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D. Quel est le sens général de cet article : je crois en Dieu, etc.! R. Il exprime deux choses : l'une, que le chrétien croit ferme

ment à l'existence d'un seul Dieu en trois personnes, créateur de l'univers et souverainement parfait : l'autre, qu'il le reconnoît comme la source de tout bien, et qu'il s'attache à lui de

tout son cæur, comme à sa fin dernière. D. Quel est le caractère particulier de la foi? : ..R. C'est qu'étant fondée sur la parole même de Dieu, elle donne

au chrétien une certitude entière des vérités qu'elle enseigne, et le dispense par-là même de toute recherche inutile et curieuse, par rapport à ces vérités : ce qui doit nécessairement le

préserver d'une multitude infinie d'erreurs. D. La foi est-elle une vertu purement intérieure ? R. Non : on doit encore la confesser dans ses discours et dans ses

actions, toutes les fois que cela est nécessaire. D. Qu'est-ce que la foi nous enseigne de Dieu? R. Ce que la philosophie humaine n'avoit jamais pu parvenir à

faire connoître, à établir, l'existence de Dieu et ses infinies perfections, la foi nous l'enseigne dès notre enfance, d'après la révélation même de Dieu et le témoignage des écritures, qui ne

sont que sa parole. D. Pourquoi le nom de père est-il donné à Dieu ? R. D'abord parce que Dieu est Dolre créaleur, ensuite parce

qu'il a adopté tous les chrétiens pour ses enfants ; mais principalement, parce qu'il y a trois personnes en Dieu, qui sont le Père, le Fils et le Saint-Esprit. C'est le mystère de la sainte Trinité, qui nous fait reconnoître en Dieu trois personnes et

une seule nature. D. Pourquoi le symbole ne nomme-t-il que la toute-puissance de

Dieu, parmi toutes ses perfections?

R. D'abord parce qu'une seule perfection, si elle est infinie, ren

ferme nécessairement toutes les autres ; et encore, parce que c'est par les ouvres de sa puissance principalement que Dieu nous est connu. C'est aussi ce qui frappe davantage l'esprit des

fidclcs. D. Dicu peut-il faire le mal ? R. Non, parce que sa puissance est parfaite, unie à une bonté,

à une sagesse infinies. D. Quels sentiments doit inspirer au chrétien la foi en la puis

sance de Dieu? R. Elle doit lui inspirer la crainte et l'humilité, parce que nous

dépendons en tout de cette puissance souveraine; la confiance, parce qu'elle peut nous accorder tous les biens; et le courage

daös la pratique de toutes les bonnes æuvres. D. Qu'est-ce que la création ? R. C'est l'action par laquelle Dieu a donné l'existence à tout ce

qui est, les anges, les hommes, les animaux, les plantes, etc.; toutes ces choses sont comprises dans ces mots : créateur du

ciel et de la terre. D. Qu'y a-t-il eu de particulier dans la création des anges et de

l'homme ? R. Les anges furent créés bons et ornés de tous les dons, mais

doués de liberté, pour choisir à leur gré le bonheur ou le malheur. Il en sut de même de l'homme. Mais une partie des anges se révolta contre Dieu, qui les punit sur-le-champ; et l'homme s'étant laissé séduire par ces esprits pervers, fut aussi puni de sa prévarication. Mais Dieu lui promit un libérateur, et le re

mit par sa bonté dans les droits qu'il avoit perdus. D. Qu'est-ce que la Providence. R. C'est le soin que Dieu prend de toutes les choses qu'il a créées,

et principalement, ce sont, d'une part, les lois qu'il donne à l'homme, pour régler ses actions, et, de l'autre, les récompenses des bons, les châtiments des méchants, après cette vie. Toutes ces choses sont renfermées dans la religion.

Je crois en Dieu le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre.

Voici le sens de ces paroles : Je crois fermement et je confesse sans aucun doute Dieu le Père, première personne

Credo in Deum Patrem omnipotentem, creatorem cæli et terræ. His verbis ea sententia subjecta est : certo credo , ac sine ulla dubitatione profiteor. de la Trinité, qui par sa vertu toute-puissante a créé de rien le ciel, la terre et tout ce qui est contenu dans l'univers; qui conserve et qui gouverne toutes choses. Et nonseulement je le crois de coeur et je le confesse de bouche , mais encore je tends à lui de toute l'affection et de toute la force de mon âme, comme au parfait et souverain bien. Tel est en peu de mots le sens de ce premier article. Mais parce que toutes les paroles renferment chacune de grands mys tères, le pasteur doit maintenant les peser et les expliquer avec beaucoup d'exactitude, afin que les fidèles ne viennent, s'il est possible, qu'avec une religieuse frayeur, contempler la gloire de la majesté divine.

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CROIRE en cet endroit n'est pas la même chose que penser, s'imaginer, former une opinion. C'est, suivant ce qu'enseignent les Ecritures, un acquiescement inébranlahle, ferme et constant, de notre esprit, aux mystères que Dieu a répélés. Ainsi, pour ce qui regarde notre objet actuel, celui-là croit, qui est tellement persuadé d'une chose, qu'il la tient pour absolument certaine, sans conserver aucun doute.

