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qu'Elle conservera l'intégrité de ses États si Elle veut adopter les mesures que la position de son territoire et la sûreté de l'Italie rendent indispensables.

S. M. demande que V. S. déclare, par un traité, ou dans toute autre forme dont on conviendrait :

Premièrement, que tous les ports de l'État pontifical seront fermés à l'Angleterre toutes les fois que celle-ci sera en guerre avec la France;

Secondement, que les forteresses de l'État romain seront occupées par les troupes françaises toutes les fois qu'une arınée de terre aura débarqué ou aura menacé de débarquer sur un des points de l'Italie,

La reconnaissance de ces principes satisfera S. M. et lui tiendra lieu de toute autre déclaration.

Je viens, Très-Saint-Père, d'énoncer les dernières propositions de S. M., celles sur lesquelles repose la garantie de la puissance temporelle du Saint-Siége, et qui seraient vainement méconnues et rejetées.

Les intentions de S. M. ont évidemment pour objet d'assurer les communications entre la haute et la basse Italie, et j'oserai demander à V. S. quel est le souverain qui, réunissant dans cette partie de l'Europe à d'aussi grands intérêts une force aussi imposante, bornerait l'exercice de sa puissance à n'exiger comme mesure de prévoyance, pour le cas de guerre, que des conditions aussi simples que celles que je viens d'établir.

Je prie V. S. de permettre que je dépose à Ses pieds l'hommage de mon profond respect, et que je Lui demande sa bénédiction apostolique.

Alquier. Rome, le 18 juillet 1806.

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Lettre adressée par le ministre de France à Stockholm

au roi de Suède, au sujet de l'accueil qui lui avait été fait par ce prince dans une audience. (1806.)

Sire, J'éprouve le besoin d'exprimer à V. M. la douleur profonde que m'a causée l'accueil si extraordinaire que j'ai reçu d'elle dans ma dernière audience. J'ai le droit de penser, Sire, que je n'ai point inérité de perdre l'estime, la bonté, et j'oserai même dire la confiance dont V. M. m'a donné si souvent des preuves qui m'honorent et qui sont la récompense la plus chère de ma conduite toujours franchie et ouverte. J'ai pu juger assez de la sensibilité de votre cour, Sire, pour espérer que la froideur que V. M. m'a témoignée se dissipera bientôt, et que je ne serai plus privé des marques précieuses de cette bienveillance dont elle m'a comblé jusqu'à ce jour.

Ma confiance dans la haute sagesse de V. M. ne me laisse aucun doute sur la prudence qui dirigera les ordres relatifs au passage des troupes de..., annoncé pour demain. Cet événement, qui inquiète et afflige peut-être V. M., n'a rien d'alarmant; je prends sur moi de le garantir. J'oserais promettre plus encore.

Si, comme V. M. m'a paru le croire, les troupes de S. M. I. devaient rester pendant quelques jours à...., cette mesure ne serait que passagère; elle n'offrirait aucune apparence de danger ni pour le présent ni pour l'avenir; elle ne rendrait une conciliation ni moins possible ni moins facile.

Je conjure V. M. d'ajouter foi à ce que j'ai l'honneur de lui dire. J'ai de nouvelles autorisations pour déclarer que S. M. I. souhaite vivement de terminer, par des voies conciliantes, les discussions qui existent entre les deux cours, et qu'un arrangement si désirable, en resserrant plus étroitement que jamais les liens qui unissent depuis tant de siècles les deux puissances, serait une garantie nouvelle, et certes bien efficace, de la souveraineté de V. M., et de la conservation pleine et entière de ses possessions.

Je supplie V. M. de recevoir avec bonté l'hommage du profond respect avec lequel je suis, Sire, de V. M. le très-bumble et très -obéissant serviteur,

N.

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Offices diplomatiques divers.

Demandes d'audience. - Notes et Lettres circulaires et Notes verbales.

Notifications, Réclamations et Protestations. Lettres d'envoi et de faire-part. Procès-verbaux d'échange d'actes de ratification, et de remises d'archives. - Demandes de passe-ports.

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Nous rassemblons ici, comme annexe à ce chapitre, les écrits de diverse nature et de moindre importance que le diplomate en fonctions peut avoir à rédiger, et qui, à raison de leur forme et de leur but, ne pouvaient se classer dans aucune des sections qui précèdent. Ces écrils sont la suite, et non l'objet, des rapports de l'agent diplomatique avec le gouvernement auprès duquel il est accrédité : ils accompagnent la remise ou l'échange des pièces officielles, préparent les voies aux démarches obligées ou convenues, constatent le dépôt ou le transport des documents ; quelquefois même, nécessités par des circonstances imprévues, leur importance se proportionne aux faits qui les ont occasionnés, en formulant des réclamations ou des plaintes, en demandant des explications catégoriques ou en exigeant des satisfactions.

