Images de page
PDF

sance d'autres biens qu'il avait reçus d'Edouard I, comte de Bar, lui céda ce qu'il avait à Moranville, à Châtillon et à Hardoncourt ; savoir: un sixième esdites choses, que la châtelaine de Bar tient en douaire; un autre sixième, que la veuve de Geofroi de Longueville tient de la femme de Jean de Villers-sous-Preny, qui le tenait dudit Simon; un autre sixième , que Geofroi de Jamets y possédait de la part de sa femme; le tiers du ban de Châtillon, que dame Odierne sa tante y tient ; le tiers du ban de Moranville , qu'Ancel , Orry et Liebaut ses frères y possèdent, à la réserve de seize livrées d$ terre , que Jeanne et Agnès ses sœurs y tiennent de lui; encore tout ce que Gouvyon de Grimaucourt écuyer tient de luiesdits lieux. Cet acte est scellé des sceaux dudit Moranville, trois chevrons à une bordure engrêlée, et de Jacques abbé de S. Airy de Verdun.

En 1332, Marguerite de Mandres veuve de Jean de Villers reprit du comte Edouard I, tout ce qu'Isabelle sa cousine, veuve de Jean d'Einville , et fille de feu M. Geofroi Haut-de-Cœur chevalier tient à Moranville, à Châtillon et à Hermeville. La même année Jean de Fresne fils de feu Gaville chevalier reprend du même comte de Bar le tiers de la Seigneurie de Châtillon. Ancel, Orry.et Liebaut frères, enfans de Beudes de Moranville, en font de même pour le tiers de Moranville, Hardoncpurt et Châtillon, et en doivent six semaines de garde à Clermont. En 1336 , Orry de Dampierre vendit au comte de Bar tout ce qu'il avait à Châtillon et à Gouraincourt.

En 1480 , Gilles du Hautoy et Jacquemette Chamé sa femme acquettent de Jean de Germinychetalier et de Jean de Houffe, la part qu'ils avaient en la seigneurie de Châtillon et Moranville, et en font les reprises du duc de Lorraine et de Bar. En 1608 , le duc de Lorraine donna à PeterErnest de Mercy sieur de Mandres et de Harange , sa vie durante , tous les profits et l'exercice de la haute justice de Châtillon.

CHATÏLLON-SUR-SAONE. — Chatillon-sur-Saône, village du diocèse de Be

sançon situé sur la rivière de Saône au-dessus de la jonction de cette rivière avec l'Espense, chef-lieu de la Prévôté et office de Châtillon , recette de Bourmont, bailliage de la Marche , présidial de Langres , parlement de Paris; le roi en est seul seigneur ; le chapitre de Besançon nomme à la cure, et le curé est seul décimateur; il y a dans ce lieu 64 ou 65 habilans; il esta deux .lieues de Bourbonne , à trois de la Marche, sept de Bourmont. Au mois de mai 1263, le comte Thiebaut de Bar,-affranchit la ville de Châtillon , à condition que chaque hab tant lui payera par an huit sols d'Estevenis , moitié à Pâques, moitié à la saint Remy; et autres conditions énoncées dans ses lettres d'affranchissement.

Le comte de Bar Henri III, dans le traité de Bruges de l'an 1301, céda au roi Philippe Le Bel, dont il était prisonnier à Bruges, les Chatellenies , Châteaux et Prévôtés de Châtillon, Conflans et la Marche. On dit que ces prévôtés furent données par Henri comte de Bar, à son frère archevêque de Trêves, qui les rendit dans la suite à Edouard comte de Bar, fils de Henri, (dit M. Rosselange , prieur de Neuviller, dans une note sur l'Histoire de Lorraine, du Père Donat, tiercelin); mais je ne connais pas cet archevêque de Trêves frère de Henri III, comte de Bar. M. Chifflet soutient que le comte de Bar étant feudatairede l'empire, n'a pu donner de son autorité ces trois prévôtés au roi de France.

Quoiqu'il en soit du droit, il est certain qu'elles furent cédées au roi Philippe le Bel, et on assure que ce prince les rendit au comte Edouard, fils du comte Henri III, en considération du mariage du comte Edouard, avec Marie, sœur de Jeanne, épouse du roi Philippe le Bel.