Deum Patrem, primam scilicet Trinitatis personam, qui sua omnipotenti virtute cælum ipsum et terram , et omnia quæ cæli et terræ ambitu continentur, ex nihilo condidit, et condita tuetur ac regit : neque solum eum corde credo et ore confiteor , verum summo studio ac pietate ad illum, veluti summum et perfectissimum bonum coniendo. Hæc igitur sit brevis quadam primi hujus articuli comprehensio. Sed quoniam magna mysteria in singulis fere verbis latent, ea nunc diligentius parocho perpendenda sunt: ut, quantum Dominus permiserit, ad ejus majestatis gloriam contemplan dam cum timore et tremore fidelis populus accedat.

Igitur credendi vox hoc loco pulare, existimare, opinari non significat : sed, ut docent sacræ litteræ, certissima assensionis vim habet, qua mens Deo sua mysteria aperienti, firme constanterque assentitur. Quamobrem is credit ( quod ad hujus loci explicationem attinet) cui aliquid sine ulla hæsio latior:e certum, et persuasum est'.

'Riom 4. 18, 19, 20, 21.

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Et qu'on ne s'imagine pas que les connoissances de la foi soient moins certaines, parce que nous ne voyons pas les choses qu'elle nous propose de croire. Si la lumière divine qui nous les fait connoître, n'en donne pas l'évidence, elle ne nous permet cependant point d'en douter; car le méme Dieu qui a fait sortir la lumière des ténèbres, a fait briller sa lumière dans nos coeurs, afin que l'Evangile ne fût point caché pour nous, comme il est raché pour ceux qui perissent.

Il suit de là que celui qui possède cette connoissance céleste de la foi, n'a plus besoin d'aucune recherche curieuse. Car lorsque Dieu nous a commandé de croire, il ne nous a pas proposé de scruter ses jugements, ni d'en rechercher les raisons et les motifs; mais il a voulu que notre foi fût immuable, et que notre esprit se reposât entièrement dans la connoissance qu'elle lui donne de la vérité éternelle. En esfet Dieu est veritable, dit l'Apôtre, et tout homme est menteur. Si donc on ne peut, sans arrogance et sans témérité, non-seulement repousser ce qu'un homme sage et prudent affirme être vrai , mais encore lui demander de prouver par des raisons ou par des témoins les choses qu'il avance, quelle ne sera pas la témérité ou plutôt la folie de celui qui, entendant la voix de Dieu même, cherchera encore des raisons pour croire la céleste doctrine du salut?

nos

Neque vero existimare quisquam debet fidei notitiam minus certam esse, quod ea non cernantur quæ nobis credenda fides proponit : etenim divinum lumen, quo ea percipimus, tametsi rebus perspicuitatem non afferat, tamen de his dubitare non sinit. Deus enim qui dixit de tenebris lucem splendescere', ipse illuxit in cordibus nostris, ut non sit nobis opertum Evangelium”, sicut iis qui pereunt.

Jam vero ex iis quæ dicta sunt, consequitur, eum qui cælesti hac fidei cognitione præditus est, inquirendi curiositate liberum esse. Deus enim cum jusșit nos credere, non divina judicia scrutanda , eorumque rationem et causam perquirendam nobis proposuit, scd immutabilem fidem præcepit, quæ efficit ut animus in æterne veritatis notitia conquiescat. Ac profecta cum Apostolus testetur, Deus verax est, omnis autem homo mendax ?, si arrogantis et impudentis hominis est gravi ac sapienti viro aliquid affirmanti fidem non habere, sed præterea urgere, ut, quod dixerit rationibus aut lestibus probetur: cujus temeritatis atque adeo stultitiæ fuerit, Dei voces audientem, cælestis ac salutaris doctrinæ rationes requirere ?

"2. Cor. 4.6. -', Cor. i 3...3 Rom. 3. 4.

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Il faut donc croire, non seulement sans aucun doute, mais encore sans rechercher aucune démonstration.

Le pasteur enseignera aussi que celui qui dit : je crois, exprimant par ces mots l'assentiment intime de son esprit, qui est l'acte intérieur de la foi, est obligé de professer hautement et de manifester avec joie devant tout le monde la foi qu'il a dans son cæur. Tous les fidèles doivent être animés de cet esprit qui a fait dire au Prophète : J'ai cru, et c'est pourquoi j'ai parlé; imiter les apôtres, lorsqu'ils répondoient aux princes du peuple : sur des choses que nous avons vues et entendues, nous ne pouvons point garder le silence ; et s'encourager soit par ces belles paroles de saint Paul : Je ne rougis pas de l'Evangile, car il est la vertu de Dieu pour le salut de tous les croyants; soit par celles-ci, qui prouvent particulièrement la vérité en question : on croit de coeur pour étre justifié, et l'on confesse de bouche pour être sauvé.

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Fides itaque, seclusa omni non solum ambiguitate, sed etiam demonstrandi studio, tenenda est.

Verum illud præterea doceat parochus, eum qui dixit, Credo, præterquam quod intimum mentis suæ assensum declarat, qui interior fidei actus est, dehere id, quod animo inclusum habet, aperta fidei professione præ se ferre summaque alacritate palam faleri ac prædicare. Oportet enim fideles eum spiritum habere, quo fretus Propheta dixit : Credidi, propter quod locutus sum';

imitari Apostolos qui ad principes populi responderunt : non possumus, quæ videmus et audivimus, non loquio; divi Pauli præclara illa voce excitari : Non erubesco Evangelium 3 : virtus enim Dei est in saluten omni credenti. Item quo maxime bujus sententiæ veritas confirmatur ; Corde creditur ad justitiam , ore autem confessio fit ad salutem 4.

Psal, 115. 1.- Act. 1. 20. - Rom. I. 16. Roun. 10. 10.

了 I

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