Images de page
PDF

]a paroisse de Notre-Dame; on y a trouvé quelques médailles romaines , et on m'en a fait présent de quelques unes ; on y a trouvé aussi «ne petite statue de Mercure en bronze. J'ai parlé ailleurs de iVinri* et de Foins. Je n'entre point ici dans l'examen de la généalogie et de la succession des ducs et comtes de Bar ; on en a parlé au long dans l'histoire de Lorraine. On y a vu comme le duc Henry III, ayant été fait prisonnier par les gens du loi Philippe— le-Bel, et conduit à Bruges, fut obligé dépasser en 1301, le fameux traité de Bruges, par lequel il se reconnaissait homffie-lige du foi de tVance, pour la partie de ses états de Barrois, qui sont situés «u couchant de la Meuse vers le royaume de France, ce qu'on appelle communément le Barrois mouvant. Depuis ce temps les ducs de Bar ont rendu leur foi et hommage au roi de France ; mais en différens temps il y a eu sur ce sujet différentes explications.

Par exemple en 1552 , le bailli de Sens ayant imposé les habitans deBar-Ie-Duc, de Gondrecourt, de Chatillon, de la Marche et de Conflans , pour contribuer au payement d'une somme de dix-neuf mille deux cents livres , et le prince Nicolas de Lorraine comte de Vaudémont, régent de Lorraine sous la minorité du duc Charles III, ayant fait sur cela ses remontrances que la ville de Bar et les lieux ci-devant nommés, étaient fiefs libres de la couronne de France , et n'avaient jamais été soumis à de pareilles impositions; le roi Henry II, déclara n'avoir jamais entendu que les sujets du duc de Lorraine fussent cottes et sujets à de pareilles impositions. Et en 1553 , il les déclara aussi exempts du ban et arrière-' ban, et autres impositions faites en France.

Enfin en 1573, le roi Charles IX en confirmant le traité fait entre lui et le duc de Lorraine, donna sa déclaration par laquelle il termina toutes les difficultés formées au sujet de la mouvance et de la souveraineté de Barrois, et ordonna que le duc Charle» III on beau-frère, jouirait j vers 'le même wmps.

de tous les droits régaliens et de souveraineté sans rien excepter, hors la foi et hommage-Jige. On peut voir ces traités dans les preuves de l'histoire de Lorraine.

La paroisse dédiée à Notre-Dame avec le prieuré joignant, sont dépendans de l'abbaye de Saint-Mih'iel. On a vu ci-devant que lorsque le duc Frédéric 1° du nom, bâtit le château de Bar en 964, les terres des environs appartenaient partie à l'évêché de Toul et partie à l'abbaye de Saint-Mihiel. Il y a toute apparence que le lieu nommé aujourd'hui la ville-basse de Bar, appartenait au monastère de SaintMihiel , puisque la paroisse de ce lieu lui a toujours appartenu , et qu'en 1088 , la comtesse Sophie, fille de Frédéric II duc de Bar (1), lui donna le prieuré qu'elle avait bâti et fondé près de cette église. Pibon évêque de Toul, confirma cette donation le premier septembre 1088 (2), et donna à l'abbaye l'autel, c'est - àdire, le revenu de cette paroisse, dont l'église lui appartenait auparavant.

Les bénédictins de l'abbaye de SaintMihiel entretiennent au prieuré de Bar, trois de leurs religieux, dont l'un a titre de prieur, et y exerce les fonctions de curé primitif, ayant sous lui un curé séculier, nommé par l'abbé de SaintMihiel , et institué par M. l'évêque de Toul, comme ordinaire.

Il y a dans cette paroisse un grand nombre de chapelles, dont les chapelains forment avec le curé, une espèce de chapitre ou de communauté , qui suivent le chœur et les offices religieux.

L'église collégiale de saint Maxe de Bar-le-Duc, une des' plus anciennes collégiales de Lorraine (3), doit son commencement au duc Frédéric Ier du nom, fondateur du château de Bar, qu'il commença à bâtir en 964. Peu d'années

(i) Mabill. annal. Bened. j. 5, p. mi.

(2) Benoit , Hist. de Toul, p. 399.

