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(40) s ÉPICTÈTE : Par tous les dieux, il fallait l'exercer d'abord dans les

petites choses, et passer de celles-ci aux grandes. 178) Ś D'abord les philosophes nous exercent à la théorie, qui est ce qu'il y

a de plus facile; ensuite ils nous amènent peu à peu à ce qu'il y

a de plus difficile... (103) t Roger Bacon : Voir le Dialogue page iv. u F. BACON : L'homme, interprète et ministre de la nature, n'étend ses

connaissances et son action qu'à mesure qu'il découvre l'ordre naturel des choses, soit par l'observation, soit par la réflexion; il

ne sait et ne peut rien de plus. (Nov. Org. 1) • PASCAL: Rien n'est plus commun que les bonnes choses; il n'est

question que de les discerner, il est certain qu'elles sont toutes naturelles et à notre portée, et même connues de tout le monde. Mais on ne sait pas les distinguer. Ceci est universel, ce n'est pas dans les choses extraordinaires et bizarres que se trouve l'excel

lence en quelque genre que ce soit. (Pensées, F° 28) X LOCKE : Il faut conduire l'esprit insensiblement et par degrés à ce

qu'il y a de plus abstrus et de plus relevé dans les sciences, et de cette manière il n'y trouve presque rien dont il ne puisse venir à

bout. (86) y Il faut que l'esprit considère les objets peu à peu; qu'il s'arrête d'a

bord à ce qu'il y a de plus aisé et de plus visible; qu'il en distingue toutes les parties et qu'il réduise en ordre et à des questions claires et faciles tout ce qui mérite d'être su à l'égard de chacune

d'elles... (v11, 112) PINEL : Le doute philosophique de Descartes peut souvent s'appli

quer à la pathologie interne, et quel bienfait pour le genre humain, si on pouvait le faire adopter par l'universalité de ceux qui exercent la médecine ! Peut-on être trop familier avec le précepte que donne ce philosophe de conduire par ordre ses pensées, en commençant par les objets les plus simples et les plus aisés à connaître, pour monter peu à peu par degrés aux connaissances plus

compliquées. (Nosographie philos. F° 33) a.a JOUFFROY : La méthode à suivre pour résoudre les questions que

nous avons posées est indiquée par le bon sens. Nous l'avons déjà montré : ces questions ne sont point étrangères les unes aux autres ; une certaine dépendance les unit. Si cette dépendance existe, il s'ensuit que la solution de l'une pent n'être pas inutile à celle de l'autre, et que, par conséquent, il n'est pas indifférent, pour les résoudre, de les aborder dans tel ou tel ordre. Or, il y a un moyen bien simple de découvrir ces dépendances ; c'est de prendre l'une après l'autre chacune des questions dont il s'agit et, après nous être fait une idée précise de la difficulté qu'elle pose, de chercher ce qu'il faudrait savoir pour que cette difficulté fut résolue. Il est clair qu'en procédant ainsi, nous mettrons en évidence tous les rapports de dépendance qui peuvent exister entre ces questions, ou, en d'autres termes, toutes les manières dont chacune de ces questions peut présupposer la solution de

toutes les autres. (350) a. b Tolstoï : Afin de mieux comprendre l'homme, disent les savants,

il faut examiner la vie dans ses plus simples manifestations comme celles que nous observons chez les animaux et chez les plantes... A cet effet, il faut observer la vie des animaux et des

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plantes en général ; nous voyons apparaitre en eux les lois de la matière qui sont encore plus simples et qui sont communes à tous. Or comme les lois de la vie des animaux sont plus simples que celles de la vie de l'homme, celles des plantes encore plus simples et celles de la matière plus simples que toutes les autres, il faut donc établir les recherches sur les lois de la matière.

(Vie, 69) a. c RABIER : Descartes a ajouté dans la traduction latine de Courcelles :

Tum in querendis Médiis, tum in difficultatem partibus percur. rendis ; soit en cherchant les intermédiaires, soit en parcourant

les parties des difficultés. (Disc. de la Méth.) a.d Comme il ressort clairement des phrases qui suivent, dans le Discours

de Descartes, ces intermédiaires, milieux, degrés, classés par séries, sont de la plus haute importance pour la théorie comme pour la pratique, pour les sciences comme pour les arts, et ceux qui voudraient des exemples pourront en trouver à suite de la 1" règle de morale provisoire.

