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de» monnaies d'argent de» abbé» de Gorze. Varri de Donimartin abbé de cette abbaye, puis évêque de Verdun , avait bâti sa maison abbatiale avec une somptuosité extraordinaire; l'abbayeétait devenue comme uneespèee de forteresse, et ce fut en partie ce qui fut cause de sa ruine et de sa perte. En 1386 (1), le comte de Saint-Pol, frère du B. Pierre de Luxembourg, évêque de Metz , voulant punir les Messins qui

anx environs de Metz au mois de mai 1542, avtc ses troupes ; il se logea d'abord à Ancy, puis à Gorze, où il arriva la veille de Saint-JFean-Baptiste; il s'en rendit maître et y mit garnison. Le 9 de juillet suivant il entra dans Metg sans résistance, à la faveur de Gaspard de Heu, mahre échevin. Quelque temps après il fit venir à Gorze, dont le roi lui avait fait présent, Guillaume Farel , zélé calviniste, qui n'était ni prêtre,

avaient fait quelqu'cntreprise contre les ! ni religieux, ni docteur, ni savant, mais

droits de l'évéché de Metz , entra en armes sur leurs,terres et prit la ville de Gorze, puis marcha contre Moyenvic et Marsal. Le 21 mars 1387, le même comte vint de nouveau sur les terres de Metz, attaqua les châteaux deLouvigny, qui étaient défendus par dés troupes de Metz; il prit ces trois châteaux ou maisons-fortes, puis attaqua la ville de Gorze , qu'il prit d'assaut le 20 mai; enfin il vint loger à Wapy, où-il fit de grands ravages.

En 1441, une troupe d'aventuriersd'en-' viron trois mille hommes, de l'armée du roi Charles VII, qui étaient venus cette année dans la Champagne et dans le Barrois , se jetèrent dans le pays Messin et y séjournèrent environ trois semaines; ils prirent la ville de Gorze et y demeurèrent environ quinze jours. Ils avaient pour chef un capitainenomméMontgomeri; lorsqu'ils en voulurent sortir ils y mirent le feu, et près de la moitié de la ville fut réduite en cendres. Ils disaient qu'ils n'en voulaient point à la ville de Metz, et le capitaine Montgomeri entra même dans la ville comme ami et y demeura quelque temps; mais quelques-tins du mena peuple de la ville étant sortis sur eux sans ordre, furent repoussés et fournirent prétexte à ces troupes de faire le dégât dans la campagne.

Les protestants d'Allemagne, sachant de quelle importance pourrait être la ville de Metz pour répandre leurs erreurs dans la Lorraine , le Barrois et le Luxembourg, firent tous leurs efforts pour s'y introduire. Guillaume de Furstemberg, un des plus zélés partisans du luthéranisme, se rendit ( i) Histoire de Lorr., t. 2 , p. 6a5.

I grand déclamatear , et dont le principal talent était de traduire en bouffonneries le* cérémonies les plus sérieuses de la religion. H prêcha à Metz, dans le cimetière des jacobins , qui est aujourd'hui à l'abbaye de Saint-Arnoû.

Farel ne put demeurer long-temps à Metz; les catholiques l'obligèrent à se retirer à Montigni, village fort près de la ville; il en sortit encore quelque temps après, et se retira à Gorze, où il demeura avec ses adhérens, sous la protection de Guillaume de Furstemberg, jusqu'à Pàque» de l'an 1545.

Le jour de Noël, un cordelier prêchant dans cette ville avança, Suivant k créance de l'Eglise, que la Sainte Vierge était demeurée vierge» après comme avant son enfantement; Farel qui était au sermon se leva brusquement, interrompit le prédicateur et nia ce qu'il venait de dire: les femmes du lieu l'ayant entendu, se jetèrent sur lui, lui arrachèrent la barbe et les cheveux, et auraient fait de même des yeux sans le capitaine qui commandait dans le fort, qui y accourut et le tira de leurs mains; il garda la chambre, se fit traiter jusqu'au jour des rois, qu'il monta en. chaire, et continua de prêcher jusqu'à Pâques, tantôt dans les paroisses, tantôt dans la chapelle des Apôtres qui était dans l'abbaye.

