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Le Couronnement du Roy des Romains a été fait à Ausbourg à la fin de Janvier; mais cette fête a été troublée par la nouvelle qu'on y reçut, que trois ou quatre Régimens Impériaux commandez par le Duc de Holstein, ont été défaits en Bulgarie par les Tartares. Cu1 proly , frere du Grand-Visir qui prit Candie, vient d,'être fait Grand-Visir; on en espere des merveilles-, La Paix entre les deux Empires n'est pas trop en chemin de se faire cette année, & les Turcs se disposent à mettre cent mille hommes sur pied On ne comprend rien à la conduite du Pape.

LVIII. LETTRE.

Du Comte de Buffy à i'Abbc deThesut.

A Aiitun, «e j. Terrier \690i

LA nouvelle du dégoût que les Hollandois ont de la conduite du Prince d'Orange se mande ici de plusuuis endroitst Ce seroit une fortune pour nous, si cette liaison commençoit à se rompre.

Je compte íe mariage de Monsieur de Schomberg pour une mort un peu plus éloignée de quelques jours. Le mécontentement des Anglois sur les Troupes étrangeres & sur les subsides, produira tôt ou tard quelque chose de bon pour nous. Je pense comme vous que le détachement des Gardes Françoises & des Gardes Suisses n'est que pour une revûë, & que le Roy n'est pas fâché que l'on croïe cela misterieux pour embarrasser les Ennemis. Penelope n'a jamais eu plus de soupirans que Mademoiselle d'Humieres. Je ne pensois pas que la réforme de la Trappe pût avoir des imitateurs. Si les Turcs prennent courage , ce sera une grande diversion pour le Roy. Un Grand-Visir de mérite peut rétablir les affaires de cet Empire.

LIX. LETTRE.

Du Préíident de .Rezay au
Comte de Bussy.

A Paris, ce dernier JaaTier itf>o<

VOus voulez bien, Monfieur, que je vous faste tout à la fois mon compliment sur la mort de Monsieur le Comte de Dalet, sur la succession de Monsieur le Marquis de Colligny votre petit-fils , & sur le succés de la These de Monsieur l'Abbé de Bussy. Il ne s'est pas encore vû une Thése ni remplie de plus de matiére, ni soutenue avec plus d'esprit & de capacité. L'approbation générale qu'il a euë, m'a donné la plus grande joye que j'aye eu de ma vie.Je ne pense pas que l'en puisse avoir davantage , à moins qu'il ne se presentât occasion de vous rendre un ser vice important, & de vous faire connoître, Monsieur, combien je suis, Votre, &c.

LX. LETTRE;

Du Pere Bonhours au Corate' de Bussy.

A Parii, te Ji. Janvitr i(

JE ne sçái, Monsieur, comment j'ay attendu si-tard à vous donner le bon jour, & vous souhaiter une heureuse année pleine des bénédictions du ciel & de celles de la terre qui ne gâtent quelquefois rien. J'ai été- fort intrigué au sujet d'une períònne de mes amies , à qui il est arrivé une affaire desagréable; & le mouvement que je me suis donné de ce côté-là, m'a rendu un peu paresseux sur d'autres devoirs; mais je n'ái pas laide de vous faire en secret ma cour, & d'entendre avec plaisir tout ce qui se dit de vous & de votre esprit dans le monde.

Mademoiselle de * * m'a fait dire par Madame la Marquise de Monchevreiiil, qu'elle m'étoit bien obligée de mon présent, &que mon livre avoit de grands agrémens pour elle. Cela ne peut guére tomber que sur les endroits qui regardent le Roy, & cela Yous regarde sans

doute

doute plus qu'un autre.Mais ce n'est pas assez, Monsieur , & quoy que vous en disiez, je ne serai pas content que vos paroles ne produisent quelque chose de solide, c'est à.dire , que les fruits ne viennent aprés les fleurs.

J'ai à vous faire compliment, sur la Thése de Monsieur l'Abbé de feussy; il spûtient parfaitement bien , & fait paroître beaucoup d'esprit & de Içavoir. Comme il s'attache à l'étude , & qu'il a de l'honneur, je ne doute pas qu'il ne réussisse, & qu'il ne-se distingue dans sa profession , pourvu qu'il continue à vivre toujours régulierement, & à avoir non seulement une bonne conduite, mais encore une bonne réputation.

On m'a dit que Madame de Colligny étoit allée en Auvergne récueillir une succession ; je m'en réjouis avec elle & avec vous , & je vous prie de me faire sçavoir quand elle sera revenue. J'ai à lui demander pardon sur le droit d'aînesse que je lui ai donné sur Madame sa sœur Religieuse à Dijon, & je me flatte qu'elle sera assez bonne pour me pardon, lier une faute de cette nature, quand elle sçaura que je suis bien aise de m'être mépris.

TomtVll. E

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