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la ville de Metz par un particulier nommé Louvion & une § veuve (a) nommée Ponce, pour l'Ordre de Cîteaux. Ils y donnerent des biens suffisamment pour y entretenir un Abbé & douze Religieux, qui devoient toujours être tirés de l'Abbaye de Villers-Betnach.

Philippe de Vigneule écrit que Jean Louvion, fondateur de l'Abbaye de Pontifroy avoit un fils nommé Aubert, qui s'étant fait Religieux à Villers-Betnach, son pere pour lc retirer auprès de lui, fonda & bâtit l'Abbaye dont on vient de parler , dans l'esperance qu'Aubert son fils en seroit le premier Abbé. Toutefois ce Religieux n'en profita guercs, comme il paroit par un livre, où est écrite la vie de tous les Abbes, qui depuis 132o. ont gouverne ce Monastcre. Ce livre se conserve dans l'Archive de Betnach , dit Philippe de Vigncule. .

Les Fondateurs s'étant adressés en 132o. ou 1 32 I. au Pape Jean XXII. pour obtenir la confirmation de cet établissement, il les renvoya, par son Bref, à Henri Dauphin, Evêquc de Metz, pour leur accorder les fins de leurs demandes, avcc un privilége de droit de sépulture , ce qui leur fut accordé par l Evêque. -

Lcs biens de ce Monastere ayant été dissipés , il est réduit depuis assez long-tens, à un simple Abbé nommé par le Roi , & l'Abbayc a été entièrement ruinée cn 1 565. pour la défense de la Ville. L'Abbé & les Religieux furent alors transportés d'auprès du Pontifroy, où leur monastere étoit situé, dans une maison joignant la paroisle saint Gcorges , que le Roi acheta de l'Abbé de Justemont , il leur fut permis de se servir de l'Eglise de cette paroisse, pour y faire le divin service , à condition néanmoins que le service de la paroisse n'en pourtoit être empêché.

Abbaye de saint Pierre à Metz.

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le Cloître, le Centre, le pourpris & toutes les appartenances, en chef & en membres de ladite Eglise & monastere, tant dedans Metz comme dehors , & tout ce qui y appartient, comme avoient fait les précédentes Abbesses, & sont tenuès faire celles qui lui succéderont, Acte pasle pardevant Colin Rateil, Chanoine de T oul, Notaire apostolique de ladite Cour, par lequel en l'Hôtel Poiresson le Doyen, bourgeois de Nancy , Dominique François & Louvyon Bernefroy, Secrétaires du Duc de Lorraine, dirent que suivant la coutume, l'Abbesse dc saint Pierre avoit repris du Duc de Lorraine le temporcl de son Abbaye & le spirituel, tenant la crosse d'une main & le calicc de l'autre , lequel Duc lui avoit recommandé de ne se faire confirmer en manicre que ce fut, ni de l'Evêque de Metz, ni d'autres, comme étant de la compétence du Duc , ainsi que Bouzonville & saint Martin devant Metz , qui n'ont autre confirmation pour l'administra- tion dc lcur temporel ; mais seulement la bénédiction. " . Néanmoins Conrard, Evêque de Metz, avoit fait procéder par voye d'excommunication contre ladite Abbesse, qui depuis, à la Poursuite du Duc, en avoit été absoute, & n'a point été confirmée; cependant à une journée qui se tint à Nancy le 23. Janvier . 1418. l'Evêquc de Metz avoir fait voir au , Duc un registre auqucl étoit contenu comme une Abbesse de saint Pierre, qui s'étoit fait confirmer par le Duc, avoit ensuite reconnu qu'en cc faisant elle avoit été séduite, & que ce droit appartenant à l'Evêque, elle s'étoit fait confirmer & benir par l'Évêque ; le Duc irrité avoit voulu connoître la vérité du fait, & avoit député les dessusdits ses Sccrétaires pour entendre ladite Abbesse, qui déclara qu'ayant été éluë , les Dames lui avoicnt refusé de l'introduire en la Chambre Abbatiale, & de lui donner l'administration de son Abbaye, qu'clle n'eût fait ses reprises au Duc, ce qu'elle avoit fait, & depuis l'Evêque l'avoit excommuniée ; mais qu'elle en avoit été absoute à la poursuite du Duc, que neanmoins ne trouvant aucun Officier dans Metz , qui voulût occuper pour elle, elle avoit été obligée par le conseil d'aucuns ses parens , de se faire confirmer par l'Evêque, qui l'avoit beaucoup blâmee de s'être adreslcc au Duc pour ce sujet, de laquelle déposition lesdits Secrétaires dcmanderent Acte, qui leur fut accordé par lesdits Notaires le 29. Janvier 1418. Depuis très leng-tems il y a une confraternité de prieres entrc les Chanoines de la

