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De la Cédille.

260 La cédille (,) se place sous le c devant les voyelles a,

0, U, pour adoucir la prononciation de cette consonne, c'est-à-dire, pour lui donner le son de l's : façade, leçon, reçu.

Du Tréma. 201 Le tréma (") est un double point qu'on met sur une

voyelle pour la faire prononcer séparément de celle qui précède : naif, Saül, ciguë; sans le tréma, on prononcerait nef, sól, et cigue, ce dernier avec

son de gue dans figue. 262 L'emploi du tréma est fautif, quand on peut le rem

placer par un accent; ainsi, au lieu de poësie, poëme,

poëte, Chloë, etc., écrivez poésie, poème, poète, Chloé. 263 L'i surmonté d'un tréma, ne saurait tenir lieu de l’y;

n'écrivez donc pas : envožer, možen.

Du Trait-d'-union. 264 Le trait d'union (-) sert à marquer la liaison qui existe

entre deux ou plusieurs mots. On l'emploie, 265 1° Entre le verbe et les pronoms je, moi, nous, tu, vous,

il, ils, elle, elles, le, la, les, lui, leur, y, en, ce, on, quand ces pronoms sont placés après un verbe dont ils sont le sujet ou le régime : irai-je ? viens-tu ? donnait-on ? laisse-moi, rendons-nous, taisez-vous, allez-y, portes-en, etc. S'il y a deux pronoms, on emploie deux traits d'union :

laisse-le-moi, donne-les-leur. 206 Remarque. On doit écrire sans trait d'union: envoyez le

chercher, faites en prendre, attendu que les pronoms le, en, ne sont pas régimes du premier verbe, mais de l'infinitif qui suit. On écrira, mais avec des sens différents : faites le lire et faites-le lire. Dans la première phrase le est le régime de

lire, et dans la seconde, celui de faites. 267 20 Avant et après la lettre euphonique t, parle-t-il ?

ira-t-on ? va-t-elle ? 268 Remarque. On dit écrire va-t'en, et non va-te-en; le pluriel

allez-vous-en annonce que le t est le pronom te, et non ube

lettre euphonique. 269 30 Avant ou après ci, , accompagnant un substantif,

un pronom, une préposition, un adverbe, avec lesquels ils sont unis d'une manière inséparable : celui-ci, celui, ces gens-ci, ces hommes-, ci-dessus, ci-contre,

dessus, -haut, etc. 270 40 Pour lier très au mot qui suit, et même au pronom

qui précède : très-riche, très-sagement, moi-même, eux

mémes. 271 50 Pour remplacer la conjonction et dans l'expression

des nombres : dix-huit, vingt-cinq, trente-six, cinquantehuit, soixante-neuf, deux cent-dix-neuf, mil-sept cent, milhuit cent-vingt; c'est comme s'il y avait : dix et huit, soixante et neuf, deux cent et dix et neuf, mil et sept cent, mil et huit cent et vingt.Quatre-vingt renferme toujours le trait d'union, bien que le sens n'admette pas la conjonction et entre quatre et vingt : ils sont quatre-vingts ;

nous étions quatre-vingt-dix. 272 60 Pour lier deux ou plusieurs mots qui, par le sens,

n'en font qu'un: Marc-Aurèle, chef-lieu, s'entre-choquer, Seine-et-Marne, contre-allée.

De la parenthèse.

273 La parenthèse () sert à renfermer certains mots qui,

bien qu'on puisse les retrancher de la phrase, servent
cependant à son éclaircissement :

Je croyais moi (jugez de ma simplicité),
Que l'on devait rougir de la duplicité.

DESTOUCHES

н

DE LA SYNTAXE.

CHAPITRE PREMIER.

274 LA Syntaxe a pour objet l'emploi et la construction

des mots : elle fixe les inflexions ou terminaisons sous lesquelles ils doivent paraître dans la proposition, et la

place qu'ils doivent y occuper. 275 On appelle proposition l'énonciation d'un jugement.

Quand je dis Dieu est juste, il y a là une proposition, car

je juge que la qualité de juste convient à Dieu. 276 Il y a dans une phrase autant de propositions qu'il y a

de verbes à un mode personnel. Ainsi dans cette phrase : la défiance blesse l'amitié, le mépris la tue ; il y a deux verbes à un mode personnel, blesse, tue ; il y a consé

quemment deux propositions. (Voy. pag. 20.) 277 La proposition, considérée grammaticalement, a autant

de parties qu'elle a de mots. Considérée logiquement, elle n'en contient que trois : le sujet, le verbe, et

l'attribut. 278 Le sujet est l'objet du jugement: c'est l'idée principale.

