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s'accoutume à marcher ainsi dans les ténèbres s'affaiblit tellement

la vue qu'il ne peut plus supporter le grand jour. (x1, 215) b Voir le Discours de la Méthode aux renvois 4, 49 et 72. c Platon. Socrate : Les actions se font donc selon leur propre nature

et non selon qu'il nous plaît. Par exemple voici quelque chose qu'il faut couper : le couperons-nous comme nous voudrons et avec ce que nous voudrons ? Ne devrons-nous pas, au contraire, couper comme il est naturel de couper et qu'une chose soit coupée, si nous voulons couper en effet et mener à bien notre opération ? Et si nous nous mettons en opposition avec la nature, ne nous préparerons-nous pas un échec ? - C'est mon avis... - Il en est de même pour toutes les autres actions ?. – Absolument.

(, 203) d NAPOLÉON Ier. Un de ses dictons favoris, c'est qu'en toute chose il

faut d'abord trouver la méthode, qu'il n'y a rien de si difficile qu'on ne puisse en venir à bout, si l'on trouve le mode véritable de procéder; que cela trouvé, le reste n'est plus rien ; mais que, d'un autre côté, une chose fût-elle la plus simple du monde, il ne faut pas l'entamer si l'on n'a pas attrapé la méthode pour la faire, parce qu'alors on gâtera tout et on n'arrivera à aucune fin. (Méthode de guerre du général Pierron, 1, 28)

J'avois un peu étudié, étant plus jeune, entre les parties de la philosophie, à la logique, et, entre les mathématiques, à l'analyse des géomètres et à l'algèbre, trois arts ou sciences qui sembloient devoir contribuer quelque chose à mon dessein. (36)

(36) a DESCARTES : ...Il doit aussi étudier la logique, non pas celle de l'école,

ear elle n'est, à proprement parler, qu’une dialectique qui enseigne les moyens de faire entendre à autrui les choses qu'on sait, ou même aussi de dire sans jugement plusieurs paroles touchant celles qu'on ne sait pas et ainsi elle corrompt le bon sens plutôt qu'elle ne l'augmente; mais celle qui apprend à bien conduire sa raison pour découvrir les vérités qu'on ignore; et parce qu'elle dépend beaucoup de l'usage, il est bon qu'il s'exerce longtemps à en pratiquer les règles touchant des questions faciles et simples,

comme sont celles des mathématiques. (III, 23) b PLATON : La dialectique seule peut le découvrir (le bien) à un esprit

exercé dans les sciences qui servent de préparation à celle-là, la chose étant impossible par toute autre voie... Au moins il est une chose que personne ne nous contestera : c'est que cette méthode est la seule qui essaie de parvenir régulièrement à l'essence

de chaque chose... (vil, 369) C Il n'y a donc que la méthode dialectique qui, laissant là les hypothè

ses, remonte au principe pour l'établir fermement, tire peu à peu l'eil de l'âme du bourbier où il est plongé et l'élève en haut avec le secours et par le ministère des arts dont nous avons parlé,

savoir : l’Arithmétique, la Géométrie et l'Astronomie. (vil, 370) d A coup sûr, ni lui, ni qui que ce soit, ne se vantera jamais d'avoir

échappé à la méthode de gens qui savent atteindre les choses · dans le détail à la fois et dans l'ensemble. (iv, 68)

(36)

e ÉPICTÈTE : Comment peux-tu dire que tu as été bien instruit ? Et

quelle instruction, mon ami? Est-ce parce que tu as forgé des syllogismes qui varient? Ne consentiras-tu pas, s'il est possible, à désapprendre tout cela, et à recommencer ton éducation, reconnaissant que jusqu'à présent tu n'as pas même effleuré la ma

tière... (208) f Il faut donc, comme je viens de le dire, après avoir commencé par

nous défaire de cette arrogance qui nous fait croire que nous savons tout ce qui est utile, en venir au raisonnement, comme nous le faisons quand nous commençons à étudier la géométrie ou la musique; autrement nous serons bien loin de faire aucun progrès, quand bien même nous passerions notre temps à étudier à fond tous les traités, tous les commentaires de Chrysippe, d’Antipater et d'Archédème. (211)