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Il y a pour le service de cette Abbaye qua

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· L'origine de l'Abbaye dc sainte Marie de Metz, le tems & l'auteur de sa fondation ; ne sont pas bien connus. Il y a toutefois beaucoup d'apparence que ce fut Adalberon premier du nom qui la fonda vers l'an 9o5. On lit sur un marbre à l'entrée de cette Abbaye, qu'en 984.Adalberon II. dn nom la fonda, mais si c'est un vêque Adalberon qui la fonda, c'est plutôt Adalberon premier du norn, qui en 93 o. ou environ, voùlant réformer le monastere de saint Pierrc, y joignit celui de saintc Marie, pour y élever les Novices qui devoient entrer dans le grand monastere, & pour lui servir comme de pépiniere. Le même Adalberon premier réforma aussi vers le même tems l'Abbaye de sainte Glossinde. Ce qui me persuade que le Monastere de sainte Marie est plus ancien qu'Adalberon II. c'est que Sigebert de Gemblours (a), dans la vie de l'Evêque Thierri I. qui a vêcu après Adalberon I. parle assez clairement des trois Abbayes de vierges de la ville de Metz, ou fondées ou réparées par Adalberon premier.

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vres. On donna à chacune des autres Da

mes quatre cens cinquante livres de pension , & la réforme avec la clôture furent heureusement introduites dans l'Abbaye,

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Le petit Clairvaux.

S. Bernard, Abbé de Clairvaux, étantvenu à Metz pour pacifier les troubles qui y régnoient entre les Magistrats & les Bourgeois d'une part , & les Seigneurs voisins d'autre part , ce Saint après y avoir retabli la paix, alla visiter certaincs filles qu'on appelloit les Scotes, & qui étoient une espece de capettes, comme celles du Montaigu à Paris, dont la conduite n'étoit pas fort réuliere. Saint Bernard demanda cctte maison à Etienne de Bar, Evéque de Metz, qui n'cut pas de peine à la lui accorder. Le Saint y mit des Religieuses de son Ordre , & voulut que ce Monastere portât le nom du petit Clairvaux. Les Lettres de l'établissemcnt de ces Religieuses sont de l'an 1 1 53. qui est l'annee dans laquelle saint Bernard passa par Metz, pour aller en Allemagne reconcilier Conrade avcc l'Empcreur Lothaire. La Maison du petit Clairvaux subsiste encore à Metz , mais l'on n'y observe plus la régle de saint Benoit. Il y a environ cent cinquante ans que ces Dames ne reçoivent plus personne qui ne fasse preuve de Noblesse. Elles font encore les trois vœux ; mais ne gardent plus la clôture. Elles reçoivent dans leurs maisons les visites des honnêtes gens, sortent en ville, portent un habit blanc, mangent en commun & récitent l'office divin dans leur Eglise. L'Abbesse est maitresse de tout le revenu, & nourrit les Dames, qui logent chacune cn lcur particulier. M. de St. Simon, Evêque de Metz , a apporté certaine réforme à cette Maison depuis quelque tems, sur-tout par rapport à la clôture des Religieuses.