Depuis ce temps, Gorze devint comme la forteresse des luthériens. Le duc Claude de Guise fut prié par le cardinal Charles de Lorraine, son frère, de les en chasser; il marcha contre ce bourg, l'attaqua le jour même de Pâques» 25 mars 1545, et s'en T-endît maître sans beaucoup de résistance. Farel trouva le moyen de se sauver avec une charette de lépreux, dont il avait pris l'habit et les marques, s'^tant enfariné le visage et portant des -cliquettes en mains.

'Peu de temps après, la garnison de Thionville, irritée de ce que les Français qui étaient en garnison à Gorze faisaient des courses sur les terres d'Espagne, jusqu'en Bourgogne, vinrent le 27avriHS43, avec du canon et des bonnes troupes, attaquèrent le château «t l'abbayede Gorze. La garnison française y fil une vigoureuse résistance; ■«lie fut toutefois forcée de se rendre; la plupart des soldats furent taillés en pièces, les autres furent pendus aux crénaux des murailles. La ville et l'abbaye furent pillées, et après avoir laissé dans la place du monde pour la garder-et pour réparer les brèches, ils se retirèrent.

Mais comme la nouvelle garnison laissée à Gorze n'était pas nombreuse, les Français y revinrent bientôt. Le château fut aisément]forcé et les soldats passés au fil de l'épée; l'église de l'abbaye fut de nouveau pillée et profanée. A peine en étaientils sortis que les Lorrains y entrèrent, et n'ayant pas trouvé de quoi piller, ils mirent le feu à l'abbaye et à l'hôtel abbatial; de là le feu se communiqua au château et en consuma une grande partie. L'église seule fut épargnée pour cette fois.

En 1352, le connétable de Montmorency, étant à Pont-à-Mousson , fut informé que le château de Gorze était une retraite de brigands et de bandits, qui disaient retenir cetteplace pour l'empereur. Il détacha douze compagnies sous le commandement du duc d'Aumale, avec «rois ou quatre pièces de canon, et les envoya pour réduire ce château, dont la garnison pouvait incommoder l'armée du roi dans sa marche. On tir? soixante coups de canon contre les murailles, et la brèche étant faite, le duc d'Aumale entra dans la place, tailla en pièces ceux qui la défendaient, rasa le château et le réduisit en tel état que depuis ce temps il n'a jamais pu se rétablir.

Aujourd'hui le bourg de Gorze n'a rien

qui le distingue. On voit encore an voisinage les belles sources d'eau que les Romains avaient fait conduire à Metz, parle moyen de l'aqueduc de Jouy-aux-Arches, dont nous voyons encore les magnifiques restes dans le peu d'arches qui en restent sur pied. Pour l'abbaye qui a fait autrefois une si grande figure dans le pays et qui passait pour souveraine, on n'en voit pas même les ruines, -et à peine connait-oa l'endroit où elle était.

L'église même et tous les lieux réguliers furent démolis ea 16G9, malgré la résistance et les oppositions de M. dÀrquienLagrange , qui-était alors lieutenant pour le roi à Metz.

Les rois de France étaient protecteurs et non pas souverains à Gorze; de sorte que le roi-Henri II, au traité dé Cateau-Cambresis, et Henri IV, au traité de Vervins, comprirent 4'abbé de Gorze an nombre de leurs alliés; mais les ducs de Lorraine, dont les frères ou les fils s'étaient fait donner cette abbaye, la ruinèrent absolument, en démembrèrent les grands biens et dissipèrent les religieux qui y étaient en assez petit nombre.

En 1572, le cardinal Charles de Lorraine , évêque de Metz, ayant formé le dessein de fonder une université au Pont-àMousson , obtint du pape Grégoire XIII la suppression du titre abbatial, dont ledit cardinal était alors pourvu, pour en former la mense d'un primat à Nancy; il obtint aussi le démembrement des prieurés d'Amélie et d'Apremont, dépendans de la même abbaye , comme aussi des offices claustraux de Gorze, pour de leurs revenus former la mense des pères jésuites dn Pont-à-Mousson , auxquels il voulait donner la conduite de l'université qu'il avait projetée. On tira de plus des revenus de l'abbaye de Gorze de quoi entretenir douze chanoines, qui devaient faire le service dans l'église paroissiale de Gorze.

C'est de la ville de Gorze que l'on tirait les eaux qui étaient conduites -à Metz, par l'aqueduc de Jouy-aux-Arches, comme on l'a dit.

