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tous les jours de ma vie que je n'ai pas voués à l'application et à l'étude. On ne peut assez perfectionner la justesse de son raisonnement, ni la pénétration de son esprit. L'histoire des temps passés sert de supplément à notre expérience, et l'on trouve dans ce répertoire d'événements des tableaux de tout ce qui peut arriver de nos jours. . (Frédéric II, au prince de Prusse son frère, héritier

de la couronne.) (Méth. de guer. I, 5) a. f 'NAPOLÉON: La raison, la logique, un résultat surtout doivent être le

guide et le but constant de tout ici-bas. (178)

J'avois éprouvé de si extrêmes contentements depuis que j'avois commencé à me servir de cette méthode que je ne croyois pas qu'on en pût recevoir de plus doux ni de plus innocents en cette vie; et découvrant tous les jours, par son moyen, quelques vérités qui me sembloient assez importantes et communément ignorées des autres hommes, la satisfaction que j'en avois remplissoit tellement mon esprit, que tout le reste ne me touchoit point. (65)

(65) a SALOMON : Proverbes. III. 13 Heureux l'homme qui a trouvé la sagesse et l'homme qui

avance dans l'intelligence ! 14 Car le trafic qu'on peut faire d'elle est meilleur que le trafic

de l'argent, et le revenu qu'on en peut tirer vaut mieux

que l'or fin ! 15 Elle est plus précieuse que les perles, et tout ce qu'on sau

rait souhaiter ne la vaut pas ! 16 Il y a de longs jours dans sa droite et des richesses et de

la gloire dans sa gauche ! 19 Ses voies sont des voies agréables, et tous ses sentiers ne

sont que prospérité ! b LE Lotus : Il passa douze mille années à se promener, se livrant

exclusivement à la méditation par le développement d'une application intense ...et il fut content, charmé, ravi, plein de joie, de

satisfaction et de plaisir. (21) C De la même manière (par la méditation), le religieux... baigne,

inonde, remplit, comble son corps du plaisir de la satisfaction né de la distinction, et il n'y a pas dans tout son corps un point qui ne soit en contact avec ce plaisir... de la satisfaction, né de la dis

tinction et accompagné de raisonnement et de jugement. (28) d Cette exposition de la loi protège tous les ètres contre tous les dan(65)

gers, contre toutes les douleurs, c'est comme un étang pour ceux qui ont soif, comme le feu pour ceux qui souffrent du froid, comme un vêtement pour ceux qui sont nus,... comme une mère pour ses enfants,... comme un médecin pour ses malades, comme une lampe pour ceux qui sont environnés de ténèbres, comme un joyau pour ceux qui désirent les richesses,... comme un océan pour les fleuves,... elle affranchit de tous les maux, tranche toutes les donileurs, délivre de tous les passages difficiles et de tous les liens de

la transmigration. (xxil, 250) e BHAGAVATA : Expose-nous... les moyens qui conduisent, sans se

contrarier les uns les autres, au devoir, à la fortune, au plaisir, au salut... (347,32)

f ORPHÉE : Mais moi je me propose de dévoiler à ceux qui m'écoute

ront un trésor bien plus précieux que des monceaux d'or; mais il faut un homme laborieux que le travail ne rebute pas, qui éprouve promptement chaque chose et qui soit encouragé par ceux qui

savent. (56) & SOCRATE : Si je ne suis point esclave de mon ventre, du sommeil, de

la lubricité, penses-tu qu'il y en ait une cause plus puissante que l'expérience de plaisirs plus doux, lesquels ne flattent pas seulement à l'instant même, mais font espérer des avantages continuels ? Tu sais que, sans l'espoir du succès, on ne goûte aucune jouissance, tandis que si l'on espère réussir dans l'agriculture, dans la navigation ou dans toute autre profession que ce soit, on s'y livre avec autant de joie que si l'on réussissait déjà. Crois-tu cependant que ce soit là un bonheur égal à celui que donne l'es

poir de se rendre meilleur soi-même et ses amis. (Xén. I, 27) h Ne sais-tu pas que jusqu'à présent il n'y a pas d'homme à qui je

le cède pour avoir vécu mieux et plus agréablement ? Car je crois qu'on ne peut mieux vivre qu'en cherchant à se rendre meilleur, ni plus agréablement qu'en sentant qu'on devient réellement

meilleur ? (Xén. 1, 135) i Comment, lorsque les autres achètent à grands frais, au marché, les

objets de leurs jouissances, me procuré-je, sans rien dépenser, les jouissances de l'âme, qui sont plus pures que les leurs ?