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rcnt, & l'Evêque de Metz les favorisa, lcur donna de grands biens, & fit la dédicace de leur Eglise. Le Pricur de ce Monastere, nommé Robert, obtint en 125o. du Pape Adrien IV. des reliques de saint Pierre, de saint Paul, de saint Etienne & de saint Laurent, avec le privilege de pouvoir faire l'office dans leur Eglise , nonobstant tout interdit, sinon en présence des personnes coupables, comprises dans ledit interdit, & excepté ceux qui n'auroient point contribué à l'attirer sur leurs [C[CS. La dévotion des peuples augmenta con- chronic.s. sidérablement dans cette Eglise, à l'occa- Vincentii sion d'une sainte larme que Notre Sauveur Metens. répandit à Bethanie à la résurrection du Lazare , & qu'il donna à Marie-Magdelaine. Cette sainte larme fut confiée par un Che-Histoire de valier de la famille des Baudoches, à la Cha- Lorrt **. pelle de Notre-Damc des Champs, ce Che- *** ** valier l'avoit rapportée de la Terre Sainte. Bertrand le Hongre , fondateur des Peres Célestins de Metz, avoit une dévotion particuliére pour l'Eglise de Notre-Dame des Champs, où il alloit presque tous les jours entendre la messe, qu'il y faisoit dire par son Chapelain. L'on a vû dans l'histoire de Lorraine qu'il faillit un jour, l'an 1366. d'être enlevé par des avanturiers , qui s'étoient mis en embuscade pour le prendre.Ils le prirent en effet , mais ils furent obligés par le secours qui arriva , de le relâcher. Ce Prieuré subsistoit encore le 9. Août 1427. qui est la datte du testament de Thiebaut de Vic, fils de feu Jehnn de Vic, Chcvalier , qui donna à Notre - Dame des Champs, hors les murs de la ville de Metz, son harnois de joûte & tournois, & celui qu'il portoit quandil montoit à cheval, exccpté la cotte de fer, pour la mettre en ladite Eglise de Notre-Dame, au lieu de ce qu'on a mis en l'Eglise de Notre-Dame la Ronde en la grande Eglise de Metz. Ce Prieuré avec son Eglise fut détruit comme beaucoup d'autres en 1444. lors du siége de la ville de Metz par le Roi Charles VII. & le Duc René de Lorraine. Alors les Religieux de Notre-Dame des Champs se retirerent dans leur premier monastere de Chezi. Les biens qui en dépendoient furent dissipés & envahis par divers particuliers, qui se les approprierent, & supprimerent probablement les papiers & monumens qui nous auroient appris quels étoient les fonds & les dépendances dudit Prieuré ; les Peres Antonistes de Pont-à-Mousson en ont eu la meilleure partie, ce qui a donné lieu à leur

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établissement dans la ville de Metz, comme nous le dirons ci-après. On lit dans les archives de saint Symphorien de Metz, qu'en 1 187. il y eut transaction passee entre Daniel, Abbé de saintSymphorien, & le Prieur de Notre Dame des Champs, au sujet des dixmes de la Grange, (apparemment la Grange aux Ormes)appartenantes audit Prieuré.On sait de plus qu'en 1 183. quelques Religieux de Notre-Dame des Champs près la ville de Metz, furent envoyés en Alsace, pour y rétablir le Prieuré de saint Valentin de Roufach, dependant de l'Abbaye de Chczi en Brie,

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Le Prieuré de Notre-Dame des Champs, dont on vient de parler , ayant été détruit & abandonné en 1444. les Pcres de saint Antoine qui avoient dès long-tems auparavant un hospicc à Metz , dépendant de la Commanderie du Pont-à-Mousson , acquirent , on ne sait à quel titre , la place du Prieuré de Notre-Damc des Champs, & la plus grande partie des fonds qui lui appartenoient, & les unirent à leur hospice de Metz, en sorte que le Religieux qui demeuroit dans cctte maison prit le titre de Prieur de Notre-Dame des Champs , leur demeure etoit alors (vcrs l'an 1457. ) dans la ruë dessus les moulins : mais cette maison leur fut ôtée en 1 5 52. au tems du siége de Metz forme par l'armée de l'Empereur Charles V. & les freres Cordelicrs observantins, nommés freres Baudes, du nom de leur fondatcur, y furent établis en leur place. Ils n'y demeurerent que quatre ou cinq ans, & cn furent chaslès cnsuite des accusations formées contr'eux par l'Abbé de Freistroff. En 1 56 1. le Roi ayant fait bâtir la Citadelle de Metz, les Dames Rcligieuses de S. Pierre qui étoient dans la place qu'occupe laditc Citadelle, furent transférées dans la maison des Peres de saint Antoine, dans la ruë dessus les Moulins : mais il est très croyable qu'elles ne s'y retirerent pas sitôt , puisqu'on trouve un Acte de l'an 1 578. où Ul· ric , Commandeur du Pont-à-Mouilon & Prieur de Notre-Dame des Champs , consent à ce que les Damcs de saint Pierre se retirent dans la maison des Peres de saint Antoine situee dans la rue desius les Moulins. Cette ccssion se fit entre les mains & en présence de Messire de Ihevalle, Gouverneur pour Sa Majcsté dans la ville & pays de Metz, en l'absence de M. le Comte de Rez & de M. le President Viart. Par le même Acte, le même M. de Thévalle, au nom du Roi, donna au Prieur de

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Vierge, que l'on tient depuis long tems pout

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Les Cordelicrs Observantins , ou Freres

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(a) Philippe de Vigneule , page 338. verso met leur fondation en 1 352,

p.14. 613. 62o.

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