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viller, baillif de St.-Mihiel, acheta la moitié de la seigneurie de Creuë, du même Régnier, et ensuite l'autre moitié de ses fils, Pierre et Guillaume de Creuë. Après la mort de Gérard d'Aviller, la terre de Creuë fut cédée en vertu d'un traité de partage fait en 1561, entre les héritiers dudit M. d'Aviller, à M. François de Choiseuil, sieur de Montigny-le-Comte, baron de Clémont. Jean du Chàtelet, seigneur de Chàtillon en Vosge , fit, en 1583 , ses reprises de la terre de Creuë, à cause de dame de Choiseuil, sa femme. Il est dit dans les lettres de reprise que de la seigneurie de Creuë est mouvante en plein fief la terre de Neuville en Verdunois. •'

On fit annoncer dans la clef du cabinet du mois de décembre 1753 , qu'on renouvellerait le 8 janvier de l'année suivante une foire, qui se tenait anciennement à Creuë, dans laquelle on trouverait toutes sortes de denrées exposées en vente, et notamment des vins blancs du lieu, qui sont renommés pour leur bonté.

CROF-THAL ou KRAUF-THAL.— Crof-Thal, en latin Claustriacum, abbaye fondée , dit-on , par saint Sigebaud, évêque de Metz, qui a gouverné cette église depuis l'an 707 jusqu'en 742 ; on ignore jusqu'à la situation de cette fameuse abbaye. On m'a écrit de Morhange que le domaine du roi possède à Morhange et dans les environs, quelques fermes et quel'ques dîmes, qui appartenaient autre/ois à l'abbaye de Crof-Thalj qui était située à Morhange, et qui est à présent éteinte. Je ne trouve aucun vestige du nom de Crof-Thal, aux environs de Morhange , et j'ai peine à croire qu'elle y ait jamais été.

Le plus ancien monument de la vie de Sigebalde, évêque de Metz (1), ne parle que de la fondation de Saint-Avold, ou Hilariacum, et de Neufiller, et ne dit rien de Crof-Thal. Meurisse (2) dit dans un en-' droit que Sigebalde fonda Crof-Thal ; ail

(i) Hist. de Lorr., t. î, p. 69.
(1) MeurUse, p. i5i et 390,

leurs il en attribue la fondation aux ancêtres de Folmar, comte de Metz , qui vivait au dixième siècle, et qui a fondé l'abbaye de Beaupré , en 1135. Nous connaissons un village nommé Krauf-Thal, entre la Petite-Pierre au nord, et Phalsbourg au midi. Ce pourrait bien être le lieu où était l'abbaye de Crof-Thal.

Je ne trouve aucun monument certain de ce monastère avant le douzième siècle (1), et alors il était possédé par des religieuses de Citeaux. En 1187, je lis Agnès abbesse de Crondal; et en 1487, Gertrude d'Uzenheim, abbesse de Crof-Thal. On remarque que Folmar, comte de Metz, mit cette abbaye sous la conduite de Théogère, son frère, évêque de Metz, abbé de St.George , dans la forêt noire ; d'où vient que depuis le douzième siècle les abbesses de Crof-Thal ont toujours reconnu pour leurs supérieurs les abbés de St.-George en la forêt noire, jusqu'à la ruine entière et la suppression' de cette abbaye, arrivée il y a environ 160 ans , par les luthériens, qui en prirent les revenus pour fonder le collège de St.-Marc , à Heidelberg.

CROIX-SUR-MEUSE (la). La Croix - sur - Meuse, village du diocèse de Verdun, à droite de la Meuse, deux lieues au-dessus de Saint-Mihiel. Seigneurs. MM. les comtes de Rosières et de Hanonvillepour moitié j bailliage de Saint-Mihiel, , cour souveraine de Lorraine. La paroisse a pour patron saint Jean-Baptiste. L'abbe de Saint-Mihiel nomme à la cure. II y a environ quatre-vingt-dix habitans, un château à M. de Rosières, une maison seigneuriale à M. de Hanonville.

