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parce que les participes adressée, montrée, blámés, sont
précédés de leurs régimes directs que, la, se.
Mais op écrira sans accord :

Ils se sont adressé une lettre ;

Ils se sont imaginé que je plaisantais; attendu que les participes adressé et imaginé sont suivis de leurs régimes directs une lettre, que je plaisantais. On écrira encore avec le participe invariable :

Ils se sont écrit;

Nous sommes succédé ; les participes écrit et succédé n'ayant pas de régime direct. En effet, c'est comme s'il y avait : ils ont écrit à eux; nous avons succédé à nous.

Il résulte de la règle qui précède : 529 1° Que les participes des verbes essentiellement pro

nominaux s'accordent toujours, parce que ces verbes ont
pour régime direct leur second pronom (Voyez page 19),
lequel précède toujours le participe ; et qu'ainsi l'on
écrira :

Nous nous sommes abstenus de toute réflexion ;
Mes amis, vous vous êtes repentis de votre légèreté;

Les troupes se sont emparées de la ville ;
en faisant accorder le participe avec les régimes directs

nous, vous, se, énoncés auparavant. 530 Remarque. Un seul verbe essentiellement pronominal fait

exception, c'est s'arroger, qui n'a jamais pour régime direct le second pronom. Ainsi on écrira sans accord : ils se sont ARROGÉ des droits, parce que le régime direct des droits est après le participe. Mais on écrire avec accord : les droits qu'ils se sont ARROGÉS, il se les est ARROGÉs, les régimes directs que,

les, précédant le participe. 331 2° Que le participe des verbes pronominaux formés

d'un verbe neutre est toujours invariable, parce que ces verbes, comme tous les autres verbes neutres, n'ont point de régime direct; et qu'ainsi l'on écrira sans accord :

Nous nous sommes nui;

Ils se sont plu : 532 Remarque. Se plaire, se déplaire, se complaire, se rire,

se sourire, se parler, se succéder, se nuire, se convenir, se ressembler et se suffire sont les seuls verbes pronominaux

formés d'un verbe neutre, et dont conséquemment le participe soit toujours invariable.

Les quatre règles que nous venons de donner suffisent pour résoudre toutes les difficultés que présentent les participes. Cependant, comme l'application de ces règles peut présenter quelque embarras, nous allons, pour la rendre plus facile, ajouter ici quelques remarques particulières, qui seront tout à la fois le développement et le complément de ces règles.

Remarques sur l'emploi de certains participes. 533 lre Remarque. Le participe d'un verbe impersonnel est toujours invariable:

Il est arrivé de grands malheurs.
Il s'est glissé une erreur.
Les mauvais temps qu'il y a eu.

Les chaleurs qu'il a fait.
Dans le premier exemple, le participe s'accorde avec
son sujet il, et ce sujet est du masculin et du singulier.

Dans le second il s'accorde avec son régime direct se, qui précède, et qui représente le mot vague il.

Dans les deux derniers exemples, il ne s'agit pas de mauvais temps eus, ni de chaleurs faites par quelqu'un; les verbes avoir et faire ont abandonné leur signification active pour marquer simplement l'existence, et le que relatif qui précède n'est le régime d'aucun verbe : c'est une

expression dont l'analyse ne peut rendre raison. 534 2e Remarque. Le participe entre deux que est également invariable :

Les réponses que j'avais PREVU qu'on vous ferait;
Les embarras que j'ai su que vous aviez.

La raison en est que ce participe a toujours pour régime direct la fin de la phrase. En effet, j'avais prévu quoi ?

Qu'on vous ferait des réponses.- J'ai su quoi ? Que vous aviez des embarras ; et comme ces régimes sont

après le participe, prévu et su rejettent l'accord. 535 3e Remarque. Le participe est invariable, quand il a

pour régime direct l' représentant un membre de phrase, parce qu'alors l', équivalant à cela, est du masculin et du singulier, et ne saurait, pour cette raison, communiquer la variabilité au participe dont il est le régime direct. On écrira donc avec le participe invariable :

Cette lettre est plus intéressante que je ne l'avais cru. L'affaire fut moins sérieuse que je ne L'avais pensé. Cette perfidie a eu lieu comme je l'avais supposé. La famine arriva ainsi que Joseph L'avait prédit. C'est comme s'il y avait : Cette lettre est plus intéressante que je n'avais cru qu'elle était intéressante.

L'affaire fut moins sérieuse que je n'avais pensé qu'elle serait sérieuse.

Cette perfidie a eu lieu comme j'avais supposé qu'elle aurait lieu.

La famine arriva ainsi que Joseph avait prédit qu'elle arri

terait. 536 46 Remarque. Le participe suivi immédiatement d'un

infinitif, s'accorde quand il a pour régime direct le pronom qui précède, et reste invariable, si, au contraire, il a pour régime direct l'infinitif qui suit: Cette femme chante bien, je l'ai entendue chanter.

J'ai entendu qui ? Elle chanter ; la est le régime direct du participe, et comme il le précède, accord. Cette romance est charmante, je l'ai entendu chanter.

J'ai entendu quoi ? CHANTER elle. Chanter est le régime direct du participe, et comme il est après, point d'accord.

