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quelque fonction à laquelle Dieu les avoit élevés. La foi chrétienne professe donc qu'il n'y a qu'un seul Dieu par nature et par essence, comme il a été défini

par le concile de Nicée, qui a confirmé cette vérité dans son symbole. Mais remontant encore plus haut, elle reconnoît l'unité de Dieu, tout en adorant en même temps la trinité dans son unité, et l'unité dans sa trinité; et tel est le mystère dont nous avons maintenant à parler, d'après ces termes qui suivent dans le symbole :

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On donne à Dieu le nom de Père pour plusieurs raisons. Disons donc en quel sens il lui est particulièrement attribué dans cet endroit.

Quelques-uns, même de ceux dont la foi n'éclairoit point les ténèbres, ont compris que Dieu est une substance éternellc; qu'il est le principe de toutes choses ; qu'il gouverne et qu'il conserve, par sa providence, l'ordre et l'état de lout ce qui est; et de là, voyant que les hommes donnent le nom de père à celui qui est le chef d'une famille, qui la gouverne par son autorité et ses conseils, ils ont attribué aussi, par comparaison, la même dénomination à Ilieu, qu'ils reconnoissoient pour créateur et gouverneur de toutes choses.

igitur natura, substantia , essentia unum, quemadmodum ad confirmandam veritatem in symbolo Nicæni concilii dictum est, christiana fides credit et profitetur; sed altius etiam ascendens , ila unum intelligit, ut unitatem in Trinitate, et Trinitatem in unitate veneretur : de quo nobis mysterio nunc dicere incipiendum est : sequitur enim in symbolo.

Patrem. Sed quoniam Patris vox non una ratione Deo tribuitur, illud prius declarandum erit quæ sit magis propria hujus loci significatio.

Deum nonnulli, etiam, quorum tenebris fides lacem non attulit, æternam substantiam esse intellexerunt, à qua res ortæ essent, et cujus providentia omnia gubernarentur, suumque ordinem et slatum conservarent. Es humanis igitur rebus ducta similitudine , quemadmodum eum, à quo familia propagata est, cujusque consilio et imperio regitur, patrem vocabant : ita hac ratione factum est, ut Deum, quem omnium rerum opificem et recLorem agnoscebant, Patrem appellari voluerint,

De même les Ecritures l'ont appelé Père, lorsqu'elles ont rappelé qu'il est le créateur de toutes choses, et que son pouvoir et sa providence admirable s'étendent sur tout. N'est-ce pas le Seigneur qui est votre père, dit-elle, qui est votre maître , qui vous a faits el tirés du néant? N'est-ce pas lui qui est notre seul père ? N'est-ce pas Dieu seul qui nous a crees.

Mais il est appelé bien plus souvent et d'une manière toute particulière le père des chrétiens, surtout dans le nouveau Testament. C'est des chrétiens que l'Apôtre déclare qu'ils n'ont pas reçu l'esprit de servitude, pour être dans la crainte, mais l'esprit d'adoption des enfants de Dieu, par lequel nous crions : mon père, mon père! Car le père nous a témoigné tant d'amour, dit saint Jean, que nous sommes appeles et que nous sommes réellement les enfants de Dieu, Que si nous sommes enfants, nous sommes héritiers de Dieu, et cohéritiers de Jésus-Christ, qui est le premier-de plusieurs frères ; et qui ne rougit pas de nous appeler ses frères.

Ainsi, soit que l'on regarde Dieu du côté de la création et de sa providence universelle, soit qu'on considère spécialement l'adoption spirituelle qu'il a faite des chrétiens, c'est avec raison que les fidèles le reconnoissent pour leur père.

Eodem nomine sacræ etiam litteræ usæ sunt cum de Deo loquentes, universorum creationem , potestatem , admirabilemque providentiam ei tribuendam indicarent ; legimus enim : Numquid non ipse est pater tuus , qui possedit te, et fecit, et creavit te'? et alibi : Numquid non pater unus omnium nostrûm ? Numquid non Deus unus creavit nos ?

