Maine de Biran: sa vie et ses pensées

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Didier, 1877 - 458 pages
 

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Page 196 - L'homme n'est qu'un roseau le plus faible de la nature, mais c'est un roseau pensant. Il ne faut pas que l'univers entier s'arme pour l'écraser. Une vapeur, une goutte d'eau, suffit pour le tuer. Mais quand l'univers l'écraserait, l'homme serait encore plus noble que ce qui le tue, parce qu'il sait qu'il meurt; et l'avantage que l'univers a sur lui, l'univers n'en sait rien.
Page 196 - Nous ne nous contentons pas de la vie que nous avons en nous et en notre propre être : nous voulons vivre dans l'idée des autres d'une vie imaginaire, et nous nous efforçons pour cela de paraître.
Page 25 - Ceux qui définissent l'homme une masse organisée et sensible qui reçoit l'esprit de tout ce qui l'environne et de ses besoins...
Page 222 - L'âme ne trouve rien en elle qui la contente; elle n'y voit rien qui ne l'afflige, quand elle y pense. C'est ce qui la contraint de se répandre au dehors , et de chercher dans l'application aux choses extérieures à perdre le souvenir de son état véritable. Sa joie consiste dans cet oubli ; et il suffit, pour la rendre misérable, de l'obliger de se voir et d'être avec soi.
Page 7 - guère que les gens malsains qui se sentent exister; » ceux qui se portent bien, et les philosophes mêmes, » s'occupent plus à jouir de la vie qu'à rechercher ce que » c'est. Ils ne sont guère étonnés de se sentir exister. La » santé nous porte aux objets extérieurs, la maladie nous
Page 224 - Ils ont un instinct secret qui les porte à chercher le divertissement et l'occupation au dehors, qui vient du ressentiment de leurs misères continuelles; et ils ont un autre instinct secret, qui reste de la grandeur de notre première nature, qui leur fait connaître que le bonheur n'est en effet que dans le repos, et non pas dans le tumulte...
Page 115 - ... elle fuit tels ou tels sentiments donnés, mais jamais elle ne les procure, jamais elle ne les écarte. Qu'est-ce donc que cette activité prétendue de l'âme? Je sens toujours son état déterminé par tel ou tel état du corps.
Page 331 - Dieu est le tout , et nous ne sommes qu'un rien, revêtu par emprunt d'une très-petite parcelle de l'être. Nous sommes, non à nous, mais à celui qui nous a faits , et qui nous a donné tout jusqu'au moi : ce moi qui nous est si cher, et qui est d'ordinaire notre unique Dieu, n'est, pour ainsi dire, qu'un petit morceau qui veut être le tout. Il rapporte tout à soi , et en ce point il imite Dieu, et s'érige en fausse divinité. Il faut renverser l'idole ; il faut rabaisser le moi, pour le réduire...
Page 355 - Désirer, vouloir, faire effort pour s'élever au-dessus de cette condition animale, par laquelle tous les êtres sentants naissent et meurent de la même manière. 2° Prier afin que l'esprit de sagesse vienne ou que le royaume de Dieu arrive.
Page 301 - J'ai alors le sentiment intime, la vraie suggestion de certaines vérités, qui se rapportent à un ordre invisible, à un mode d'existence meilleur, et tout autre que celui où nous sommes. Mais ce sont des éclairs qui ne laissent aucune trace dans la vie commune, ou dans l'exercice des facultés qui s'y rapportent ; je retombe après m'être relevé.

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