Je les ai laissés partir.
J'ai laissé qui ? Eux partir ; les est le régime direct du
participe, et comme il le précède, accord.
Ils se sont laissé surprendre per l'ennemi.

Ils ont laissé quoi ? SURPRENDRE eux. Surprendre est le régime direct du participe, et comme il est après,

point d'accord. 537 Observation. On voit par ces deux derniers exemples que

le participe laissé, suivi d'un infinitif, est assujetti à la même règle que les autres participes accompagnés d'un infinitif : c'est-à-dire, qu'il s'accorde, si le régime est avant le participe laissé, et qu'il est invariable, si ce régime est après ; c'est ainsi que l'écrivent la presque totalité des grammairiens et nos

bons auteurs. 538 On reconnaît mécaniquement que le participe suivi

immédiatement d'un infinitif est précédé de son régime direct, quand l'infinitif peut se changer en participe présent; et qu'il a pour régime l'infinitif, lorsque ce changement ne peut avoir lieu :

Je les ai vus repousser les ennemis.
Il nous a entendus blâmer son imprudence.
Ils se sont vus dépérir.

On peut dire : je les ai vus REPOUSSant les ennemis ; il nous a entendus BLAMANT son imprudence ; ils se sont vus DÉPÉRISSANT; donc le participe est précédé de son régime direct, qui est les, nous, se, et conséquemment il s'accorde.

Je les ai tu repousser par les ennemis.
Il nous a entendu blâmer, à cause de notre imprudence.
Ils se sont vu maltraiter.

Comme on ne peut pas dire: je les ai vus repoussant par les ennemis ; il nous a entendus blámant à cause de notre imprudence ; ils se sont vus maltraitant, point d'ac

cord: l'infinitif qui suit est le régime direct du participe. 539 Le participe fait suivi d'un infinitif fait exception à ce

qui précède ; il est toujours invariable, parce que ce participe et l'infinitif qui suit, présentent un sens indivisible, et ne forment pour ainsi dire qu'un seul verbe; de sorte que le régime direct n'appartient ni à fait ni à l'infinitif, mais aux deux verbes réunis. Exemples : Louis XI fit taire ceux qu'il avait fait PARLER si bien. Le négoce qui l'avait FAIT PLEURIB, servit à la rétablir.

BUFFON. 540 L'infinitif est quelquefois sous-entendu à la suite du

participe des verbes devoir, pouvoir, vouloir.
Je lui ai rendu que j'ai , sous-entendu lui rendre.
tous les services 3 que j'ai pu, sous-entendu lui rendre.

que j'ai voulu, sous-entendu lui rendre. Et dans ce cas, le participe reste invariable, parce qu'il a l'infinitif pour régime direct. 541 Remarquez que les participes et voulu sont variables

dans ces phrases : Il m'a payé les sommes qu'il m'a dues ; il veut fortement les choses qu'il a une fois VOULUES, parce qu'il n'y a point ici d'infinitif sous-entendu, et que

le

participe a pour régime direct le que relatif qui précède. 542 5e Remarque. Lorsqu'il y a une préposition entre le

participe et l'infinitif qui suit, le participe peut de même

avoir pour régime direct le pronom qui précède, ou l'infinitif suivant : dans le premier cas, accord; dans le second, point d'accord.

Ainsi l'on écrira avec le participe variable :
Les personnes que j'avais engagées à vous voir, sont ici.
Il nous a priés de lui écrire.
Ils se sont proposés pour l'accompagner.
Nous avons engagé qui à vous voir?

Les personnes, représentées par que ;-il a prié qui de lui écrire ? Nous ; -ils ont proposé qui pour l'accompagner ? Se, eux. Que, nous, se sont donc les régimes directs des participes engagées, priés, proposés, et comme ils les précèdent, accord.

Mais on écrira sans faire varier le participe :
Les personnes que j'avais désiré de voir, sont ici,
Il nous a recommandé de lui écrire.
Ils se sont proposé de l'accompagner.

J'avais désiré quoi ? De voir les personnes ;-il nous a recommandé quoi ? De lui écrire ;-ils ont proposé à eux quoi ? De l'accompagner. De voir les personnes, de lui ÉCRIRE, de l'ACCOMPAGNER, sont donc les régimes directs des participes désiré, recommandé, proposé, et

comme ils sont après, point d'accord. 543 Il faut remarquer que l'accord a toujours lieu, lorsque

le participe est précédé de deux régimes directs, comme dans cette phrase : les livres qu'il nous a PRIÉS de lui préter : dans ce cas, le régime direct énoncé le premier appartient à l'infinitif, et le second est sous la dépendance

du participe. 344 6e Remarque. Le peu a en français deux significa

tions : : ou il signifie une petite quantité, ou il veut dire le manque.

Dans le premier cas, c'est le substantif placé après le peu qui détermine l'accord. Dans le second cas, au contraire, c'est avec le peu, et non avec le substantif qui suit, que l'accord se fait. Exemples :

Le peu d'affection que vous lui avez témoigné lui a rendu le courage.

Le per signifie ici une petite quantité, car il y a eu de l'affection de témoignée ; le que, régime direct, représente conséquemment le substantif affection, et le participe se met au féminin singulier.

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