En l'année 1751 , M. de Creil, inten daot de Metz a fait travailler au canal qui conduisait autrefois les eaux de la belle source qui se voit à Gorze, sur le fameux aqueduc dont une partie subsiste à Jouy— aux-Arcb.es ; ces eaux avaient leur source dans un vallon près de Gorze et le canal y subsiste encore dans son entier, il est d'une beauté parfaite. M. de Creil a fait suivre ce canal, et a fait ôter les terres qui le couvraient par-dessus (1). Ce canal se partage en cinq conduits , qui se réunissent en un à une certaine distance.

GOUSSAINCOURT.—Goussaincourt, village du diocèse de Toul, partie Champagne , partie Barrois mouvant, à gauche de la Meuse, à deux lieues et demie de Neufchàteau et de Vaucouleurs; bailliage de la Marche, présidial de Chaumont, parlement de Paris. Le roi est seul seigneur de la partie du Barrois. La paroisse, qui est commune aux deux parties, a pour patrons saint Gervais et saint Prolais.

GRAFIGNI.—Grafigni, village situé entre la Meuse et le Mouzon, à une lieue de Bourmont, diocèse de Toul; bailliage de Bourmont, cour souveraine de Lorraine. '.'église a pour patron saint Eliphe , ou Elophe, martyr.

Annexe Malaincourt, dont l'église est dédiée à sainte Marie-Magdeleine. Bailliage de Bourmont; cour souveraine de Lorraine.

La chapelle de Ste. Marie-Magdeleine.

Chemin, autre annexe de Grafigni, ne faisant qu'une communauté avec Grafigni. Patron saint Nicolas, bailliage de Bourmont. C'est ce que dit lePouillé de Toul.

GRAN-EN-BASSIGNY. — La ville, ou plutôt le bourg de Gran ou de Grans en Bassigny, du bailliage et de la recette de Chaumont en Bassigny Français, avec prévôté royale. C'est un lieu fort ancien , et

une grosse tour carrée en pierres de taille , taillées d'une façon rustique, en pointe de diamans, comme j'en ai remarqué quelques autres ; par exemple à Brisac et à Saverne au palais de M. l'évêque de Strasbourg. Cette tour sert à présent de clocher à l'église paroissiale dédiée à sainte Libaire, qui était de Gran même , et qui y fut martyrisée en 561 , par les ordres de l'empereur Julien l'Apostat. Saint Elophe ou Eliphe, frère de sang, ou seulement frère en JésusChrist , de sainte Libaire, y souffrit de même le martyre, dans lemême temps.Tous les monumens du pays en rendent témoignage , et on montre partout aux environs des vestiges de leur martyre et de leur culte.

La ville de Gran est située dans l'Ornois, qui tire son nom de la rivière d'Orne, ou Ornay, Odorna. Ce canton d'Ornois, Odornensispagus, est fort différend d'un autre Ornois, Odornensis situé dans la Voivre, entre la Meuse et la Moselle, sur l'Orne , Odorna ou Orna, petite rivière qui se jette dans la Moselle , entre Metz et Thionville. Dans le partage fait en 870 , entre les rois Louis de Germanie et Charles roi de France, l'Ornois supérieur, dont Renaud était comte, échut à Louis roi de Germanie; c'est l'Ornois du côté de Metz ; l'autre Ornois du côté du Barois et du Bassigny, échut à Charles : il avait alors pour comte, Thetmarus.

Il est assez surprenant qu'on ne trouve pas le nom de Gran, dans les anciens géographes. Ammien Marcellin , qui a décrit dans un assez grand détail, la vie de l'empereur Julien, n'en fait aucune mention , non plus que l'itinéraire d'Antonin , ni les tables de Peutinger. On croit que sous Cbarles-le-Chauve, en l'an 886, la ville de Gran est marquée par ces mots : aclum in Granis villa, in Dei nomine. Mais si autrefois fort considérable , comme il pa- kl'on considère les ruines presque immenses

rait par les monumens qu'on y voit encore aujourd'hui. Nous y avons remarqué des vestiges très—sensibles d'un amphithéâtre

(2) Lettre âe M. Lançon le fils, conseiller à Metz, du Io janvier Ij52.

de ce bourg, l'amphithéâtre dont nous avons parlé , des murs de trois et quatre pieds d'épaisseur , les médailles du haut empire qu'on y trouve fréquemment, les débris des colonnes et des chapiteaux , les

armes anciennes, Vfs conduits souterrains, les briqws et les tuiles antiques , la trailition constante du lieu et des environs , on ne pourra guères se refuser à croire, que Gran n'ait été ane ville de conséquence.'

