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Pour reconnaître si les pièces d'or offrent le titre légal, si elles renferment de l'argent, on les soumet à la coupellation. Sur 5 grammes de plomb, fondu dans une coupelle, jetez 112 gramme d'alliage et 3 fois autant d'argent que la pièce contient d'or, ce qui est constaté par une analyse antérieure; l'e plomb et le cuivre s'oxydent, s'infiltrent dans les parois de la coupelle, et il reste un bouton d'or et d'argent, dont on fait le départ, en le faisant bouillir, pendant 20 minutes, dans l'acide azotique à 22°, qui dissout seulement l'argent. Pour avoir l'or pur, on le fait bouillir, pendant 10 minutes, dans l'acide azotique à 32o.

M. Lassaigne a démontré qu'un double louis était formé de platine, 11,200, or, 4,050, argent, 0,201, en traitant, pendant 10 minutes, à une douce chaleur, 1/2 gramme de cette pièce par 2 grammes et 112 d'eau régale, composée de : acide chlorhydrique, 1 gramme et 112, acide azotique, 112 gramme, eau distillée, 1/2 gramme. Le platine seul reste indissout. La liqueur, étendue d'eau, dépose du chlorure d'argent, qui est réduit au chalumeau par le carbonate sodique. Le liquide filtré, dépose, par le proto-sulfate ferreux en poudre, de l'or très-divisé, qui est lavé à l'eau acidulée par l'acidechlorhydrique et desséché. Enfin le liquide restant concentré et traité par le chlorure ammoniaque, donne une double chlorure qui, lavé et calciné, laisse le peu de platine qui avait été dissout par l’eau régale.

. Les alliages les plus usités pour imiter les monnaies d'argent sont :- étain, 75 parties, antimoine, 25 parties, -étain, 75 parties, bismuth, 25 parties, - étain, 80

para ties, zinc, 20 parties, — étain, 90 parties, plomb, 10 par

étain, 80 parties, plomb, 10 parties, antimoine, 10 parties.

Ces données succintes, les caractères chimiques des dissolutions métalliques (page 28) serviront à reconnaitre non-seulement l'altération des monnaies, mais encore, a priori, les proportions de chaque métal dans un alliage.

ties,

CONCLUSIONS ET COROLLAIRES

Toxicologiques.

I.-Il est expérimentalement démontré que les poisons n'agissent qu'après avoir été absorbés. L'absorption en est d'autant plus prompte qu'ils sont plus solubles, ont moins d'action chimique sur les produits organiques, que les surfaces absorbantes sont plus vasculaires, privées de mucus, d'epitelium. D'après leur degré d'activité, ces surfaces peuvent être disposées ainsi : muqueuse pulmonaire, séreuses, tissu cellulaire, musqueuses intestinale, rectale, gastrique, etc.

II. - Les poisons sont absorbés et transportés par les veines dans les organes. Leur séjour y est d'autant plus prolongé qu'ils forment des composés insolubles avec les principes immédiats, sont donnés par doses fractionnées, successives, que les organes offrent moins d'activité vitale; cependant le foie est celui où ils séjournert le plus, peutêtre en raison de sa double circulation, de l'élimination et de la résorption incessantes qui s'opèrent dans le tube intestinal.

III. - La présence du poison en petite quantité dans les organes, même les plus essentiels à la vie, n'est pas incompatible avec l'état de santé.

IV.-L'élimination des poisons se fait par presque toutes les voies, d'une manière continue ou intermittente, mais c'est surtout par les reins, le tube intestinal. On les trouve aussi dans la salive, le lait, la sérosité des vésicatoires , rarement dans la bile. Les poisons volatils et gazeux le sont spécialement par les poumons. Dans les empoisonnements aigus, l'élimination peut être complète en 5, 15 jours. Dans les empoisonnements lents, successifs, les poisons qui forment des composés insolubles avec les produits immédiats peuvent se rencontrer encore dans les organes, surtout dans ceux qui sont les moins importants, 1, 8, 8 mois et plus après leur administration.

V. - L'absence des poisons dans les urines n'est pas une preuve de leur complète élimination.

VI.-Plusieurs poisons étant peu solubles ou formés de parties solubles et insolubles (poisons organiques), donnant lieu soit avec les matières organiques, soit avec les contrepoisons, à des composés insolubles, peuvent se rencontrer dans les matières suspectes (aliments, matières des vomissements, tube intestinal) à l'état 1° solide, 2° liquide, 3o de combinaison ; d'où trois ordres de recherches : A. Séparer le poison à l'état solide par le triage, le lavage ; B. soumettre après la matière à l'action de l'eau simple ou acidulé, de l'alcool, en vase clos, pour obtenir les poisons volatils ou solubles dans ces véhicules; C. détruire ensuite la matière organique, le résidu de l'évaporation des liquides, par l'un des procédés de carbonisation, d'incinération, etc., indiqués dans le chap. II. Ce dernier mode de recherche ne s'applique guère qu'aux poisons de la 4° sect.

