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Du point interrogatif, et du point exclamatif. 674 Le point interrogatif s'emploie à la fin d'une phrase où

l'on interroge et le point exclamatif à la fin de celle qui
marque la surprise, la terreur, enfin quelque sentiment,
quelque émotion : porté-je mes pas ? D'où vient que
je frissonne ?
A tous les cours bien nés que la patrie est chère !

CORNEILLE
Que le Seigneur est bon! que son joug est aimable !

Heureux qui, dès l'enfance, en connaît la douceur ! 675 Remarque. C'est l'interrogation qui est dans la pensée, et

non la forme interrogative de la phrase qui détermine l'emploi du point interrogatif. Ainsi, quoique la phrase ne soit pas construite interrogativement, La Fontaine a dû dire avec le point interrogatif:

manger
A ceux qu'enclot la tombe noire.
Le mari repart, sans sunger:

Tu ne leur portes point à boire ? parce que le sens est évidemment interrogatif; c'est comme s'il y avait : est-ce que tu ne leur portes pas à boire ? Mais on dira sans ce point: lui fait-on quelque reproche, aussitôt il s'emporte ; car, bien que la forme de la phrase soit interrogative, le sens ne l'est pas ; c'est comme s'il y avait: si on lui fait quelque reproche, eto.

Je porte

CHAPITRE XVII.

DE LA PRONONCIATION ET DE LA LECTURE.

676 A ne se prononce pas dans aoút, aoriste, Saóne, taon. 677 AI a le son de l'e muet dans le participe présent fai

sant; et celui de l'a dans douairière. 678 AN, IN, ON, et tout autre son nasal terminent-ils

un mot, on ne fait la liaison de n finale avec la voyelle qui commence le mot suivant, que quand le sens n'admet aucune pause entre ces deux mots, comme dans : mon ami, certain auteur, on ignore. Mais on dit sans lier la consonde n à la voyelle : mon cousin est venu, vin bon à

boire, parce qu'on peut s'arrêter après cousin et bon. 679 B se prononce dans radoub et rumb. 680 C est nul dans Cotignac, estomac, lacs, broc, cric, marc

(poids), porc, tabac ; mais il sonne dans échec et dans Marc (nom d'homme).

Cau

Il a le son de g dans second, secrétaire, et celui de ch dans violoncelle, vermicelle. 681 CH se prononce comme k dans catéchumène, Chersonèse,

chiromancie, Achéloüs, anachronisme, archonte, archange, chaos, chronologie, Melchior, Nabuchodonosor, orchestre, archiepiscopat, patriarchat, et dans Michel-Ange. Ache

ron se prononce avec le son de ch dans cher. 682 D, à la fin des mots, prend le son du t; grand homme,

de fond en comble se prononcent comme s'il y avait :

granthomme, de fonten comble. 683 E se prononce fermé dans désir, désert, et muet dans

denier, degré, petiller, dangereux. Il a le son de l'a dans indemnité, indemniser, solennel, hennir; et celui de an au

commencement de enivrer, enorgueillir. 684 F est nul dans cerf, cerf-volant, cief, auf, frais, auf

dur, nerf de beuf, beuf gras, bæuf salé, et dans les plu

riels eufs, boufs, nerfs. Il sonne dans serf, esclave. 685 G se prononce comme un commencement de

gangrène, et est nul dans faubourg, bourgs, legs, signet,

Regnard (nom d'un poète). 686 GN se prononce gue-n dans Gnide, Progné, igné, stag

nunt, stagnation, diagnostic, regnicole, impregnation. Inco

gnito se prononce avec le son de gn dans agneau. 687 H est aspirée dans les mots suivants et leurs dérivés :

Hableur, hache, hagard, hais, haillons, haine, hair, haire, håler, halle, hallebarde, halte, homac, hanche, hanneton, hanter, harangue, haras, harasser, harceler, hardes, hardi, hareng, hargneux, haricots, haridelle, harnois, harpe, harpie, harpon, hazard, hâter, hausser, haut, hautbois, havre-sac, hennir, héraut d'armes, hérisser, hêtre, heurter, hibou, hideux, hiérarchie, homard, honte, horde, hotte, houblon, houille, houlette, houppe, houppelande, houspiller, housse, huche, huées, huguenot, humer, huppe, hure, hurler, hussard.

Quoique cette consonne soit également aspirée dans Hollande et dans Hongrie, elle ne l'est pas dans fromage d'Hollande, toile d'Hollande, eau de la reine d'Hongrie. On dit aussi l'héroïsme, l'héroïque vertu, quoiqu'il y ait

aspiration dans héros. 688 1 est nul dans oignon, moignon, poignant, poignard,

poignée, et dans Michel- Montaigne, qu’on prononce Mi.

chel-Montagne. 689 L ne sonne pas dans baril, chenil, coutil, fusil, gril, nombril, outil, persil, soul (adjectif), sourcit.

Elle est encore nulle dans gentil, synonyme de joli, et dans gentils

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hommes ; mais elle se prononce avec le son mouillé dans gentil, païen, et dans le singulier gentilhomme. Les deux

I de Sully sont mouillées. 690 M est nulle dans damner, condamner, automne. 691 N, également nulle dans Béarn, se prononce avec ou

sans nasalité dans examen et hymen. 692 O ne se prononce pas dans faon, Laon, paon. 693 Oi se prononce è dans roide, excepté dans le haut style,

où l'on prononce roade. 694 P ne sonne pas dans dompter, prompt, baptême et les

dérivés, excepté baptismal. Il est nul aussi dans cep de

vigne et dans exempt. 695 Q est nul dans coq d'Inde, quoiqu'il sonne dans coq:

et ne se fait entendre dans cinq que devant une voyelle ou une h muette : cinq enfants, cing hommes ; ou lorsque cing

n'est pas suivi d'un substantif : ils étaient cinq. 696 QU a le son de cou dans équatique, aquateur, équation,

in-quarto, quadragénaire, quadragésime, quadrature (terme de géométrie), quadruple, quadrupède, quaker (qu'on prononce kouácre).

