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papier bleu et rouge de tournesol, par l'acide sulfhydrique, le sulfhydrate d'ammoniaque, la potasse, comme il a été dit page 29.

1° Si les liqueurs rougissent fortement le papier tournesol, ne précipitent, ne se colorent, ni par la potasse ni par l'acide sulfhydrique, le sulfhydrate d'ammoniaque, ce peut être un poison acide ou un sel acide à base alcaline. En traitant une portion de la liqueur par l'eau de baryte, de chaux, le nitrate d'argent, la morphine et l'acide sulfurique, on pourra en soupçonner l'espèce et employer le procédé, les réactifs que nous avons indiqués dans l'historique de chacun d'eux. Si on n'a aucun indice, à l'aide de ces réactifs, on concentre la liqueur jusqu'à consistance sirupeuse dans une cornue, suivie d'un ballon entouré de linges mouillés. Les acides acétique,chlorhydrique, azotique étant volatils, passeront en partie dans le récipient et seront reconnus soit à l'odeur du vinaigre, soit par le nitrate d'argent, soit par la morphine et l'acide sulfurique : alors on continue la distillation au bain d'huile ou de chlorure de calcium jusqu'à presque siccité, pour obtenir autant que possible de ces poisons et ne pas décomposer la matière organique. Si les liqueurs du récipient ne sont pas acides ou que trèsfaiblement, et qu'au contraire celles de la cornue le deviennentdavantage, ce peuvent être les acides sulfurique, phosphorique, oxalique, tartrique, l'oxalate ou tartrate acides de potasse. On traite alors le résidu par l'éther ou l'alcool, qui enlèvent à ces matières, le premier, les acides sulfurique

phosphorique ; le second, les acides oxalique, tartrique, acides qu’on obtient ensuite par l'évaporation du véhicule. Le résidu indissous, traité par l'eau, donnerait l'oxalate, le tartrate acides de potasse. Voyez p. 31, le caractère de ces poisons.

Si les liqueurs sont fortement alcalines, ramènent au bleu le papier rouge de tournesol, ne précipitent, ne se colorent ni par la potasse, ni par l'acide sulfhydrique, le sulfhydrate d'ammoniaque, ce peut êtrela potasse, la soude, l'ammoniaque, la chaux, la baryte, la strontiane, ou un carbonate des trois premières bases. Concentrez-les, à vase clos, comme pour les acides, jusqu'à consistance sirupeuse. L'ammoniaque et son carbonate, étant volatils, se dégageront dans le récicipient, Délayez le résidu dans parties égales d'alcool à 30°, pour précipiter la matière organique, filtrez, évaporez pour chasser l'alcool, faites passer à travers un courant d'acide carbonique ; la chaux, la baryte et la strontiane seront précipitées à l'état de carbonates (pourvu que l'acide carbonique ne soit pas en excès), lesquels, calcinés seuls ou avec du charbon dans un creuset de platine, pendant 1/4 d'heure, donneront ces bases. Quant à la potasse, la soude, qui ne sont pas précipitées par l'acide carbonique, évaporez les liqueurs à siccité, incinérez le résidu, et traitez les cendres par l'eau distillée pour dissoudre ces alcalis et les caractériser. Comme ces bases ou leurs sels existent normalement dans les matières organiques, les expériences doivent être. comparatives avec une égale quantité de matières de même nature. M. Orfila, afin d'éviter cette cause d'erreur, traite à chaud, à plusieurs reprises, le résidu par l'alcool à 44°, qui dissout la potasse, la soude, non les matières organiques et les sels de ces bases, filtre, évapore le soluté alcoolique à siccité, incinère le résidu, reprend les cendres par l'eau, etc. La matière indissoute par l'alcool sera ensuite traitée par l'eau ou incinérée, afin de ne pas perdre la potasse, la soude, passées à l'état de carbonate de ces sels, etc. Comme la baryte, la strontiane, la chaux, peuvent être transformées en carbonates, sulfates insolubles, qui restent mêlés aux matières organiques, il faut incinérer celles-ci, ainsi que les dépôts , et traiter les cendres par l'eau distillée ou l'acide azotique pour dissoudre ces bases ou le nitrate.

3° Si les liqueurs ne sont ni acides, ni alcalines, ne se colorent,ne précipitent pas par la potasse, l'acide sulfhydrique, e sulfhydrate d'ammoniaque, ce peut être un poison neutre

à base alcaline, le nitrate de potasse, l'hydrochlorate de baryte, d'ammoniaque. Évaporez les liqueurs en consistance sirupeuse, précipitez la matière organique par l'alcool, filtrez, évaporez de nouveau pour obtenir ces sels qu'il sera facile de distinguer, le premier fusant sur les charbons, le dernier étant volatil, et l'autre donnant un précipité caractéristique par les sulfates solubles (voyez ces sels).

