais chaque Ruche coûtant au moins fix livres, il n'est pas possible qu'elles puissent être adoptées dans les Campagnes, comme le reconnoît Mr. de Bomare, dans son Dictionnaire Univerfel d'Histoire Naturelle, au mot Abeilles; & je me suis moi-même déterminé à les abandonner , après avoir reconnu, par des expériences réitérées', que si elles ont quelque succès dans les Pays chauds & secs, il n'en est pas

de même dans les Provinces plus froides & plus humides. J'ai reconnu, dis-je, 10 que le fil d'archal, ayec lequel on partageoit les hausses pour tailler ou dégrailser une Ruche, faisoit un mauvais effet: 20. que les gâteaux étoient plus "sujets à s'y. moisir , & qu'elles produisoient beaucoup moins d'Essaims que celles de paille, ce que j'ai attribué à la perte d'une partie du Couvain , occasionnée par l'humidité & la fraîcheur du bois,

[ocr errors][ocr errors]

qui forme une double envelope, que la chaleur du Soleil ne pénètre pas allez.

Cependant je n'ai pris ce parti qu'après avoir réussi à adapter cette méthode aux Ruches de paille , & m'être confirmé 1o. que la construction de ces Ruches est si simple, qu'elles peuvent être exécutées selon la seule description que j'en ferai, ou à la yuë du modèle : 20. que le prix des trois hausses, qui composent une Rạche ordinaire, [a] n'excède pas 24 ou 30 sols, que les Villageois peuvent s'épargner , en les faisant eux-mêmes : 30: que les Abeilles s'y conservent un grand nombre d'années : [6] 4°• qu'on se procure le superflu de leur magasin fans peine, sans risquer d'être piqué, sans détruire aucunes Mouches, ni enlever le Couvain, & avec d'autant plụs de facilité que cette opération se fait en plein jour, toutes les fois qu'on le juge nécessaire: go que non-seulement on peut réunir

[ocr errors]

[a] A un foible Esaim deur hausses fuffisent d'abord, & à un Esiaim très-fort & qui a beaucoup travaillé, on est quelquefois obligé d'y en ajoûter une quatrième, ce qui est rare.

[b] On entend par - là la Ruche , & non chaquo. Abeille en particulier,

« PrécédentContinuer »