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(56) j Ne fais pas comme les enfants : ne sois pas aujourd'hui philosophe,

demain partisan, ensuite rhéteur et après cela intendant du prince, ces choses ne s'accordant point; il faut que tu sois un seul homme

et un seul homme bon ou méchant... (Max. 46) k CARD. DE RICHELIEU : Il faut vouloir fortement ce qu'on a résolu par

de semblables motifs, puisque c'est le seul moyen de se faire obéir.

(Test. Pol. 209) 1 Je n'ose rien entreprendre sans y avoir bien pensé; mais quand

une fois j'ai pris une résolution, je vais à mon but, je renverse tout, je fauche tout, et ensuite je couvre tout de ma soutane rouge. Parole qui prend son vrai sens, se justifie, s'éclaire, quand on la rapproche d'un autre mot, sublime, alors que, faisant allusion à son effroyable labeur, il disait n'avoir qu'une seule joie : l'austère contentement de voir tant d'honnêtes gens dormir sans

crainte à l'ombre de ses veilles. (Test. Pol. 182) m NAPOLÉON : Les hommes faibles ne peuvent obéir à la raison; aban

donnés à leurs passions, ils se trouvent sans cesse hors de mesure. Une conduite modérée atteste la vigueur d'un jugement

sain. (M. Bretin, 175) n ...La qualité la plus essentielle d'un général en chef est la fermeté de

caractère et la résolution de vaincre à tout prix. (Ibid. 131) O Avec du courage et de la volonté, il n'y a pas de limites que

l'on ne puisse atteindre, point de résultat qu'on ne doive espé

rer. (Ibid. 192) p L. VeuillOT : C'est la volonté qui fait tout. Mais la volonté à son

tour n'est qu'entêtement et violence lorsque le bon sens ne la dirige pas ! L'homme de bon sens est ferme en ses desseins parce qu'ayant d'avance pris de justes mesures, prévu les obstacles, calculé leur force de résistance, aucun embarras ne l'étonne, ni ne le détourne ; il marche à son but. Mais le bon sens nécessaire en ces grands emplois de la volonté humaine, où se forme-t-il ? Où prend-il son assurance contre les passions qui peuvent le surprendre, contre les obstacles qu'il doit vaincre, contre les périls certains qu'il doit braver ? Le bon sens alors, c'est l'amour de la vérité, le zèle du bien, l'immolation au devoir : c'est la vertu. (Méth. de G. 1, 113)

imitant en ceci les voyageurs qui, se trouvant égarés en quelque forêt, ne doivent pas errer en tournoyant tantôt d'un côté, tantôt d'un autre, ni encore moins s'arrêter en une place, mais marcher toujours le plus droit qu'ils peuvent vers un même côté, et ne le changer point pour de faibles raisons, encore que ce n'ait peutêtre été au commencement que le hasard seul qui les ait déterminés à le choisir; car, par ce moyen, s'ils ne vont justement où ils désirent, ils arriveront au moins à la fin quelque part où vraisemblablement ils seront mieux que dans le milieu d'une forêt. (57)

(57)

a PLATON : ... Semblables à un voyageur qui, se trouvant entre plu

sieurs routes et ne sachant quel est le vrai chemin, qu'il voyage

(57)

seul ou en compagnie, se consulte lui-même, et les autres sur l'embarras où il est, et ne continue sa marche qu'après s'être suffisamment assuré que le chemin qu'il prend le conduira à son terme. (1x, 25)

Et ainsi les actions de la vie ne souffrant souvent aucun délai, c'est une vérité très-certaine que, lorsqu'il n'est pas en notre pouvoir de discerner les plus vraies opinions, nous devons suivre les plus probables; et même qu'encore que nous ne remarquions point davantage de probabilité aux unes qu'aux autres, nous devons néanmoins nous déterminer à quelques-unes, et les considérer après, non plus comme douteuses en tant qu'elles se rapportent à la pratique, mais comme très - vraies et très-certaines, à cause que la raison qui nous y a fait déterminer se trouve telle. Et ceci fut capable dès lors de me délivrer de tous les repentirs et les remords qui ont coutume d'agiter les consciences de ces esprits faibles et chancelants qui se laissent aller inconstamment à pratiquer comme bonnes les choses qu'ils jugent après être mauvaises. (58)

