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necessaires pour étudier et approfondir toutes les partics de la

doctrine catholique. D. Que contient donc le catéchisme du concile de Trente? R. Il renferme principalement deux choses : les règles et les avis

donnés aux pasteurs pour tout ce qui concerne l'instructior et l'enseignement des fidèles ; et l'abrégé de toutes les vérités de la

religion, que chaque chrétien est obligé de croire et de pratiquer. 1). Que prescrit-il aux pasteurs ? R. Il prescrit aux pasteurs d'instruire chacun , autant que possi

ble, suivant les besoins et la portée de son esprit. Il leur rappelle aussi qu'ils doivent rapporter soigneusement toute la religion à la connoissance de Dieu et de Jésus-Christ, et à la

pratique de la charité, qui comprend tous les commandements. D. Comment divise-t-on toute la doctrine chrétienne ? R. On la divise en quatre parties, qui comprennent ce que le

chrétien doit croire, faire, recevoir et demander; c'est-à-dire le symbole, le décalogue, les sacrements et la prière.

A FORCE de travail et d'application, l'homme peut découvrir un assez grand nombre de vérités dans l'ordre religieux; mais telle est la nature de son esprit et la foiblesse de sa raison, qu'il a toujours ignoré la plupart des moyens qui conduisent au salut éternel, c'est-à-dire à la fin principale pour laquelle il a été créé et formé à l'image et à la ressemblance de Dieu, tant qu'il n'a été éclairé que

des seules lumières naturelles. Nous connoissons bien, comme l'enseigne l'Apôtre, par les choses créées de ce monde, les perfections invisibles de Dieu, son élernelle puissance et sa divinité; mais le grand mystère caché aux générations précédentes est tellement au-dessus de l'intelligence humaine,

Ea est humanæ mentis et intelligentiæ ratio, ut, cum alia mnlta, que ad divinarum rerum cognitionem pertinent, ipsa per se, magno adhibito lahore et diligentia , investigaverit ac cognoverit, maximam tamen illorum partem, quibus æterna salus comparatur, cujus rei imprimis causa homo conditus atque ad imaginem et similitudinem Dei creatus est, naluræ lumine illustrata cognoscere ant cernere nunquam potucrit. Invisibilia quidem Dei, nt docet Apostolus , à creatura mundi, per ea quæ facta sunt, intellecta conspiciunlur, sempiterna quoque ejus virtus et divinitas': verum mysterium illud,

• Rom, 1, 20.

qu'elle n'auroit jamais pu parvenir, par aucun effort, à une connoissance si haute, si Dieu lui-même ne l'eût révélée à ses saints, auxquels il a voulu faire connoître par le don de la foi les richesses de la gloire de ce mystère dans les nations , qui est le Christ.

§ I.

L'Eglise a besoin de pasteurs.

On la foi vient de l'ouïe; et par conséquent, pour arriver au salut éternel, on a eu besoin dans tous les temps de ministres fidèles et de docteurs légitimes; car il est écrit : comment entendront-ils sans prédicateurs et comment y aura-t-il des prédicateurs, si on ne les envoie ? aussi Dien, qui est infiniment miséricordieux et bon, n'a-t-il jamais manqué aux siens, dès le commencement du monde; mais il a parlé à nos pères en plusieurs occasions et en diverses manières, par les prophètes, et, selon la diversité et le besoin

il leur a montré un chemin droit el sûr, pour parvenir à la beatitude céleste.

Mais il avoit prédit qu'il enverroit un docteur de la justice , pour éclairer les nations et porter le salut jusqu'aur ertrémités de la terre; et c'est pour cela qu'il nous a parlé dans

des temps,

(pod absconditum est à secwis et generationibus', ita humanam intelligentiam superat , ut, nisi manifestatum fuisset sanctis, quibus voluit Deus fidei munere notas facere divitias gloriæ sacramenti hujus in gentibus, quod est Christus, nullo studio homini ad eam sapientiam aspirare licuisset. Cum autem fides ex auditu concipiatur, perspicuum cst quain

necessaria semper fuerit, ad æternam salutem consequendam , doctoris legitimi fidelis opera ac ministerium : siquidem dictum est : Quomodo audient sine prædicante ? quomodo vero prædicabunt, nisi mittantura? Et quidem, ab ipsius mandi origine, clementissimus ac beniguissimus Deus suis nunquam defuit ; sed multifariè multisque modis locutus est patribus in prophetis), eisque pro lemporum conditione, ad cælestem beatitudinem certum ac directum iter mninistravit.

