Oeuvres de Denis Diderot, Volume 3

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J. L. J. Briére, 1821
 

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Page 4 - PAR un roman, on a entendu jusqu'à ce jour un tissu d'événements chimériques et frivoles, dont la lecture était dangereuse pour le goût et pour les mœurs. Je voudrais bien qu'on trouvât un autre nom pour les ouvrages de Richardson, qui élèvent l'esprit, qui touchent l'âme, qui respirent partout l'amour du bien, et qu'on appelle aussi des romans.
Page 261 - C'est d'après eux que l'homme de génie fait sa copie. Les grands poètes, les grands acteurs, et peut-être en général tous les grands imitateurs de la nature, quels qu'ils soient, doués d'une belle imagination, d'un grand jugement, d'un tact fin, d'un goût très sûr, sont les êtres les moins sensibles...
Page 98 - Je l'écoute, je le conseille, je le secours, je le plains. Mon âme ne s'est point endurcie; ma tête ne s'est point relevée. Mon dos est bon et rond, comme ci-devant. C'est le même ton de franchise; c'est la même sensibilité. Mon luxe est de fraîche date et le poison n'a point encore agi.
Page 264 - Réfléchissez un moment sur ce qu'on appelle au théâtre être vrai. Est-ce y montrer les choses " • comme elles sont en nature ? Aucunement. Le vrai en ce sens ne serait que le commun. Qu'est-ce donc que le vrai de la scène ? C'est la conformité des actions , des discours , de la figure , de la voix , du mouvement, du geste, avec un modèle idéal imaginé par le poète, et souvent exagéré par le comédien.
Page 93 - ... refusaitelle de couler de ma plume, elle présentait le flanc. On y voyait tracés en longues raies noires les fréquents services qu'elle m'avait rendus. Ces longues raies annonçaient le littérateur, l'écrivain, l'homme qui travaille. A présent, j'ai l'air d'un riche fainéant; on ne sait qui je suis. Sous son abri, je ne redoutais ni la maladresse d'un valet, ni la mienne, ni les éclats du feu, ni la chute de l'eau. J'étais le maître absolu de ma vieille robe de chambre; je suis devenu...
Page 255 - Ouvrage écrit d'un style obscur, entortillé, boursouflé et plein d'idées communes. Je réponds qu'au sortir de cette lecture un grand acteur n'en sera pas meilleur, et qu'un médiocre acteur n'en sera pas moins pauvre. C'est à la nature à donner les qualités extérieures, la figure, la voix, la sensibilité, le jugement, la...
Page 6 - Le monde où nous vivons est le lieu de la scène ; le fond de son drame est vrai ; ses personnages ont toute la réalité possible...
Page 122 - Qu'il ait tort ou qu'il ait raison, il sera toujours clair et intelligible. Après tout, si notre Italien n'entend autre chose par son contrat social, que ce qu'ont entendu quelques-uns de nos auteurs anglais, savoir l'obligation tacite, réciproque des puissants de protéger les faibles en retour des services qu'ils en exigent , et les faibles, de servir les puissants en retour de la protection qu'ils en obtiennent, nous sommes prêts à convenir qu'un tel tacite contrat a existé depuis la création...
Page 199 - C'est qu'entre tous les hommes de lettres, c'est une des peaux les plus sensibles. Sans compter que l'auteur en use avec le critique comme nous en usons tous avec la nature : lorsqu'elle nous fait le bien, elle ne fait que son devoir; nous ne lui pardonnons jamais le mal. Un endroit repris dans un ouvrage blessera plus l'auteur qu'il ne sera flatté de cent endroits loués; la louange est toujours méritée, et la critique injuste.
Page 242 - Il n'a pas vu qu'après avoir fait consister toute la différence de l'homme à la bête dans l'organisation , c'est se contredire que de ne pas faire consister aussi toute la différence de l'homme de génie à l'homme ordinaire dans la même cause.

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