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çant toujours en la méthode que je m'étois prescrite, afin de m'y affermir de plus en plus. (49)

(49)

a Voir le Disc. de la Méth. renv. 10, 23, 64, 70.
b PINDARE : Le temps qui seul nous dévoile la vérité. (51)
c S'il est quelque bonheur parmi les hommes, il n'apparaît qu'après

de longs efforts. (137)
d PLATON: L'Athénien: Avant toutes choses, tenons-nous en garde

contre certains sophismes trompeurs, qui, sous l'attrait de la nouveauté, pourraient nous séduire, nous autres vieillards, et, après s'être échappés de nos mains, nous couvriraient de ridicule, en nous faisant passer pour des téméraires qui tentent les plus

hautes entreprises, et succombent sous les plus petites. (1x, 201) e L'Athénien : Si donc tu m'en crois, tu suspendras ton jugement,

examinant mûrement la chose jusqu'à ce qu'il te paraisse avec évidence si elle est telle que tu penses, ou autrement; et tu

consulteras là-dessus les autres, le législateur surtout. (1x, 191) f ÉPICTÈTE : Rien de grand ne se fait tout à coup, pas même une

grappe de raisin, ni une figue. Si tu me dis, je veux tout à l'heure une figue, je te répondrai: Il faut du temps ; attends qu'elle fleurisse, que son fruit vienne et qu'elle mûrisse. Ainsi donc une figue ne peut acquérir tout à coup et à l'instant même sa perfection, et tu veux que l'esprit de l'homme parvienne tout d'un coup à sa parfaite maturité ! Ne t'attends pas à cela, c'est moi qui

te le dis. (66) g Si donc nous ne nous familiarisons pas avec des opinions saines,

nous ne pourrons ètre que les interprètes des maximes d'au

trui. (163) h NAPOLÉON : L'impatience est un grand obstacle au succès. Celui qui

ne craint point de brusquer les événements ne cueille rien, ou ne

cueille qu’un fruit vert qui ne mûrit jamais. (M. Bretin, 193) i Prétendre régénérer un peuple en un instant et en poste serait un

acte de démence. (Ibid. 59)

TROISIÈME PARTIE

Et enfin, comme ce n'est pas assez, avant de commencer à rebâtir le logis où on demeure, que de l'abattre et de faire provision de matériaux et d'architectes, ou s'exercer soi-même à l'architecture, et outre cela d'en avoir soigneusement tracé le dessin, mais qu'il faut aussi s'être pourvu de quelque autre où on puisse être logé commodément pendant le temps qu'on y travaillera; ainsi, afin que je ne demeurasse point irrésolu en mes actions, pendant que la raison m'obligeroit de l'être en mes jugements, et que je ne laissasse pas de vivre dès lors le plus heureusement que je pourrois, je me formai une morale par provision, qui ne consistoit qu'en trois ou quatre maximes dont je veux bien vous faire part. (50)

(50) a DESCARTES : La première partie de ces essais fut un discours tou

chant la Méthode pour bien conduire sa raison et chercher la vérité dans les sciences, où je mis sommairement les quatre règles de la logique et d'une morale imparfaite, qu'on peut suivre par provision pendant qu'on n'en sait point encore de meilleure. (111, 25)

La première étoit d'obéir aux lois et aux coutumes de mon pays, retenant constamment la religion en laquelle Dieu m'a fait la grâce d'être instruit dès mon enfance, (51)

(51) a DESCARTES : Or il me semble que chacun peut se rendre content de

soi-même, et sans rien attendre d'ailleurs, pourvu seulement qu'il observe trois choses, auxquelles se rapportent les trois règles de morale que j'ai mises dans le discours de la Méthode.