Sed quoniam prædixerat daturum se doctorem justitiæ in lucem gentiumí, uit esset salus ejus usque ad extremum terræ, novissime locutus est nobis in Filios, quem etiam, 70ce è cælo delapsa a magnificá gloria, jussit út omnes

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. Reen. 10.16, 15. — 3 Hebr. 1 1. --' !sa, 49.6.- Hebr. 1.1, 2.

ces derniers temps, par son fils, à qui une voix descendue du ciel, au milieu d'une gloire éclatante, a ordonné que tous obéissent, en suivant fidèlement sa doctrine. Ensuite le Fils a donné lui-même des apôtres, des prophètes, des pasteurs et des docteurs, pour nous annoncer la parole de vie, afin que nous ne fussions pas, comme des enfants, flollants et emportés par tout vent de doctrine; mais que, appuyés sur le fondement inébranlable de la foi, nous fussions élevés pour être la maison de Dieu , dans le SaintEsprit.

§ II.

Autorité des pasteurs.

Et telle est l'autorité qu'il a attachée à leur ministère, que, d'après sa propre déclaration, celui qui écoute ses disciples, l'écoute lui-même, et celui qui les méprise, le méprise lui-même. Dès lors il n'est point à craindre qu'on reçoive la parole de Dieu prêchée par les ministres de l'Eglise, comine la parole des hommes, et non comme la véritable parole de Jésus-Christ; car il ne s'agit pas seulement, dans cette déclaration, de ceux à qui il parloit alors; il s'agit encore de tous ceux qui devoient être leurs successeurs légitimes dans les fonctions de l'enseignement. A tous, il a promis l'assistance de son esprit, tous les jours, jusqu'à la fin des siècles.

audirent ejusque præceptis obtemperarent'. Deinde vero Filius alios dedit apostolos, alios prophetas , alios pastores et doctores , qui verbum vitæ annuntiarent, ne circumferremur tanquam parvuli, fluctuantes omni vento doctrinæ, sed firmo fidei fundamento adhærentes, coædificaremur in habitaculum Dci, in Spiritu sanctos.

Ac ne quis verbum auditus Dei ab Ecclesixe ministris, tanquam verbum hominum, sed, sicut vere est, verbum Christi accipereté, ille ipse Salvator noster tantam auctoritatem corum magisterio tribuendam esse statuit, ut diceret : Qui vos audit, me audit : et qui vos spernit, me spernit 5; quod quidem non de iis tantum, quibuscum sermo habebatur, intelligi voluit ; verum de omnibus etiam, qui legitima successione doccndi munus obirent quibus se omnibus dicbus, usque ad consummationem seculi affuturum esse pollicitus est. "a. Pet. 1. 7.

- . Eph. 4.11. - ? Eph. 1. 2a. -61. Thess. 2 13. – 5 Luc. 10. 16. 6 Maub, 28. 20.

§ III.

Fonctions et devoirs des pasteurs.

OR, quoique l'on ne doive.cesser en aucun temps d'annoncer dans l'Eglise la parole de Dieu, c'est cependant un devoir de nourrir aujourd'hui les fidèles du pain de vie avec plas de zèle et de piété que jamais, et de les confirmer dans la foi incorruptible de la sainte doctrine. Car il s'est élevé dans le monde de faux prophètes qui corrompent par des doctrines nouvelles et étrangères les esprits des chrétiens : semblables à ceux dont le Seigneur a dit : je ne les envoyois point, et cependant ils alloient ; je ne leur parlois point, et cependant ils prophétisoient.

Et certes, l'impiété de ces hommes, armée de tous les artifices de Satan, a fait tant de progrès, qu'il paroît presque impossible d'en arrêter le cours. Et si nous n'étions appuyés sur cette éclatante promesse qu'a faite JésusChrist, d'établir son église sur un fondement si solide, que les portes de l'enfer ne prévaudroient point contre elle, nous craindrions avec raison qu'elle ne succombât sous les assauts de tant d'ennemis qui l'attaquent aujourd'hui par toutes sortes de ruses et d'efforts.

