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lorsqu'il dit : Je suis redevable aux Grecs et aux barbares, au.r savants et aux ignorants. Car il fait entendre par-là à ceux qui sont appelés au ministère de la parole, qu'ils doivent proportionner leurs discours à la portée de leurs auditeurs, quand ils expliquent les mystères de la foi et les règles des ineurs; et que s'ils rassasient de la nourriture spirituelle ceux qui sont plus avancés, ils doivent prendre garde de ne point laisser périr de faim les fants, faute de leur rompre le pain qu'ils demandent.

Au reste, personne ne doit laisser refroidir son zèle dans le ministère de la parole, par la raison qu'il sera obligé de descendre, dans ses instructions, à des détails communs et bas en apparence. A la vérité c'est une chose pénible, surtout pour les esprits habituellement livrés aux méditations sublimes. Mais si la sagesse du Père éternel est descendue elle-même sur la terre, pour nous enseigner, dans l'abaissement de notre chair, les préceptes de la vie céleste, quel est celui qui ne se sentira pas entraîné par la charité de Jésus-Christ, à devenir petit au milieu de ses frères, et semblable à une mère qui nourrit ses enfants? qui ne désirera le salut de son prochain avec la même ardeur que l'apôtre saint Paul lorsqu'il disoit qu'il auroit voulu non

omnibus observandum judicavit, cum dixit se Græcis et barbaris, sapientibus et insipientibus debitorem esse', ut videlicet intelligerent, qui ad hoc ministerium vocati sunt, ita in tradendis fidei mysteriis ac vitæ præceptis , doctrinam ad audientium sensum atque intelligentiam accommodari oportere , ut cum eorum animos, qui exercitatos sensus habent, spirituali cibo expleverint, ne interim parvulos fame perire patiantur, ut qui panem petant", et non sit qui frangat eis.

Neque vero cujusquam studium in docendo retardari debet, propterea quod interdum necesse sit auditorem earum rerum præceptis instrui, quiæ leviores et humiliores videntur, nec sine molestia ab iis potissimum tractari solent, quorum animus in sublimium rerum contemplatione versatur ac conquicscit. Nam si ipsa æterni Patris sapientia in terras descendit, ut in carnis nostræ humilitate, cælestis vitæ præcepta nobis traderet, quem non compellat charitas Christi?, ut parvulus fiat in medio fratrum suorum, et tanquam nutrix fovens filios suos , ita cupide proximorum salutem desi

Thren. 4.4. - 3 2. Cor 5 16.-ás. Thess 27.

Rom. 1. life

seulement donner la connoissance de l'Evangile, mais encore livrer sa propre vie ?

Or, toute la doctrine dont les fidèles doivent être instruits, est renfermée dans la parole de Dieu, soit celle qui est écrite, soit celle qui a été conservée par tradition. En conséquence les pasteurs s'appliqueront jour et nuit à méditer ces deux choses, et jamais ils ne perdront de vue l'avertissement que saint Paul fit à Timothée, et qui s'adresse à tous les pasteurs chargés du soin des âmes : appliquez-vous à la lecture, à l'exhortation et à l'instruction; car toute écriture inspirée de Dieu est utile pour instruire, pour reprendre, pour corriger, pour former à la justice, pour rendre l'homme de Dieu parfait et propre à toules les bonnes oeuvres.

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Mais le nombre et la variété des choses qui nous ont été révélées de Dieu, empêche qu'on ne puisse les comprendre aisément toutes, ou du moins les retenir dans sa mémoire, même après les avoir comprises. Et de là il peut arriver que l'occasion se présentant de les enseigner, on ne les ait pas assez présentes pour en donner l'explication. C'est pour

deret, ut quod de se ipso Apostolas testatur, eis velit non solum Evangelium Dei, sed etiam animam traderc'.

Omnis antem doctrinæ ratio, quæ fidelibus tradenda sit, verbo Dei continetur, qnod in Scripturaro traditioncsquc distributum est. Itaque in harum rerum meditatione pastores dies noctesque versahuntur, memores illius divi Pauli admonitionis, quam ad Timotheum scriptam, omnes qnicumque animarum curæ præpositi sunt, ad'se pertinere existimabunt : est autem hæc admonitio in hunc modum. Attende lectioni, exhortationi , et doctrinæ : est enim omnis scriptura divinitus inspirata utilis ad docendum, ad argnendum, ad corripiendum, ad erudiendum in justitia , ut perfecttis sit homo Lei, ad omne opus bonum instructus 3.

Sed quoniam, quæ divinitus tradita fuerunt , multa sunt et varia , ut nec ila facile aut animo comprehendi, ant etiam, mente comprehensa , memoria Teneri possint, ut, cum se obtulerit docendi occasio, eorum parata sit et cette raison que nos pères ont très-sagement réduit toule la doctrine du salut à quatre chefs, qui sont le symbole des apôtres, les sacrements, le décalogue et l'oraison dominicale.