(3) La collégiale do Saint-Diey fut formée après (4), un seigneur lorrain nommé de Toul en 964,

Hezel ou Hezeb , ayant apporté de Chinon

en Tourraine , des reliques de saint Maxe

ouMaxime , bâtit dans ce château de Bar

une chapelle ou oratoire, où il déposa

les reliques de saint Maxe, et fit consacrer

cette chapelle par saint Gérard évêque de

Toul, qui fut nommé à cet évêché en 964,

et mourut en 994.

Nous avons une charte authentique, qui nous a été communiquée pbr M. de la Vallée, doyen de la collégiale de saint

Maxe, et imprimée au premier tome de l'histoire de Lorraine, sous l'an 1025 (5) , indiction 15, donnée sous le règne de Louis comte de Bar, sous l'épiscopat d'Hermand évêque de Toul ; dans laquelle il est dit que sous le règne de Lothaire roi de France, et de Frédéric duc de Lorraine , un seigneur Lorrain de très-grande qualité , Homme Hézeb , ou peut - être Hezel, bâtit dans ce château de Bar, un Oratoire qu'il fit consacrer par Gérard évêque de Toul, en l'honneur de la Sainte Vierge, de saint Etienne et de tous les Saints , et qu'il décora des reliques du précieux confesseur saint Maxime, qu'il avait apportées du pays de Tours en Tourraine, par une providence particulière de Dieu.Que le jour de cette dédicace, la duchesse Béatrix et (épouse du duc Frédéric), fit présent à cette chppelle de la terre de Varenne. On trouve ensuite le dénombrement des autres biens que divers particuliers firent à saint Maxe, qui font voir que dès lors c'était plus qu'une simple chapelle , et qu'apparemment ou y mit des chanoines pour la desservir.

Quoiqu'on ne puisse pas fixer au juste l'année de la fondation et de la consécration de l'église collégiale de saint Maxe de Bar, on peut néanmoins la déterminer à peu près ainsi : Saint Gérard fut fait évêque

[blocks in formation]

le duc Frédéric commença à bâtir le château de Bar en 964; quelques années après (peut être en 992) , saint Gérard consacra l'oratoire de saint Maxe. Frédéric ne vivait pins en ce tempslà , mais la duchesse Béatrix son épouse vivait: Frédéric mourut en 984 et saint Gérard en 994. On ne peut donc pas reculer cette dédicace au-delà de 984 , ainsi elle peut s'être faite entre 992 et 993.

Quant à la personne de saint Maxe , on forme sur son sujet quelques difficultés qu'il est bon d'éclaircir ici. On nous écrit de Chinon en Touraine, du 28 août 1753 (1) , que l'église de saint Maxe ou de saint Même, ou saint Maxime de Chinon , ayant été .incendiée par les Huguenots , messieurs du chapitre ont perdu la plupart de leurs titres et monumens anciens. Que toutefois leur légende porte que saint Maxe était sorti d'une famille noble d'Aquitaine, qu'on prétend même que son père était gouverneur de Loudun, sous l'empereur Julien l'apostat; que saint Maxe avait pour frères cadets , saint Maixant et saint Jouin , tous deux successivement évèques de Poitiers et qu'il passe pour certain, qu'il fut instruit par saint Hilaire évêque de Poitiers; qui fut rélégué en Phrygie par les Arriens; qu'ensuite siint Maxe vint trouver saint Martin évêque de Tours , qui l'ordonna prêtre. De là il se retira dans une solitude près de la ville de Chinon , qui n'était alors qu'un très-petit Bourg. La réputation de sa vertu lui attira bientôt des imitateurs, en particulier saint Lonand. Après une vie très-exemplaire accompagnée de plusieurs miracles, il mourut à Chinon le 20 d'août, âgé de soixante-dix ans , et fut enterré par saint Martin , dans la chapelle dédiée à la Vierge , au monastère qu'il avait bâti à Chinon. L'église subsiste encore aujourd'hui ssus le titre

(1) Lettre de M. Perrault chanoine de Chinon , au R. P. Dora Augustin Gnillemin, religieux de Senoncs.

de saint Même, desservie par une collégiale célèbre.