Car pour ne point parler de ces provinces illustres, qui

At vero cum hæc divini verbi prædicatio nunquam intermitti in Ecclesia lebeat , tum certe hoc tempore, majori studio et pietate elaborandum est, ut sana et incorrupta doctrina , tanquam pabulo vitæ , fideles nutriantur et confirmentur: exierunt enim pseudoprophetæ in mundum', de quibus dixit Dominus : Non mittebam prophetas, et ipsi currebant: non loquebar ad eos, et ipsi prophetabant, ut variis doctrinis, et peregrinis, christianorum animos depravarent.

Qua in re illorum impietas, omnibus Satanæ artibus instructa, tam longe progressa est, ùt nullis fere certis finibus contineri posse videatur, ac, nisi Salvatoris nostri præclara illa promissione niteremur, qui se adeo stabile Ecclesiæ suæ fundaraentum posuisse alfirmavit, ut portæ ioferi adrersus eam prævalere nunquam possint *; maxime verendum esset ne hoc tempore, tot undique hostibus obsessa , tot machinis tentata et oppugnata concideret.

Nam, ut omittamus, nobilissimas provincias, quæ olim veram et catholi11. Joann. 4.1.- ?Jer. 23 21.- Heb. 13.9 - 4 Matb. 16. 18.

conservoient autrefois avec un zèle si pieux la foi véritable et catholique, telle qu'elles l'avoient reçue des siècles précédents, et qui maintenant, éloignées de la voie droite, prétendent hautement qu'elles sont d'autant plus près de la vraie religion, qu'elles sont plus loin des doctrines anciennes : y a-t-il dans tout le monde chrétien un coin si reculé, un tieu si inaccessible, où l'on n'ait pas essayé de glisser ces funestes erreurs?

En effet, ceux qui avoient conçu le dessein de corrompre les fidèles, se sont bien aperçus qu'il seroit impossible de prêcher publiquement et de faire entendre à tout le monde leur langage empoisonné. Mais ils ont pris d'autres moyens pour semer leurs erreurs plus aisément et plus au loin. D'abord ils ont composé d'énormes volumes contre la foi catholique, afin de la renverser. Mais comme ils y exposoient ouvertement l'hérésie, et qu'il n'étoit pas difficile de se précautionner contre leurs doctrines, ils ont répandu une infinité de petits livres, qui, sous l'apparence de la piété, ont séduit une multitude d'âmes simples et sans défiance.

Voilà pourquoi les Pères du concile ecuménique de Trente, désirant avec ardeur d'apporter un remède salutaire à un mal si grand et si funeste, non contents d'avoie

cam religionem, quam à majoribus acceperant, pie et sancte retinebant : nunc autem dcrelinquentes viam rectam erraverunt, atque in eo se maxime pietatem colere palam profitentur , quod à Patrum suorum doctrina quam longissime recesserunt : nulla tam remota regio, aut tam munitus locus, nullas christianæ reipublicæ angulus inveniri potest quo hæc pestis occulte irrepere non tentarit.

Qui enim fidelium mentes corrumpere sibi proposuerunt, cum fieri nullo modo posse intelligerent, ut cum omnibus coram colloquerentur, et in corum aures venenatas voces infundercnt , idem alia ratione aggressi, multo facilius ac latius impietatis errores disseminarunt. Nam præter illa ingentia volumina quibus catholicam fidem evertere conati sunt, à quibus tamen cavere, cum apertam hæresim continerent, non magni fortasse laboris ac diligentiæ fuit, infinitos etiam libellos conscripserunt, qui, cum pietatis speciem præ se ferrent, incredibile est quam facile incautos simplicium animos deceperint.

Quamobrem patres ecumenicæ Tridentinæ synodi, cum tanto et lain pernicinso huic malo salutarem aliquam medicinam adhibere maxime cuperent, non satis essc putarunt graviora catholicæ doctrinæ capita contra nostri

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