L'attribut est la manière d'être du sujet, la qualité qu'on juge lui appartenir : c'est l'idée accessoire. Le verbe lie l'attribut au sujet ; c'est le mot qui affirme que la qualité exprimée par l'attribut, convient ou ne convient pas au sujet. Dans cette phrase citée plus haut: Dieu est juste. Dieu exprime l'être qui est l'objet du jugement que je porte, voilà le sujet ; juste exprime la qualité que j'aperçois comme liée à Dieu, voilà l'attribut; est exprime la liaison de l'attribut avec le sujet, la convenance de l'un

avec l'autre, voilà le verbe. 279 Le sujet est toujours exprimé, ou par un substantif,

ou par un pronom, ou par un infinitif. 280 Le verbe est toujours étre, soit distinct comme dans

cette phrase : la vertu est aimable ; soit combiné avec le

:

participe présent, comme dans celle-ci : je lis, tu écris,

qui sont pour je suis lisant, tu es écrivant. 281 L'attribut est énoncé ou par un adjectif, ou par un

participe, soit présent, soit passé ; ou par un substantif,
ou par un pronom. Exemples.

Le mérite est modeste.
Ou le recherche, c'est-à-dire, on est recherchant lui.

Il est estimé.
Médire est une infamie.

Ces livres sont les miens.
Dans la premiére proposition, le substantif mérite est
le sujet, et l'adjectif modeste, l'attribut.

Dans la seconde, le pronom on est le sujet, et le participe présent recherchant, l'attribut.

Dans la troisième, le pronom il est le sujet, et le participe passé estimé, l'attribut.

Dans la quatrième, l'infinitif médire est le sujet, et le substantif infamie, l'attribut.

Dans la cinquième, le substantif livres est le sujet, et le pronom les miens, l'attribut. 282 Outre ces trois parties logiques, essentielles, il en

existe une quatrième, purement grammaticale; et qui pe sert qu'à faciliter l'émission complète de la pensée, c'est

le complément. 283 Par complément logique, on désigne tout ce qui sert à

l'achèvement du sujet ou de l'attribut. Quand je dis : l'homme avare est un étre malheurena, le sujet est l'homme, le verbe est est, et l'attribut, un étre. Mais le sujet et l'attribut, ainsi séparés des mots avare et malheureux, ne présentent pas un sens achevé ; ils ont besoin, pour offrir une signification complète, que j'ajoute, au premier, l'adjectif avare, et au second, l'adjectif malheureux. Ainsi avare et malheureux achèvent, complètent le sujet et

l'attribut; ils en sont donc les compléments. 284 Dans cette autre phrase, la culture de l'esprit élève

l'homme, le sujet est la culture, le verbe, est, et l'attribut, élevant. Il reste de l'esprit, l'homme. La culture de quoi ? De l'esprit. De l'esprit complète l'idée commencée par le sujet, il en est le complément. Elevant quoi ? L'homme. L'homme complète l'idée commencée par l'attribut, il en est également le complément.

Je préfere une honorable pauvreté à une richesse coupable.

Je suis préférant, sujet, verbe et attribut. Préférant quoi ? Une honorable pauvreté, complément de l'attribut. Préférant à quoi ? A une richesse coupable, autre complément de l'attribut.

Je lui donne ce conseil pour son bonheur.

Je suis donnant, sujet, verbe et attribut. Ce dernier a trois compléments : donnant quoi ? Ce conseil. Donnant pourquoi ? Pour son bonheur.

Celui qui pratique la vertu, est un homme qui mérite notre estime.

Celui sujet, est verbe, un homme attribut. Mais celui ne présente un sens complet qu'à l'aide de la proposition qui pratique la vertu ; cette proposition, qui achève l'énonciation complète du sujet, en est le complément. Un homme, l'attribut, est dans le même cas : sa signification n'est complète que par le moyen de la proposition qui mérite notre estime, et qui en est conséquemment le

complément. 285 Ainsi le complément du sujet et de l'attribut peut con

sister ou dans un modificatif (soit adjectif, soit participe, soit adverbe), ou dans un régime (soit direct, soit indirect), ou dans une proposition incidente, soit détermina

tive, soit explicative. 286 Tous les mots qui se rapportent au complément font

partie de ce complément. Conséquemment dans cette phrase : L'homme constant dans ses principes, jouit de l'estime des honnêtes gens, le complément logique du sujet est constant dans ses principes, et elui de l'attribut, de l'es

time des honnétes gens. 287 On voit par ce qui précède que tous les mots qui

figurent dans une proposition, quelque nombreux qu'ils puissent être, et quelle qu'en soit la nature, se rapportent tous au sujet et à l'attribut, pour en compléter la

signification. 288 Le verbe, et c'est du verbe étre que nous parlons ici, ne

peut avoir aucune espèce de complément, parce qu'il a par lui-même une signification complète. Lorsque je dis: Je suis à votre service, vous êtes dans l'erreur ; à votre service n'est pas le complément de Je suis, ni dans l'erreur, celui de vous étes. A votre service dépend de dévoué, attribut sous-entendu dans la première proposi. tion, et dans l'erreur, de tombé, attribut sous-entendu dans la seconde.

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