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(58) a Le Lotus : Le sage ne connait ni le chagrin, ni la misère, ni l'altéra

tion de la couleur naturelle de son corps, ni la maladie... (xIII, 56) b Confucius : Le sage ne s'attristera point par crainte, parce qu'il n'y

a rien qui soit capable de lui nuire : 1° la tristesse est inutile, ce qui est une fois ne pouvant pas n'avoir point été, tout ce qui

arrive venant par la permission du ciel. (5) C PINDARE : Quant aux événements passés, justes ou non, le temps

lui-même, père de toutes choses, ne pourrait faire qu'ils ne soient

pas accomplis. (10) d PLATON : Ainsi, la lâcheté est le plus fort et le pire lien de l'âme,

comme l'hésitation, atopla, est aussi un mal, et en général tout ce qui fait obstacle au mouvement d'aller et d'avancer, iéval, to pɛúsolai. Ceci nous fait donc voir que aller mal, c'est avoir un mouvement ralenti, entravé, et que tout ce qui se trouve dans ce cas devient

plein de mal. (Cousin, xi, 90) e Cependant il vaudrait beaucoup mieux pour moi, ce me semble, que

la lyre dont j'aurais à me servir fùt mal montée et peu d'accord avec elle-même, que le cheur dont j'aurais fait les frais détonnát, et que la plupart des hommes, au lieu de penser comme moi, fussent d'un sentiment opposé, que si j'étais seul mal d'accord

avec moi-même, et obligé de me contredire moi-même. (v, 226) s ÉPICTÊTE : En toutes choses, il faut faire ce qui dépend de soi, et, du (58)

reste, être ferme et tranquille... (Max., 36) g... mais l'important, c'est de s'occuper à bannir de sa vie les lamen

tations et les gémissements, et ces exclamations, hélas !... malheu

reux que je suis ! et le malheur et l'infortune ! (20) h PLUTARQUE cite Timoléon comme un exemple des secousses et des

bouleversements auxquels sont trop aisément sujettes, au contact

des louanges ou des reproches du vulgaire, les opinions qui ne puisent point dans la raison et dans la philosophie la constance et la force qu'exigent nos entreprises : elles vacillent et n'ont plus de conviction où se prendre. En effet, il ne suffit pas que l'action soit belle et juste, il faut aussi que la pensée qui la détermine soit ferme et invariable; il faut n'agir qu'après mûr examen; n'imitons pas les gourmands, qui se jettent, d'un appétit fougueux, sur les mets les plus succulents, et bientôt se rebutent rassasies; gardons-nous de nous arrêter découragés après l'accomplissement de nos entreprises, parce que nous aurons vu se flétrir l'image de beauté qui nous avait charmés. Le repentir enlaidit à nos yeux le bien même que nous avons fait ; mais une détermination qui s'appuie sur une conviction raisonnée ne varie jamais, alors même que nos entreprises ont subi un échec. (11, 6)

Ma troisième maxime étoit de tâcher toujours plutôt à me vaincre que la fortune, et à changer mes désirs plutôt que l'ordre du monde, (59)

(59)

