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LXIV. LETTRE.

Du Comte de Bussy à l'Abbé de Thesut.

ACUasscu, ce j. Mars, 1690.

LE Pere Bouhours m'a fait beaùcoup d'honneur dans son livre, Monsieur, vous en parlez encore plus honorablement que lui. Je vous rends mille graces des sentimens que vous avez fur cela. Je ne sçaurois plaindre le Roy pour la maladie de ses ministres, il en sçait lui seul plus qu'eux tous. On me mande que Madame la Dauphine se voit mourir avec la fermeté d'un Caton ; elle disoit il y a quelque-tems à Monsieur de Meaux: Ce sera vous assurément, Monsieur, qui ferez mon Oraison funèbre ; mais qu'en pourrez vous dire, car je n'ai rien fait qui mérite d'être dit ? Un discours aussi. ferme que celui-là d'une Princesse de son rang , & de son âge , devroit faire honte aux particuliers de craindre la mort.

Les Turcs commencent à reprendre vigueur. Ce nouveau Visir est biencapa

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ble de rétablir leurs affaires. Dés que je vois le Roy ne point ménager les Cantons Protestons , je m'en fie bien à lui, je ne les crains guéres. Il est vrai que nos Terres sont dans les deux Bourgognes; mais ces Provinces sont à Sa Majesté; il y va de sa gloire auíïì-bien que de son interêt de garantir ce païs-là da malin vouloir des Suisses.

LXV. LETTRE.

De -Monsieur de * * * au Comte de BuíTy.

A Paris, ce Ij. Mars 1699.

JE vous envoye la liste des Officiers Généraux , Monsieur. Us furent faits avant-hier, &: le même jour le Roy dit que Monseigneur commanderoit l'Armée d'Allemagne. Il y a cinq ou six jours que le Roy dit à Monsieur du Montai , qu'il l'assuroir qu'il verroit cette année les Ennemis.Le Comte de Sourdis va en Guienne à la place de la Trousse qui se meurt. Monsieur l'Archevêque de Paris a la nomination du Roy pour un Chapeau de Cardinal à la premiere promotion.

LXVI. LETTRE.

Du Comte de Bussy au Comte de Colligny , sur son mariage avec Mademoiselle de Lassé.

A Chaseu, ce 1X. Mars 169 o'.

JE vous ai déja témoigné en d'autres rencontres, Monsieur, que l'alliance & l'amitié qui ctoient entre feu Monsieur votre pere 8c moi, m'obligeroient toute ma vie à prendre part à ce qui vous arriveroit. Le sujet du compliment que je vous fais aujourd'hui me lie encore plus à vous. Yous prenez une femme dans une Maison où j'ai mis ma fille. Vohs voyea bien que ce redoublement de parenté nous doit encore unir davantage. Pour vous parler maintenant de la grandeur de cet établistement, je vous dirai qu'il n'y a point d'Officier de la Couronne qui ne fût bienheureux de trouver un auísi grand parti pour la naissance & pour le bien, que celui que vous rencontrez. Je ne vous dis rien du mérite de la personne; cependant j'ai oui parler d'elle comme d'une des plus jolies

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filles de France ; bien de l'esprit & beaucoup d'agrémens ne gâtent point un ménage. Encore une fois , mon cher Cousin , j'en suis ravi.

LXVII. LETTRE.

Du Comte de Colligny au Comte de Buíîy.

A Paris, ce ig.Marsiá?o.

JE vous suis trés-obligé , Monsieur, de l'honneur que vous m'avez fait, & de la part que vous avez prise à mon mariage. Je suis bien-aiíe que vous l'ayez approuvé , & d'être rentré de nouveau dans votre alliance par l'honneur que j'ai d'être bien proche de Madame votre fille. C'est une personne d'un si grand mérite qu'on ne la sçmroit connoître sans Pestimer: pour moi je la respecte infiniment; elle en a si bi:-n usé dans cette occasion que j'en aurai toute ma vie de la reconnoissance. Je vous supplie , mon cher Cousin , de me continuer toû ours vos bonnes graces. Je vous lrs dem.nde avec instance, & de me croire, &c.

LXV1II. LETTRE

Du Comte de Bussy à la Marquise de Colligny sa fille.

A Paris, ce 9. Juillet Kjo.

3'Arrivai hier ici, ma chere Enfant, en la meilleure santé du monde j voici ce que j'ai appris en arrivant. Monseigneur commandera l'Armée d'Allemagne , le Maréchal de Lorges sous lui, dix Lieutenans Généraux, douze Maréchaux de Camp , du nombre desquels sont Monsieur le Duc , & Monsieur le Prince de Conty , vingt-huit mille hommes de pied,& vingt-deux mille Chevaux. Monsieur deBoufflers commandera un Corps de vingt mille hommes fur la Moselle, pas loin de Monseigneur. Le Maréchal de Luxembourg sera à la tête de l'Armée de Flandres composée de quarante mille hommes. Le Duc de Noailles aura le Commandement de l'Armée de Catalogne, & Catinat celui de l'Armée de Piedmont , qui sera de dix-huit à vingt mille hommes. On fait le Maréchal d'Humieres Duc, & sa fille porte en même terris la Duché à Chapes Cadet de Ville

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