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D Qu'est-ce que la foi?
R. La foi, c'est la croyance ferme et entière que nous avons des

choses que Dieu a révélées, sur la proposition et d'après l'en

seignement de l'Eglise. D. La foi est-elle nécessaire au salut? R. Oui, puisque , sans la foi, on ne connoîtroit ni Dieu, ni Jé

sus-Christ, ni les devoirs que la religion impose à chacun. D. La foi peut-elle nous tromper ? R. Non, puisque Dieu est la vérité même, et qu'il a promis

d'assister son Eglise jusqu'à la fin des siècles. D. La foi est-elle égale dans tous ceux qui croient? R. Non, puisque la foi peut croître et devenir plns vive. D. Quel est l'objet de la foi? R. Ce sont les vérités renfermées dans le symbole des apôtres :

c'est-à-dire dans l'abrégé des vérités enseignées par JésusChrist, lequel fut composé par les apôtres avant qu'ils se séparassent pour aller prêcher l'Evangile dans tout l'univers, el qui devoit servir à conserver partout une même expression de la foi. D. Comment peut-on diviser le symbole ? R. Il est divisé en douze articles; mais on peut les réduire faci

lement à trois parties principales, dont la première contient ce qui concerne Dieu le Père et l'æuvre de la création; la seconde, ce qui concerne le Fils et l'oeuvre de la rédemption; et la troisieme, ce qui regarde le Saint-Esprit, et l'oeuvre de la sanctification,

§ 1.

De la Foi.

Le mot de foi a plusieurs significations dans l'Ecriture; mais ici nous le prenons pour l'assentiment entier

que

nous donnons aur vérités révélées de Dieu.

Il n'y a personne qui puisse raisonnablement douter que cette foi ne soit nécessaire pour le salut; car il est écrit : sans la foi on ne sauroit plaire à Dieu. En effet, le bonheur auquel l'homme est destiné comme à sa fin dernière, est beaucoup trop élevé, pour qu'il puisse le découvrir par ses seules lumières : il étoit donc nécessaire que Dieu luimême lui en donnât la connoissance. Or cette connoissance n'est autre chose que la foi, qui nous fait recevoir sans hésiter tout ce que l'autorité de la sainte Eglise notre mère nous propose comme révélé de Dieu : car il est impossible de concevoir aucun doute sur les choses

que

Dieu révèle, puisqu'il est la vérité même. De là il est facile de comprendre combien il y a de différence entre la foi que nous avons én Dieu et celle que nous accordons au témoignage des hommes, pour les faits naturels. Cependant, quoique la foi admette divers degrés d'étendue et d'excellence, comme on le voit par ces passages de l'Ecriture : homme

Sed quoniam in divinis litteris multiplex est fidei significatio, lric de ea loquimur , cujus vi omnino assentimur iis quæ tradita sunt divinitus.

Hanc autem ad salutem consequendam essc necessariam , nemo jure dubitahit, præsertim cum scriptum sit: Sine fide impossibile est placere Deo'. Cum enim finis, qui ad beatitudinem homini propositus est, altior sit quam ut humanæ mentis acic perspici possit , necesse ei erat ipsius à Deo cognitionem accipere. Hæc vero cognitio nihil aliud cst nisi fides : cujus virtus efficit, ut id ratum habeamus quod à Deo traditum esse sanctissimæ matris Ecclesix auctoritas comprobarit: nulla cnim fidelibus potest accidere dubitatio in iis quorum Deus auctor est, qui est ipsa veritas : ex quo intelligimus, quantum inter hanc fidem quam Deo habemus, intersit, et illam quam humanæ historiæ scriptoribus adhibemus. Fides autem quanquarn

· Heb. u. 6.

de peu de foi, pourquoi avez-vous doute? -- Votre foi est grande. - Augmentez en nous la foi.---La foi sans les auvres est morte. ----La foi qui opère par la charilė : elle n'admet aucune diversité d'espèces, et la même définition convient pleinement à tous les degrés qu'elle peut coinprendre. Quant aux fruits qu'elle produit et aux avantages qu'elle nous procure, nous en parlerons dans l'explication des articles.

§ II.

Du Symbole.

OR ce que les chrétiens doivent connoître en premier lieu, ce sont les vérités que les saints apôtres, nos maîtres dans la foi, inspirés par l'esprit de Dieu, ont renfermées dans les donze articles du symbole; car ils avoient reçu du Seigneur l'ordre d'aller dans tout l'univers, remplissant pour lui les fonctions d'ambassadeurs, et de précher l'Evangile à toute créature; et en conséquence, ils jugèrent convenable de composer une formule de la foi chrétienne, afin que tous eussent la même croyance et le même langage , qu'il n'y eût ni division ni schisme parmi ceux qu'ils devoient appeler à la même foi, et que tous fussent affermis dans les mêmes sentiments et dans un même esprit.

et

late paleat, et magnitudine ac dignitate differat, (est enim sic in sacris litteris : Modicæ fidei , quare dubitasti" ? et, Magna est fides tua': el, Adauge nobis fidem 3: item, Fides sine operibus mortua": et, Fides que per charitatem operaturs) tamen est idem genere, et diversis fidei gradibus eadem definitionis vis et ratio convenit. Quam vero fructuosa sit, quantam ex ea utilitatem capiamus, in articulorum explicatione dicetur.