(Xén. 1, 2012 į PLATON : ...Ajoutons donc encore à ceci (aux plaisirs qu'on peut tenir

à juste titre pour vrais) les plaisirs qui accompagnent les sciences, si ces plaisirs ne sont pas joints à une certaine soif d'apprendre

ou qu'en tout cas cette soif ne cause aucune douleur. (iv, 519) k SOCRATE : Quant au philosophe, disons hardiment qu'il ne fait aucun

cas de tout le reste en comparaison du plaisir que procure la connaissance du vrai, et que, par son application continuelle à cette étude, il tend à s'en procurer de plus en plus la jouissance...

(VII, 446) 1 Celui qui applique son esprit à l'étude de la science et à la recher

che de la vérité, et dirige à ce but tous ses efforts, n'aura nécessairement que des pensées immortelles et divines; s'il parvient au terme de ses désirs, il participera à l'immortalité dans la mesure permise à la nature humaine; et comme il donne tous ses soins à la partie divine de lui-même et honore le génie qui réside

dans son sein, il sera au comble du bonheur. (vi, 295) m C'est en effet, Socrate, un noble amusement, si on le compare à ces

honteux plaisirs, que celui d'un homme capable de se jouer avec des discours, en composant des allégories sur la justice et les autres choses dont tu as parlé. – Socrate: Qui, mon cher Phèdre, mais il est encore bien plus noble de s'en occuper sérieusement, et, s'aidant de la dialectique, quand on a rencontré une âme bien préparée, d'y semer et d'y planter avec la science des discours capables de se défendre eux-mêmes et de défendre celui qui les a semés, et qui, au lieu de rester stériles, germeront et enfanteront dans d'autres cæurs d'autres discours, qui, immortalisant la semence de la science, donneront à tous ceux qui la possèderont,

le plus grand des bonheurs de la terre. (11, 399) n Ainsi nous pouvons dire avec confiance que, quand les désirs qui

appartiennent à ces deux parties de l'âme, l'intéressée et l'ambitieuse, se laissent conduire par la science et par la raison, et que (65)

sous leurs auspices, elles ne poursuivent d'autres plaisirs que ceux qui leur sont marqués par la sagesse, elles ressentent alors les plaisirs les plus vrais et les plus conformes à leur nature qu'il leur soit possible de goûter, parce que d'une part, la vérité les guide, et que, d'autre part, ce qui est le plus avantageux à chaque chose est aussi ce qu'il y a de plus conforme à sa nature. — Rien de plus vrai. – Lors donc que toute l'âme marche à la suite de la raison, et qu'il ne s'élève en elle aucune sédition, outre que chacune de ses parties se tient dans les justes bornes de son action, elle a encore la jouissance des plaisirs qui lui sont propres, des plaisirs les plus purs et les plus vrais dont elle puisse jouir.

- Sans contredit. (VII, 456) 0 A la vue de cet ordre (l'ordre céleste), l'homme charmé a d'abord

été frappé d'admiration; ensuite il a conçu le vif désir d'apprendre tout ce qu'il est possible à une nature mortelle d'en connaître, persuadé que c'est le moyen de mener la vie la plus innocente et la plus heureuse, et d'aller après la mort dans les lieux convena

bles au séjour de la vertu... (x, 182) q LUCRÈCE : Mais il n'est rien de si doux que d'entrer dans le Palais

élevé, où la paix habite avec la doctrine des Sages, d'où l'on peut regarder en bas les autres hommes qui errent çà et là, et qui cherchent de tous côtés la voie qu'ils doivent suivre dans la

vie. (97) r Car il n'y a rien de si excellent que de discerner toutes choses à

découvert et hors du doute, lequel l'esprit rejette loin de soi. (323) S ÉPICTÈTE : ...et dire comme Socrate: O hommes ! Où tendez-vous ?

