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riences, il sera facile de reconnaitre la plupart des poisons solides, soit génériquement, soit spécifiquement, de distinguer ainsi les poisons inorganiques des organiques. Les réactions, les modifications consistent en des phénomènes de fusion, de déflagration, de décrépitation, de coloration, de vaporisation, de dégagement de

gaz,

de vapeurs colorées ou incolores, avec ou sans odeur; et si ce sont des poisons facilement réductibles, tels que ceux de la

quatrième section, on obtiendra le métal.

Sur les charbons ardents ou chauffés qvec du charbon, les métalloïdes se vaporisent complétement en vapeurs violacées, bleuissant le papier amidonné , l’iode; rutilantes , le bròme ; blanches, avec odeur alliacée et flamme, le phosphore; jaune verdâtre , détruisant le tournesol et colorant en bleu le papier amidonné, imprégné d'iodure de potassium, le chlore. Les acides dégagent : l'acétique, l'odeur de vinaigre radical; le nitrique, des vapeurs nitreuses, rougissant la morphine; le sulfurique, un gaz ayant l'odeur du soufre qui brûle ; l'hydrochlorique, des vapeurs blanches, précipitant en blanc quelques gouttes d'un soluté d'azotate d'argent, déposé sur une plaque de verre; le phosphorique, des vapeurs blanches, alliacées et acides ; l'oxalique , des vapeurs blanches,.piquantes, qui troublent l'eau de chaux et se condensent en aiguilles soyeuses. Enfin les acides tartrique et citrique noircissent, se carbonisent et donnent des produits acides. Les poisons alcalins à base fixe de potasse, de soude, de chaux, de baryte, de strontiane, fondent ou non sans se vaporiser, ne donnent des produits volatils que lorsqu'ils sont combinés à des acides peu stables, facilement décomposables sur les charbons, tels que les hypochlorites, qui dégagent du chlore, les nitrates, qui déflagrent et donnent des vapeurs rutilantes. Ajoutons que ces bases ou leurs sels communiquent quelquefois à la flamme une couleur particulière. Les ammoniacaux répandent leur odeur spéciale, si ce n'est le chlorure qui est complétement

volatil en vapeurs blanches. Les préparations d'arsenic, d'antimoine, d'étain, de mercure, de cuivre, de plomb, de bismuth, d'argent, d'or, etc., chauffées seules, entre deux charbons ardents, ou mieux encore dans un tube avec du flux noir, donnent le métal, qui reste sur le charbon, au fond du tube ou sur ses parois, s'il est volatil (mercure, arsenic).

Pendant ces réactions, il se passe quelquefois des phénomènes particuliers qui peuvent faire soupçonner l'acide, Je métalloïde combinés avec la base ou le métal. Ainsi les sulfures d'arsenic donnent à la fois l'odeur d'acide sulfureux et alliacée ; cette dernière est propre à tous les arsenicaux. Les préparations mercurielles se vaporisent complétement, les chlorures en vapeurs blanches; les sulfates, avec des vapeurs sulfureuses ; les nitrates avec des vapeurs nitreuses et déflagration. Les chlorures d'étain sont aussi complétement volatils en vapeurs blanches.

. Les préparations de plomb dégagent des vapeurs acétiques ou nitreuses selon que c'est un acétate, un nitrate, puis se colorent en rouge (minium), ensuite en jaune (massicot), et laissent des globules métalliques. Ainsi que les préparations antimoniales, de bismuth, les sels d'argent sont réduits, donnent une couche d'un blanc mat, à laquelle on peut donner le reflet métallique par le grattage. Les sels de cuivre communiquent à la flamme une couleur verte et laissent une couche cuivreuse. On pourrait d'ailleurs dégager l'acide ou le métalloïde par un acide fort, le sulfurique, qui sépare de leurs combinaisons basiques les acides chlorhydrique, nitrique, acétique, sulfhydrique, carbonique, l'iode, etc.

Pour constater ces diverses réactions, opérer ces réductions, si le poison est solide on le dépose dans la cavité d'un charbon ardent, et on observe ce qui se passe; on le couvre ensuite d'un autre charbon, et l'on souffle à l'aide de la bouche ou d'un chalumeau, jusqu'à ce qu'il ne dégage plus de vapeurs. Si le poison se vaporise complétement, il est probable que c'est une préparation mercurielle, arsenicale ou d'étain; alors, après l'avoir mélangé avec du flux noir, on l'introduit dans un tube de verre et l'on chauffe; l'arsenic ou le mercure se volatilisent sur les parois du tube, le premier en incrustation d'un gris d'acier, le second en petits globules mobiles, brillants; l'étain reste au fond du tube en petites pellicules grisâtres. Les autres métaux non volatils restent aussi à la partie inférieure du tube. Après avoir constaté les caractères physiques du métal obtenu, on le dissout dans l'acide azotique ou l'eau-régale; on évapore à siccité; on traite le résidu, qui est un nitrate ou un chlorure, par un peu d'eau et l'on constate les réactions par la voie liquide, comme il est dit ci-après aux poisons liquides. Si le poison, soumis à l'analyse, était un chlorure, iodure, bromure, cyanure, sulfure métallique, on obtiendrait, en outre du métal, un chlorure, iodure, etc. de potassium, qui serait dissous dans l'eau pour constater la présence de ces métalloïdes. Dans une seule expérience on caractériserait ainsi le poison spécifiquement et génériquement. Enfin une autre portion du poison serait dissoute dans l'eau et essayée par la voie liquide, car, en toxicologie, on ne saurait trop multiplier les preuves ; c'est ce qui va être le sujet de l'article suivant.