Et le dernier, de faire partout des dénombrements si entiers et des revues si générales, que je fusse assuré de ne rien omettre. (41)

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DESCARTES : J'ai dit que cette opération doit être suffisante, parce que

souvent elle peut être défectueuse et, par conséquent, sujette à l'erreur. Quelquefois, en effet, tout en parcourant par la voie de l'énumération une longue suite de propositions de la plus grande évidence, si pourtant nous en omettons une seule, fût-ce la moindre, la chaîne se rompt, et toute la certitude de la conclusion disparoît. Parfois aussi nous embrassons tout dans notre énumération, mais nous ne distinguons pas chaque proposition séparément, en sorte que nous n'avons du tout qu'une connoissance confuse.

Quelquefois cette énumération doit être complète, quelquefois distincte; d'autres fois enfin elle n'a besoin d'aucun de ces deux caractères ; aussi ai-je dit seulement qu'elle doit être suffisante. En effet, si je veux prouver par énumération combien de sortes d'ètres sont corporels, ou de quelle manière ils tombent sous les sens, je n'aftirmerai pas qu'il y en a tant, et non davantage, si je ne sais avec certitude que je les ai tous compris dans mon énumération et distingués les uns des autres ; mais si par le même moyen je veux montrer que l'âme raisonnable n'est pas corporelle, il ne sera pas besoin que l'énumération soit complète; mais il suffira de réunir tous les corps sous quelques catégories, de manière à prouver que l'âme raisonnable ne peut se rapporter à aucune d'elles. Si enfin je veux montrer par énumération que la surface d'un cercle est plus grande que celle de toutes les autres figures dont le périmètre est égal, il n'est pas besoin de passer en revue toutes les figures, mais il suffit de démontrer cela de quelques-unes en particulier pour conclure de même, par induction, de toutes les autres.

J'ai ajouté que l'énumération doit être méthodique, non seulement parce qu'il n'est pas de meilleur préservatif contre les défauts déjà énoncés que de tout examiner avec ordre, mais encore parce qu'il arrive souvent que s'il fallait étudier séparément chacune des choses qui ont rapport au but que nous nous proposons, la

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vie d'aucun homme n'y suffiroit, soit parce qu'elles sont trop nombreuses, soit parce que les mêmes reviendroient souvent sous nos yeux. Mais si nous disposons toutes ces choses en bon ordre, afin que le plus souvent elles soient ramenées à des classes fixes, il suffira d'examiner exactement une seule de ces classes, ou quelque chose de toutes, on les unes plutôt que les autres, et du moins nous ne parcourrons jamais deux fois la même chose inutilement. Cette méthode est d'un tel secours qu'elle nous fait parcourir sans peine et en peu de temps un grand nombre d'études qui, au premier abord, nous paraissoient immenses.

Mais l'ordre à suivre dans l'énumération peut très souvent varier et dépend de la volonté de chacun ; aussi, pour qu'il soit le meilleur possible, il faut se rappeler ce qui a été dit dans la cinquième proposition. Il y a de même dans les moindres sciences beaucoup de questions dont la solution dépend tout entière de l'ordre que

nous prescrivons. (x1, 236) b MALEBRANCHE résume ainsi les Règles de Descartes : Le principe de

toutes ces règles est qu'il faut toujours conserver l'évidence dans ses raisonnements, pour découvrir la vérité sans crainte de se tromper. De ce principe dépend cette règle générale, qui regarde le sujet de nos études, savoir, que nous ne devons raisonner que sur des choses dont nous avons des idées claires ; et par une suite nécessaire, que nous devons toujours commencer par les choses les plus simples et les plus faciles et nous y arrêter fort longtemps avant que d'entreprendre la recherche des plus composées et des plus difficiles.

Les règles qui regardent la manière dont il s'y faut prendre pour résoudre les questions, dépendent aussi de ce même principe; et la première de ces règles est qu'il faut concevoir distinctement l'état de la question qu'on se propose de résoudre, et avoir des idées de ces termes assez distinctes pour les pouvoir comparer, et pour reconnoître ainsi les rapports que l'on cherche.