Que faites-vous, malheureux, vous êtes entraînés çà et là comme des aveugles; vous laissez le bon chemin pour en prendre un autre ; vous cherchez la tranquillité, la félicité, ailleurs que là où elles sont; vous ne voulez point croire celui qui vous les montre :

pourquoi les cherchez-vous en dehors de vous-mêmes ?... (341) t Voir : renvoi 47, e. u Bossuet: Là nous goûtons un plaisir si pur, que tout autre plaisir

ne nous paraît rien en comparaison. C'est ce plaisir qui a transporté les philosophes, et qui leur a fait souhaiter que la nature n'eût donné aux hommes aucunes voluptés sensuelles, parce que ces voluptés troublent en nous le plaisir de goûter la vérité toute

pure... (219) SPINOZA ... La joie pure et sereine que la raison nous fait goûter,

ayant sa source dans l'activité même de l'âme, l'affranchit au contraire des liens où la nature tend sans cesse à l'enchaîner... La vie la plus parfaite, c'est la vie la plus raisonnable, en effet la vie la plus parfaite, c'est la vie la plus heureuse, la plus pleine, je veux dire celle où l'être de l'homme se conserve et s'accroit le plus, et la vie raisonnable a seule ce privilège. La vie la plus raisonnable est en même temps la vie la plus libre; par l'appétit en effet nous sommes esclaves ; c'est la raison qui nous relève et nous affranchit. (Etique iv, 57 et 73)

Outre que les trois maximes précédentes n'étoient fondées que sur le dessein que j'avois de continuer à m'instruire : car Dieu nous ayant donné à chacun quelque lumière pour discerner le vrai d'avec le faux, je n'eusse pas cru me devoir contenter des opinions d'autrui un seul moment, si je ne me fusse proposé d'employer mon propre jugement à les examiner lorsqu'il seroit temps ; et je n'eusse su m’exempter de scrupule en les suivant, si je n'eusse espéré de ne perdre pour cela aucune occasion d'en trouver de meilleures en cas qu'il y en eût; (66)

(66) a Voir le Disc. de la Méth, renv. 22, 55, 63, 87. – Platon, renv. 64 n.

- EPICTÈTE, renv. 22 l. b ÉPICTÈTE : Ne vous viendra-t-il jamais dans l'esprit de vous occuper

enfin de vous-mêmes, de réfléchir sur votre condition, sur le motif de votre existence, sur l'objet pour lequel vous avez reçu la faculté de voir ?... Et cependant Dieu nous a accordé les facultés à l'aide desquelles nous pouvons non seulement supporter tous les événements sans perdre courage ni nous avilir; mais en bon roi et en vrai père, il nous les a accordées dégagées de tout obstacle et de toute entrave, et il les a mises entièrement à notre disposition, ne se réservant pas même le pouvoir d'empêcher ou de mettre obstacle. Puisque vous possédez ces dons libres et en votre pouvoir, pourquoi n'en faites-vous pas usage ? Ne sentirez-vous pas l'importance du présent qui vous a été fait, et de qui vous le

tenez ? (28 et 30) c Pourquoi sommes-nous encore paresseux, lâches et stupides, et cher

chons-nous des prétextes pour ne point travailler ? Ne nous éveillerons-nous point pour exercer notre raison ?... En effet, faire usage de ses pensées au hasard et à l'aventure; ne rien comprendre à un discours, à une démonstration ou à un sophisme; ne pas examiner, dans une interrogation et dans une réponse, ce qui s'accorde ou ne s'accorde pas avec ce que nous avons admis: n'y a-t-il donc en tout cela aucune faute? (35)

et enfin je n'eusse su borner mes désirs ni être content, si je n'eusse suivi un chemin par lequel, pensant être assuré de l'acquisition de toutes les connaissances dont je serois capable, je le pensois être par même moyen de celle de tous les vrais biens qui seroient jamais en mon pouvoir ; d'autant que, notre volonté ne se portant à suivre ni à fuir aucune chose que selon que notre entendement la lui représente bonne ou mauvaise, il suffit de bien juger pour bien faire, et de juger le mieux qu'on puisse pour faire aussi tout son mieux, c'est-à-dire pour acquérir toutes les vertus et ensemble tous les autres biens qu'on puisse acquérir ; et, lorsqu'on est certain que cela est, on ne sauroit, manquer d'être content. (67)