Il a celui de cu dans à quia, équestre, équitation, liquéfier, questeur, Quinte-Curce, Quintilien, quintuple, quirinal. 697 R se prononce dans mercredi, dans le Niger, et à la fin

des infinitifs, excepté ceux de la première conjugaison, où r ne se fait entendre que devant une voyelle ou une h muette; ainsi, aimer l'étude se prononce aimé l'étude, et

aimer à chanter se prononce : aiméra chanté. 698 S est nulle dans du Guesclin, dès que, tandis que, et à la

fin des mots divers, avis, os, alors, mæurs, à moins que le

mot suivant ne commence par une voyelle. 699 Elle sonne dans aloës, bibus, blocus, chorus, colera-mor.

bus, 'dervis, flores, gratis, jadis, laps, maïs, mars, orémus, ours, rébus, relaps, Reims, Rubens, sinus, en sus, vasistus, et à la fin de palus dans palus-méotides. Elle sonne aussi à la fin de sens ; cependant sens commun se prononce sencommun ; on prononce Jésus et Jésu-Christ ; un lis et une fleur-de-li ; plus que, plus-que-parfait, et partout ailleurs plu.Sh se prononce comme ch dans Shakespear, qu'on

prononce chékspir. 700 Entre deux voyelles, 8 se prononce comme z: désunir

excepté dans désuétude, pusillanime, et quelques mots composés dans lesquels le simple commence par 8: préséance, présupposer.

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701 Elle ne se prononce jamais où elle n'est pas écrite ;

ainsi entre quatre yeux doit se prononcer comme s'il y

avait: entre quatryeux et non entre quatre-s-yeux. 702 T finale sonne dans aspect, brut, circonspect, déficit, dis

tinct, dot, échec et mat, exact, fat, granit, gratuit, infect, intact, net, rapt, respect, subit, succint, tacet, tact, toast, transit, zenit ; il est nul dans Jésus-Christ, quoiqu'il se fasse entendre dans le Christ.—Dans sortilége, il se pro

nonce avec le son qu'il a dans natif. 703 U se fait entendre dans aiguiser, aiguillon, sanguinaire,

et dans Guise, dom propre. Il a le son de l'o dans club. 704 V, lorsqu'il est double, se prononce comme un v sim

ple: ainsi Warwick, Westphalie, Wirtemberg se prononcent Varvick, Vestphalie, Virtemberg. Cependant New

ton et Laws se prononcent Neuton et Láce. 705 X a le son de gz dans Xavier, Xénophon, le Xante,

Xantippe, Xercès, et dans Ximenes, qu'on prononce aussi
Chimène ; et celui de ss dans Auxerre, Auxonne et

Bruxelles. 706 Y, après une voyelle, ayant le son de deux i, c'est une

faute de prononcer pai-san, pai-sage, a-iant ; la véritable

prononciation de ces mots est pai-isan, pai-isage, ai-iant. 707 Z sonne comme s à la fin des noms propres : Suez,

Rhodes, etc. 708 Dans le discours familier, dans la conversation et dans

la lecture ordinaire, on lie rarement la consonne finale avec la voyelle qui suit; ainsi avant-hier, vous aimez à lire, se prononcent avanhier, vous aimé-à lire, et il y aurait même une sorte d'affectation et de pédanterie à pro

noncer autrement. 709 Dans le discours soutenu, dans la lecture publique et

dans la déclamation, la liaison de la consonde finale a toujours lieu avec la voyelle suivante ; et ces vers :

Un grand homme est partout où se répand sa gloire, PIRON.

Il fuut un intervalle au repos, aux plaisirs. GRESSET,
se prononcent comme s'il y avait:

Un gran tbomme est partou tuà se répand sa gloire.
Il fau tun nintervalle au repo, zaux plaisirs.

Il faut cependant excepter un petit nombre de cas où la consonne finale est toujours muette, comme b, dans plomb; d, dans les mots en ard et en ord, tels sont dard, bord ; g, dans poing, seing ; P, dans drap, camp, champ,

etc., etc. 710 Toutes les fois qu'on lit une phrase, on doit par des

repos, en indiquer la ponctuation ; et ces repos ont pour objet la distinction des sens particuliers. Le besoin de respirer en exige d'autres ; il demande qu'on ne lise pas plus de huit syllabes sans faire une pause, et l'on peut même reprendre haleine après sept, six, cinq, et un moindre nombre de syllabes, pourvu que le repos ait lieu entre deux mots indépendants l'un de l'autre. Dans

ces vers.

Et le socl de la terre | ouvrira les entrailles.
Je ne trouve partout

i que lâche flatterie. les repos ont lieu où se trouvent les traits de séparation. 711 La voix, par ses diverses inflexions, doit marquer les différentes nuances que présente le sens.

Elle doit, par exemple, indiquer, par des changements ménagés, les mots qui forment comme parenthèse ; et rendre saillants, par son élévation, ceux qui, par leur importance, appellent l'attention. Dans cette phrase : Je veux, dit le héros, leur prouver que la peur ne peut m'atterrer, les mots dit le héros, doivent être prononcés d'un ton plus bas pour marquer l'espèce d'isolement où le sens les place.

Dans ce vers, au contraire,
Que vouliez-vous qu'il fît contre trois ?-Qu'il mourût.

CORNEILLE. Qu'il mourúl doit être prononcé d'un ton plus haut que le reste, parce qu'il exprime l'objet principal de la pensée.

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