Images de page
PDF

remarquable qu'il n'en est plus parlé dans les reprises du duc Antoine, Au reste le traité de Rumilli n'a pas eu d'exécution , comme n'ayant pas été libre.

Quelques années après en 1552 , le prince Nicolas de Lorraine, comte de Vaudémont, régent de Lorraine , ayant fait remontrer au roi Henri II, que les villes de Bar-le-duc, Gondrecourt, Châtil-: Ion , la Marche et Conflans étaient tenues en fief libre ,du royaume de France , non sujettes à aucun service , sans que les édits et ordonnances des rois y aient jamais eu lieu ni cours, ni que les habitans desdites villes ayent été tenus d'aucune imposition, à autre qu'au duc de Lorraine et de Bar: Sa Majesté ordonna que toutes instances et poursuites commencées à cet égard , demeurassent en surséance pendant la minorité du duc Charles III, son gendre prétendu. Et en 1553, le même roi déclara le duché de Bar, exempt du ban et arrière ban , et autres impositions mises en France.

Plusieurs années après , c'est - à - dire en 1671 le 25 janvier, intervint un traité entre le roi Charles IX, et le duc de Lorraine Charles III, touchant la mouvarce de Châtillpn, la Marche, Gondrecourt, etc. (1)

Et en 1559, le même duc Charles III par son testament, donne au prince François comte de Vaudémont son fils, là terre et seigneurie de Gondrecourt, avec quantité d'autres terres. En 1632 , le même comte François de Vaudémont, par son testament, donna au prince NicolasFrançois son fils, évêque de Toul et cardinal, frère du duc Gharles IV, le château , ville, terre et seigneurie de Gondrecourt (2).

Le château de Gondrecourt a été ruiné en 1633 , de même que les autres châteaux du pays, par ordre de la France. En 1641 les troupes du roi s'étant présentées devant Gondrecourt, trouvèrent le château

abandonné ; et après y avoir repose quatre heures , elles s'avancèrent vers le NeuC château. La terre de Gondrecourt était possédée en 1656, par le maréchal de l'Hôpital.

Le prieuré de Gondrecourt dépendant de l'abbaye de saint Evre , fut fondé apparemment dans le onzième siècle. r puisque Pibon évêque de Toul, qui a gouverné cette église depuis. 1070 jusque» en 1107, lui donna quelques bien», et queKicuin évêque de la même église en 1112,, confirme ce que Gautier de Gondrecourt et ses prédécesseurs avaient donné à ce prieuré. Mais on ignore le nom deson fondateur,, si ce n'est ce Gautier de Gondrecourt dent on vient de parler.

Les pères récollets se sont établis sur le penchant de la montagne de Gondrecourt en un lieu assez Incommode (1).

[blocks in formation]
[ocr errors][ocr errors]

A quelque distance de Gondrecourt onvoit le prieuré de sainte Salaberge ou de Réchicourt, dépendant du monastère de St. Jean de Laon, fondé et bâti, par sainte Salaberge, fille du seigneur Gondoin, dont nous avons parlé ci-devant. On pourrait croire que ce prieuré près de Gondrecourt,, est situé au lien où sainte Salaberge avait d'abord projeté de bâtir une abbaye, qu'elle jugea ensuite plus à propos de transférer à Laon pour éviter îe§ inconvéniens auxquels, elle aurait été exposée entre les deux royaumes de Bourgogne et de Lorraine ou d'Auslrasie; mais le prieuré de Réchicourt est à une plus grande distance de Luxeu , que ne l'était l'abbaye que voulait fonder sainte Salaberge, ç'est-à-dire 40 milles de Langres, car de Gondrecourt à Luxeu la distance est beaucoup plus grande.

L'ancien château de Gondrecourt est aujourd'hui réduit à une simple maison, à laquelle tiennent le palais et les prisons.

(1) Benoît, hist. de Toul, p. 87.

(3) Hist. de Lorr., t. 1, p. 455 , note.

Gondrecourt est chef-lien de l'office et tle la prévôté de même nom; il est de la recette de Bourmont, du bailliage de là Marche, du présidial de Châlons-surMarne , et du parlement de Paris, le roi en est seul seigneur.