At vero multo frequentius et peculiari quodam nomine , præsertim in. ikovi Testamenti libris, Deus Pater christianorum dicitur, qui non acceperunt spiritum servitulis in timore, sed acceperunt spiritum adoptionis filio rum Dei, in quo clamant Abba, Pater 3: eam enim charitatem dedit nobis Pater, ut filii Dei nominemur et simus 4 : quod si filii, et hæredes : hæredes quidem Dei, cohæredes autem Christi, qui est primogenitus in multis fratribus, nec confunditur vocare nos fratres 6.

Sive igitur communem creationis et providentiæ, sive præcipuam spiritualis adoptionis causam spectes, merito fideles Deum patrem se credere proftentur.

Deut 336 "Ma! 2 10 Rom 8 15. 1. Joan 3 s.

- Hel. 1.1)

Rom 8 17. --Rum

0.79

Mais outre ces significations générales, le pasteur avertira les fidèles qu'en entendant le nom de père, ils doivent élever leur esprit à des mystères plus sublimeş encore. Tout ce qu'il y a en effet et de plus caché et de plus impénétrable dans celte lumière inaccessible que Dieu habite, ce que la raison humaine ne pouvoit ni atteindre ni soupçonner, se trouve exprimé par ce nom, comme nous l'apprennent les oracles, sacrés. Il nous avertit donc qu'il y a dans l'essence divine non une seule personne, mais plusieurs réellement distinctes. Nous croyons en effet qu'il y en a trois dans la même nature; celle du Père, qui n'est engendrée d'aucune autre; celle du Fils qui est engendrée du Père avant tous les siècles; celle du Saint-Esprit, qui procède du Père et du Fils, de toute éternité. Le Père est, dans l'unité de la nature divine, la première personne, faisant avec son Fils unique et le Saint-Esprit un seul Dien, un seul Seigneur : non point une seule personne, mais une seule nature en trois personnes. Et on ne doit pas s'imaginer qu'il y ait entre elles aucune différence ni aucune inégalité. Toute la distinction que l'on conçoit en elles, vient de leurs propriétés respectives. Le Pere n'est point engendré; le Fils est engendré du Père : le SaintEsprit procède de l'un et de l'autre. Voici done comment nous confessons et croyons l'unité de nature dans les trois personnes : en reconnoissant le Dieu véritable et éternel, nous adorons avec piété et respect la distinction dans les personnes, l'unité dans la substance, et l'égalité dans la Trinité.

Verum præter eas notiones, pias explicavimus, Patris nomine audito , ad altiora mysteria mentem erigendam esse parochus docebit. Quod eniru in luce illa inaccessibili, quam inhabitat Deus', magis reconditum et abstrusum est, quodque humana ratio et intelligentia non consequi aut ne suspicari quidem poterat, id Patris vocabulo divina oracula nobis aperire incipinnt. Indicat autem hoc nomen, in una divinitatis essentia non unam tantum personam, sed personarum distinctionem credendam esse. Tres enim sunt in una divinitate personæ : Patris, qui à nullo genitus est: Filii, qui ante omnia secula à Patre genitus est ; Spiritus sancti, qui itidem ab æterno ex Patre et Filio procedit. Atqui Pater est in una divinitatis substantia prima persona, qui cum unigenito Filio sno et Spiritu sancto unus est Deus, unus est Dominus”, non in unius singularitate personæ, sed in unius trinitale substantiæ. Jam vero hæ tres personæ, cum in iis quidquam dissimile allt dispar cogitare nefas sit, suis tantummodo proprietatibus distincte intelliguntur, Pater siquidem ingenitus est: Filius à Patre genitiis ; spiritus sancIn3 ab utroque procedit. Atque ita trium personarum eamdem cssentian,

6. 16. —'Symbolun vuun.cue.

Ainsi lorsque nous disons que le Père est la première personne, il ne faut pas croire que nous reconnoissions dans la Trinité quelque chose de premier et de dernier, de plus grand et de plus petit. A Dieu ne plaise qu'une telle impiété entre dans l'esprit des fidèles! la religion chrétienne enseigne que la même éternité, la même gloire et la même majesté conviennent aux trois personnes. Mais parce qu'il est le principe sans principe, nous affirmons avec yérité et sans hésiter que le Père est la première personne; et parce qu'il est distingué des autres personnes par la propriété de Père, c'est par-là que de toute éternité il a dû engendrer le Fils. D'où vient que dans cet article nous joignons ensemble les noms de Dieu et de Père, pour nous faire souvenir que la première personne a toujours été Dieu et Père.

