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Nouvellistes

N***, grand Nouvelliste, ne débitoit gaère que de fausses nouvelles. Un jour il en dit une vraie , mais nullement vraisemblable. Quelqu'un la redisant d'après lui,on ne la crut point. II cita sonauteur, &on crut moins encore .Untroisième survint,qui confirma la nouvelle, & la prouva. Mais, reprit vivement un des incrédules, puisque cela est vrai, pourquoiN*** Va-t-ildtt? Essais de Littérature.

Quelqu'un demandoit, en présence de M. N***, s'il y avoit des nouvelles intéressantes. On lui répondit : Monsieur N*** peut vous en' instruire , car il en fait.

On a fait ce conte. Un Nouvelliste de profession avoit toujours autour de lui, dans les promenades publiques, beaucoup de gens qui l'écoutoient. Un jour,voyant un laquais qui étoit mêlé parmi lesautres, il voulut l'envoyer plus loin. Monsieur , lui dit le !aquais,y« retiens ici place pour mon maître.

_l/0pèra Français, dit un Auteur moderne, est parmi les drames, ce que VOrlando est parmi les poëmes épiques. Lulli & Quinault peuvent en être regardés comme les créateurs. Voye\ Lulli, Quinault , DiSionnaire des Portraits & Anecdotes des Hommes illustres.

Le Triomphe de VAmour est le premier Opéra dans lequel on introduisit des danseuses. Ce ballet fut d'abord exécuté à Saint-Germain-en-Laye, devant Sa Majesté, le 21 lanviêr 168a. Monseigneur, Madame la Dauphine, Mademoiselle, le Prince& la Princesse de Conti, le Duc de Vermandois, Mademoiselle de Nantes, avec plusieurs autres Seigneurs & Dames de la Cour, dansèrent dans ce ballet. Ce mélange des deux sexes rendit le spectacle fi brillant, & fut si applaudi, que lors de fa représentation du même opéra à Paris, sur le théa

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quepourune Académie de danse. La langueur mortelle de notre récitatif n'est pas la moindre cause de ce goût vif des spectateurs pour la danse. Aussi un homme d'esprit, à qui on demandoit un moyen pour soutenir un Opéra prêt à tomber , répondit assez plaisamment, qu'il n'y ayoit qu'à alonger les danses, & raccourcir les jupes.

La première fois que l'opéra <tlfis fut représenté devant Louis XIV , ce Prince en fut fi satisfait, qu'il fit rendre l'Arrêt du Conseil , par lequel il est permis à un Gentilhomme, de chanter à l'Ojpéra, d'en retirer des gages, fans déroger.

Thevenard, retiré du théatre en 1717, & mort en 1731, étoit la plus belle basse-taille que l'on eût entendue. Un Abbé, placé au parterre del-'Opéra, un jour que cet acteur représentoit, étoit importuné par un fat qui fredonnoit continuellement à ses oreilles.L'Abbé fit quelques gestes de dépit. Et qu'avez-vous, Monsieur l'Abbé ,luïdit le fat? vous. 11e me p.iroissez pas content. C'est, Monsieur, répondit l'Abbé, que j'enrage contre ce coquin de Thevenard qui m'empêche de vous entendre.

Ceux qui ont recueilli les anecdotes du théatre, mous en citent quelques-unes qui peuvent servir ì nous rappeller ces jeux olympiques, où la Grèce assemblée, courormoit ses héros. La première fois que le Maréchal de Villars vint à l'Opéra , après }a grande affaire de Denain, en 171a, la Demoiselle Antier faisant le rôle de la Gloire, dans le prolo:%wà'Armide, lui présenta darts físbalconsduthéatre, où il étoit , une couronne de laurier. Le lende-main , le Maréchal lui envoya une tabatière d'cr. La même chose est arrivée pour le Maréchal de Saxe, après la célèbre journée de Fontenoy. Ce Général étant dans les balcons de l'Opéra , la Demoiselle de Metz, nièce de la Demoiselle Antier, représentant la Gloire , dans le prologue du même opéra'd'Armide, lui présenta aussi la couronne de laurier , que fa modestie ne lui permit d'accepter qu'avec beaucoup de peine. Ce Maréchal envoyi

Oracles. Í7$ le lendemain, à la Déesse, pour dix mille francs de pierreries.

ORACLES,

I 'A consultation des oracles, étoit, comme l'ort fait, la pratique la plus superstitieuse de la religion des anciens. U y en avoir à Délos, à Claros, à Delphes , & par-tout où l'on rencontroit un peuple crédule Si des cavernes.

Lorsqu'il faudra entreprendre la défense de voí amis, dit Epictète , ne consultez point les devins, & n'attendez point leurs réponses sur ce que vous devez faire. Les anciens ont^ sur ce principe, admiré la réponse que l'oracle d'Apollon fit à ceux de Cumes, qui l'envoyèrent consulter, s'ils livreroientau Roi de Perse, Pactias qui s'étoit mis sous leur protection. L'oracle répondit qu'ils le livrassent. Aristodicus, un des premiers de la ville, soutint que l'oracle n'avoit pu faire une réponse si injuste , & qu'il falloit de nécessité , que les députés eussent rapporté faux. La ville, sur cette représentation , chargea Aristodicus d'y aller lui-même avec de nouveaux députés. L'oracle fit la même réponse. Aristodicus, peu satisfait, se promenant autour du temple , apperçut un nid d'oiseaux qu'il chassa'à coups de pierres. Alors il sortit du sanctuaire , une vois qui lui cria : « Détestable mortel f ), qui te donne Ta hardiejse de chasser d'ici, ceux qui usontsous ma proteSion ?Eh quoi ! grand Dieu ,, répondit aussi-tôt Aristodicus « vous vene\ de » nous ordonner cette aclion injuste , en nous corn— » mandant d'abandonner Paclias qui s'est refugié » sous'nolrèprotedion, Impies que vous étes » répondit le Dieu « puisque vous save\ que c'est » mal-fait d'abandonner eeut qui se jettent entre » vos bras,pourquoi vene\vous me consulter? Est» ce pour me tenter ? i?

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