a DESCARTES : La troisième, qu'il considère que pendant qu'il se con

duit ainsi autant qu'il peut selon la raison, tous les biens qu'il ne possède point sont aussi entièrement hors de son pouvoir les uns que les autres, et que par ce moyen il s'accoutume à ne les point désirer; car il n'y a rien que le désir et le regret ou le repentir qui nous puissent empêcher d'être contents. Mais si nous faisons toujours ce que nous dicte notre raison, nous n'aurons jamais aucun sujet de nous repentir, encore que les événements nous fissent voir par après que nous nous sommes trompés, parce que ce n'est point par notre faute. Et ce qui fait que nous ne désirons point d'avoir, par exemple, plus de bras ou plus de langues que nous n'en avons, mais que nous désirons bien d'avoir plus de santé ou plus de richesses, c'est seulement que nous nous imaginons que ces choses-ci pourraient être acquises par notre conduite, ou bien qu'elles sont dues à notre nature, et que ce n'est pas le même des autres. De laquelle opinion nous pouvons nous dépouiller, en considérant que puisque nous avons toujours suivi le conseil de notre raison, nous n'avons rien omis de ce qui était en notre pouvoir, et que les maladies et les infortunes ne sont pas moins naturelles à l'homme que les prospérités et la santé. Au reste, toutes sortes de désirs ne sont pas incompatibles avec la béatitude, il n'y a que ceux qui sont accompagnés d'impatience et de tristesse. Il n'est pas nécessaire aussi que notre raison ne se trompe point; il suffit que notre conscience nous témoigne que nous n'avons jamais manqué de résolution et de vertu pour exécuter toutes les choses que nous avons jugées être les meilleures; et ainsi la vertu seule est suffisante pour nous rendre contents en

cette vie. (ix, 214) b BHAGAVATA : L'âme de l'homme qui se contente de ce que lui envoie

le sort, que ce soit du bien ou du mal, parvient à l'autre rive des

ténèbres. (79, 33) C Définition du Yogin : Accomplir son propre devoir suivant la mesure

de ses forces ; s'abstenir de tout devoir étranger; se contenter de ce qu'on reçoit du destin; honorer ceux qui connaissent l'esprit. (XXVIII)

(59) d CONFUCIUS: Chacun doit se contenter de son partage, recevant de

bon cour ce que le ciel lui destine. S'il faut faire le personnage de

pauvre ou de riche cela doit être égal pour le sage. e PINDARE : Si un mortel suit la route de la sagesse, il doit se contenter

du sort que lui envoient les dieux, et songer que les vents sont variables dans les hautes régions de l'air. Le bonheur n'est pas de longue durée parmi les hommes, alors même qu'il nous accable des plus extrêmes faveurs. Pour moi, je saurai être petit dans la médiocrité et grand au milieu des grandeurs ; toujours je m'effor

cerai de façonner mon âme à ma fortune présente. (86) f Cependant notre orgueilleuse ambition s'élance vers les plus vastes

projets : l'homme s'attache à d'insatiables espérances; mais le cours du destin trompe étrangement son attente. Sachons donc borner nos vœux; car désirer ce qu'on ne peut obtenir, c'est le

comble de la folie. (187) g Hélas ! l'homme ne devrait-il pas mesurer toujours ses désirs à sa

condition ? (76) h Puissé-je n'aimer que les biens qui nous viennent des dieux, et

borner mes désirs à ce qui est possible à chaque âge! (134) i Les années amènent avec elles une quatrième vertu, qui nous ensei

gne à nous contenter du présent. (150) j Socrate et Platon se sont naturellement beaucoup occupés d'un sujei

si important ; il faudrait citer des chapitres et des dialogues entiers ; ceux qui désirent s'instruire les liront avec grand profit, nous nous bornerons donc à quelques courtes citations.

k PLATON : ...Je vois bien que c'est une nécessité pour moi de me con

tenter, selon le vieux proverbe, des choses telles qu'elles sont...

(v, 266) 1 Ne te semble-t-il pas que la prière exige beaucoup de prudence, de

peur que sans le savoir, on ne demande aux dieux de grands maux en croyant leur demander des biens ?... – Par tous les dieux, Socrate, je ne sais que te répondre ! Car il me parait qu'il n'y a rien de plus fou, ni qu'il faille éviter avec plus de soin que de s'exposer imprudemment à demander aux dieux des

maux en pensant leur demander des biens... (x, 40 et 62) m Je t'entends : tu veux dire qu'il ne faut ni demander aux dieux, ni

désirer avec empressement que les événements suivent notre volonté; mais plutôt que notre volonté elle-même suive notre raison... (viii, 178)

n SOCRATE : Tu sembles, Antiphon, mettre le bonheur dans les délices

et la magnificence; pour moi, je crois que la divinité n'a besoin de rien ; que moins on a de besoins, plus on se rapproche d'elle; et que, comme la divinité est la perfection même, ce qui se rapproche le plus de la divinité, se rapproche le plus de la perfection. (Xén. I, 28)