Que les liqueurs soient acides, alcalines ou neutres, si elles précipitent ou se colorent par l'acide sulfhydrique, le sulfhydrate d'ammoniaque, ce sera un sel de zinc, si le préci. pité est blanc; une préparation arsenicale, antimoniale, un deuto-sel d'étain, s'il est jaune ; un sel de mercure, de cuivre, de plomb, de bismuth, de fer, d'or, d'argent, un proto-sel d'étain, s'il est noir. Comme le sulfure ainsi obtenu est mélangé à de la matière organique, on le chauffe avec l'acide azotique, chlorhydrique ou l'eau régale pour le transformer en nitrate, en chlorure, on évapore l'excès d'acide , on dissout le résidu dans l'eau distillée

pour l'examiner

par les réactifs généraux, spécifier la nature du poison (voyez

page 34).

Les liqueurs ou plutôi les décociés ainsi obtenus sont rarement dépouillés assez complétement de matières organiques pour que les précipités se forment immédiatement; souvent il y a coloration en jaune, en brun de la liqueur, et ce n'est qu'au bout de 4, 6, 12, 24 heures et même de plusieurs jours que le sulfure se dépose. M. Orfila, afin d'obtenir un résultat plus prompt, traite préalablement les décoctés par l'alcool à 36°, pour se débarrasser de la matière organique. Comme l'alcool ne précipite pas toutes les matières organiques, qu'une portion du poison peut être entrainée avec elles, il nous parait préférable, surtout lorsque les liqueurs sont épaisses, visqueuses , albumineuses ou caséeuses, le lait, etc., de les décomposer par le chlore, ou plutôt de les évaporer jusqu'à siccité, et de soumettre le résidu aux mêmes procédés analytiques que lorsque le poison est à l'état de composé insoluble dans ces matières (voyez ci-après).

Lorsque les liqueurs sont colorées, que le poison est dissous dans du café, du vin, etc., on peut, avant de les traiter par l'acide sulfhydrique ou tout autre réactif , les décolorer soit en les filtrant à travers une couche de charbon purifié, soit par un courant de chlore. La décoloration par le charbon est moins usitée qu'autrefois, parce qu'il se combine non-seulement avec la matière colorante, mais encore avec le poison. Si cette propriété du charbon était mieux étudiée, peut-être formerait-elle la base d'une méthode générale pour enlever le poison aux liquides organiques; comme le charbon est insoluble dans la plupart des réactifs, il serait facile d'en séparer le poison à l'aide d'un véhicule ou de tout autre moyen. Ce serait un sujet de thèse très-important. Le chlore décolore assez bien, quoique moins complétement que le charbon, mais il précipite, décompose quelques poisons, les iodés, les sels d'argent, de plomb, les proto-sels de mercure. On fait passer un courant de gaz chlore lavé à travers la liqueur jusqu'à décoloration, on chauffe pour dégager l'excès de chlore et l'on filtre. A cause de l'inconvénient que nous venons de signaler, le charbon et même le chlore ne sont guère plus employés comme décolorants. Il est préférable d'évaporer les liqueurs à siccité et d'analyser le résidu par l'un des procédés suivants.

Il faut soumettre au même genre d'investigation les tissus, les vêtements, atteints par les acides et autres poisons. Comme plusieurs sont employés dans la teinture, il importe, surtout quand ce sont des tissus colorés, que les expériences soient comparatives. On procéderait aussi de la même manière pour reconnaître le poison appliqué sur la

peau, une muqueuse, une plaie (pâtes et poudres arsenicales, mercurielles, etc.). Si c'était une pâte, on la ferait fondre dans l'eau, la graisse surnagerait, les mat es

solubles se dissoudraient dans le liquide, et les insolubles se déposeraient.

C.-TROISIÈME OPÉRATION. Si parles deux moyens d'investigation précédents on ne découvre aucune trace de poison à l'état solide ou dans les parties liquides, c'est qu'il a formé un composé insoluble avec les matières organiques, que, probablement, il appartient à la quatrième section (mercure, cuivre, plomb, arsenic, antimoine, bismuth, étain, fer, argent, or), puisque les poisons acides et à base alcaline, sont solubles, peuvent être retirés assez complétèment de ces matières par l'eau ou l'alcool, à moins qu'ils ne soient transformés en sels insolubles par les contrepoisons, tels que l'acide oxalique, la baryte. Quel que soit d'ailleurs le résultat obtenu, comme la totalité ou une portion de poison, celle qui a formé un composé insoluble, peut échapper aux recherches précédentes, il faut soumettre les matières solides, les dépôts , ainsi que les liqueurs, à l'un des procédés que nous allons décrire dans l'article suivant.

IV.- Description des procédés toxicologiques.

Les procédés pour déceler les poisons dans les matières organiques avec lesquelles ils ont formé des composés insolubles, ainsi que dans le foie, les urines et autres orgạnes ou liquides où ils ont pénétré par absorption, sont assez nombreux. Ils ont pour but d'enlever à ces matières le poison par l'eau acidulée, ou plutôt de les désagréger, de les décomposer, soit par l'action combinée de la chaleur et de l'oxygène de l'air ou des corps qui cèdent facilement l'oxygène , tels que les acides azotique, chloro-nitrique, le chlorate, l'azotate de potasse; soit très-avides d'eau, tels que l'acide sulfurique, ou d'hydrogène, le chlore. Ces procédés s'appliquent spécialement à la recherche des poi

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