Hors la ville de Gondrecourt est une chapelle ou léproserie sous l'invocation de la sainte Vierge.

Sous le duc Léopolden 1707 le comte des Sales avait obtenu de construire sur le ban de Gondrecourt, à titre de fief, une forge et un fourneau; cette forge a été transférée sur le ban d'A bain ville , trois ou quatre cents pas plus bas. Il n'en reste . sur le ban de Gondrecourt, que le corps de logis, les écuries et partie de la halle; on a fait un moulin du fourneau. Il y a à Gondrecourt prévôté et hôtel de ville, dont le prévôt est le chef. Avant l'édit de 1747 il y avait aussi une gruerie qui est à présent du ressort de la maîtrise de Bourmont.

GONBRECOURT-EN-VOIVRE. — Gondrecourt-en—Voivre, village aux sources de l'Oltain, à deux lieues et demie de Briey, diocèse de Verdun , office et recette de Briey,'juridiction des jugesgardes des seigneurs ; la paroisse a pour patron saint Sébastien, bailliage d'Etain , cour souveraine de Nancy. M. Charpentier de Neuvroa, président au parlement de Metz, en est seul seigneur, haut, moyen et bas justicier.

Il est fait mention de Gontrecuria dans un titre de saint Maur de Verdun vers l'an 1046 (1).

GONDREVILLE. — Gondreville est un bourg situé sur la Moselle à une lieue de la ville de Toul vers l'orient septentrional, et à trois lieues de Nancy au couchant. Son nom latin est Gondulphivilla: M. de Vallois dans sa notice des Gaules, dérive le nom de Gondreville, de Gondulphe, qui fut maire du palais du jeune Théodeber; roi d'Austrasie, et qui fut dit-on préposé à l'éducation de saint Arnou.

(i) Hist. de Lorr-, p- 4^'

Les fois de France y eurent un palais royal, et le roi Théodoric III y a donné une charte en favenr de l'abbaye de Morbàchen Alsace en 737. Il est fait plusieurs fois mention de ce palais sous la race des Mérovingiens. Louis-le—Débonaire y demeura quelque temps , et ordonné à Frotaire évêque de Toul, d'y faire une galerie, qui communiquât du palais à l'église de Gondreville.

Les seigneurs et les évêques du royaume de Charles -le- Chauve , s'assemblèrent à Gondreville le 9 de septembre 873 et y firent serment de fidélité à ce prince en présence de la reine Ingelberge et des légats du saint siège (1).

Au mois de juin de l'année 880 les rois de France Louis et Carloman , et Charles - le - Gros roi d'Allemagne et de Lombardie, se rendirent à Gondreville (2). Louis roi de Germanie devait aussi s'y trouver; mais étant tombé malade, il fut. obligé d'y envoyer des députés. Dans cette assemblée on confirma à Louis roi de Germanie, la jouissance du royaume entier de Lorraine. On renonça en faveur de Charles-Ie-Gros aux prétentions que les autres princes de la maison royale , pouvaient avoir aux états d'Italie, et on convint que ces princes se donneraient mutuellement secours contre les ennemis communs de la monarchie; ces ennemis étaient d'une part les Normands et de l'aui tre l'abbé Hugues, qui en -voulait à la Lorraine et le duc Boson usurpateur de la Provence.

Le duc Mathieu I" bâtit ou rétablit le château de Gondreville vers l'an 1154 (3); Henri évêque de Toul son oncle, le trouva fort mauvais , et excommunia son neveu. Ce prince irrité fit le dégât sur les terres de l'église de Toul; mais le pape ayant ordonné aux évêques de la province, de mettre les états de Lorraine en interdit , Mathieu se rendit et répara le tort qu'il avait fait à l'église de Toul.

(ij Hist. de Lorr., t. i, p. J5i, nouv. èdit,
(a) Ibidem, p. 787.
(3)Ibid., t. a, p. i3.