Mais, lorsqu'on ne peut reconnoître les rapports que les choses ont entre elles en les comparant immédiatement, la seconde règle est : Qu'il faut découvrir, par quelque effort d'esprit une ou plusieurs idées moyennes, qui puissent servir comme de mesure commune pour reconnoitre par leur moyen les rapports qui sont entre elles. Il faut observer inviolablement que ces idées soient claires et distinctes, à proportion que l'on tâche de découvrir des rapports plus exacts, et en plus grand nombre.

Mais, lorsque les questions sont difficiles et de longue discussion, la troisième règle est : Qu'il faut retrancher avec soin du sujet que l'on doit considérer, toutes les choses qu'il n'est point nécessaire d'examiner pour décourir la vérité que l'on cherche. Car il ne faut point partager inutilement la capacité de l'esprit, et toute sa force doit être employée aux choses seules qui le peuvent éclairer. Les choses que l'on peut ainsi retrancher sont toutes celles qui ne touchent point la question, et qui étant retranchées, la question subsiste dans son entier.

Lorsque la question est ainsi réduite aux moindres termes, la quatrième règle est : Qu'il faut diviser le sujet de sa méditation par parties et les considérer toutes les unes après les autres selon l'ordre naturel, en commençant par les plus simples, c'est-à-dire par celles qui renferment moins de rapports ; et ne passer jamais aux plus composées, avant que d'avoir reconnu distinctement les plus simples, et se les ètre rendu familières.

Lorsque ces choses sont devenues familières par la méditation, la cinquième règle est : Qu'on doit en abréger les idées et les ranger

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ensuite dans son imagination, ou les écrire sur le papier, afin qu'elles ne remplissent plus la capacité de l'esprit. (Recherche de la Vérité, ili, 65)

Ces longues chaînes de raisons, toutes simples et faciles, dont les géomètres ont coutume de se servir pour parvenir à leurs plus difficiles démonstrations, m’avoient donné occasion de m'imaginer que toutes les choses qui peuvent tomber sous la connaissance des hommes s'entre-suivent en même façon, et que, pourvu seulement qu'on s'abstienne d'en recevoir aucune pour vraie qui ne le soit, et qu'on garde toujours l'ordre qu'il faut pour les déduire les unes des autres, il n'y en peut avoir de si éloignées auxquelles enfin on ne parvienne, ni de si cachées qu'on ne découvre. (42)

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a DESCARTES : Les sciences portent le masque: si on le leur ôtait, elles

apparaîtraient dans toute leur beauté. Pour celui qui voit à fond leur enchaînement, il ne sera pas plus difficile de les conserver dans sa mémoire que d'y retenir la série des nombres. (@uv. inéd.

F. de C. 5) b VI° Règle pour la direction de l'esprit : Pour distinguer les choses

les plus simples de celles qui sont enveloppées, et suivre cette recherche avec ordre, il faut, dans chaque série d'objets ou de quelques vérités que nous avons directement déduites d'autres vérités, voir quelle est la chose la plus simple, et comment toutes les autres en sont plus ou moins ou également éloignées.

Quoique cette règle paroisse ne rien apprendre de bien nouveau, elle renferme cependant le principal secret de la méthode, et il n'en est pas une plus utile dans tout ce traité; car elle nous apprend que toutes les choses peuvent se classer en diverses séries, non sans doute en tant qu'elles se rapportent à quelque genre d'être (division qui ressembleroit aux catégories des philosophes), mais en tant que de la connoissance des unes dépend la connoissance des autres; en sorte que toutes les fois qu'une difficulté se présente, nous puissions reconnoître aussitôt s'il est utile d'examiner préalablement certaines choses, quelles elles sont et dans quel ordre il

faut les examiner. (x1, 226) c Voir renvoi 39, b. d Mais, de peur que, dès le commencement, la grandeur de mon des