La lettre ajoute , qu'on prétend que le corps fnt transféré au temps des persécutions , à l'IIe-Barbe près Lyon , où il y avait autrefois un chapitre sous le nom de saint Maxime , qui vient d'être uni il y a cinq ou six ans à la cathédrale de Lyon. On a fait à Chinon la fête de celte translation , le 29 octobre. C'est ce que porte la légende de Chinon. Messieurs du chapitre de Chinon , ayant demandé à ceux de Bar, quelques portions des reliques de leur saint patron, ils en obtinrent quelques ossemens du chef, comme il parait par le prooès—verbal et le certificat, en date du 8 juin 1598, signé, que l'on conserve dans la chasse du saint, à Chinon.

Les chanoines de Chinon conservent dans l'église le livre des évangiles, que saint Même avait avec lui lors de son naufrage dans la Saône, rapporté par saint Grégoire de Tours (1). Ils conservent aussi son étole et sa chappe qui est fort grande, faite à l'antique, sans Orfroi, ayant au lieu du Chaperon, une espèce de petite capuce pointue. Elle est absolument sans couture et faite, d'une écorce fort fine, d'un fond violet brun, chargée d'une quantité prodigieuse de léopards, couleur jaune foncé.

Ils ajoutent qu'il y a environ vingt-huit ans, qu'en démolissant un ancien autel dans l'église de saint Même ou Maxime de Chinon , On trouva dans les fondemens dudit autel, une boîte pleine d'ossemens , avec un morceau assez considérable do la chappe du saint dont nous avons parlé , qui était aussi brillante que si elle sortait de la main de l'ouvrier , avec une inscription dont on ne pût lire que ces mots: Hic surit Reliquiœ Apostolorum et Sanctorum. La circonstance de la chappe de saint Maxe pourrait faire croire , que luimême aurait placé les reliques en cet endroit.

Jusqu'ici nous avons suivi la légende de saint Même ou Maxe ou Maxime de Chinon, avec les remarques de M. le chanoine Perrault.

Ce qu'il avance de l'instruction de saint Maxe par saint Hilaire évêque de Poitiers, et de la sépulture donnée à saint Maxe par saint Martin, tout cela est insoutenable, toute la chronologie y répugne. La translation des reliques de saint Maxe à 111eBarbe, n'est* pas plus certaine non plus que ce que l'on avance de la famille de saint Maxe. Nous mettons tout cela an rang des histoires fabuleuses ou apocryphes.

Venons à présent aux sources d'où l'on peut tirer plus sûrement la vérité de cette histoire. Le premier auteur qui ait parlé de saint Maxime, est -Grégoire de Tours, qui nous apprend (1) , qu'il avait en main une vie de saint Maxime écrite en vers, et qui portait que saint Maxim in était disciple de saint Martin ; que le désir de vivre inconnu au monde, l'avait porté à se retirer au monastère de Vile-Barbe; que son mérite éclatant l'y ayant fait connaître , il fut obligé de retourner dans son pays : mais comme il passait la Saône, la barque où il était ayant été submergée, il échappa heureusement au danger , ayant à son col le livre des évangiles et les instruinstrumens de son ministère journalier, Ministerium quotidianum , c'est-à-dire, le calice et la patène pour dire la messe.

Echappé de ce danger, il arriva heu

[ocr errors][merged small]

reusement à Chinon en Touraine, où il bâtit un monastère. Quelque temps après, Giles , préfet des troupes Romaines, ayant assiégé cette place, et ayant bouché un puits dont les assiégés tiraient de l'eau pour leur besoin , saint Maxime touché de leur extrémité, obtint du ciel par ses prières , une pluie si abondante, que tout le peuple eut de quoi appaiser sa soif, et à remplir tous leurs vases qu'il leur avait dit d'apporter sur la place publique , leur promettant de l'eau en abondance; la

( 1 ) Hist. de gloria cofessorum, cap. 11.

lempèle fut accompagnée de tonnerre , de foudre et d'éclairs si terribles , que les assiégeans effrayés forent contraints de lever le siège. On croit que ceci arriva vers l'an 463. Saint Maxime mourut dans son monastère dans un âge avancé , et y fut enterré. Dieu fit éclater le mérite de son serviteur , par un grand nombre de guérisons miraculeuses , dont saint Grégoire de Tours rapporte deux des plus signalées (1) , d'un jeune garçon et d'une jeune fille appartenant à son église de Tours, dont il fut témoin , et y reçurent la santé.