VII.--Quoique les poisons absorbés se rencontrent dans la plupart des organes, comme le foie est, de tous, celui qui en contient le plus, quelle que soit la période de l'intoxication, c'est sur lui

que

doivent porter spécialement les recherches; viennent ensuite la rate, les poumons,

les reins, le coeur, les muscles, et, parmi les liquides, les urines, le sang. Ce n'est que dans les cas exceptionnels qu'on y soumet les autres parties. Pour la recherche des poisons absorbés, les deux derniers modes d'investigation indiqués dans le paragraphe précédent sont seuls applicables.

VIII.-Les effets des poisons se distinguent: 1° d'après leur siége, en locaux, généraux, spéciaux; 2° d'après leur acuité, leur succession, en aigus, lents et consécutifs; zo d'après leur nature symptomatique en acres, irritants, caustiques, narcotiques, narcotico-acres, anesthésiques, tétaniques ou convulsivants, septiques, hyposthéniques et hypersthéniques.

IX. - Les lésions, nulles ou peu évidentes lorsque la mort est instantanée, sont, en général, en rapport avec la nature symptomatique des effets : avec les poisons acres, caustiques, elles siégent dans le tube intestinal, sont de nature inflammatoire, et le sang est noir, gélatineux : avec les narcotiques, le cerveau, ses vaisseaux, ses membranes sont congestionnés : avec les narcotico-acres, elles participent des deux genres de lésions précédentes : avec les anesthésiques, ce sont celles qu'on observe dans la syncope, l'asphyxie : avec les tétaniques, la moëlle épinière, ses membranes sont congestionnées, enflammées et les poumons engoués; enfin les poisons septiques rendent le sang incoagulable, brun-verdâtre, très-putrescible, ainsi que les organes. Dans la plupart des cas, lorsque l'intoxication se prolonge, les poumons sont plus ou moins congestionnés.

X.—Quel que soit l'effet des poisons, leur mode d'action est, en définitive, chimique ou dynamique.

XI.-La prophylaxie des empoisonnements se déduit de la connaissance des circonstances dans lesquelles ils peuvent se produire. Quant à la thérapeutique, il y a deux indications fondamentales : 1° s'opposer à l'absorption du poison ; 2o en combattre les effets. On satisfait à la première par

des lotions, la cautérisation, les ventouses, si le poison a été appliqué à l'extérieur; en secondant, provoquant les vomissements, les selles ou par la pompe gastrique, s'il a été donné à l'intérieur; par l'insufflation, à l'aide d'une sonde, ou en rappelant la respiration par les stimulants, la faradisation dans les cas d'intoxication par la voie pulmonaire; enfin, en donnant un contre-poison dont l'effet repose sur l'action chimique. Pour combattre les effets, on se dirige, d'après les indications les plus in portantes, déduites de la nature symptomatique des effets, en combinant le traitement local et général, en secondant la nature pour l'élimination du poison, réparer les désordres organiques et fonctionnels qu'il a produits.

XII.-Le pronostic est d'autant plus grave que le poison est plus actif, l'estomac vide, les vomissements moins prompts, la surface où il est déposé plus absorbante; que les effets locaux sont de nature désorganisatrice, et les effets généraux portent sur les organes les plus importants; que l'état hyposthénique, comatiqué, tétanique sont plus intenses; que le traitement a été moins bien administré.

XIII.-La loxicologie est une science complexe, qui a surtout pour but la connaissance des effets des poisons, leur recherche dans les matières suspectes. Comme il est impossible d'établir une classification à la fois sur ces deux bases, il faut adopter une méthode d'exposition qui les concilie en quelque sorte. MM. Orfila, Devergie, Christison ont pris pour base les effets, d'autres toxicologistes, l'analogie naturelle ou chimique. Sous le rapport légal, cette dernière nous parait préférable; les deux sont également bonnes, selon qu'on envisage les poisons sous le point de vue chimique ou médical.

XIV.—Le diagnostic se déduit des circonstances dans lesquelles l'empoisonnement s'est effectué, en combinant les données fournies par les symptômes, les lésions, l'analyse chimique. Il importe, surtout dans un cas légal, d'éviter les causes d'erreur résultant des réactifs, des états morbides, des poisons normaux, accidentels, etc.

XV.— Les questions toxicologiques les plus importantes, les plus générales, concernent la terre des cimetières, les poisons normaux, accidentels, d'imbibition, la quantité, la valeur des expériences et observations sur les animaux.

XVI.- Les rapports toxicologiques concernent surtout la constatation des effets, la levée de corps, l'autopsie, les exhumations, la recherche des poisons dans les matières alimentaires, des déjections, la falsification des aliments,

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