O CICÉRON : Dans toutes vos entreprises, souvenez-vous de ces trois

principes : soumettre ses désirs à la raison, c'est un moyen de ne pas faillir; connaître la juste valeur de la chose qu'on veut faire, afin de n'y apporter ni trop ni trop peu d'application ; enfin ne se permettre qu'un faste modéré. Pour cela, il ne faut que garder cette bienséance tant recommandée, et n'aller pas plus loin. Mais de ces trois devoirs, le plus essentiel c'est de faire dépendre les désirs de la raison. (de off. 155)

(59)

p ÉPICTÈTE : Presque toute la philosophie consiste à s'informer com

ment on pourra faire usage de son désir et de son aversion sans

rencontrer d'obstacles. (320) q Il faut disposer le mieux possible des choses qui sont en notre pou

voir et user des autres selon leur nature. (5) r Il y a trois articles sur lesquels doit s'exercer celui qui veut devenir

honnête homme ; le premier a pour objet le désir et l'aversion, afin qu'on ne soit point frustré de ce qu'on désire et qu'on ne tombe

point dans ce que l'on veut éviter. (275) S La tâche du philosophe, telle que nous l'imaginons, doit être d'accom

moder sa volonté aux événements de la vie, de manière que rien de tout ce qui arrive ne nous contrarie et que nous ne désirions pas voir arriver les événements qui n'arrivent pas, l'avantage qui en résulte pour ceux qui sont ainsi disposés sera... de passer leur vie sans crainte, sans embarras et sans trouble dans tout ce qui les concerne personnellement et d'observer avec leurs concitoyens

les devoirs que la nature et la société leur ont imposés... (186) t N'oubliant jamais cet ordre (de l'univers), nous devons songer à

nous instruire non pas dans la vue de rien changer aux conditions de ce qui existe, cela ne nous est pas donné et n'en vaudrait pas mieux, mais afin que les choses qui nous concernent étant comme elles sont, et leur nature étant telle, nous disposions notre âme à

s'accommoder aux choses qui arrivent. (57) u MARC-AURÈLE : Quand la partie supérieure de nous-mêmes suit sa

nature, elle est disposée de manière qu'à tous les accidents elle change d'objet sans peine et va à ce qui est possible et qui lui est présenté. Car elle n'a aucune prédilection pour aucune chose; et quand elle se porte à ce qui lui a paru le meilleur, c'est toujours avec exception. Et de tous les obstacles qui la traversent, elle en fait l'objet et la matière de son action, comme le feu qui se rend

maître de tout ce que l'on jette dedans. (Réflexions Liv. iv, 1) v O monde ! Tout ce qui t'accommode, m’accommode ; tout ce qui est

de saison pour toi, ne peut être pour moi ni prématuré ni tardif. O nature ! Tout ce que tes saisons m’apportent, je le trouve un fruit délicieux. Tout vient de toi, tout est en toi, et tout retourne

à toi. (R. IV, xxix) x GETHE : Je ne vois avec satisfaction que l'homme qui sait ce qui est

utile à lui et aux autres, et qui travaille à borner ses désirs. y L'homme n'est pas heureux avant que ses aspirations infinies se

soient limitées elles-mêmes. (vi, 531) 2 NAPOLÉON : Qui veut jouir doit avant tout apprendre à se vaincre

lui-même. (M. Bretin, 192)

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et généralement de m'accoutumer à croire qu'il n'y a rien qui soit entièrement en notre pouvoir que nos pensées, en sorte qu'après que nous avons fait notre mieux touchant les choses qui nous sont extérieures, tout ce qui manque de nous réussir est au regard de nous absolument impossible. (60)

(60) a Descartes: Il ne me semble point que ce soit une fiction, mais une

vérité qui ne doit point être niée de personne, qu'il n'y a rien qui

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