La première est qu'il tâche toujours de se servir le mieux qu'il lui est possible de son esprit, pour connaître ce qu'il doit faire ou

ne pas faire en toutes les occurrences de la vie. (1x, 212) b Poisson : Maxime, obéir aux lois... quelle différence peut-on trouver

entre ce que St-Paul ordonne et ce que Descartes conseille sinon que celui-là apporte la volonté de Dieu pour raison et celui-ci que

c'est le bien de la société. (100) C CONFUCIUS: 2me Règle: Si on doute au sujet de quelque action parti

culière de la vie, que l'on suive l'autorité de ceux qui passent pour

les plus éclairés. (2) d PYTHAGORE : Révère les dieux immortels, c'est ton premier devoir.

Honore-les comme il est ordonné par la loi. (265) f SOCRATE : Ne te décourage point, Euthydème : tu vois que le dieu

de Delphes répond à celui qui lui demande le moyen d'être

agréable aux dieux : « Suis la loi de ton pays. » (1, 118) & Pour ce qui regarde les dieux, on voyait Socrate se conformer, dans

sa conduite et ses paroles, aux réponses de la Pythie... qui déclare par un oracle que quiconque agit sur ce point conformément aux lois de la patrie, agit pieusement. Socrate agissait ainsi et engageait les autres à faire de même, regardant ceux qui tenaient une

conduite différente comme des hommes étranges et insensés. (1, 17) h PLATON: C'est pourquoi je renonce à approfondir toutes ces histoires

(les histoires des dieux) et je m'en remets sur ce point aux

croyances publiques. (11, 298) i Quand on est jeune, il faut obéir aux hommes plus âgés qui ont

mené une vie honorable. (viii, 314) ; ÉPICTÈTE : Ainsi tout homme qui a soin de régler ses désirs et ses

aversions selon les règles prescrites a soin de nourrir et d'augmenter sa piété. Dans ses libations, dans ses sacrifices, et dans ses offrandes, chacun doit suivre la coutume de son pays, et les faire

(51)

avec pureté, sans nonchalance aucune, sans négligence, sans irrévérence, sans mesquinerie, et aussi sans une somptuosité audessus de ses forces. (M. 152)

et me gouvernant en toute autre chose suivant les opinions les plus modérées et les plus éloignées de l'excès qui fussent communément reçues en pratique par les mieux sensés de ceux avec lesquels j'aurois à vivre. (52)

(52)

a HOMÈRE : Il faut en tout un juste milieu. (Odyssée L. xv)
b PYTHAGORE : Rien n'est préférable à la juste mesure qu'il faut obser-

ver en toutes choses. (268)
C THÉOGNIS: Point de hâte; le milieu en tout est le meilleur: de cette

manière, Cyrnus, tu possèderas la vertu, si difficile à obtenir. (136) d PINDARE : Modéré dans ses désirs, il l'est aussi dans toute sa conduite,

et sa langue est aussi sage que son cœur. (211) SOCRATE : Et cependant l'amitié se glisse à travers tous les obstacles

pour unir les cours vertueux : c'est que, grâce à la vertu, ils aiment mieux posséder sans agitation une fortune modérée; que de dominer sur tout par la guerre ; ils peuvent, quand ils ont faim ou soif, partager entre eux sans peine les aliments et la boisson'; quand ils sont épris d'un bel objet, se résister à eux-mêmes, pour ne pas affliger ceux qu'ils doivent respecter; ils ne prennent des richesses que leur part légitime, sans aucune idée de cupidité, et, de plus, ils s'aident les uns les autres; ils savent terminer leurs différends, non seulement sans se causer de peine, mais encore à leur mutuel avantage, et empêcher la colère de s'emporter jusqu'au repentir ; enfin ils ótent tout prétexte à l'envie, en partageant leurs richesses avec leurs amis, et en regardant les biens de leurs amis

comme leurs biens propres. (Xén., 1, 52) f PLATON : Par conséquent si vous voulez être heureux..., il ne vous

faut point un grand empire, mais de la vertu... Et avant qu'on ait acquis cette vertu, il est meilleur, je ne dis pas à un enfant, mais à

un homme, d'obéir à quiconque est plus vertueux que lui. (1, 231) & Voir renvoi 31, f.