Gondreville était donc dès auparavant su duc de Lorraine, puisque le duc Thierri y bâtit un château; l'évêque de Toul et son chapitre ne se plaignirent de cette entreprise du château, que parce qu'il était trop voisin de la ville épiscopale

Le bâtard de Vaudémont fut fait commandant de Gondreville, après que le duc René II eut repris Nancy sur le duc de Bourgogne. Un jour veille de la Toussaint , à six heures du soir, le bâtard sort de ce lieu avec ses gens , à qui il fait pren

et qu'il pourrait leur causer du dommage; ! dre une écharpe blanche , afin qu'ils se

ou plutôt parce que les anciens rois de France avaient défendu qu'on ne bâtit aucune forteresse dans la banlieue de Toul, en deçà de la forteresse de Liverdun, qui depuis très-long-temps était comme le boulevard de la ville et de Févêché de Toul, de ce côté là. Voyez ci-après Vart. de Liverdun.

Quelques années après, le duc Thiébaut I" étant décédé sans enfans en 1220, sa veuve Gertrude de Dasbourg épousa le

pussent mieux reconnaître. Ils tombèrent sur les Bourguignons qui étaient au village de Laxou près Nancy, jetèrent l'alarme jusque dans le camp du duc Charles, qui était revenu devant Nancy : et après avoir pris et tué bon nombre de Bourguignons, ils s'en retournèrent à Gondreville avec plus de trente chevaux et beaucoup de butin.

Le premier octobre 1520 (1), le duc Antoine abandonna à Renée de Bourbon

comte de Champagne (1). Le duc Mathieu | son épouse, Gondreville et ses revenus, par II, frère de Thiébaut et son successeur ; ce que celte princesse s'y plaisait et voulait il est hors de Gondrerille, à l'extrémité des jardins du prince, et près le passage de la Moselle où se voit le bac aujourd'hui assez peu fréquenté, depuis qu'on a fait près de-là, la grande route de Nancy à Toul, et qu'on a construit un pont sur la Moselle, près la ville de Toul.

dans le duché, fut obligé de faire valoir . à Gertrude , Nancy et Gondreville, qui lui avaient été donnés pour douaire; mais comme on avait assigné Nancy pour douaire à la duchesse Agnès mère de Mathieu, il fallut user de violence pour l'obliger de rendre cette ville à Gertrude.

En 1232 (2) , il y avait un pont à Gondreville sur la Moselle ; le duc Mathieu II ayant été obligé de lever le siège du château de Foug, se jeta dans Gondreville après en avoir rompu le pont.

Eu 1295, Thiébaut prince delà maison de Lorraine, donne en fief à Ferri duc de Lorraine son père, la terre de Gondreville, et ordonne à tous ses vassaux de lui rendre hommage.

Durant la guerre du duc Charles de Bourgogne contre la Lorraine,. ce prince s'empara de Gondreville et y mit garnison ; mais les troupes de Lorraine qui tenaient Fontenoy qui n'en est pas loin , les harcelèrent et les fatiguèrent de telle sorte qu'ils furent obligés d'abandonner ce poste (5).

(i)Ilist. île Loir, p. 2)2. (v) Hist do Loir., t. 2, p. ïSi. (3) Histoire de Lorraine, tome 3, page lxxvi Preuves.

y faire séjour.

Dans.la vie de St. Bernard (2), ou lit que ce saint guérit à Gondreville, une femme aveugle, en présence d'une infinité de personnes qui y étaient accourues de tout le voisinage.

Gondreville est chef d'une prévôté dépendante du bailliage de Nancy; cette prévôté comprend environ trente-cinq villages; autrefois Gondreville était compris dans le comté de Toul.

L'église paroissiale est dédiée à l'Assomption de la Vierge.

Il y avait autrefois , un hôpital de petit revenu, qui ne subsiste plus; mais H. le prince d'Elbœuf y a fondé il y a environ trente ans un hôpital magnifique , dont il a donné la direction aux frères de la charité. Leur maison est très bien bâtie, et tout s'y ressent de la grandeur d'ame, et du bon goût du fondateur.

L'ancien palais ne subsiste plus ; mais le même prince s'y est bâti une maison fort bien entendue. Elle est sur les ruines de l'ancien château. Pour le nouvel hôpital,

(i) Archives de Lorraine, Layette Gondreville.

(2) Vita saucti Beraardi , tome 2, édit. Ma

bil. p. 1152.