Voici le détail des droits dont jouissait l'abbesse de sainte Glossinde de Me,z ^ 'a Croix-sur-Meuse , au XV* siècle : chaque nouvelle abbesse avait droit d'élire su prud'hommes pour faire un échevin, dont elle choisissait celui qui lui plaisait, lequel devait durer tout le temps qu'il Ini plaisait: l'échevin devait un past ou repas à l'abbesse, de quinze sols, lorsqu'elle allait à la

(3) Hist. de Lorr., t. 1, p. 4

Croix ; le maire devait tin past de douze sols de petits forts : tous les portériens doivent assister aux plaids-annaux, trois fois l'an, savoir: vingt-un jours après Noël, vingt-un jours après Pâques , et à la saint Rémi, sous peine de cinq sols d'amende. Toutes amendes de fonda et de la Roye sont à l'abbesse ,' et sont toutes faites par ses hommes: le maire de madame a tous les ans un plaid à la huitaine de la saint Rémi, et chaque portérien lui doit un denier: tout portérien, quelque part qu'il demeure , doit deux fois l'an la file ou la faucile au Vayn et au Tremois, et trois fois l'an la charrue en carême. L'abbesse doit à ceux qui lui font corvées en carême un pain et deux deniers, et en Verserai et au Vayn , du pain blanc. Elle a encore sur trois maisons et trois granges, quinze sols de cens , lesdites maisons appelées d'ancienneté la Dame de la Croix, sises en la ruelle dite de Villers, etc. Ces droits ou servitudes furent reconnues le 12 mai 1435 , à la Croix même dans les plaidsannaux , tenus par dame Isabelle de Randek abbesse de sainte Glossinde, accompagnée de Catherine Layne , Marguerite de Varise et Isabelle d'Ex , religieuses de son monastère, en présence de l'abbé de Saint-Mihiel.

CRUNE (la). — La rivière de Ckunb , en latin Cruna, prend sa source à un' village de même nom, dans le bailliage de Villers-la-Montagne; et laissant Arrancy à gauche, joint la Chiers à Longuyon.

CUGNON.—Le monastère de Cugnon, situé entre Bouillon et Chiny, sur la rivière de Semois , en latin Monasterium, seu casa Congidoni super fluoium Sesmarum, fut fondé en 648, par saint Remacle, aidé des libéralités de saint Sigebert, roi d'Austrasie.

Saint Remacle était né en Aquitaine de parens nobles et puissans; il fut dès son bas âge confié à l'éducation de saint Sul— pice, évêque de Bourges, qui lui inspira le mépris du monde et l'amour des biens éternels; Remacle, pénétré de ces sentimens, se rendit au monastère de Solignac

dans le Limousin , et y embrassa la vîc monastique; Solignac, Solemniacum, avait été fondé depuis peu par saint Eloy, évêque de Noyon.

Saint Remacle s'y distingua si fort par l'éclat de ses vertus , que saint Martin l'en nomma abbé, et Sigebert, roi d'Austrasie, informé de son mérite extraordinaire, le fit venir à sa cour (1) et l'employa dans la fondation du monastère de Cugnon dont nous parlons ici. Il lui donna pour patrons saint Pierre, apôtre , les saints Paul et Jean et les autres martyrs , avec un terrain de l'étendue de trois lieues, et quelques autres biens pour la nourriture et l'entretien d'une communauté. Ce monastère est aujourd'hui réduit en simple prieuré (2), situé sur la rivière de Semois. On y voit encore la cellule de saint Remacle, creusée dans le roc, où ce saint vaquait à la prière, et cette cellule est fréquentée par un grand concours de peuple, qui y implore l'intercession de saint Remacle. Nous parlerons ci-après des abbayes de StavelotetdeMalmédy, que le saint fonda dans la suite.

On connaît dans le Luxembourg une ancienne maison de Cugnon, qui portait d'argent à la face de sinople, accompagnée en chefs de trois merlettes de sable, et en pointe d'une rose degueules, feuillée de sinople.

CUMINIÈRES.—Cuminières (3), village au diocèse de Verdun , fut échangé au septième siècle avec celui de Parroye , au profit des clercs qui habitaient alors l'église de Saint-Vanne (4). Il y a même assez d'apparence que c'est Cuminières qui est nommé Commenia par l'historien Berthaire et qu'il dit avoir été donné à l'église de Verdun, par le roi Childebert. En 1375, Iolande de Flandre, duchesse de Bar, fut obligée de céder au roi Charles V (5) les châteaux de Clermont, de Vienne et de Cuminières , pour sortir de la grosse tour

(i) Annales Benedict., t. i, p. 4o3.

l?\ Hariger, cap. 14.