CHATILLON , Abbaye de Citeaux.— Châtillon, abbaye de l'ordre de Citeaux, fut commencé en 1142, par Alberon de Chini, évêque de Verdun (1). Les abbés de Trois-Fontaines et de la Chalade, à qui il demanda des religieux pour ce nouvel

(a) Histoire de Verdun, pag. ^49 > 3,0> 3u , 3ii, 3ig, 339, etc.

établissement, n'ayant pu lui en envoyer , il s'adressa à Ranulfeabbé d'Himmerode, ou du cloître, dans le diocèse de Trêves , qui vint lui-même à Châtillon . qu'on nommait alors le Chdlelet. Mais n'ayant pas trouvé celte place convenable, l'évêque Alberon lui ofirit un autre lieu nommé Wiberslal, dans la forêt de Mangiennes , dans un terrain qui appartenait à un seigneur du voisinage , qui le lui abandonna. Ranulfe y bâtit le nouveau monastère, et lui laissa pour premier abbé , Gelbert, religieux de trçs-sainte vie. L'église fut dédiée en 1153, sous l'invocation de la Sainte Vierge, la reille de la nativité.

Mais comme les eaux de ce lieu n'étaient pas saines, Albert de Marcey, successeur de l'évêque Alberon , leur donna Châtillon où ils demeurent aujourd'hui, et qui est situé près le bourg de Mangienne, sur la rivière d'Ostain , à six lieues ou environ de Verdun vers le nord; Albert de Marcey évêque de Verdun, les combla de ses bienfaits , dont il fait le dénombrement dans une chartre de l'an 1153.

Cunon abbé de saint Vanne, et Thierri Abbé de saint Paul de Verdun, cédèrent aussi à ce nouveau monastère plusieurs droits qu'ils avaient dans cette contrée; Richard de Grandprey, qui succéda dans révêché de Verdun, à Albert de Marcey, leur donna les fiefs qui lui appartenaient en ce lieu , et engaga les seigneurs du pays à faire la même chose.

On peut voir la suite des abbés de Châtillon dans l'nistoire de Verdun, pages xcn'et xcm, et suivantes. Dom Octave Arnolphiui, de l'illustre maison des Arnblphini de Lùcques, élu le 24 février 1605, ayant été pourvu de l'abbaye dé Châtillon, employa tous ses soins à y introduire la réforme; il y réussit, et le jour de Pâques 1614, ceux des religieux qui voulurent suivre son exemple, firent vœu d'observer la règle à la lettre, renonçant à l'usage de la viande; et pour en perpétuer autant qu'il pouvait l'observance, il choisit un coadjuteur animé de son esprit, et mourut en

1641, après tiente-six ans de gouvernement.

Il eut pour successeur Joseph Arnolphinî, son neveu, qui marcha sur ses pas, et gouverna l'abbaye depuis 1641 jusqu'à 1646. Il y maintint l'observance, qui s'y conserve encore aujourd'hui avec beaucoup d'édification.

CHATILLON SUR LA-VEZOUZE. — Chàtillcn, bourg et château, situé sur la Vezouze, au baa de Rlàmont, est un ancien fond dépendant de l'évêque de Metz; Henri de Rlâmont a repris ce château en fief de Henri d'Auphin , évêque de Metz, le 4 mars 1323. Les lettres de reprises portent que Henri de Blàmont a repris ce château en fief-lige pour toujours (1), avec toiXes ses dépendances; et de plus, qu'il a cédé au même évêque la voiierie de la ville de Vie et de ses dépendances pour toute sa vie, moyennant cent livres de petit tournois qui lui ont été délivrés: et que si ce même Henri de Blàmont a qnekrue chose à démêler avec le duc de Lorraine, il s'en rapportera au jugement dudrt seigneur évêque, ce qu'il promet sur sa foi et son serment, pour lui et ses successeurs, et sous la garantie de tous ses biens.

Et en 1324 (2), Henri d'Auphin, élu et confirmé de Metz, reconnaît devoir à Henri, sire de Blàmont, la somme de douze cents francs de bons petits tournois, tant à cause qu'il a bâti sur î« fond de Févêché de Metz le château de Châtillon, entre Blàmont et Turkestein, que pour quelques autres intérêts et répétitions qu'ils avaient ensemble. Fait au mois de mai 1324. Ainsi voilà l'époque de la construction du château de Châtillon bien marquée.

Le lundi avant la purification de NotreDame, 1331 (3), Henri, comte de Blàmont, reprend d'Ademare, évêque de Metz, les châteaux et bourgs de Blàmont, Deneuvre, et Châtillon , et la voûerie de Vie. Dans le même acte il est fait mention de la reprise

(î) Meurisse , Histoire de Metz page 407.