La seigneurie de Gondreville relevait autrefois de l'évêque de Metz (1).

Il y. a un autre village de Gondreville sur le chemin de Metz, à Viller-bretnach , à une lieue et demie de cette abbaye , où l'on montre-une espèce de circonvallation, où l'on dit qu'un empereur et un roi de France, ont eu une entrevue. C'est la tradition du pays.

GORCY. — Gorcy , Gorcium , petit village du diocèse de Trêves; office de Villers-la-montàgne, juridiction des juges des dames du lieu / recette et bailliage d'Etain ; cour souveraine de Nancy. Mes daines de la fontaine et Martinières en sont dames, hautes, moyennes et basses justi

Gorze (1) était dans le Comté de Scar pone; et les chroniques de Metz, portent que St. Clément, premier apôtre des Médio— matriciels, ayant été converti par saint Pierrre fut envoyé par lui avec saint Céleste prêtre , et saint Félix diacre, pour y annoncer la foi de Jésus-Christ ; qu'ils arrivèrent à Gorze, qui était alors un lieu sauvage, couvert de bois, rempli de belles sources d'eau, destiné à la chasse par les princes du pays , et remarquable par l'aqueduc que l'empereur Auguste (2) avait fait bâtir à Joui-aux-arches, pour conduire d'une montagne à l'autre, les eaux de Gorze dans la ville de Metz.

C'est là que saint Clément et ses compagnons s'arrêtèrent , et bâtirent un oratoire en l'honneur de saint Pierre apôtre , qui les avait envoyés. Il n'y avait pas long-temps qu'ils y étaient arrivés, lorsque le prince de la ville de Metz, avec ses chasseurs , vint dans la forêt de Gorze, et les chiens ayant poursuivi un grand cerf, cet

cières, et perçoivent toute la dîme. Il y a animal vint se jetter aux pieds de St. Clé

onze ou douze habitans.

! ment, comme pour lui demander sa pro

CORZE. — Gorze, est un gros bourg,: tection. Le prince ayant demandé au saint ou une petite ville , située au couchant de qui il était, et ce qui l'amenait en ce pays, Metz, environ à trois bonnes lieues de cette Clément lui dit qu'il était venu de Rome, ville, sur un ruisseau nommé Gorze , qui ' envoyé par l'apôtre saint Pierre , pour lui se décharge dans la Moselle, au-dessus annoncer les vérités du salut. Le prince d'Arnaville , visrà-vis Corny. Ce ruisseau traita d'abord ces discours de rêveries, et

de même que le lieu de Gorze, se nomme quelquefois Gurgés, ou Gouffre, apparemment à cause de l'abondance de la source d'eau, ou d'une espèce de gouffre ou de

cependant leur dit qu'ils pouvaient venir en la ville.

Ils y vinrent, et y annoncèrent l'évangile. Ils promirent au peuple que s'il

profondeur , qui se voit à Gorze. Ce nom . voulait croire en Jésus-Christ, ils le déli— ne se lit pas dans les anciens géographes , ni dans les itinéraires, ni dans les anciens historiens des Gaules, mais dans les auteurs et les titres du moyen-âge. Gorze est très célèbre, principalement à cause de l'abbaye qui y fut fondée en 749 , par

Crodegang évêque de Metz , la quelle y a ' geois de Metz , marcha en habits pontifi subsisté avec beaucoup de réputation et de splendeur , jusqu'à ce qu'elle fut entièrement ruinée et supprimée sur la fin du seizième siècle.

vreraient de serpens qui infectaient l'air des environs , et faisaient mourir les hommes et les animaux. Plusieurs se convertirent , et saint Clément assisté de ses deux compagnons, Céleste et Félix, et suivi des nouveaux convertis, et des bour

[ocr errors]

(1) Hist. deLorr., t. 1. p. 378. Preuves, t. i. p. 375.