DEMANDES D'AUDIENCE.

Monsieur le comte,

J'ai reçu de ma cour l'ordre de solliciter de S. M. une audience dans laquelle je dois avoir l'honneur de lui remettre deux lettres ; l'une du roi mon maître, et l'autre de S. A. R. le prince de..., ayant toutes deux pour objet de faire part à S. M. du mariage de monseigneur le duc de... avec S. A. R. madame la princesse de... J'ai l'honneur de vous envoyer ci-incluse la copie de la lettre du roi, en vous priant , monsieur, de vouloir bien prendre les ordres de S. M., relativement à l'audience que j'ose prendre la liberté de lui faire demander par vous.

J'ai l'honneur d'être, avec une considération très-distinguéc, etc.

Réponse.

Monsieur le baron,

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En me faisant l'honneur de m'adresser, en date du..., la copie de la lettre par laquelle S. M. le roi de... annonce à S. M. le mariage de monseigneur le prince de... avec madame la princesse de..., vous m'exprimez le désir de présenter la lettre originale dans une audience particulière. Mais je suis obligé de vous faire observer que le roi n'en accorde point en pareille occasion. Toutes les lettres de cérémonie et d'étiquette lui arrivent par l'entremise du ministre des affaires étrangères, et je dois par conséquent vous prier , monsieur le baron, de vouloir bien me confier celle dont vous êtes porteur.

Agréez, je vous prie, les assurances de la haute considération avec laquelle, etc.

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Monsieur le comte, J'ai reçu la lettre que V. Exc. m'a fait l'honneur de m'écrire, sous la date d'hier, en réponse à celle par laquelle je vous avais prié de vouloir bien solliciter une audience de S. M. pour que j'eusse l'honneur de lui présenter moi-même les lettres de fairepart du roi mon maître et de S. A. R. au sujet du mariage de monseigneur le prince de... avec madame la princesse de... Je me permettrai de vous faire observer, monsieur le comte, que ce n'est pas précisément un désir que je vous ai exprimé ( ainsi que vous me faites l'honneur de me le dire), mais un ordre que je vous ai annoncé avoir reçu, et que j'ai rempli.

Je serais désolé si les nuances que j'établis ici pouvaient vous faire conclure que je fais la moindre difficulté de me conformer aux usages de la cour près laquelle j'ai l'honneur d'être accrédité, et dès ce moment j'aurais l'honneur de vous envoyer les deux lettres

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dont je suis porteur si malheureusement je n'avais pas reçu, et déjà exécuté, l'ordre de solliciter une audience de S. M. pour les lui remettre.

Je vais communiquer votre réponse à mon gouvernement; et je suis convaincu qu'il m'autorisera à suivre la marche que vous me dites, monsieur , avoir été adoptée ici comme règle générale.

J'espère que S. M., si vous croyez devoir lui rendre compte d'une circonstance aussi minutieuse , ne verra dans ma conduite qu'un scrupule (poussé à l'excès peut-être), qui me fait craindre de dévier de la ligne qui m'a été tracée. Elle a sous les yeux la copie de la lettre du roi mon maître; elle a pu remarquer la date; elle y a vu l'empressement qu'il a mis à lui faire part d'un évé

У nement qui le comble de joie; on peut dire que désormais il est indifférent que la lettre même soit remise un peu plus tôt ou un peu plus tard. Les sentiments que les deux souverains se portent l'un à l'autre ne tiennent pas à de vaines formalités ; mais en ma qualité de subordonné je ne pouvais prendre sur moi de les franchir.

Agréez, je vous prie , les assurances réitérées de la haute considération avec laquelle j'ai l'honneur d'être , etc.

Monsieur le comte,

Ainsi que je m'y attendais , et que j'avais eu l'honneur de vous l'exprimer dans ma lettre du ..., mon gouvernement n'a fait aucune difficulté de me permettre de me conformer aux usages de la cour de ..... pour ce qui regarde la remise des lettres de compliments et de notification adressées à S. M.

J'ai donc l'honneur, monsieur le comle, de vous adresser, pour être transmise à S. M., la lettre du roi mon auguste souverain, dont vous avez déjà reçu copie, et celle de S. A. R.

J'ai l'honneur, etc.

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