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woïens de se sauver, ils s'accordent tous pour l'amitié & le respect qu'ils ont pour vous.

LI. LETTRE.

Du Comte de Bussy à la Comtesse de Toulonjon.

AChaseu , ce l o. Janvier i<ço.

CEla est plaisant de voir que mon frere se réjouisse d'avoir la goutte, & cela fait bien connoître que les petits maux sont des biens en comparaison de plus grands.Ce n'est pas assez pour vous, ma chere Sœur , pour mon Frere & pour moi que votre mal de poitrine n'augmente point, il faut encore qu'il diminue; car votre esprit, vôtre raison, Sc toute votre personne me font trouver que vous êtes digne d'une longue & heureuse vie.

LII. LETTRE.

De la Comtesse de Toulonjon au Comte de Busly.

A Autan, ce 18. Janvier 1éj0.

^'Ay impatience de íçavoir , mon 1 cher frere, quel jour nous aurons Yhonneur de vous voir. Monsieur de Toulonjon a la goutte aux genoux. Il fut hier à la chasse pour augmenter son mal, & il a réuflyj je croi qu'il n'en demandera pas davantage. Pour moi , Monsieur , je sens comme je dois les bontez que vous m'écrivez sur la petite incommodité que j'ai eûë. On ne reçut hier aucunes nouvelles , sinon que Madame de Thiange est soit mal.

LUI. LETTRE.

De l'Abbé de Théfut au Comte de Bussy.

A Paris, ce ij Jantier \()0.

IL est certain que le Roy a ordonné à Monsieur le Grand , à Monsieur le Premier, & à Monsieur de Li▼ry que ses équipages fuslent prêts pour le premier Mars , & ensuite de cela on dit que toutes les armées seront commandées par des Princes du Sang.

Dieu veuille que le Pape faste son devoir de pere commun, pour le repos de la Chrétienté. Ce n'est pas que nous ne sorons en état de résister à tous nos Ennemis, quelque nombreux qu'ils soient ; mais le dedans du Roïaume en souffrira, car les peuples sont déjà si miserables qu'il faut peu de chose pour les accabler. D'ailleurs si les Confédérez demeurent unis > ils nous feront de la peine. I1 est vrai que la France a besoin de guerre pour occuper la jeunesse, & pour l'instruiredans ce métier - là, mais une guerre comme celle-ci passe la raillerie. On parle diversement de la paix des deux Empires. Les nouvelles publiques disent que les Envoïez Turcs à Vienne ont été congédiez, parce que les Allemans mettent la paix à si haut prix, que les conditions en paroissent insupportables } d'autres veulent que 1fs Turcs soient en état de l'accepter à toutes conditions. Enfin il n'y a rien de certain à tout cela.

L'on dit que les Confédérez sont plus unis que jamais , ainsi toute nôtre ressource est dans la valeur de nos troupes & dans la bonne conduite du Roy, qui gouverne & donne seul le mouvement aux armées; au lieu que nos Ennemis sont composez de corps différents qui ont chacun leur intérêt particulier qui ne se rapporte pas toûjóurs au bien commun. On ne parle

Elus de la mort de Monsieur de Schomerg. Nous ne sommes guéres instruits de ce qui se passe en Irlande 5c en Angleterre, dans deux ou trois mois nous lerons mieux informez. Cependant la fermeté des Suisses mettra les deux Bourgognes à couvert.

Le lJape demande bien des choses pour se reconcilier avec nous. Il vcuc qu'on révoque tout ce qui a été fait au Parlement 5c au Clergé sous le précédent Pontificat. Qu'on restiruë les Canons & les autres choses prises dans le Comtat d'Avignon. Tout cela me paroît astez impossible , & attendu ía vieillesse, il y a apparence qu'il fera mort avant que cela soit accommodé. Madame de Thiange est: fort mal.

LIV. LETTRE.

Du Comte de Bussy à í'Abbc de Thésut.

A Chascu, ce 19. Janvier K90.

JE ne sçii plus que dire du Pape ) ce que je sçai assurément, c'est, que pour sa famille il n'a pas la conscience si délicate que l'avoit son prédécesseur, & que pour ce qui regarde l'Empire & la France , il en use par ses ménagemens en vrai Italien. Vous dites plaisamment, Monsieur, qu'il faut de la guerre à la France pour exercer la jeunesse, mais que ficelle ci dure elle passera la raillerie. I I est vrai que si on laissoic faire les Ennemis, il ne reste

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