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Et vole au secours de Bruxelles.

Quand Bruxelles bien-rôt prêt à changer de Roy, Verra camper Louis au pied de ses murailles;

Le fin Guillaume ennemy des Batailler

Isa secourir Charleroy.

Heros chargé d'une triple Couronne t Qui ne fc coûta rien qu'un de ces attentats , Que l'équité Britannique pardonne Aux heureux scelerats.

Digne patron de Messieurs les Etats ,

Dis-nous urt peu comment raisonne
Quiconque vante & ta tête & ton bras?
Maitre dans l'art d'éviter les combats,
Tu prends les Villes qu'on te donne,
Et défends trés-bien en personne
Celles qu'on n'attaque pas.

J'ay conquis , diras-tu, plus vite qu'un tonnerre

Trois . . . altc-là , rapide conquerant. Si chaque Région semblable à l'Angleterre j Se rendoit au premier tyran Quidaigneroit lui déclarer la guerre;

Un Courier ne voudroit qu'un an
Pour subjuguer toute la terre.

CLXXVI. LETTRE.

Du Comte de Bussy à Madame de Scudéry.

A Chascu, ce (. May M91.

HE bien , Madame , il n'y a que vous qui sçachiez aimer; au moins personne ne peut-il rien diresur l'amitié que vous n'ayez dit; mais je ne voudrois pas jurer que ceux qui en parlent le plus aimassent le mieux. Je sens que je .vous aime, & que je vous estime fort, mais je vous avoiie que vous êtes plus éloquente que moi sur ce chapitre, comme sur bien d'autres. Voulez-vous que je vous parle franchement , Madame ? Je crois que je sens ce que vous dites , quand ( peut-être ) vous dites ce que vous ne sentez-pas. Cróïezmoi,soyons contens l'un de l'autre, & laissons les tracasseries à l'amour, qui n'est qu'un ravaudeur. J'ay passé Thyver comme un jeune-homme qui s'est bien chauffé , & qui n'ay eù que des rhumes inévitables à tout le monde par le froid qu'il a fait.

Ce seroit une si grande nouvelle que Munster & Hanovre se détachassent des çonféderez qu'elle mérite confirmation. Le Prince d'Orange qui promet du secours, & qui envoye de l'argent à Monsieur de Savoye, derroit garder tout cela pour lui. Le Grand-Visir donnera des affaires à l'Empereur cette campagne , & je crois que le Maréchal de Lorges aura les coudées franches fur le Rhin.

Il y a de l'esprit dans les Stances que vous m'avez envoyées , Madame , les deux dernieres sont bien au-dessus des autres: ne sçavez-vous point qui les a faites?

CLXXVII. LETTRE.

De l'Abbé de Choisy au Comte de Bussy.

A Paris, ce 6. JuinitfSi.

MOnsieur de Bousiers a dû faire attaquer le 4. la Chartreuse de Liege. Dauger Lieutenant Général «st tombé de cheval, & s'est enfoncé deux côtes. Monsieur de Luxembourg a fait rafer Hall, & n'a laiíìc sur pied que la Chapelle de Notre-Dame , & l'Eghse des Jésuites. Il a trouvé Monsieur de Valdek retranché sous Bruxelles. Le Prince d'Orange est à la Haye. Monsieur de Tour ville a mis à la voile avec quarante gros navires , 5c est allé à Belle- Me attendre l'Escadre du Marquis de Némond. Le Duc de Noailles a quatorze Bataillons, & dix-huit Escadrons, il est allé assiéger la Sceau d'Urgel; il n'y a que six cens hommes de garnison. Les Espagnols ne sont point encore en campagne en ce païs-là. Le Roy a donné Audience ce matin à l'Envoyé de Floíence , qui lui a fait parc du mariage de la Princeflè de Toscane ayec l'Electeur Palatin. Sa Majesté lui a répondu ces mots :Je souhaite que la Princesse soit heureuse , & que Monsieur le GrandDuc ait satisfaction. L'Armée du Maréchal de Lorges va passer le Rhin à Philisbourg. Nulles nouvelles de Monsieur de Catinat. Les coë'ffures hautes sont condamnées, au moins le Roy a-t'il prié les Princesses de ne s'en plus servir.

CLXXVIII. LETTRE.

Du Comte de Bussy à l'Abbé de Choisy.

A Dijon | ce 8. Juin 1691.

MOnsieur de Bousiers est en beau chemin de faire fortune; il sera bien malheureux s'il ne va aux grands honneurs. Je ne crois pas que le Prince de Valdek se commette legerement avec Monsieur de Luxembourg. Il me paroît que le Prince d'Orange feroit mieux de venir prendre le Commandement de l'Armée de Flandres, que de demeurer à la Haye. Il faut qu'il y ait des affaires bien pressantes.Nous verrons

bien

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