(3) Hist. de Verdun, p. 10a.

Ibid., p. 78 et 134-
5) Ibid., p. 35i, 389 et 3go.

de Sens où elle était renfermée. Le château de Cuminières à deux lienes de Verdun , fut démoli par ceux de Verdun, en 1439 (1). Ce château était alors possédé par messire Jean d'Argiers, chevalier, qui s'en servait pour molester ceux de Verdun. Ceci fut fait vers le 25 mai, pendant les fêtes de la Pentecôte.

Le roi Charles VII s'engagea d'indemniser le lieu de Cuminières des pertes qu'il avait faites durant cette guerre contre les Verdunois.

La maison de Cuminières portait d'or à la barre d'azur, surmonté de trois annelets d'or.

CUSTINE. Voyez Condé-sur-MoseUe.

D.

SAINT-DAGOBERT DE STENAY.

Voyez Slenay et Monfay.

DAGONVILLE. —Le pape Pascal II, en 1106, confirmant les biens de l'abbaye de Saint-Mihiel, nomme Ecclesiam Dagonis villœ cum decimis. Dagonville est un village chef-lieu de la baronnie et de la prévôté de ce nom ; office recette et bailliage de Bar, présidial de Châlons, parlement de Paris. La paroisse a pour patron saint Martin; le chapitre de Ligni nomme à la cure; décimateur, le chapitre de Ligni pour deux cinquièmes; les bénédictins de Saint-Mihiel pour deux cinquièmes à prendre dans lés trois quarts, les menues dîmes leur appartiennent aussi sur les trois quarts des dîmes ecclésiastiques; le chapelain de la chapelle SainteCroix pour un trente-deuxième; les héritiers de M. Lepaige pour un quarantième; M. Paris de Monmartel, seigneur du lieu, pour un dixième, et la fabrique pour un huilèmc.

Il y a à Dagonville environ cinquante habitans et deux maisons seigneuriales.

Dans l'église paroissiale est la chapelle de la Sainte-Croix, fondée par Edme Guillot, ou M. Mesguillot, écolatre de

(i) Hist. dèLorr., t. a. p. a34, Preuves,

de Verdun ; charge, une messe chaque ven dredi; ses revenus sont assez considérables; on peut voir le pouillé de Toul.

La métairie ou Chapelle de Saint-Evre, entre Dagonville et Liniere, dépendante de la comraanderie de Reul, ordre de Malthe: les censiers sont paroissiens de Dagonville.

Annexe, Linière;l'église est dédiée sous l'invocation de l'assomptlon de NotreDame; le curé y a la dîme de quatre jours de terre. Seigneur, le duc de Bar.

L'histoire de l'abbaye de Saint-Mihiel nous apprend qu'il y a eu anciennement à Dagonville (1), une maison de l'ordre militaire des templiers. Celte abbaye eut une contestation qui dura très-long-temps, avec les templiers de la maison de saint Evre de Dagonville, touchant les sujets respectifs. Elle ne fut terminée qu'en 1284. L'affaire avait été portée à Borne. Le pape délégua des commissaires sur les lieux. Ce furent Odon évêque de Toul, et Royer abbé de Trois-Fontaines, qui, du consentement des parties, décidèrent que les templiers donneraient annuellement au célérier de l'abbaye , dix setiers de méteil, autant de froment et d'avoine; que ceux-ci ne seraient point recherchés pour tous les acquêts qu'ils pourraient faire à Dagonville. Les témoins de cet accord sont: Thieri archidiacre , Garin de Festenville, Gauthier abbé de Jovillier et Pierre chapelain de Courcelles.

En 1260 (2), Jacques de Villaine, chevalier , déclare avoir acquis de monseigneur Aubert de Livière, cinq ménages d'hommes de corps à Dagonville, qu'il tient du comte de Bar; et comme il n a point de sceau, il prie le seigneur d'Apremont d'y apposer le sien, où est une croix. En 1406, N. d'Apremont et Jeanne de Triconville sa femme, vendent au comte de Lignyet de Saint-Pol, ce qu'ils avaient à Dagonville , à eux échu por la mort de Férri de Triconville, frère de ladite Jeanne.