L'ancien livre de la vie de saint Maxime , ne se trouve plus; mais on en cite un autre qui se conserve au monastère de Marmoutier, où l'on ne voit que peu de choses , hors ce que nous venons de voir dans Grégoire de Tours.

M. le Laboureur ancien prévôt de l'île— Barbe (2) , dans l'histoire de cette abbaye qu'il a composée sous le titre de Mdzures de Vile—Barbe , imprimée à Paris, en deux volumes in—4° en 1681, raconte aussi l'histoire de saint Maxime , qu'il a tirée de la légende conservée à Chinon , ainsi que nous l'avons rapportée d'après la lettre de M. le chanoine Perrault ; mais il avoue qu'il y dans cette légende quelques particularités apocryphes.

Dans un autre endroit il dit, que saint Eucher évêque de Lyon, avait une estime si particulière pour saint Maxime, qu'il le faisait souvent venir de son monastère de Vile-Barbe à Lyon , pour les affaires de son diocèse, lui donnant soin d'en faire la visite en son absence.

Il rapporte une lettre du même saint Eucher écrite à Philon, qu'il nomme son frère vénérable et prêtre comme lui, par

prépare une demeure et des livres , parce qu'il avait dessein de passer le carême avec lui. Il lui envoya en attendant, trois cents mesures de provisions annonce, apparemment de froment, deux cents mesures de vin , deux cents livres de fromage et cent livres d'huile pour la nourriture de sa communauté.

Si cette lettre de saint Eucher regarde notre saint Maxime, comme nous le croyons, on peut fixer son âge et sa demeure à l'ile-Barbe vers l'an 45 0 , puisque saint Eucher vivait à Lyon en 440 , et que le siège de Chinon par le préfet Giles ou Gillon, arriva en 465. Je sais qu'il y a quelques difficultés sur cette lettre de saint Eucher, touchant saint Maxime (1), et que M. Baluze croit que l'abbé Maxime dont il est parlé dans cet épitre , est un autre Maxime , dont Leidrade évêque de Lyon, parle dans une lettre à l'empereur Charlemagne

M. le Laboureur dont j'ai cité l'ouvrage, dans ses deux tomes de son histoire de l'ile-Barbe, ne dit pas un mot de la demeure de saint Maxime en l'ile-Barbe ni de la translation de ses reliques en ce monastère. Mais il montre que son culte y était en honneur, de même que celui des S.S. Benoit, Parent de Charlemagne et de saint Ambroise, tous trois abbés de ce célèbre monastère, et insérés dans son calendrier.

D'autres savans critiques sont partagés sur la personne de saint Eucher de Lyon. Les uns, comme Pierre François Chifflet dans son saint Paulin illustré , partie 1, chap. 19. M. l'abbé Antelmi dans une dissertation particulière, et M. de Tillemont, histoire ecclésiastique, tome 15, soutiennent qu'il n'y eut qu'un seul Eucher

laquelle il le prie d'engager le vénérable ! évêque de Lyon , en quoi ils conviennent abbé Maxime, qui gouverne le monastère avec tous les plus anciens catalogues des de l'ile-Barbe, à sortir de son abbaye et, archevêques de Lyon et avec tous les aude le venir trouver, et de lui dire qu'il lui i teurs des martyrologes.

(i) Noie R. P. Theodor. Ruinart, ia Gregor. Turon. I (') V. Crecor. Tureo. opéra est studio Do

(i) Le Laboureur, Mâtures ie l'ile-Barbe, mini Theodonci Ruinait, in addendis et ement. a,pag. "5. i dandis, prg. i/Joo.

D'autres savans, comme Baronius sous l'an 529 , M. de Sponde son abréviateur, Severtius, dans son histoire des archevêques de Lyon, les Bollandistes en plus d'un endroit, et le P. Théophile Rainaud, dans un ouvrage composé exprès, etleR.P. Mabillon dans ses notes sur la vie de sainte Consentie, tome 1, des actes desaint Benoit, et enfin M. de la Marc,dans l'histoire de l'église de Lyon disent qu'il y eut deux Eucher.