PLATON : S'il n'était permis de considérer la nature du plus grand

que par rapport au plus petit, on ne tiendrait aucun compte de la
juste mesure ? — Il est vrai. – Or, ne supprimerions-nous pas, en
procédant de la sorte, les arts eux-mêmes et tous leurs ouvrages
et ne retrancherions-nous pas et la politique, objet de nos pré-
sentes recherches, et cet art du tisserand dont il vient d'être parlé.
Car tous ces arts ne supposent pas du tout qu'il n'existe rien au
delà, ni en deçà de la juste mesure ; ils s'en défendent au contraire
comme d'une faute difficile à éviter dans leurs opérations, et c'est
par ce moyen, en conservant la juste mesure, qu'ils produisent

tous leurs chefs-d'ouvre. (vi, 78)
h MOLIÈRE : La parfaite raison fuit toute extrémité,

El veut que l'on soit sage avec sobriété.
Cette grande raideur des vertus des vieux âges
Heurte trop notre ciel et les communs usages;
Elle veut aux mortels trop de perfection:
Il faut fléchir au temps sans obstination. (323)

(52) i FÉNELON : Il y a autant de légèreté et de faiblesse d'esprit à être

incrédule et opiniâtre, qu'à être crédule et superstitieux. Je cherche le milieu. Je sens que ma raison est bien faible et ma volonté bien exposée aux pièges de l'orgueil et des passions pour pouvoir trouver ce milieu précis, et pour y demeurer toujours ferme quand

je l'aurai trouvé. (240) j NAPOLÉON : La sagesse et la modération sont de tous les pays et de

tous les siècles, parce que l'une et l'autre sont fondées sur notre organisation physique ; mais elles sont absolument nécessaires aux petits états et aux villes de commerce. (M. Bretin, 57)

Car, commençant dès lors à ne compter pour rien les miennes propres, à cause que je les voulois toutes remettre à l'examen, j'étois assuré de ne pouvoir mieux que de suivre celles des mieux sensés. Et encore qu'il y en ait peut-être d'aussi bien sensés parmi les Perses ou les Chinois que parmi nous, il me sembloit que le plus utile étoit de me régler selon ceux avec lesquels j'aurois à vivre; et que, pour savoir quelles étoient véritablement leurs opinions, je devois plutôt prendre garde à ce qu'ils pratiquoient qu'à ce qu'ils disoient, non-seulement à cause qu'en la corruption de nos mours il y a peu de gens qui veuillent dire tout ce qu'ils croient, (53)

(53) a PLATON : Quoi donc, Socrate! as-tu réellement de la rhétorique l'opi

nion que tu viens de dire ? ou ne crois-tu pas plutôt que Gorgias a eu honte de t'avouer que l'orateur ne connait ni le juste, ni l'honnête, ni le bon, et que si on venait chez lui sans être instruit

de ces choses, il ne les enseignerait pas. (v, 168) b Calliclés : Toute ta déclamation porte sur ce qu'il est arrivé à Polus

la même chose qu'il a prétendu être arrivée à Gorgias vis-à-vis de toi. Il a dit, en effet, que lorsque tu as demandé à Gorgias, en supposant qu'on se rendit auprès de lui pour apprendre la rhétorique, et qu'on n'eût aucune connaissance de ce qui appartient à la justice, s'il en donnerait des leçons, Gorgias avait eu honte de répondre conformément à la vérité, et avait dit qu'il l'enseignerait, à cause de l'usage reçu parmi les hommes qui trouveraient mauvais qu'on fit une réponse contraire; que cet aveu avait réduit Gorgias à tomber en contradiction, et que tu en avais été fort aise : en un mot, il s'est moqué de toi avec raison en cette rencontre, autant qu'il m'a paru. Mais voilà qu'il se trouve à présent