1. Thou a 3 – 1. Tim. 1. 13. — 3 Tim. 3. 16, 17.

En effet le symbole renferme ce que le chrétien doit croire et connoître de Dieu, de la création et du gouvernement du monde, de la rédemption du genre humain, de la récompense des bons et de la punition des méchants.

La doctrine des sacrements renferme les signes de la grâce et les moyens par lesquels nous pouvons la mériter et l'obtenir.

Tout ce qui regarde la morale et les devoirs, dont la charité est la fin, est exprimé et contenu dans le décalogue.

Enfin l'oraison dominicale comprend tout ce que l'homme peut désirer, espérer et demander pour son bien.

Ainsi lorsque nous aurons expliqué ces quatre articles qui sont comme les lieux communs de toute l'Ecriture sainte, il ne manquera plus rien au chréticn, pour être instruit de tout ce qu'il est obligé de savoir.

Nous croyons en conséquence devoir avertir les pasteurs que, toutes les fois qu'ils ont à expliquer quelque passage de

prompta explicatio, sapientissime majores nostri totam hanc vim el rationem salutaris doctrinæ in quatuor hæc capila redactam distribuerunt, apostolorum symbolum, sacramenta, decalogum, dominicam orationem.

Nam omnia quæ christianæ fidei disciplina tenenda sunt, sive ad Dei cognitionem, sive ad mundi creationem et gubernationem , sive ad humani generis redemptionem spectent, sive ad bonorum præmia et malorum pænas pertineant, symboli doctrina , continentur.

Quæ autem signa sunt, et tanquam instrumenta ad divinam gratiam consequendam, hæc septem sacramentorum doctrina complectitur.

Jam vero quæ ad leges referuntur, quarum finis est charitas , in decalogo descripta sunt'.

Quidquid denique ab hominibus optari, sperari ac salutariter peti possit, id dominica precatione comprehenditur.

Quare sequitur , ut explanatis quatuor his , quasi communibus sacra Scripturæ locis, nihil fere ad eorum intelligentiam, quæ christiano homiui discenda sunt, desidcrari possit.

Itaque visum est monere parochos , ut quoties usu venerit ut aliquem interpretentur Evangelii, vel quemvis alium divinæ Scripturæ locum, intellil'Evangile ou de l'Ecriture en général, ils peuvent le rapporter, quoi que ce soit, à l'un des quatre chefs dont nous venons de parler. C'est à quelqu'une de ces sources qu'ils doivent recourir, pour en développer le sens et la doctrine. Par exemple, s'il s'agit d'expliquer l'Evangile du premier dimanche del'avent : il y aura des signes dans le soleil et dans la lune , etc.; ils trouveront ce qui a rapport à cet évangile dans l'article du symbole : il viendra juger les vivants et les morts; et prenant de là ce qui aura été dit sur cet article, ils expliqueront tout ensemble au peuple et l'Evangile et le symbole. Dans toutes leurs instructions, quel qu'en soit l'objet, ils auront soin de rapporter toujours ce qu'ils diront à ces quatre points principaux de la doctrine chrétienne, auxquels revient toulc l'Ecriture, comme nous l'avons déjà dit. Quant à l'ordre dans lequel ils proposeront la doctrine au peuple, ils suivront celui qu'ils croiront le plus convenable, eu égard aux circonstances et à l'état des personnes. Pour nous, marchant sur les traces des saints Pères, qui commencèrent toujours par la foi, lorsqu'ils voulurent initier quelqu'un à la doctrine de JésusChrist, nous avons jugé à propos d'expliquer en premier lieu ce qui regarde cette vertu.

11. Tim. 1.5.

gant, ejus loci , quicumque is fuerit, sententiam cadere suh unum aliquod quatuor illorum capitum, quæ diximus , quo , tanquam ad ejus doc!rinæ fontem, quod explicandum sit, confugient: exempli causa , si explanandum sit illud cvangelium prima dominicæ adventùs, Erunt signa in sole et luna', etc. , 'quæ ad eam rationem pertinent, tradita sunt illo symboli articulo : Venturus cst judicare vivos et mortuos : quibus inde assumptis, pastor una eademque opera fidelem populum et symbolum, et Evangelium docebit. Quare in omni docendi et interpretandi munere, hanc consuetudinem tenebit dirigendi orania ad prima illa quatuor genera, ad quæ referri universam divinæ Scripturæ vim atque doctrinam duximus. Docendi autem ordinem enm adhibehit, qui et personis et tempori accommodatus videbitur. Nos Patrum auctoritatem secuti, qui initiandis Christo Domino et in ejus disciplina instituendis hominibus, à fidei doctrina initium fecerunt, operæ pretium duximus, quæ ad fidem pertinent , prius explicare.

Luc. 21.35.

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