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spectacle une espèce de champ de bataille; mais, arrivant à des questions toutes palpitantes encore, nous avons cru convenable d'indiquer seulement la valeur des hommes et la tendance des auvres, sans insister sur la partie analytique. La critique actuelle est accomplie avec trop d'éclat et elle est trop présente à la mémoire de tous pour entreprendre de refaire sitôt son travail hebdomadaire. Ce serait d'ailleurs empiéter sur les droits du temps, ce grand maitre qui ne partage pas toujours les enthousiasmes ou les répulsions des contemporains , et qui sait mettre chaque chose à sa place.

ERRATA.

CHAPITRE TREIZIEME :

Otez du titre : D'ALLAINVAL, PIRON, LACHAUSSÉE.

CHAPITRE DIX-SEPTIÈME :

Dans le titre , à la place de pièces imprimées , lisez : pièces non représentées. - Page 315. Au lieu de : qui ont écrit dans cette période, lisez : qui ont écrit avant et pendant cette période.

HISTOIRE

PHILOSOPHIQUE ET LITTÉRAIRE

DU

THÉATRE FRANÇAIS

DEPUIS

SON ORIGINE JUSQU'A NOS JOURS.

CHAPITRE PREMIER..

ORIGINE DU THÉATRE FRANÇAIS.

L'histoire du théâtre français (et il n'est pas question ici de l'histoire du génie dramatique, qui, loin de disparaître pendant le moyen-âge, s'était installé dans le jubé des églises ), la véritable histoire du théâtre français ne commence guère qu'au moment où des communautés laïques s'emparèrent du drame religieux et le transportèrent du jubé au parvis, et puis sur la place publique, en le traduisant de la langue latine ou de la langue romane dans l'idiome vulgaire. Laissant aussi de côté les cours d'amour, et ces spectacles nommés Entremets dont l'histoire des ducs de Bourgogne offre de si magnifiques exemples, rappelons seulement quelques faits généraux qui présentent un tableau exact et complet des premières manifestations scéniques. Après les troubadours et les baladins employés dans les divertissements de Charles V, Charles VI, Charles VII et Louis XI, on vit s'établir des pèlerins revenant des croisades, lesquels, comme on sait, pour exciter la charité du peuple, représentèrent les mystères de la religion, les martyres, les miracles des saints, les aventures les plus remarquables arrivées aux croisés. Quelques bourgeois de Paris choisirent, en 1398, le

bourg de Saint-Maur pour y représenter la Passion de notre Seigneur Jésus-Christ. Jusque-là on n'avait point encore joué dans des lieux fermés : ce fut l'établissement du premier théâtre. Le roi Charles VI voulut voir ce spectacle ; il en fut content ; il accorda à ces bourgeois, en 1402, des lettres patentes qui leur permirent de s'établir dans Paris et d'y continuer les représentations de leurs comédies pieuses. Peu de temps après avoir obtenu ces lettres, les confrères cherchèrent un endroit commode pour leurs exercices; ils louèrent des Prémontrés l'hôpital de la Trinité. Ils eurent alors un très-grand succès, et plusieurs églises se virent même dans la nécessité d'avancer le temps des vêpres pour que le peuple pût assister à ces amusements. Le théâtre, tout imprégné d'une essence hiératique et consacré à de saintes représentations, n'était pas encore brouillé avec l'Église.

Bientôt parurent les sociétés connues sous le nom de Clercs de la Basoche et d'Enfants sans souscy, qui mèlèrent des scènes gaies et burlesques aux pièces en quelque sorte liturgiques, dont le peuple commençait à se lasser. L'histoire du théâtre français comprend celle de ces trois sociétés contemporaines. Les confrères de la Passion possédaient le privilége des mystères ; les clercs de la Basoche inventèrent les moralités, espèces de personnifications des vices et des vertus. Mais cette troupe turbulente ne respecta pas toujours la morale dans ses moralités. Les Basochiens, malgré leur roi et leur juridiction, l'importance, en un mot, qu'on leur avait accordée dans l'État, s'abandonnèrent souvent à l'effervescence de la jeunesse. Ils se livrèrent, ce qui irrita surtout contre eux, à des vivacités tout à fait aristophaniques contre les gens puissants.

Un arrêt du parlement, en 1470, leur défendit de continuer l'exécution de leurs jeux; mais Louis XII, surnommé le Père du peuple, rétablit tous les théâtres ; il permit aux acteurs d'exercer leur satire contre toutes les personnes de son royaume, sans s'excepter lui-même. Les Basochiens profitèrent largement de cette liberté : ils osèrent imprimer sur leurs masques les traits des personnes qu'ils attaquaient. Le parlement fut encore obligé d'intervenir. D'un autre côté, le parlement, par un arrêt du 19 octobre 1548, fit défense aux confrères de la Passion de représenter des pièces tirées de l'écriture sainte, parce que la religion s'y trouvait déjà fréquemment offensée. Les confrères de la Passion, qui avaient acheté l'hôtel de Bourgogne, cédèrent alors cet hôtel à une troupe de comédiens. Voici ce que dit l'abbé d'Aubignac sur ces deux sociétés : « Or, en France, la comédie a commencé par » quelques pratiques de piété, étant jouée dans les temples et

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