Quelques manuscrits du pays (1), portent que l'empereur JuKen l'Apostat faisait sa demeure à Gran. François de Rosières avance même que «et empereur fit le siège de cette fille et .l'emporta. La tradition constante de la Lorraine et du diocèse de Toul, veut que cet empereur y fit souffrir le martyre à saint Elophc ou Eliphe, et à sainte Libaire (2). Cela prouve au moins la persuasion où l'on est depuis très-longtemps , que la ville de Gran est très-ancienne , et qu'autrefois elle était trèsgrande.

L'abbé Rupert (3) , qui vivait au commencement du douzième siècle , et qui a écrit la vie de saint Eliphe , sur de plus anciens monument, appelle Gran, Civiles , nom qui ne se donne qu'aux villes importantes : urbem tune longitudine et laiitudinc maximum , et turribus et mûris munilissimam nomine Grandem. Orlhétiùs cite la vie de saint Eliphe, composée par l'abbé Rupert, qui parle de la ville de Gran , comme d'un lieu considérable du diocèse de Toul, et peu éloignée de celle ville; mais elle en est environ à neuf lieues. M. Baillet dans sa topographie des saints , en parle comme d'une petite ville de Lorraine sur les limites du Bassigny ; il ajoute qu'on prétend sans beaucoup de fondement , qu'elle a été autrefois épiscopale. On croit poursuit-il, qu'elle est le lieu de la naissance de St. Eliphe et de St. Eucaire , et de leurs trois sœurs, Libaire, Menne cl Susanne.

La Martinière , dans son dictionnaire géographique, semble reconnaître deux bourgs de Gran , l'un en Champagne dans le diocèse de Toul, l'autre une ville de

(l)Riguet, chronol. des c'véques de Toul, p. 4SHet4?.

(î) Syst. Lot. ete. fol. 99, verso.

(3) Vit. R. EIiphi,apud«urium, i6oct.

France. Il remarque que M. Baillet se trompe; que Gran n'est point une ville , mais un bourg, et qu'il n'est point en Lorraine, mais en Champagne , et dans le Bassigny même, et à la source delà rivière d'Orncz.

Il dit après M. Baugier (1) , qne Gran est remarquable par le tombeau de saint Thibet, seigneur du lieu, qui est sous des arcades et des portiques fort anciens, sous lesquels on tient que l'empereur Julien lui fit trancher la léte. Ce tombeau est visité par une infinité de personnes malades, qui espèrent y recevoir la guérisoa de leurs maladies incurables. Ce bourg a été autrefois possédé par des seigneurs de ce nom, qui étaient considérables; on y voit les vestiges d'un ancien château qu'ils habitaient. C'est ce que dit M. Baugier.

Mais il était mal informé; il a mis saint Thibet pour saint Eliphe , qu'il fait seigneur de Gran. Saint Thibet est inconnu dans l'église de Gran , on ne connaît point de seigneurs particuliers qui aient possédé ce lieu, ni. qui y aient eu leur château.

On sait seulement que depuis l'an 1220, et peut-être encore auparavant, les ducs de Lorraine reprenaient du comte de Champagne, Gran , ou du moins la moitié de cette ville , de même que Nancy, Chatenoy, Montfort, Neuf - Château et Frouart; et qu'ils ont continué à en faire hommage à la France, depuis la réunion de la Champagne à la couronne, jusqu'en 1463, que le roi Louis XI en remit l'hommage à Jean de Lorraine, duc de Calabre.

Lorsqu'on 1323, le duc Ferri promit à Raoul duc de Lorraine , son fils , en faveur de son mariage avec Eléonore de Bar, fille d'Edouard comte de Bar, les terres de Neuf-Château , Chatenoy, Gran et Montfort , il fallut encore obtenir l'agrément du roi de France, dont ces lieux relevaient.

