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A PARIS,
DE L'IMPRIMERIE DE PIERRE DIDOT L'AÎNÉ.

M. DCC. XC I.

Nous voilà parvenus aux quyres spirituelles de M. de Cambrai. C'est la partie de notre édition la plus embarrassante.

Ce recueil, digne de la piété de cet écrivain célebre, n'est cependant pas exempt de taches. Quelques uns des traités ou des lettres qui le

composent, avoient été écrits avant la condamnation de son livre des Maximes des Saints : il ne les avoit pas revus depuis, et ils se ressentent des erreurs qu'on lui reproche.

Les personnes à qui M. de Fénélon les adressoit; jalouses, après sa mort, de faire part au public de ce que ces différents écrits contenoient d'excellent, les livrerent, avec empressement et sans examen,

à l'imprimeur qui vouloit en faire une édition. ... La premiere ne fut qu'en deux volumes; on la porta par la suite jusqu'à quatre tomes in-douze et à deux volumes petit in-folio.

L'édition in-douze de 1737 et celle in-folio de 1738, faites l'une et l'autre sous les yeux de M. le marquis de Fénélon, ambassadeur en Hollande , sont, sans contredit, les plus pures et les plus parfaites. On se servit pour elles des manuscrits originaux de l'auteur, ou de copies exactes et collationnées, autant qu'on le put, sur les originaux. On rétablit ce qui avoit été altéré dans les premieres éditions; on les purgea du mélange qui défiguroit certains morceaux, et l'on mit dans tout ce recueil un meilleur arrangement des matieres et une division plus exacte et plus claire.

Nous ne changerons rien au texte dans les endroits mêmes où il sembleroit exiger quelques corrections. L'église seule a le droit de corriger Fénélon. Elle l'a fait; il s'y est soumis; et cette soumission humble et sincere, qu'on doit sans cesse se rappeler, est le vrai correctif des taches qui restent dans ses euvres, et un sûr garant de la pureté constante de ses intentions. Une réflexion que nous devons faire, et qui peut servir d'excuse, sinon d'apologie, aux sentiments, ou plutôt aux expressions de Fénélon, c'est que le langage des théologiens, mystiques sur-tout, n'est parvenu à une entiere exactitude que lorsqu'il a été invariablement fixé par quelque décision de l'église.

Avant le bref d'Innocent XII, la question de l'amour pur, des bornes qu'on doit mettre à l'abandon, à la sainte indifférence, qui ne doivent jamais s'étendre jusqu'au sacrifice du salut, n'étoit pas décidée.

Les auteurs ascétiques, qui donnoient plus à la

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