Mais, en les examinant, je pris garde que, pour la logique, ses syllogismes et la plupart de ses autres instructions servent plutôt à expliquer à autrui les choses qu'on sait, ou même, comme l'art de Lulle, à parler sans jugement de celles qu’on ignore, qu'à les apprendre ; et bien qu'elle contienne, en effet, beaucoup de préceptes très-vrais et très-bons, il y en a toutefois tant d'autres mêlés parmi qui sont ou nuisibles ou superflus, qu'il est presque aussi malaisé de les en séparer que de tirer une Diane ou une Minerve hors d'un bloc de marbre qui n'est point encore ébauché. Puis, pour l'analyse des anciens et l'algèbre des modernes, outre qu'elles ne s'étendent qu'à des matières fort abstraites et qui ne semblent d'aucun usage, la première est toujours si astreinte à la considération des figures, qu'elle ne peut exercer l'entendement sans fatiguer beaucoup l'imagination ; et on s'est tellement assujetti en la dernière à certaines règles et à certains chiffres, qu'on en a faic un art confus et obscur qui embarrasse l'esprit, au lieu d'une science qui le cultive. Ce qui fut cause que je pensai qu'il falloit chercher quelque autre méthode qui, comprenant les avantages de ces trois, fût exempte de leurs défauts. Et, comme la multitude des lois fournit souvent des excuses aux vices, en sorte qu’un Etat est bien mieux réglé lorsque, n'en ayant que fort peu, elles y sont fort étroitement observées ; ainsi, au lieu de ce grand nombre de préceptes dont la logique est composée, je crus que j'aurois assez des quatre suivants ; pourvu que je prisse une ferme et constante résolution de ne manquer pas une seule fois à les observer. (37)

(37) a

PINDARE : ... Resserrer avec art un vaste sujet, voilà ce qui plaît aux

sages;... (125)

Le premier était de ne recevoir jamais aucune chose pour vraie que je ne la connusse évidemment être telle ; c'est-à-dire d'éviter soigneusement la précipitation et la prévention, et de ne comprendre rien de plus en mes jugements que ce qui se présenteroit si clairement et si distinctement à mon esprit que je n'eusse aucune occasion de le mettre en doute. (38)

San Francisco CITY LIGUT'S

:: IIIme RÈGLE (Pour la direction de l'esprit). Sur les objets
se propose l'étude il faut chercher non pas les opinions
ou ses propres conjectures, mais ce que l'on peut voir
nt, avec évidence, ou déduire avec certitude ; car la
ne s'acquiert pas autrement. (x1, 209)
de ce qui précède, non pas, il est vrai, qu'il faut appren-
thmétique et la géométrie seulement, mais que ceux qui
it le droit chemin de la vérité ne doivent s'occuper d'au-
et dont ils ne puissent avoir une certitude égale aux
rations de l'arithmétique et de la géométrie. (xi, 209)
nes en outre avertis de ne jamais mêler aucune conjecture
igements sur la vérité des choses. Cet avertissement n'est
peu d'importance; car la meilleure raison pour laquelle,
philosophie ordinaire, on ne trouve rien d'assez évident

sez certain pour ne pas donner matière à controverse, c'est que ius savants, non contents de reconnoître les choses claires et certaines, ont osé d'abord affirmer les choses obscures et inconnues, auxquelles ils n'arrivaient que par des conjectures probables ; et qu'ensuite, y ajoutant par degré une foi entière et les mêlant indistinctement aux choses vraies et évidentes, ils ont fini par ne pouvoir plus rien conclure qui ne parût dépendre de quel

que proposition obscure, et dès lors qui ne fût incertain. (x1, 211) d Il ne reste donc que l'induction par laquelle nous puissions composer

des notions sur la justesse desquelles nous n'ayons aucun doute; et cependant elle peut être défectueuse sous plus d'un rapport; comme il arrive, par exemple, quand, de ce qu'il n'y a rien dans l'espace de l'air que nous puissions percevoir par la vue, le tact ou tout autre sens, nous concluons que cet espace est vide, joignant mal à propos la nature du vide à celle de l'espace. Or, il en est ainsi toutes les fois que, d'une chose particulière ou contingente, nous croyons pouvoir déduire quelque chose de général et de nécessaire. Mais il est en notre pouvoir d'éviter cette erreur; c'est de ne jamais joindre plusieurs choses entre elles sans avoir reconnu que leur liaison est entièrement nécessaire; comme, par exemple, quand, nous concluons de ce que la figure est nécessairement liée à l'étendue, que rien ne peut être figuré qui ne soit