Je reconnais méanmoins que depuis l'an 1312, on ne parle plus de Gran , dans le

(1) Baugier, misa., hist. de Champag. t. 1, p. 366.

dénombrement des lieux relevant de la France, et que dès auparavant quelquefois on omet le nom de cette ville dans ces dénombremens. Le bourg de Gran , est aujourd'hui nuement à la France , chef d'une prévôté, bailliage de Clerinont. J'ignore le temps et la manière dont ce Heu est sorti des mains des ducs de Lorraine , qui en ont possédé moitié pendant long-temps.

Après la levée du siège de La Molhe, «n 1642 (1), le duc Charles IV qui s'était avancé pour la secourir jusqu'à Lifoule-Grand, ayant appris que le maréchal du Hallier avec ses troupes , s'était logé à

Quelques années après , c'est-à-dire en 1707, le même ouvrage reparut sans nom d'auteur et sans préface , c'est-à-dire, qu'on y fit un nouveau frontispice, et qu'on en supprima la préface, qui se trouve pourtant dans plusieurs exemplaires.

Dans cet ouvrage , M. l'abbé de Riguet montre que les catalogues des évêques de Toul, publiés jusqu'alors , sont très-fautifs : comme ceux de Symphorien Champier de l'an 1510 , celui du rituel de Toul, imprimé en 1616, et même de 1638, publié à la fin du rituel imprimé en 1652 , au chap. 11 j il s'efforce de montrer que saint Eutaae martyr, n'a pas été

Basoile, se mit incontinent en marche ,! évêque de Toul, mais de Gran. Il sou— pour l'y aller attaquer : du Hallier informé tient qu'il a eu le caractère cpiscopal, et

i sa marche , se relira à Gran.

Le duc le poursuivit, mais du Hallier ne .l'attendit pas , et Charles après avoir batte quelques détachemens français, qu'il trouva sur sa route, se rendit à Neuf-Château , prit la ville, en tira quantité de blé, qu'il fit conduire à la Molhe, outre 6 mille resaux de froment, qu'on trouva dans les bois de Gran.

Gran est aujourd'hui du diocèse de Toul, et on croit qu'il a toujours été du pays des Leuquois, quoique fort voisin du diocèse de Langres. La grande route de Langres à Neuf-Château, et de NeufChâteau à Ligniet à Bar-le-Duc, passe assez près du bourg de Gran. La rivière d'Ornez, qui passe à Gondrecourt, à Ligni et à Bar, prend sa source au même lieu.

On imprima à Nancy, peu de temps après la mort de M. l'abbé de Riguet, en 1701, chez Paul Barbier , un petit ouvrage in-douze, sous le nom de M. l'abbé Riguet, grand aumônier de S. A. R. grand-prévôt de Saint-Diey, etc. , intitulé : Système chronologique, historique, des évêques de Toul, avec une assez longue préface, que l'on croit être de M. l'abbé Hugo , alors prieur de St. Joseph à Nancy.

(1) Le P. Donat , histoire de Lorraine sous Charles IV.

il le prouve par la vie de saint Eli— pbe , qui en parlant de saint Eucaire, dit cpiscopali functus honore; or , il est certain qu'il n'a jamais été reconnu pour évêque de Toul. Mais les anciens missels, bréviaires et autres monumens de ce diocèse , lui donnent le titre d'évêque de Gran (1). Il est en particuler nommé ainsi, dans un ancien bréviaire de l'église de Toul, et dans deux autres dfes années 1595 et 1628, où dans l'hymne des vêpres, on lit:

Sflnctum tamen Eucarium
Ac virtutum opificem
Urbs Grandis et confinium
Habuit in pontijicem.

Dans le bréviaire de 1512 et 1515 , imprimé par l'ordre de l'évêque Hugues des Hazards, la septième leçon commence ainsi.- In ea siquidemurbe grandi nomine, prœclarissimus vir Eucarius Deo dilectus, Dei disponente gralid t fuerat episeopus ordinal us.

Dans le bréviaire de 159$ le répons de la troisième leçon , est conçu dans ces termes : Julianus dum gallias ingreditur, urbern Grandem introivit , christicolas insequitur; pluresque carceravit f Eucarium aggreditw et ipsum decollavit.

Dans nn missel à l'usage de Toul, de

(i) Riguet, système, pages a3, a5, a7 , aS el29.

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