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DE LA LORRAINE,

QUI COMPREND LES DUCHÉS

DE BAR ET DE LUXEMBOURG,

L'ÉLECTORAT DE TRÊVES,

LES TROIS ÉVÈCHÉS (METZ, TOUL ET VERDUN):

L'HISTOIRE PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE DES VILLES DE CE PAYS,
DES BOURGS, DES VILLAGES, DES ABBAYES, DE TOUS LES ÉTA-
BLISSEMENTS SACRÉS ET CIVILS; DES CAMPS ROMAINS, DES
PALAIS DES ANCIENS ROIS D'AUSTRASIE, DES ANTIQUITÉS
REMARQUABLES ET DE TOUS LES MONUMENTS QUI MÉRITENT
QUELQUES DISTINCTIONS.

PAR DOM AI7G. CALMET.

2TM\ ÉDITION.

A LUNEVILLE,

Chez M". GEORGE, Libraire-Éditeur, Grand«-Rue n" 25,

ET CHEZ TOUS LES LIBRAIRES DE LA LORJUIITE.

1840

942

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DU LIBRAIRE-ÉDITEUR,

SUR CETTE NOUVELLE ÉDITION.

Un ouvrage qui doit vivement nous intéresser, parce qu'il nous fait connaître les lois, les coutumes et les usages de nos ancêtres} nous découvre l'origine et la cause de la chute des monumens dont nous foulons les ruines presqu'à chaque pas, et souvent sans nous en douter, c'est la Notice de la -Lorraine. Pour rendre son travail digne des regards de U postérité, rien n'échappe aux investigations de Dom Calmet; point d'archives, ni de mémoires si ignorés qu'ils soient aujourd'hui, qui n'aient été fouillés et mis à contribution par le savant bénédictin. Aussi son ouvrage est-il le recueil le plus complet que nous possédions sur les localités de la Lorraine. Non seulement l'auteur passe en revue les villes, les bourgs, les castels et les plus humbles hameaux $ mais il s'arrête encore à chaque instant pour nous dire: Ici le Romain a assis son camp, fort comme une ville de guerre } là i! a jette un pont dont la hardiesse effraye l'imagination: Plus loin ces débris de colonnes renversées, ces statues mutilées, sont les restes d'un temple fameux où les fausses divinités rendaient leurs oracles menteurs} puis pour vous attacher encore davantage à son récit, il vous fera assister aux innombrables combats que se livrèrent entre eux pendant dix siècles 7 une foule de petits souverains jaloux pu rivaux;

Or, le livre où sont consignés tant de détails si propres à piquer la curiosité des Lorrains, était devenu si rare qu'il ne se trouvait que dans quelques bibliothèques privilégiées. C'est doue pour le répandre autant qu'il mérite de l'être, que nous avons cru devoir en publier une édition, qui, par la commodité du format et la modicité du prix , fut du goût de tous. Nous donnerons en trois volumes in-8°, tout ce que renferme les deux forts volumes in-folio de l'ancienne édition.

Notre première pensée était de,retrancher tout ce qui semble n'offrir aujourd'hui que très-peu d'intérêt, pour y substituer quelques détails qui ont trait

XI AVERTISSEMENT.

au temps actuel. Nos mesures à cet égard étaient prises, et déjà nous nom étions abouchés avec plusieurs notabilités littéraires de la Lorraine $ lorsque de toute part on nous fit observer que le présent était assez connu par les statistiques départementales, et que ne pas donner Dom Calinet tout entier, ce serait dépouiller le récit du charme qui attache le savant.

Ces considérations nous ont déterminés à publier la Notice, telle qu'elle est sortie des mains de l'auteur, persuadés d'ailleurs que nous sommes, qu'après Dom Calmet, il n'est plus rien à dire sur notre ancienne patrie. Nous nous sommes donc fait scrupule de reproduire l'édition de 1756, mais pour le texte seulement: car chacun sait que l'auteur, jaloux de ne rien laisser ignorer à ses lecteurs, a ajouté "dans la suite un supplément presqu'aussi étendu que le corps de l'ouvrage ^ de sorte qu'on reste tout étonné, après avoir parcouru toute la nomenclature des lettres de l'alphabet, de les voir reparaître dans le même ordre. Pour éviter de recourir ainsi à chaque instant au supplément, nous avons reporté à la fin de chaque article les détails qui s'y rattachent. C'est d'ailleurs ce que Dom Calmet se proposait de faire lui-même dans une nouvelle édition, ^

PRÉFACE

SUR

LA NOTICE DE LA LORRAINE»

Le pays que nous connaissons aujourd'hui sous le nom de jLor— raine , faisait autrefois partie de la Gaule-Belgique, et était compris dans la première Belgique, dont là capitale était la ville de Trêves, comme Kheims était capitale de la seconde Belgique. Sous lé règne d'Auguste, la Belgique en général comprenait les peuples Tréviriens, les Médiomatriciens, ou ceux de Metz, les Leuques ou Toulois, les Verdunois^ les Rémois , les peuples du Soissonnais, du Châlonnais, du Vermandois , d'Arras , de Cambray, de Tournay, de Senlis, de Beauvais, d'Amiens, les Morini, ou les peuples de Téroiiane et dé Boulogne , et des environs ; Menapiî, les peuples de Juliers, Gueldres et Clèves, et des environs; Sequani, les peuples des environs de Besançon : jEdui, les peuples de l'Autunois, les Suisses en partie et les Rauraques, ou ceux des environs de Bâle en Suisse, et Ta Haute-Alsace. ,

Sous les rois de la première race, la Lorraine porta le nom d'Autcasie, ou France orientale, et forma un royaume considérable, dont la ville de Metz était la capitale. Ce royaume était beaucoup plus étendu qne ne l'est aujourd'hui la Lorraine, dont les limites n'ont presque jamais été bien fixées; parce que les rois d'Austrasie ont souvent ou augmenté leurs états par des conquêtes , ou en ont diminué l'étendue par des pertes ou des échanges, ou par d'autres causes, comme il arrive dans tous les états.

Le roi Lothaire, vers l'an 858, donna son nom à la Lorraine, et la fit nommer Lotharingia. Ce prince a régné depuis l'an 85a

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