étendu, etc., etc. (x1, 278) e Exemple tiré du Monde de DESCARTES : Je tâcherai premièrement

d'expliquer ce que je remarque touchant la flamme. Lorsqu'elle brûle du bois, ou quelque autre semblable matière, nous pouvons voir à l'ail qu'elle remue les petites parties de ce bois, et les sépare l'une de l'autre, transformant ainsi les plus subtiles en feu, en air et en fumée, et laissant les plus grossières pour les cendres. Qu'un autre donc imagine, s'il veut, en ce bois la forme du feu, la qualité de la chaleur et l'action qui le brûle, comme des choses toutes diverses, pour moi, qui crains de me tromper si j'y suppose quelque chose de plus que ce que je vois nécessairement y devoir être, je me contente d'y concevoir le mouvement de ses parties : car, mettez-y du feu, mettez-y de la chaleur, et faites qu'il brûle tant qu'il vous plaira, si vous ne supposez point avec cela qu'il y ait (38)

aucune de ses parties qui se remue, ni qui se détache de ses voisines, je ne me saurais imaginer qu'il reçoive aucune altération ni changement; et, au contraire, ôtez-en le feu, ôtez-en la chaleur, empêchez qu'il ne brûle, pourvu seulement que vous m'accordiez qu'il y a quelque puissance qui remue violemment les plus subtiles de ses parties, et qui les sépare des plus grossières, je trouve que cela seul pourra faire en lui tous les changements

qu'on expérimente quand il brûle. (iv, 219) f PLATON : Pour t'expliquer la méthode qui m'a servi dans la recher

che des causes, je reviens d'abord à ce que j'ai tant rebattu... Je dis donc qu'il y a quelque chose de bon, de beau, de grand par soi-même... Il me semble que s'il y a quelque chose de beau, outre le beau en soi, il ne peut être beau que parce qu'il participe à ce beau même... Si quelqu'un vient me dire que ce qui fait qu'une chose est belle, c'est la vivacité des couleurs ou la proportion des parties et autres choses semblables, je laisse là toutes ces raisons, qui ne font que me troubler et je réponds sans façon et sans art, et peut-être trop simplement que rien ne la rend belle que la présence ou la communication de la beauté première, de quelque manière que cette communication se fasse, car je n'assure rien là dessus... Tant que je m'en tiendrai à ce principe, je

ne crois pas pouvoir me tromper... (v, 92) g Quelle différence mets-tu entre les aveugles et ceux qui, privés de la

connaissance de ce qui existe d'une manière simple et immuable et n'ayant dans leur àme aucune idée claire et distincte, ne peuvent, à l'imitation des peintres, porter leurs regards sur l'exemplaire éternel de la vérité, et après l'avoir contemplé avec toute l'attention possible, transporter aux choses d'ici-bas ce qu'ils y ont remarqué et s'en servir comme d'une règle sûre pour fixer par des lois ce qui est honnête, bon et juste dans les actions

humaines ? (vil, 292) h Quelles sont les qualités requises pour bien juger? N'est-ce pas l'ex

périence, la réflexion et le raisonnement ? Peut-on suivre de meil

leurs guides quand il s'agit de porter un jugement ? — Non. (VII, 447) i Ne nous prononçons pas si vite... considérons auparavant notre objet

sous toutes ses faces... (vill, 114) j ÉPICTÈTE : Là où il y a ignorance, il y a imprudence et inexpérience