(i) Hist. de rabbaye de Saiut-M'ihiel, p. iïk (a) Archives de Lorraine, Layette, Bar,

Nicey,

Dagonville est du diocèse de Toul, si- | à une lieue et demie de Morhange, quatre tué sur la rivière d'Aire , à trois lieues de"

Bar, quatre de Commercy. Cette terre a été érigée en baronuie , ea faveur de M. Paris le 2 mars 1750.

DAINVILLE - AUX - FORGES. —

Dainville-aux-Forges, à une lieue et demie

[ de Gondrecourt, village du diocèse de

1 Toul, partie Lorraine et partie Champa

l gne. Le roi de Pologne est seul seigneur

de la première , qui est de l'office et de la

prévôté de Gondrecourt ; recette de Bour

raont, bailliage de saint Thiébaut, prési

dial de Chàlons, parlement de Paris.

M. le marquis de Marmicr , est seigneur de la partie de la Champagne , et y; a son juge-garde. Le duc Léopold avait donné le 29 août 1721, la part qu'il a dans Dainville , à M. le marquis de Marinier, à titre dacensement, et s'en réservant 1« domaine ; mais en la même année, sur les remontrances de ses gens d'affaires, il révoqua cette donation , qui n'avait été accordée que sous faculté de rachat, ad libitum, en lui remboursant les frais qu'il aurait faits à l'occasion de cette concession. La paroisse de Dainville-aux-Forges est commune aux deux parties, et a pour patron , saint Valère. L'abbé de Morimont nomme à la cure ; les décimateurs sont M. l'évêque de Toul comme abbé de Vaux, pour un tiers; l'abbé de Murant pour un sixième, et le curé du lieu, qui est un religieux prémontré des Vaux , pour un tiers dans la dime non novale. M. le marquis de Marmier y a une forge et un château, Il y a dans la partie du Barrois , 44 ou 45 habitans. Le pouillé de Toul diffère un peu de ce que nous avons dit sur les dîmes de Dainville.

La chapelle de Notre-Dame de Chécourt, construite sur le ban de Dainville, dépend de cette paroisse.

DALHEM. — Nous connaissons plusieurs lieux du nom de Dalem.

1° Dalhem, village, mi-partie avec l'é— vêché de Metz, du comté de Morhange, évêché de Metz, souveraineté de Lorraine;

de Dieuze.

2* Dalhem, village du marquisat de Fauquemont, du bailliage de Boulay, éVéché de Metz, souveraineté de Lorraine; le château est ruiné.

3" Dalhem, village à trois lieues et demie de Thionville, répondant à Bouzonville, diocèse de Metz, souveraineté de Lorraine.

4" Dalhem, petite ville des Pays-Bas, située dans le Limbourg Hollandais , aux confins de l'Espagnol, environ à trois lieues de Liège et de Maëstrich. Les Français ta prirent en 1672 et en démolirent les fortifications. Elle est capitale d'un comté qui a eu ses comtes, particuliers; d'où vient qu'encore aujourd'hui les flamands l'appellent Gravendal, c'est-à-dire la Vallée des Comtes. Elle dépend à présent de la république des Provinces-Unies.

5* Dalhem, petite ville, capitale du duché de ce nom, sur la rivière de Bervine, à deux grandes lieues de Liège. La seigneurie ou comté de Dalhem a eu ses seigneurs particuliers il y a plus de six cents ans. Henri V, duc de Brabant, ayant attaqué cette place, la prit et l'unit à son duché en 1239. Dalhem était alors un comté possédé par le comte de Hoestad, neveu de Conrad, archevêque'de Cologne. Alberic, sous l'an 1240, dit qu'encore que la paix eût été faite entre l'archevêque de Cologne, le duc de Brabant et ses alliés, le duc de Brabant refusa de rendre Dalhem, qu'il avait conquise auparavant.

Dalhem aujourd'hui n'est qu'une bourgade (1) , qu'on a laissée, par le traité de 1661, aux états généraux, avec six villages qui en dépendent; mais on a cédé à la couronne d'Espagne douze- autres villages de la dépendance de Dalhem, entr'autres Foucon-le-Comte, qui était la résidence des anciens comtes de Dalhem. On voit encore à Dalhem un ancien château.