(2) i3a4. Châtillon prés Turkestein.

(3) Idem page 511.

de la maison forle de Ilerbéviller, et de l'engagement que le même évêque Adeinare fit de ce fief au même Henri comte de Blâmont.

Et le dimanche avant la saint Michel 1377 , Marguerite de Blàmont (1) femme de Thiébau t comte de Blàmont fait sa reprise auprès d'Ademare évêque de Metz, pour Chatillon.

Et le 10 décembre 1450, il 7 eut reprise faite de Chatillon et Turkestein, auprès de Conrad Bayer de Boppart, évêque de Metz (2).

Chatillon est près de Turkestein , et cheflieu d'une seigneurie considérable appartenant à l'évéque de Metz, contenant les villages de Cirey, Harboùé , Paru , le Valde-Bonmoutier, l'Abbaye de Haute-Seille.

CHATRICES. — Chatrices, abbaye de chanoines réguliers de saint Augustin, près la forêt d'Argonne , (3) à une bonne lieue au Midi de sainte Menehoud , près la rivière d'Ame, nu diocèse de Châlons. Cette abbaye fut fondée au douzième siècle par Alberon de Chini évêque de Verdun; en l'an 1133 ou 1137. Ce prélat ayant retiré des mains d'Ulric, frère de Gui, archidiacre de Verdun, une terre ou fief, et une ile snr la rivière d'Aine dans la forêt d'Argonne, en fit don à Eustache, pour y fonder une abbaye de Chanoines réguliers, dont il fut le premier abbé. Les titres de cette abbaye furent perdus en 1S62 et 1596, pendant les guerres; lorsque tous les lieux réguliers furent consumés par les flammes, il n'y eut que l'église de conservée. Les religieux qui sont de la congrégation de sainte Geneniève , en ont fait réparer à neuf et la maison et l'église, le tout en briques.

Je conjecture que Chatrices est désigné par le mot de Caturices ou Caturiges, dont il est parlé dans les anciens itinéraires sur le chemin de Reims à Metz, de cette sorte:

Dorocortorum

Famum minervœ.

Ariolam.

Caturices.

JYazium.

Tullum.

Scarponam.

Divodurum.

[ocr errors]
[ocr errors][merged small]

Nais.

Toul.

Scarpon.

Metz,

Il y a quelque diversité dans les ancien» mss. sur le nombre des pas de distance d'une ville à l'autre; mais la conformité du nom de Catrices avec Chatrices, et son voisinage de sainte Menehoud, qui est encore aujourd'hui une des routes de Reims à Verdun et à Metz, fortifient ma conjecture. Il es! certain que le nom de sainte Menekoudd nouveau, et celui de Chatrices ne signifie rien dans notre langue; et la route est plo droite par là, que par saint Dizier,po« aller à Verdun et à Metz.

Il est parlé de Castrkiam dans le parti? fait en 870, entre les rois Charles et Lonis| Castricium échut an roi Charles. Il est plai entre Mosaninse et Condruse. On conni dans l'histoire Castrensis ou Castrient pagus. Voyez M. de Vatlois Notlit Gott page 135 , Flodoardiv. 2. Histoire, cha* 70, parle de Castriensis ficus; au cba| vm, il parle de Castriensis pagus, do M de Chatrices ou Castrices. foyet le ai dans sa chronique sous l'an 920

CHAUFFOUR Chauffeur, châu

dans le Barrois Mouvant, qui a donné I nom à une maison ancienne de nom etd' mes, à présent éteinte. Gérard de Cha four fils de Jeannot de Chauffour, et d'i son de Ruys fut le dernier mâle de c maison , n'ayant laissé que des filles. D« de Chauffour en 1428, fut engagé pa duc Charles II, (1) à déclarer la guerre ville de Metz, à laquelle il fit bien maux.

La maison de Chauffour portait d'arg à la croix de sable, chargée de cinq co les d'argent.