Les auteurs de la Gaule chrétienne, après avoir mûrement pesé les raisons de ces deux sentimens, se sont déterminés pour celui qui admet deux Eucher archevêques de Lyon (1). Le premier qui a gouverné cette église depuis environ l'an 457 jusqu'à vers l'an 450 , le second qui a vécu depuis l'an 520 ou environ, jusques vers l'an 530.

Quant à saint Maxime (2) qui fait le principal sujet de cette dissertation , les mêmes auteurs de la Gaule chrétienne , soutiennent qu'il ne fut abbé de l'ile-Barbe que sous l'évêque Loup , successeur du second saint Eucher, et qui vivait en 538. Leidrade dans sa lettre à Charlemagne, parle très-avantageusement de l'abbé Maxime , et dit que les évêques de Lyon lui confiaient le gouvernement de leur diocèse en lenrs absences.

Reste à savoir si saint Maxime de Chinon, a été abbé de l'ile-Barbe. Saint Grégoire de Tours dit expressément, qu'il se retira dans ce monastère; mais il ne dit pas qu'il en ait été abbé; il ajoute qu'il en sortit pour venir à Chinon, où il bâtit un monastère , et où il mourut.

Il est vrai que par la lettre d*Eucher à Philon,il paraît qu'il y avait eu à l'ileBarbe un abbé du nom de Maxime, fort estimé d'Eucher, et qui voulait se retirer de cette abbaye. Mais ou veut que cet Eucher et ce Maxime ayant été deux personnes fort différentes de celui dent il est parlé dans la lettre de Leidrade à Charlemagne. J'ai peine à me rendre à ce senti—

(i) Gallia Ohristiana. t. iv, p. 20, 21 etsccj. p. 43o, et seq.

(3) Ibi'àem, p, 122.

ment. Il est certain que les chanoines de Chinon et ceux de l'ile-Barbe , étaient bien persuadés que c'était le même saint Maxime ou saint Maxe honoré à l'ileBarbe, à Chinon et à Bar-le-Duc; on ne doit pas mépriser ces traditions locales et anciennes.

La lettre de l'évêque Leidrade à Charlemagne (1) que j'ai devant les yeux, parle à la vérité d'un abbé de l'ile-Barbe, du nom de Maxime ou Maximin , mais il ne dit pas qu'il ait vécu de son temps ; il marque même bien clairement que Maxime , Âmbroise et Licinius avaient vécu auparavant, sous les évêques de Lyon, Eucher, Loup et Genesius et les autres, qui leur avaient donné des marques de leur confiance, en leur accordant le pouvoir de lier et de délier, de même que lui Leidrade , l'avait confié à Benoît-, qui gouvernait alors ce monastère. Carolus imperator ibidem prœfecit Dominum Benedictum Abbatem..... Cui etiam Abbati tradidimus potestatem ligandiet solvendi, uti habiter mit Prœdecessores sui, scilicet Ambrosius, Max^m^nus > Licinus. Clarissfmi viri, qui locum istum tenuerunt, quos Eucher ius, Lupus atque Genesius , cœterique Episcopi Lugdunenses, ubi ipsi deerant, aut non poterant, adesse, mittebant cognitores utrùm Catholica Jides recte crederetur, etc. Ce passage prouve évidemment que Maxime, Ambroise et Licinius ont gouverné comme abbés, le monastère de l'ile-Barbe avant Charlemagne , sous les évêques Eucher, Loup et Genesius. Ainsi il n'y a nulle nécessité de reconnaître deux Maxime abbés de l'ileBarbe. Mais je ne fais pas difficulté de reconnaître deux saints Eucher, qui ont gouverné l'église de Lyon en des temps différens. Les souscriptions des conciles où s'est trouvé le deuxième saint Eucher , en Sont des preuves sensibles, car il est mal aisé de faire vivre le premier saint Eucher, qui a souscrit au concile d'Orange en 441,

(1) Epistola Leidradi ad Carol. mag. t. 1 î Bibl. PP. Lugdum. p. a33, 234.

« PrécédentContinuer »