des choses les plus nécessaires. — il en convient. — Puisque tu es pénétré de cette vérité, lui dit Epictète, tu ne t'occuperas et tu n'appliqueras désormais ton esprit qu'à acquérir la faculté de

juger... (50) k Le troisième article consiste à nous garantir de l'erreur et de la

témérité dans nos jugements ; en un mot à bien régler notre assen

timent. (275) 1 De la même manière que nous nous exerçons contre les questions

sophistiques, il faudrait ainsi nous exercer contre les pensées qui nous viennent chaque jour; car elles nous présentent aussi des questions à résoudre... En nous exerçant ainsi nous ferons des progrès, parce qu'il ne nous arrivera jamais de donner notre assentiment à autre chose qu'à ce dont nous aurons une conception

claire. (300) m Fénelon : Pour faire cet examen, je ne puis manquer en m'attachant

à une de mes principales règles, qui est comme la clef universelle de toute vérité, qui est de consulter mes idées, et de n'affirmer que ce qu'elles renferment clairement. (119)

(38)

JOUFFROY : La raison humaine dans ses investigations peut arriver à

deux résultats différents. Tantôt elle réussit à découvrir la vérité qu'elle poursuivait ; tantôt ses efforts échouent, elle demeure impuissante. Le véritable esprit scientifique sait mettre à profit même ce dernier résultat. A défaut de la vérité qui lui échappe, il s'empare de la difficulté qui la lui a dérobée ; séparant avec soin, dans la question, ce qui est connu de ce qui ne l'est pas, il constate avec précision la nature de cette difficulté ; il en détermine avec détail les circonstances, et l'étendue et les causes ; il explore en un mot l'écueil qu'il n'a pu franchir et, s'il ne laisse pas le problème résolu, il rend du moins à la science le service de le lui laisser nettement posé. (348)

Le second, de diviser chacune des difficultés que j'examinois en autant de parcelles qu'il se pourroit et qu'il seroit requis pour les mieux résoudre. (39)

(39)

a DESCARTES :... Bien que les choses qui conviennent sous quelque

raison générale puissent être admises par les logicièns, comme les parties d'un même genre, cependant toute raison générale de cette sorte n'est point un véritable genre, et il n'y a point de bonne division, si ce n'est du véritable genre en ses véritables espèces, quoique les parties doivent être opposées et diverses; cependant, afin que la division soit bonne, les parties ne doivent pas être trop éloignées les unes des autres ; car si quelqu'un, par exemple, distinguait tout le corps humain en deux parties, dans l'une des.. quelles il mit seulement le nez, et dans l'autre tous les autres membres, cette division pécherait comme la vôtre, parce que les

parties seraient trop inégales. (VIII, 519) b Il y a peu d'éléments simples et indécomposables que nous puissions

voir en eux-mêmes, indépendamment de tous autres, je ne dis pas seulement de prime abord, mais même par des expériences et à l'aide de la lumière qui est en nous. Aussi je dis qu'il faut les observer avec soin ; car ce sont là ceux que nous avons appelés les plus simples de chaque série. Tous les autres ne peuvent être perçus qu'en les déduisant de ceux-ci, soit immédiatement et prochainement, soit après une ou deux conclusions, ou un plus grand nombre, conclusions dont il faut encore noter le nombre, pour reconnaitre si elles sont éloignées par plus ou moins de degrés de la première et de la plus simple proposition ; tel doit être partout l'enchainement qui peut produire ces séries de questions, auxquelles il faut réduire toute recherche pour pouvoir

l'examiner avec méthode. (x1, 229) LOGIQUE DE PORT-ROYAL : ...On peut remarquer quatre sortes de divisions :

La l' est quand on divise le genre par les espèces. Toute substance est corps ou esprit : Tout animal est homme ou bete.

La 2° est quand on divise le genre par les différences : Tout animal est raisonnable ou privé de raison. Tout nombre est pair ou impair. Toute proportion est vraie ou fausse. Toute ligne est droite ou courbe.

La 3. est quand on divise un sujet commun par les accidents opposés dont il est capable, ou selon les divers inférieurs, ou en divers temps, comme : Tout astre est lumineux par soi-même ou

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