Quæ igitur primum christiani homines tenere debent, illa sunt, quæ fidei duces doctoresque sancti apostoli, divino Spiritu aftlati, duodecim symboli articulis distinxerunt. Nam cum mandatum à Domino accepissent, ut, pro ipso legatione fungentes 6, in universum mundum proficiscerentur 7 atque omni creaturæ Evangelium prædicarent, christianæ fidei formulam compo nendarn censuerunt, ut scilicet idipsum omnes sentirent 8 ac dicerent, neque ulla

essent inter eos schismata , quos ad fidei unitatem vocassent ; sed essent perfecti in eodem sensu et in eadem sententia.

"Matth. 14. 31. Matth. 15. 28. — 3 Luc. 17. 5. - Jac. 2. 17. . 5 Gal. 5. 6.--62. Cor 5. 20.- 7 Marc. 16. 15.81. Cor. 1. 10.

.

Les apôtres donnèrent le nom de symbole à cette pro fession de la foi et de l'espérance chrétienne qu'ils avoient composée, soit parce qu'ils la formèrent en réunissant ensemble et en rappprochant des vérités différentes; soit aussi parce qu'ils vouloient s'en servir comme d'une marque et d'un caractère propre à leur faire distinguer facilement ceux qui s'attacheroient sincèrement à la milice de JésusChrist, des déserteurs et des faux frères qui se glissoient furtivement dans l'Eglise, pour corrompre l'Evangile.

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De toutes les vérités que la foi chrétienne enseigne et que

les fidèles doivent croire fermement, soit eri particulier, soit en général, la première et la plus nécessaire, celle que Dieu lui-même nous a donnée comme le fondement et l'abrégé de toutes les autres, c'est l'unité de la nature divine, la distinction des trois personnes, et la diversité des opérations qu'on leur attribue. Le pasteur fera voir que toute la doctrine de ce mystère est renfermée en abrégé dans le symbole des apôtres. Car, comme l'ont remarqué les anciens, qui ont expliqué avec beaucoup de soin et de piété cet objet, le symbole se divise principalement en trois

Hanc autem christianæ fidei et spei professionem à se compositam apostoli symbolum appellarunt: sive quia ex variis sententiis, quas singuli in commude contulerunt, conflata est ; sive quia ea veluti nota, et tessera quadam uterentur, qua desertos et subintroductos falsos fratres ' qui Evangelium adulterabant , ab iis qui Christi vere militiæ sacramento se obligarent, facile possent internoscere.

Cum multa in christiana religione fidelibus proponantur, quorum sigillatim , vel universe certam et firmam fidem habere oportet ; tum vero illud primo ac necessario omnibus credendum est, quod veluti veritalis fundamentum ac summa de divinæ essentiæ unitate et trium personarum distinctione, earumque actionibus, quæ præcipua quadam ratione illis attribuuntur , Deus ipse nos docuit. Hujus mysterii doctrinam breviter in symbolo apostolorum comprehensam esse parochus docebit. Nam , ut majores nostri, qui in hoc argumento pie et accurate versati snnt, observaverunt:

'Gal. 2. b.-'Cor. 2.71.

parties, dont la première traite de la première personne de la nature divine et de l'auyre admirable de la création; la seconde, de la seconde personne et du mystère de la rédemption des hommes; la troisième enfin, de la troisième personne, source et principe de notre sanctification. Ces propositions du symbole sont appelées arlicles, d'après une comparaison souvent employée par les Pères. De même en effet que les membres du corps sont séparés et distingués par des articulations, ainsi l'on a avec beaucoup de justesse et de raison donné le nom d'articles aux vérités que nous devons croire en particulier et d'une manière distincte, dans la confession de la foi.

m tres potissimum partes ita distributum videtur, ut in una diving natura prima persona, ct mirum creationis opus describatur: in altera , secunda persona, et humanæ redemptionis mysterium: in tertia , tcrtia item persona, caput et fons sanctitatis nostræ , variis et aptissimis sententiis concludatur. Eas autein sententias , similitudine quadam à patribus nostris frequenter usurpata , articulos appellamus. Ut enim corporis membra articulis distinguuntur, ita etiam in bac fidei confessione quidquid distincte et separatim ab alio nobis credendum est , recte et apposite articuluix dicimus.

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