CHAUMONT-SÙR-AI à È, JÛiocH Verdun. — Ghaumont-sur-Aire j au

(1) Histoire de Lorrai. Tome II pa. cd ccse de Verdun, situé entre Banzey et Lohgchamp , dont l'église fut donnée à l'abbaye de saint Paul de Verdun en 1177, par Arnoù , évêque de Verdun (1). Ce lieu en lui même n'a rien de fort remarquable, sinon qu'il est la patrie de Nicolas Pseaume, illustre évêque de Verdun, dont la mémoire est en bénédiction dans ce diocèse, qu'il à gouverné pendant 26 ans , avec une vigilance , une sagesse et une piété exemplaire. Il était fils d'un laboureur de ce lieu, et son mérite le fit élever sur la chaire de Verdun, après avoir rempli les devoirs d'abbé de saint Paul de la même ville; il alla deux fois au Concile de Trente, (1) et s'y distingua par son savoir et sa vigueur. Il mourut à Verdun le 10 d'août 157S. Il laissa plusieurs écrits, dont une partie a été imprimée: on peut voir sa vie dans l'Histoire de Verdun, page 431, et suivantes.

Tout le monde sait que le nom de Chaumont vient de Calvus Mans, montagne

chauve , et se donne ordinairement aux villes situées sur des montagnes dégarnies de bois. Nous connaissons dans les montagnes de Vôge , nn grand canton ou comté , nommé Calvo—Montensis, Chaumontois, à cause des hautes montagnes qui s'y voyent chargées de pâturages, on Ton mène le bétail pendant l'été , pour profiter de l'herbe qui y croît en abondance, mais où les arbres ne croissent pas, par l'impétuosieé des vents et la stérilité de la terré.

CHAUMONT - SOUS - MURAUT. — Chaumonl-sous-Muraut, du diocèse de Verdun , situé près Damvilliers , chef-lieu du Doyenné de ce nom. Ce lieu est appelle Chaumont—sous—Muraut, parce qu'il est au bas de la montagne où était autrefois le château de Muraut. On l'appelle aussi Chaumpnt près Damvilliers. Saint Martin est patron de la paroisse , qui comprend le hameau de Juberci et le château de la placé, où il n'y a qu'un fermier. La cure est à la présentation du chapitre de la cathédrale de Verdun.

( r) Histoire de Verdun , pag. 261.
(<) Em55i. et 1 572.

Il est parlé du château de Muraut ou de Murvaul-sur-Meuse , en plusieurs endroits de notre Histoire de Lorraine. Tom 2, pag. 485. Marenvaldi Casirum et pag. 84. Mirobald, et Murvault, pag. 149 et 175.

Chaumont-sous-Muraut dépendait de l'évêque de Verdun et il est dénommé entre les lieux qui lui appartenaient (1). Guillaume d'Haraucourt, évêque de Verdun (1), publia des Statuts Synodaux à Chaumont-i sous-Muraut (1). In Calvo-Monte subtus Murai cm , an no 1491.

Noua avons aussi les statuts Synodaux du Doyenné Rural de Chaumont, dressés sous l'épiscopat de Guillaume d'Haraucoùrt (1), l'an 1490. Il laisse aux curés la libre élection de leur doyen (2), à charge de la notifier dans le mois à l'évêque ou à son grand vicaire (3). A la mort de chaque curé, le doyen héritera de son lit) ou de la somme de deux écus. Tous les curés de ce doyenné se présenteront en habits de cérémonie, à l'église de Chaumont, ou & tel autre lieu qui leur sera marqué deux fois l'année: 1° le mardi d'après le dimanche Misericordia Domini. 2° Le mardi d'après la saint Luc; sous peine contre les contrevenans de dix sols d'amende. Chaque nouveau curé doit donner dans ce chapitre de Chaumont la Taxe à' laquelle sa cure est taxée. Aujourd'hui dans le diocèse de Verdun , un nouveau curé ne donne plus à ses confrères, pour son joyeux avènement, qu'un cornet de dragées; et à la mort d'un curé du diocèse, le doyen n'a plus que le bréviaire du défunt, et dix livres en argent} le lit de mort appartient aux héritiers.

CHAUMONT-LA- VILLE. — Chaumont-Ia-Ville, village du diocèse de Toul: office , recette, sénéchaussée et bailliage de Bourmont, cour souveraine de Nancy. Le roi en est seul seigneur. La paroisse a pour patron saint Martin; le commandeur de Robécourt nomme à la curé, et est décimateur pour les deux tiers de la grosse dîme

(1) Histoire de Verdun pag. 435. Preuves, pag. 87.

(q) Ibid. p. 45.

(3) Histoire de Vera*drî, pag. i'5, preuves.

et toute la menue. Il y a dans ce lieu environ 96 ou 97 habit ans.

Il y a une maison en forme de château à messieurs de Thumery.