6° Dalhem, dans le pays de Luxembourg, du diocèse de Trêves, lieu remarquable par

(i) Longuerue, description de la France, partie a, page iai. Voyez la Martinicre.

quantité d'antiquités qui s'y trouvent. On y voit en particulier une panthère avec un collier; cet animal étaitconsacré àBacchus. On y voit aussi un caveau voûté de craye (ou peut-être de plâtre), et au-dedans, une urne haute de trois pieds et remplie de cendres; quelques lampes sépulcrales et un monument avec cette inscription à rebours:

M. D. .CNUFEDEALOINAMREG ATNAMREG

VIV. C'est-à-dire, Dis Masibvs. Germania, Germaniolce de/unctœ, viva ou vwens. Germaniola y est représentée assise et les cheveux retroussés et liés dans une espèce de bourse , son père en robe, appuyé sur un oreiller, sa femme ou un domestique entre lui et sa fille, et à coté une cruche à deux anses.

Les autres antiques du camp de Dalhem sont aussi fort remarquables. Dans des souterrains, on. voit un pavé long de quarante pieds sur dix de largeur, construit de petits cailloux pointus, enduits de ciment et de chaux; un fragment de bain carré, une infinité de têts de pots cassés, avec diverses figures de divinités payennes, entr'autres de Junon, soutenue dans les airs et entourée de son Iris; aux deux côtés sont Ganimède et Cupidon, avec le nom du potier. VICTOR F., c'est-à-dire Victor l'a fait.

On voit de plus à Dalhem, quantité de tuiles brisées, des murs en terre de six à sept pieds d'épaisseur, des pierres sépulcrales , des médailles; on remarque la même chose dans les villages voisins Aspclt, FilstorfFet MondorfT.

A l'occasion de l'inscription de Dalhem, écrite à rebours, nous dirons ici (1) que le révérend père dom Jacques-Martin, qui a savamment écrit sur la religion des anciens gaulois, a prétendu que ces peuples anciennement se servaient de caractères grecs, et qu'ils écrivaient de la droite à la gauche, comme font encore aujourd'hui les hébreux

(a) Religion des Gaulois, tome a , livre 3, p. 5a et 53. ,

et la plupart des orientaux ; et qu'ils écrivaient aussi de la manière que les grecs nommaient boustropledos, c'est-à-dire qu'ils traçaient leurs lignes, comme les bœufs tirent leurs sillons, retournant d'un sillon à l'autre à l'alternative. Il est certain que les grecs ont quelquefois écrit de celle sorte; mais ce n'a jamais été parmi eux un usage général.

Four les gaulois , je puis ajouter anx preuves du savant écrivain que j'ai cité, que parmi les inscriptions qui se trouvent dans le pays de Trêves et le Luxembourg, et qui sont rapportées dans le Luxemlurgica romana (1) , manuscrit du révérend père Alexandre Vithem , jésuite, il y a peut-être plus de vingt exemples d'inscriptions romaines écrites de droite à gauche, et quelquefois revenant de gauche à droile dans la deuxième ligne. Dans le-même pays on trouve quelques inscriptions sépulcrales toutes grecques (2), du temps de Théodose le jeune et d'Honorins. On peut ajouter à ces preuves plusieurs médailles des empereurs du haut empire, dont la légende commence de droite à gauche, contre l'usage ordinaire, qui commence les inscriptions latines de gauche à droite.

Le nom de Dalhem signifie une maison dans le Val, d'où vient ce grand nombre de lieux nommés Dalhem dans ce pays. On veut que les Dalmates» y aient campe pendant long-temps, ce qui parait trèsfabuleux; mais on ne peut guères douter que les Romains n'aient eu un campement à Dalhem, dans le Luxembourg. Les restes d'antiquités qui s'y voient encore aujourd'hui , en sont une bonne preuve.

Dalhem fut donné en 996 , à l'abbaye de saint Maximin de Trêves, par Berthe, veuve du comte Volemare (5). Dalhem était situé inpago Moselensi, in comitatu valdehinga, cui GislebertusComes prœesie vedetur. C'était une terre très-considéra

(i) Ibid., pages 77, a38, 283, 189, 397.3l5' 337,427. 434».5o7, 569.

Îa)'Pages a44 et a45.
3) Hist. de Lorr. tome 1, page 397.

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