Corps sanglants, souffrants et macabres: XVIe-XVIIe siècle

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Presses Sorbonne Nouvelle, 2010 - 376 pages
La violence faite aux corps dans les lettres et les arts européens des XVIe et XVIIe siècles peut nous sembler obsédante. L'exposition de corps martyrisés semble en effet susciter une véritable jubilation, exacerbée par un souci du détail et de la description né des progrès contemporains de la science anatomique, au moment où le déferlement de violences provoqué par les Guerres de religion attise encore la fascination pour la représentation de sévices. Cet attrait morbide ne va pas sans poser la question de sa séduction et donc de son immoralité ; mais la représentation de la souffrance apparaît aussi comme le plus sûr témoin du lien entre corps et esprit, où l'exhibition du corps meurtri se donne comme image de la rédemption. D'un genre à l'autre, d'un pays à l'autre, ces représentations sont loin d'être identiques, mais interrogent toujours la limite entre ce qui est tolérable et ce qui, aux yeux des contemporains, tient de l'excès. Le corps sanglant, souffrant et macabre prend alors une dimension politique ou religieuse pour devenir un objet symbolique. Cet ouvrage, qui croise littérature, arts visuels, mais aussi histoire, droit, religion et médecine, interroge les risques éthiques de la figuration du corps violenté. Il étudie aussi les usages idéologiques de la sidération toujours vivace que provoque le spectacle sanglant.
 

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