CHAUMONTOIS. Calvomontensis Pagus. Chaumontois, Colvomontensis, pays considérable de la Lorraine, s'étendant sur une partie de la Vôge , depuis la Moselle au couchant, jusqu'à la Meurthe à l'Orient; Varengéville et s?int Nicolas sont dénommés comme étant du Chaumontois. Saint Arnoû qui était né à Lay près Nancy, était né dans le Chaumontois. Le comte Hugues et la comtesse Eve sa femme, seigneur et dame de Lay, sont nommés comte et comtesse du Chaumontois. Ce nom dérive des montagnes Chauves, Montes Calvi, qui se voyent dans ce pays, où la plupart des montagnes de Vôge sont dégarnies de bois sur leur sommet, et fournissent des pâturages en abondance aux bestiaux qu'on y conduit, et qui y demeurent pendant tout l'été.

Il est parlé du Chaumontois dans le partage des provinces, fait en 870 , entre le roi Charles le Chauve et Louis le Germanique. Si l'on veut marquer la longueur du Chaumontois, il faut la prendre depuis la source de la Moselle, de la Meurthe et de la Sarre , jusqu'à la jonction de ces deux premières Rivières, qui se fait à Condé-surMoselle. Ainsi le Chaumontois a environ 26 lieues de longueur; mais sa largeur étant inégale et n'ayant point de bornes fixes et uniformes , on n'en peut fixer la juste étendue. Ce pays comprend la plus grande et la plus considérable partie de la Lorraine, avec les comtés de Blàmont et dé Salm. Il touche le Saintoia, ou comté de Vaudémont au midi, le Scarponois et le pays de Metz au nord, et le Toulois au couchant. Je ne crois pas que le Chaumontois ait jamais eu un chef lieu, d'où il ait tiré son nom ; il le tirait des chaumes, ou des montagnes chauves dégarnies de bois, dont on a parlé.

Ce pays est communément appelle Calvomontensis , et quelquefois Calmontensis, ou Calmontis , ou Calmontisse, ou Comitalus Calinontensium. Remiremont, Epinal,

Charmes, Mirecourt, Vandeuvre , Varengéville, Saint-Nicolas, Nancy, Lay, Blàmont, Amance, Bouxières-aux-Dames, et Bouxières-aux-Chênes , Rosières, Lenoncourt, Haraucourt, Lunéville, Ludres, Ilaussonvilie , le Vermois , Gerbéviller, Moyen, Remberviller, Deaeuvre, Baccarat, Saint-Diey et les abbayes de Vôge, Ravon, Bruyères, Plombières, Dompaire, Bussans, Ormes , etc., étaient dans le Chaumontois. On peut voir Adrien Vallois^ NotitiaGalliarum , pag. 118 , et le R. P. Benoit Picart, capucin, Histoire de Toul; pag. 29, et suivantes.

Il y a plusieurs villes et plusieurs lieux du nom de Çhaumont, qui n'ont point de rapport à notre sujet, et que l'on peut voir dans les géographes.

CHAUMOUZEY, abbaye de chanoines réguliers, —£haumouzey, en latin Calmosiacum ou Calmociacum , abbaye de chanoines réguliers, de l'ordre de S. Augustin , situé à une lieue et demie d'Epinal, diocèse de Toul, fut fondée vers l'an 1090, par un saint personnage, nommé Séhérus, qui le gouverna depuis 1090, jusqu'en 1128.

Ce saint homme, qui était prêtre d'Epinal , s'était d'abord retiré auprès d'Antenor célèbre solitaire de la Vôge (1), qui s'était bâti un hermitage dans un lieu situé entre la ville de Remiremont et le Saint-Mont, où il reçut plusieurs disciples, imitateurs de l'austérité-de sa vie. Après la mort d'Antenor, Séhérus lui succéda, et se détermina avec ses frères à prendre la règle de saint Augustin. Dans le même temps Lutulphe ou Lutolphe, fondateur de l'abbaye de S. Léon de Toul, pria Séhérus de se charger du gouvernement de celte nouvelle communauté; ce qu'il fit, sans néanmoins abandonner le gouvernement du monastère du Chàlelet, faisant passer ses disciples de 1 un à l'autre monastère , selon qu'il les trouvait propres à instruire et à édifier leurs frères.

Mais trouvant la situation du Châtelet

( i ) Chrome. Calmos. dans THUt. de Lorr. tom. II.

« PrécédentContinuer »