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MAR PHURIUS.

Il se pourroit.

SGANARELLE.
Mais, en l'épousant, je crains d’être cocu.

MAR PHURIUS.
La chose est faisable.

SGANARELLE. Qu'en pensez-vous ?

MARPHURIU S.
Il n'y a pas d'impossibilité.

S GANAR ELLE.
Mais que feriez-vous si vous étiez à ma place?

MARPHURIUS.
Je ne sais.

SGA NARELLE.

Que me conseillez-vous de faire ?

MARPHURIUS.

Ce qu'il vous plaira.

SGANARELL E. J'enrage.

MARPIURIU S. Je m'en lave les mains.

SGANAR ELLE. Au diable soit le vieux rêveur!

MARPHUR IU S. Il en sera ce qu'il pourra.

S GAN ARELLE, à part. La peste du bourreau ! Je te ferai changer de nole, chien de philosophe enragé. (Il donne des coups de bâton à Marphurius.)

MARPHURIUS. Ah! ah! ah!

SGANARELLE.

Te voilà payé de ton galimatias, et me voilà con

tent.

MARPIURIUS. Comment! Quelle insolence! M'outrager de la sorte ! Avoir eu l'audace de battre un philosophe comme moi!

SGANARELLE. Corrigez, s'il vous plaît, cette maniere de parler. Il faut douter de toute chose; et vous ne devez pas

dire que je vous ai battu, mais qu'il vous semble que je vous ai battu.

MARPHURIU 8. Ah! je m'en vais faire ma plainte au commissaire du quartier des coups que j'ai reçus.'

SGANARELLE. Je m'en lave les mains.

MARPHURIUS. J'en ai les marques sur ma personne.

SGANAR ELLE. Il se peut faire.

MARP HURIU S. C'est toi qui m'as traité ainsi.

SGANARELLE, Il n'y a pas d'impossibilité.

MARPHURIU S. J'aurai un décret contre toi.

SGANARELLE. Je n'en sais rien.

MARPURIUS. Tu seras condamné en justice.

SGANAR ELLE. I en sera ce qu'il pourra.

MARPIURIU S. Laisse-moi faire.

SCENE I X.

SGANARELLE,

seul.

Comment! on ne sauroit tirer une parole positive de ce chien d'homme-là, et l'on est aussi savant à la fin qu'au commencement! Que dois-je faire dans l'in. certitude des suites de mon mariage ? Jamais homme ne fut plus embarrassé que je suis. Ah ! voici des Bohémiennes : il faut que je me fasse dire par elles ma bonne aventure.

SCENE X.

DEUX BOHÉMIENNES, SGANARELLE.

(Les deux Bohémiennes, avec leur tambour de Basque, entrent en chantant et en dansant.)

SGANAR ELLE. Elles sont gaillardes. Ecoutez, vous autres : y a-t-il moyen de me dire ma bonne fortune?

1. BOHÉMIENNE. Oui, mon bon monsieur, nous voici deux qui te la dirons.

11. BOHÉMIENNE. Tu n'as seulement qu'à nous donner ta main avec la croix dedans; et nous te dirons quelque chose pour ton bon profit.

SGA NARELLE.

T'enez, les voilà toutes deux, avec ce que vous demandez,

1. BOHÉMIENNE. Tu as une bonne physionomie , mon bon monsieur, une bonne physionomie.

II. BOHÉ MIENNE. Oui, une bonne physionomie; physionomie d'un homme qui sera un jour quelque chose.

1. BOHÉMIENNE. · Tu seras marié avant qu'il soit peu, mon bon monsieur; tu seras marié avant qu'il soit peu.

I 1. BOHÉMIENNE. Tu épouseras une femme gentille, une femme gentille.

1. BOHÉ MIENNE. Oui, une femme qui sera chérie et aimée de tout le monde.

I 1. BOHÉMIENNE. Une femme qui te fera beaucoup d'amis, mon bon inonsieur, qui te fera beaucoup d'amis.

1. BOHÉMIENNE. Une femme qui fera venir l'abondance chez toi.

II. BOHÉMIENNE. Une femme qui te donnera une grande réputation.

1. BOHÉMIENNE. Tu seras considéré par elle, mon bon monsieur; tu seras considéré

par

elle.

SGANARELLE..

Voilà qui est bien. Mais dites-moi un peu,

suis-je menacé d'être coca?

II. BOHÉMIENNE. Cocu?

SGANARELLE. Oui.

1. BOHÉMIENNE, Cocu?

SGANARELLE. Oui, si je sais menacé d'être cocu. (Les deux Bohémiennes dansent et chantent.)

SGANARELLE. Que diable ! ce n'est pas là me répondre. Venez. çà: je vous demande à toutes deux si je serai cocu.

II. BOHÉMIENNE. Cocu? vous ?

SGANARELLE. Oui, si je serai cocu.

1. BOI EMI ENN E. Vous ? cocu?

SGANARELL L. Oui, si je le serai, ou non. (Les deux Bohémiennes sortent en chantant et

en dansant. )

SCENE X I.

SGAN A RELLE, seul.

Peste soit des carogpes , qui me laissent dans l'in quiétude ! Il faut absolument que je sache ia destinée de mon mariage ; et, pour cela, je veux aller trouver ce grand magicien dont tout le monde parle tant, et qui, par son art admirable, fait voir tout ce que l'ou souhaite. Ma foi, je crois que je n'ai que faire d'aller au magicien, et voici qui me montre tout ce que je puis demander.

SCENE XII.

DORIMENE, LYCASTE; SGANARELLE, retiré dans un coin du théatre sans étre viu.

LYCASTE.

Quoi! belle Dorimene, c'est sans raillerie que vous parlez?

DORI MENE.

Sans raillerie.

LYCASTE.

Vous vous mariez tout de bon ?

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