(3) C'est ce que porte le manuscrit de Gorze, imprime', t. 1. pag. 275, Preuves de l'Histoire do Loir.; mais cette tradition n'est rien moins que certaine.

eaux, vers le lieu où étaient ces serpens, qui, beron I du nom, é vêque de Metz, l'abbaye sortirent aussitôt de leurs repaires. St. Clé- était comme abandonnée, t réduite à peu ment mit son étole au cou dri plus grand de religieux , qui n'avaient que l'habit de et du plus dangereux de ces animaux, et le j leur ordre.

traîna dans la rivièredcScille, qui n'était pas I Àdalberon y introduisit Jean de VanIoindelà, où il noya ce serpent et tous les au- dière , connu sous le nom du B. Jean de très qui l'avaient suivi. Ce miracle fit tant j Gorze , .qui avec six compagnons remplis d'impression sur le peuple qui en avait été du même zèle , y firent bientôt refleurir

témoin, qu'il se convertit, et fut baptisé.C'est ce qtte racontent beaucoup plus au long les Chroniques de Metz , qui voulant embellir la vie de saint Clément, premier apôtre du pays1 messin, l'ont entièrement défigur rée et travestie en une espèce de roman spirituel.

Pour revenir à Gorze (1), on dit que l'église de ce monastère fut dédiée en 761, par le pape Jean, en présence du roi Pépin, de vingt-tjuatre évêques et de grand nombre de seigneurs/' Mais ce fait souffre quelque difficulté ; caV Alcuin dit expressément que l'église de GoTze fut dédiée par Crodegang , évoque de Metz, le cinq des Ides dé juillet. Dépuis que l'abbaye de ce nom y eut été fondée vers le milieu dû huitième siècle, par le même Crodegang, ce lieu devint fameux ; et il s'y forma auprès du monastère, un bourg considérable, dont on ne peut guères séparer l'histoire de celle de l'abbaye, qui en faisait le principal ornement.

Le monastère et le bourg allèrent en augmentant par les grands biens que les princes donnèrent aux religieux, et par le concours des étrangers qui venaient en ce lien par principe de dévotion , ou par intérêt, et pour profiter dtt voisinage de cette nombreuse et puissante communauté. La vigueur de l'observance régulière s'y maintint assez long-temps; mais les malheurs des guerres et les irruptions des Hongrois, l'usurpation des biens temporels, par des seigneurs séculiers , diminuant les revenus du monastère, réduisirent les religieux à un très petit nombre, et y introduisirent par une suite nécessaire , le relâchement et le désordre; de manière que sous Adal

(i) Hist. de Lorr.. t. î , p. 5n.

l'observance régulière. Ils choisirent pour leur abbé , le vénérable Einolde ; et Jean de Vendière s'étant chargé du soin du temporel, et le comte Adalbert ayant rendu les biens qu'il détenait du monastère, l'abbaye changea de face; l'on y rétablit.les édifices ruinés ou négligés, et la régularité qu'on y observait, y attira bientôt plusieurs excellens sujets. L'on y envoyait des religieux des autres monastères pour' y apprendre la pratique de la règle de saint Benoit, et' on en vit sortir plusieurs religieux qui portèrent la réforme dans les abbayes d'où ils étaient venus.

L'abbaye de Gorze avait de grandes dépendances, non seulement dans la Voivre et dans le' Comté de Scarpone, mais encore dans l'Alsace et dans le pays de Vorms , où l'évêque Crodegang son fondateur lui avait donné des fonds conside'rables (1). Le roi Pépin lui céda Dombasle, Varengévillê et le lieu de saint Nicolas, les prieurés" d'Amattce, d'Apremont, d'Amelle et quelques1 autres qui en dépendaient. Elleaeu dans les commencements desabbés d'un mérite extraordinaire; dans la suite elle en a eu de la première noblesse de Lorraine. L'hospitalité s'y exerçait avec grandeur, et l'office divin s'y célébrait avec beaucoup d'édification et dé dignité.

L'évêque Crodegang y fit venir de Rome le corps de' saint Gorgon , qui en dévint le principal patron, et qui lui donna son nom. Les anciens abbés de Gorze jouissaient des droits régaliens , faisaient la guerre et la paix en leur nom, ou se liguaient de leur chef avec les antres seigneurs de Lorraine, pour la faire à leurs ennemis. Ils frappaient monnaie à leur coin , et nous avons encore

(a) V. His». de Lorr., 1.1. p. a88 des preuves.

« PrécédentContinuer »