sein ne frappe votre esprit d'un étonnement tel que vous n'ajoutiez pas foi à mes paroles, je vous avertis que ce que j'entreprends n'est pas aussi difficile qu'on pourroit se l'imaginer ; car les connoissances qui ne dépassent pas la portée de l'esprit humain sont unies entre elles par un lien si merveilleux, et peuvent se déduire les unes des autres par des conséquences si nécessaires, qu'il n'est pas besoin de beaucoup d'art et de sagacité pour les trouver, pourvu qu'on sache commencer par les plus simples et s'élever par degrés jusqu'aux plus sublimes. C'est ce que je tâcherai de démontrer ici à l'aide d'une suite de raisonnements si clairs et si vulgaires que chacun pourra juger que, s'il n'a pas découvert les mêmes choses que moi, cela vient uniquement de ce qu'il n'a pas jeté les yeux du meilleur côté ni attaché ses pen. sées sur les mêmes objets que moi, et que je ne mérite pas plus de gloire pour avoir fait ces découvertes que n'en mériteroit un

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paysan pour avoir trouvé par hasard à ses pieds un trésor qui depuis longtemps auroit échappé à de nombreuses recherches.

(xi, 335) e Voir d du renvoi 22. f DESCARTES : Eud. Cela n'est pas aussi difficile que vous le croyez, car

toutes les vérités se suivent l'une l'autre et sont unies entre elles par un même lien. Tout le secret consiste à commencer par les premières et les plus simples, et à s'élever ensuite peu à peu et comme par degrés jusqu'aux vérités les plus éloignées et les plus

composées. (x1, 375) g Je trouve qu'on pourrait ajouter à ceci une invention, tant pour

composer les mots primitifs de cette langue, que pour leurs carac-
tères ; en sorte qu'elle pourrait être enseignée en peu de temps, et
ce par le moyen de l'ordre, c'est-à-dire établissant un ordre entre
toutes les pensées qui peuvent entrer en l'esprit humain, de même
qu'il y en a un naturellement établi entre les nombres ; et comme
on peut apprendre en un jour à nommer tous les nombres jusqu'à
l'infini, et à les écrire en une langue inconnue qui sont toutefois
une infinité de mots différents, qu'on a pu faire de même de tous
les autres mots nécessaires pour exprimer toutes les autres choses
qui tombent en l'esprit des hommes.... L'invention de cette langue
dépend de la vraie philosophie ; car il est impossible autrement
de dénombrer toutes les pensées des hommes, et de les mettre par
ordre, ni seulement de les distinguer en sorte qu'elles soient
claires et simples, qui est à mon avis le plus grand secret qu'on
puisse avoir pour acquérir la bonne science; et si quelqu'un avait
bien expliqué quelles sont les idées simples qui sont en l'imagi-
nation des hommes, desquelles se compose tout ce qu'ils pensent
et que cela fut reçu par tout le monde, j'oserais espérer ensuite
une langue universelle, fort aisée à apprendre, à prononcer et à
écrire, et, ce qui est le principal, qui aiderait au jugement,
lui représentant si distinctement toutes choses qu'il lui serait
presque impossible de se tromper; au lieu que, tout au rebours,
les mots que nous avons n'ont quasi que des significations
confuses auxquelles l'esprit des hommes s'étant accoutumé de
longue main, cela est cause qu'il n'entend presque rien parfaite-
ment. Or je tiens que cette langue est possible, et qu'on peut
trouver la science de qui elle dépend, par le moyen de laquelle les
paysans pourraient mieux juger de la vérité des choses que ne

font maintenant les philosophes. (vi, 66) h Car je n'ai point l'esprit assez fort pour l'employer en même temps

à plusieurs choses différentes ; et, comme je ne trouve jamais rien que par une longue traînée de diverses considérations, il faut que je me donne tout à une matière lorsque j'en veux examiner quelque partie, ce que j'ai éprouvé depuis peu pour trouver la cause de ce phénomène duquel vous m'écrivez; car il y a plus de trois mois qu'un de mes amis m'en a fait voir ici une description assez ample, et m'en ayant demandé mon avis, il m'a fallu interrompre ce que j'avais en main pour examiner par ordre tous les météores,

auparavant que je m'y sois pu satisfaire. (vi, 54) i Salomon : Voici, dit l’Ecclésiaste, ce que j'ai trouvé, cherchant la

raison de toutes choses, l'une après l'autre. (VII, 27. 769) j PYTHAGORE : C'est en suivant ces pratiques que tu parviendras à

connaître par quelle concorde les dieux sont liés aux mortels, quels sont les passages de tous les êtres, et quelle puissance les

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