II. - Poisons minéraux à l'état liquide.

Plusieurs poisons sont ordinairement liquides, le chlore, le brôme, les acides azotique, hypo-azotique, chlorhydrique, chloro-nitrique, sulfurique, phosphorique, l'acétique, le sulfate d'indigo, les hypochlorites de potasse, de soude, l'ammoniaque, ete. Les poisons à base de potasse, de soude, d'ammoniaque, les sels avec excès d'acide, les nitrates, les acétates, la plupart des sulfates, les iodures des métaux qui décomposent l'eau, les bromures, les chlorures, excepté ceux de plomb , d'argent , le proto-chlorure de mercure,

sont solubles dans l'eau. L'iode, le phosphore, les oxydes, sulfures, oxysulfures et carbonates non alcalins sont insolubles.

Pour reconnaître un poison par la voie liquide il faut, s'il est soluble, le dissoudre dans une suffisante quantité d'eau distillée, s'il est insoluble, le traiter à froid ou à chaud par l'acide azotique ou l'eau régale, évaporer à siccité, pour chasser l'excès d'acide, et dissoudre le résidu, c'est-à-dire le nitrate, le chlorure dans l'eau distillée. Pendant cette réaction, il se dégage quelquefois des gaz, des vapeurs, etc., qui servent à caractériser le genre, si c'est un sel; de l'acide carbonique avec les carbonates; de l'acide sulfhydrique, avec les sulfures et oxysulfures, etc. Après ces opérations préliminaires, on cherche à reconnaître ou plutôt à soupçonner la nature du poison , à l'aide d'un certain nombre de réactifs généraux, le papier de tournesol, la potasse, l'acide sulfhydrique, le sulfhydrate d'ammoniaque, etc. Les métalloïdes, le phosphore, l'iode, le brôme, le chlore, les polysulfures, les hypochlorites offrent des caractères si tranchés, qu'il nous paraît inutile de les soumettre à cet

examen.

A.-și le liquide a une réaction fortement acide au papier bleu de tournesol, ne précipite ni par la potasse, ni par l'acide sulfhydrique, après avoir été saturé par cet alcali, c'est un poison acide ou un sel acide à base de potasse, de soude, d'ammoniaque. Les acides se reconnaissent : l'acétique, à son odeur de sel de vinaigre; l'hydrochlorique, à ses vapeurs blanches et au précipité caractéristique qu'il donne avec le nitrate d'argent; le nitrique, à ses vapeurs nitreuses par la limaille de cuivre;le sulfurique, à sa consistance huileuse, sa densité, et au gaz acide sulfureux qu'il dégage à chaud par le cuivre; l'oxalique, au précipité blanc, insoluble dans un excès d'acide, qu'il donne avec l'eau de chaux; l'eau régale, à ce qu'elle est colorée en jaune rougeâtre, attaque l'or, et offre les caractères mixtes des acides nitrique et

hydrochlorique ; enfin le phosphorique dégage, à chaud. par le charbon, du phosphore qui s'enflamme à l'air. Voici du reste les principaux caractères de ces acides.

ACIDE AZOTIQUE (AzO",HO). Liquide incolore ou jaunâtre ; densité de 1,510; bout et se vaporise entre +80° et 120°; donne des vapeurs blanches , légères; colore les matières organiques en jaune; dégage des vapeurs nitreuses avec la limaille de cuivre; rougit la morphine, la brucine.

ACIDE HYPO-AZOTIQUE (AzO‘). Liquide jaune rougeâtre, cristallisable à -9° en prismes; donne des vapeurs nitreuses à l'air; colore l'eau en brun, jaune et vert, et offre les réactions de l'acide azotique.

ACIDE SULFURIQUE (SOY,HO). Liquide incolore ou brunâtre, de consistance sirupeuse; densité de 1,85; bout et se vaporise à + 310°; noircit les matières organiques ; donne, à chaud, par la limaille de cuivre, du gaz sulfureux, et, avec la baryte, un précipité blanc, insoluble dans l'eau, l'aeide azotique.

ACIDE CHLORHYDRIQUE (HCI,1 2HO ). Liquide incolore ou jaune verdâtre, fumant à l'air; densité de 1,128, bout à + 106°; donne, par le nitrate d'argent, un précipité blanc (chlorure d'argent), insoluble dans l'eau, l'acide azotique à froid et à chaud, soluble dans l'ammoniaque, indécomposable par la chaleur. Avec le sesqui-oxyde de manganése, à chaud, il dégage du chlore.

ACIDES PHOSPHORIQUES. Tous sont décomposés à chaud par le charbon, et donnent du phosphore qui s'enflamme à l'air. Le phosphorique (PhO®,3HO) coagule l'albumine, précipite en jaune les sels d'argent. Le pyrophosphorique (Ph0$, 2H0) ne précipite pas

précipite pas l'albumine; saturé par la potasse, il précipite en blanc les sels d'argent.

ACIDE ACÉTIQUE (C*H*Oʻ,HO). Liquide, incolore ; len

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