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moyen d'y résister. (à Sganarelle.) Monsieur, je vous prie de la faire redevenir muette.

SGANARELLE.

C'est une chose qui m'est impossible. Tout ce que je puis faire pour votre service est de vous rendre sourd, si vous voulez.

GÉRONTE.
Je vous remercie. (à Lucinde.) Penses-tu donc...

LUCINDE.
Non, toutes vos raisons ne gagneront rien sur

mon ame.

GÉRONTE.
Tu épouseras Horace dès ce soir.

LUCINDE.

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J'épouserai plutôt la mort.

SGA N ARELLE, à Géronte. Mon dieu! arrêtez-vous, laissez-moi médicamenter cette affaire; c'est une maladie qui la tient, et je sais le remede qu'il y faut apporter.

GÉRONTE. Seroit-il possible, monsieur , que vous pussiez aussi guérir cette maladie d'esprit?

SGANARELLE.

Qui; laissez-moi faire, j'ai des remedes pour tout; et notre apothicaire nous servira pour cette cure. (à Léandre.) Un mot. Vons voyez que l'ardeur qu'elle a pour ce Léandre est tout-à-fait contraire aux volontés du pere; qu'il n'y a point de temps à perdre; que les humeurs sont fort aigries; et qu'il est necessaire de trouver promptement un remede à ce mal, qui pourroit empirer par le retardement. Ponr noi, je n'y en vois qu’nn seul, qui est une prise de boite purgative, que vous mêlerez comme il faut avec deux dragmes de matrimoniuin en pilules. Peut-être ferat-elle quelque difficulté à prendre ce remede: mais comme vous êtes habile homme dans votre métier,

c'est à vous de l'y résoudre, et de lui faire avaler la chose du mienx que vous pourrez.

Allez-vous-en lui faire faire un petit tour de jardin, afin de préparer les humeurs, tandis que j'entretiendrai ici son pere; mais sur-tout ne perdez point de temps. Au remede, vite! au remede spécifique!

SCENE VII.

GÉRONTE, SGANARELLE.

GÉRONTE. Quelles drogues, monsieur, sont celles venez de dire ? Il me semble que je ne les ai jamais ouï

que vous

nommer.

SGANARELLE. Ce sont drogues dont on se sert dans les nécessités urgentes.

GÉRONTE. Avez-vous jamais vu une insolence pareille à la sienne?

SGANARELLE.

Les filles sont quelquefois un peu têtues.

GÉRONTE. Vous ne sauriez croire comme elle est affolée de ce Léandre.

SGANAR ELLE. La chaleur du sang fait cela dans les jeunes esprits.

GÉRONTE. Pour moi, dès que j'ai eu découvert la violence de cet amour, j'ai su tenir toujours ma fille renfermée.

SGANARELLE.

Vous avez fait sagement.

GÉRONTE. Et j'ai bien empêché qu'ils n'aient eu communication ensemble.

SGANARELLE.

Fort bien.

GÉRONTE. Il seroit arrivé quelque folie, si j'avois souffert qu'ils se fussent vus.

SGANARELL L. Sans doute.

GÉRONTE. Et je crois qu'elle auroit été fille à s'en aller avec lui.

SCANARELL E. C'est prudemment raisonner.

GÉRONTE. On m'avertit qu'il fait tous ses efforts pour lui parler.

&GAN AR EL LL. & Quel drôle!

GÉRONTE. Mais il perdra son temps.

SGANAR ELLE.
Ha! ha!

GÉRONTE.
Et j'empêcherai bien qu'il ne la voie.

SGANARELL E.

Il n'a pas affaire à un sot, et vous savez des rubriques qu'il ne sait pas. Plus fin que vous n'est pas bête.

SCENE VIII.
LUCAS, GÉRONTE, SCANARELLE,

LUCAS.

Ah! palsanguienne, monsieu , vaici bian du tintamarre; votre fille s'en est enfuie avee son Liandre, C'étoit lui qui étoit l'apothicaire; et v'là monsieu le médecin, qui a fait cette belle opération-là.

GÉRONTE. Comment ! m'assassiner de la façon! Allons, an commissaire; et qu'on empêche qu'il ne sorte. Ab! traitre, je vous ferai punir par la justice.

LUCAS.

Ah! par ma fi, monsiea le médecin, vous serez pendu: ne bougez de là seulement.

SCENE I X.

MARTINE, SGANARELLE, LUCAS.

MARTINE, Lucas. Ah! mon dieu ! que j'ai eu de peine à trouver ce logis! Dites-moi un peu des nouvelles du médecin que je vous ai donné.

LUCAS.

Le v'là qui va être pendu.

MARTINE.

Quoi! mon mari pendu! Hélas ! et qu'a-t-il fait pour cela ?

LUCAS
Il a fait enlever la fille de notre maître.

MARTINE. Hélas ! mon cher mari, est-il bien vrai qu'on te va pendre ?

SGA NARELLE.
Tu vois. Ab!

MARTINE. Faut-il que tu te laisses mourir en présence de tant de gens !

SGANAR ELLE.
Que veux-tu que j'y fasse ?

MARTINE. Encore, si tu avois achevé de couper notre bois, je prendrois quelque consolation.

SGANARELLE.

Retire-toi de là, tu me fends le cæur!

MARTINE.

Non, je veux demeurer pour t'encourager à la mort; et je ne te quitterai point que je ne t'aie va pendu.

SGANARELLE.

Ah!

SCENE X.

GÉRONTE, S GAN ARELLE,

MARTINE.

GÉRONTE, à Sganarelle. Le commissaire viendra bientôt, et l'on s'en va vous mettre en lieu où l'on me répondra de vous.

SG 1 VAR E L L F., à genoux. Hélas ! cela ne se peut-il point changer en quelques

coups de bâton ?

GÉRONTE. Non, non; la justice en ordonnera. Mais que vois-je ?

SCENE X I.

GÉRONTE, LÉANDRE, LUCINDE, SGANARELLE, LUCAS, MARTINE.

LÉANDRE. Monsieur, je viens faire paroître Léandre à vos yeux, et remettre Lucinde en votre pouvoir. Nous avons eu dessein de prendre la fuite nous deux, et de nous aller marier ensemble; mais cette entreprise a fait place à an procédé plus honnête. Je ne prétends point vous voler votre fille, et ce n'est que de votre main que je veux la recevoir. Ce que je vous dirai, monsieur, c'est que je viens, tout-à-l'beure, de rece

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