(67)

a

DESCARTES: Vous rejetez ce que j'ai dit, qu'il suffit de bien juger

pour bien faire ; et toutefois il me semble que la doctrine ordinaire de l'école est que voluntas non fertur in malum, nisi quatenus ei sub aliqua ratione boni repræsentatur ab intellectu, d'où

(67)

vient ce mot, omnis peccans est ignorans; en sorte que si jamais
l'entendement ne représentait rien à la volonté comme bien, qui
ne le fût, elle ne pourrait manquer en son élection. Mais il lui
représente souvent diverses choses en même temps, d'où vient le
mot video meliora proboque, qui n'est que pour les esprits faibles
dont j'ai parlé en la page 26 ; et le bien faire dont je parle ne se
peut entendre en termes de théologie, où il est parlé de la grâce,
mais seulement de philosophie morale et naturelle, où cette grâce
n'est point considérée, en sorte qu'on ne me peut accuser pour
cela de l'erreur des pélagiens, non plus que si je disais qu'il ne

faut qu'avoir un bon sens pour être honnête homme. (vi, 310) Rien ne m'a empêché de parler de la liberté que nous avons à suivre

le bien ou le mal, sinon que j'ai voulu éviter autant que j'ai pu les controverses de la théologie, et me tenir dans les bornes de la philosophie naturelle. Mais je vous avoue qu'en tout ce où il y a occasion de pécher, il y a de l'indifférence; et je ne crois point que pour mal faire il soit besoin de voir clairement que ce que nous faisons est mauvais, il suffit de le voir confusément, ou seulement de se souvenir qu'on a jugé autrefois que cela l'était, sans le voir en aucune façon, c'est-à-dire sans avoir attention aux raisons qui le prouvent; car si nous le voyons clairement, il nous serait impossible de pécher pendant le temps que nous le verrions en cette sorte ; c'est pourquoi on dit que Omnis peccans est igno

rans. (1x, 170) Car comme tous les vices ne viennent que de l'incertitude et de la

faiblesse qui suit l'ignorance, et qui fait naître les repentirs; ainsi la vertu ne consiste qu'en la résolution et la vigueur avec laquelle on se porte à faire les choses qu'on croit être bonnes, pourvu que cette vigueur ne vienne pas d'opiniâtreté, mais de ce qu'on sait les avoir autant examinées qu'on en a moralement de pouvoir ; et bien que ce qu'on fait alors puisse être mauvais, on est assuré néanmoins qu'on fait son devoir ; au lieu que si on exécute quelque action de vertu, et que cependant on pense mal faire, ou bien qu'on néglige de savoir ce qui en est, on n'agit pas

en homme vertueux. (x, 62) d LE LOTUS : C'est pourquoi le fils ou la fille de famille qui est sage,

doit en ce monde, après avoir honoré cette exposition de la loi, l'enseigner, la lire, la méditer, la graver dans son esprit ;... et il entrera en possession d'innombrables qualités.... Ces fils ou ces filles de famille possédant l'enseignement du Tathagata ne seront esclaves ni de l'affection, ni de la haine, ni de l'erreur, ni de l'envie, de l'égoïsme, de l'hypocrisie, de l'orgueil, de l'arrogance, du

mensonge, ils se contenteront de ce qu'ils possèderont. (xxvi, 280) e PLATON : Est-il vrai que personne. ne se porte volontairement au

mal, ni à ce qu'il prend pour mal; et qu'il n'est point du tout dans la nature de l'homme de courir au mal, au lieu de courir au bien; et que, forcé de choisir entre deux maux, il n'est personne qui choisisse le plus grand, s'il dépend de lui de prendre le moin

dre ? (11, 99) f Il est bon de savoir avant tout qu'aucun homine injuste ne l'est

volontairement; parce que personne ne consent à retenir en soi les plus grands maux qui soient au monde, bien moins encore dans la partie la plus précieuse de lui-même : or l'âme est, comme nous avons dit, ce qu'il y a véritablement en nous de plus précieux; personne ne peut donc volontairement y recevoir le plus grand des maux, et passer toute sa vie avec un si mauvais hôte.

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