Mais comme il n'y a rien de plus périlleux que de chercher à pénétrer des choses si sublimes et si difficiles, ni de plus dangereux que de se tromper en voulant les expliquer, les pasteurs feront entendre aux fidèles qu'ils

eumdem substantiam confitemur : ut in confessione veræ sempiternæque deitatis', et in personis proprietatem, et in essentia unitatem, et in trinitale æqualitatem pie et sancte colendam credamnus.

Nam quod Patris primam esse personam dicimus, hoc non ita accipiendum est, perinde ac si aliquid in Trinitate prius aut posterins, majus aiut ininus cogitemus. Absit enim hæc à fidelium mentibus impietas , cum eamdem æternitatem, eamdem gloriæ majestatem, in tribus personis christiana religio prædicet. Sed Patrem, propterea quod ipse sit principium sine principio, primam esse personam, vere et sine ulla dubitatione aflirmamus : quæ quidem uti Patris proprietate distincta est, ita in unam illam præcipue hoc convenit, quod Filium ab ælerno genuerit : semper enim Deum simul et Patrem fuisse nobis significatur, cum Dei et Patris nomina conjuncta in hac confessione pronuntiarnus.

Verum quoniam in nullius rei, quam hujus omnium altissimæ ac difficillimæ notitia atque explicatione , aut periculosius versari, ant gravius Errare possumus, doceat parochus religiosc rctinen:la esse essentiæ et per

Tilid.

doivent rticunr soigneusement les mois a essence et de personne, consacrés à l'expression propre de ce mystère, et se souvenir que l'unité est dans l'essence et la distinction dans les personnes; mais qu'ils doivent se garder de faire là-dessus des recherches subtiles et curieuses, conformément à cette sentence : Celui qui scrute la majesté, sera opprimé par l'éclat de la gloire. C'est assez pour nous de connoître certainement par la foi que Dieu lui-même nous a enseigné cette vérité; car ne pas croire à ses oracles seroit le comble de la folie et du malheur. Allez, dit JésusChrist aux apôtres, enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit; et nous lisons dans saint Jean : il y en a trois qui rendent lemoignage dans le ciel, le Père, le Verbe et l'Espril, et les trois ne font qu'une seule chose.

Que celui donc qui par la grâce de Dieu croit ces vérités, adresse sans cesse ses prières au Père qui a créé toutes choses de rien, qui les a ordonnées par sa honté, qui nous a donné le pouvoir de devenir ses enfants , qui a révélé à l'esprit humain le mystère de la sainte Trinité; afin qu'il le rende digne d'entrer dans les tabernacles éternels et d'y contempler cette infinie fécondité de Dieu le Père, qui en se contemplant et en se connoissant lui-même, engendre

sonæ propria vocabula , quibus hoc mysterium significatur, et sciant fideles unitatem esse in essentia, distinctionem autem in personis. Sed hæc subtilius exquirere nikil oportet, cum meminerimus illius vocis: qui scrutator est majestatis, opprimetur à gloria': satis enim videri debet, quod fide certum et exploratum habeamus, nos à Deo (cujus oraculis non assentiri, extremæ stultitiæ atque miseriæ est ) ita edoctos esse. Docete, inquit, omnes gentes, baptizantes eos in nomine Patris, et Filii, et Spiritus sancti”; rursus : Tres sunt qui testimonium dant in cælo, Pater, Verbum et Spiritus sanctus : et hi tres unuin sunt 3.

Oret tamen assidue ac precelur Deum et Patrem, qui universa ex nihilo condidit, disponitque omnia suaviter 4, qui dedit nobis potestatem filios Dei fieris, qui Trinitatis mysterium humanæ menti patefecit; oret, inquam, sine intermissione, qui divino beneficio hæc credit, ut aliquando in æterna tabernacula receptus, dignus sit qui videat quæ tanta sit Dei Palris fæcunditas, ut se ipsum intuens , atque intelligens, parem et æquaIem sibi filium gignat : quoque modo duorum idem plane et par churitatis 1 Prov. 15. 27. -- Malth 18 19.-31. Joan. 1.7.4 Sap 8. 1. - 5 Joan 1.12

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