dans le même cas que Gorgias. (v, 226) C Calliclés : Dans la plupart des choses la nature et la loi sont opposées

entre elles, d'où il arrive que si on se laisse aller à la honte, et que l'on n'ose dire ce qu'on pense, on est forcé de se contredire. iv, 227)

mais aussi à cause que plusieurs l'ignorent eux-mêmes; car l'action de la pensée par laquelle on croit une chose étant différente de celle par laquelle ont connoît qu'on la croit, elles sont souvent l'une sans l'autre. Et, entre plusieurs opinions également reçues, je ne choisissois que les plus modérées, tant à cause que ce sont toujours les plus commodes pour la pratique, et vraisemblablement les meilleures, tout excès ayant coutume d'être mauvais; (54)

(54) a DESCARTES : Outre cela, lorsque ces nerfs sont mus un peu plus fort

que de coutume, et toutefois en telle sorte que notre corps n'en est aucunement endommagé, cela fait que l'àme sent un chatouillement qui est aussi en elle une pensée confuse, et cette pensée lui est naturellement agréable, d'autant qu'elle lui rend témoignage de la force du corps avec lequel elle est jointe, en ce qu'il peut souffrir l'action qui cause ce chatouillement sans être offensé. Mais si cette même action a tant soit peu plus de force, en sorte qu'elle offense notre corps en quelque façon, cela donne à notre âme le sentiment de la douleur. Et ainsi l'on voit pourquoi la volupté du corps et la douleur sont en l'àme des sentiments entièrement contraires, nonobstant que souvent l'un suive de l'autre, et que leurs causes

soient presque semblables. (111, 505) b Voir le Disc. de la Méth. renv. 52.

C PINDARÉ : Mais, en toute chose, il est bon de s'arrêter à propos ; car

on se rassasie même du miel et des doux plaisirs de Vénus. (168) d Mais il y a une mesure en toutes choses, et savoir la saisir à propos

est la première des sciences. (58)

e PLATON: La vertu se trouve mille fois plus aisément dans la propor

tion et dans l'égalité que dans les extrêmes ;... (VIII, 333) f ...Car il est vrai de dire qu'on ne peut donner dans un excès

sans s'exposer à tomber dans un excès contraire. C'est ce qu'on remarque dans les saisons, dans les plantes, dans nos corps et

dans les États, tout comme ailleurs. — Cela doit être. (VII, 419) g Je. suis le premier à t'accorder que tout homme doit fuir une condi

tion de vie où le plaisir et la douleur seraient sans mélange, et marcher toujours par un chemin également éloigné de ces deux

extrémités. (1x, 12) h Si, au lieu de donner à une chose ce qui lui suffit, on va beaucoup

au delà ; par exemple, si on donne à un vaisseau de trop grandes voiles, au corps trop de nourriture, à l'âme trop d'autorité, qu'arrivera-t-il? Le vaisseau sera submergé, le corps tombera malade par l'excès d'embonpoint, l'âme s'abandonnera à l'injus

tice, fille de la licence. (vili, 186) i Il n'est personne sans doute qui ignore ceci : que dans tout mélange,

quel qu'il soit et de quelque manière qu'il soit formé, si la mesure et la proportion ne s'y rencontrent, c'est une nécessité que les choses dont il est composé, et que le mélange lui-même tout le premier, périssent, car ce n'est plus alors un mélange, mais une véritable confusion, qui d'ordinaire est un malheur réel pour tout ce qui y participe. - Rien de plus vrai. - ...Car en tout et partout la juste mesure et la proportion sont une beauté, une vertu. - Cela est certain. - ...Ainsi tu publieras partout, Protarque, aux absents par des envoyés, aux présents par toi-même, que le plaisir n'est ni le premier, ni le second bien ; mais que le premier bien est la mesure, le juste milieu, l'à-propos et toutes les autres qua

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