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· volé du foin, Le confesseur lui demandoit : Com

bien en avez-vous pris de botres ? — Oh ! dic-il, Monsieur devinez. - Trente bottes, dit le confef seur? -Oh ! non, - Combien donc , soixante?' Oh ! vraiment, nenni, reprit le paysan, mais bourez-y la charrerée ; aussi bien , ma femme & moi nous devons aller quérir le reste tantôt. '

Un Evêque voyoit, un jour de fêre à la campagne, un grand nombre de paylans qui, pendant le cathé. chisme, s'amusoient à différents jeux , & d'autres qui buvoient & chantoient. Il dit avec chagrin, à quelques Chanoines qui l'accompagnoient : il y a bien de l'ignorance parmi ces gens • là ; cependant ils aiment mieux employer le temps à fe dé. baucher, qu'à s'instruire. Viens çà , par exemple; gros maraut, continua-t-il, en s'adressant à celui dont il étoit le plus près:combien y a-t-il de Dieux? Pargué, Monseigneur, répondit le paysan, il n'y en a quun ; encore est-it mal servi par vous autres gens d'Eglise. L'Evêque ne jugea pas à-propos de l'in erroger davantage.

On montroit à un paysan , tout ce qu'un Maréchal de France avoit pris; les villes, les pays, tout cela écoit dans un tableau. Morgué, tout ce qu'il a pris n'est pas là, dit un paysan, car je n'y vois pas mon pré. - Un paysan étoit allé trouver un Avocat pour le consulter sur une affaire. Il avoit son argent à la main , & paroissoit defirer que la consultation favorisât ses prétentions. L'Avocat pensa avec raifon, qu'il n'étoit pas de son devoir d'oser de cette complaisance ; & pour l'intérêt même de celui qui le consulroit , il lui dit que sa cause n'étoit pas foutenable. Le paysans serre auffi-tôt son argent, & tire fa révérence. L'Avocat piqué de l'injustice de ce maraur, cruc devoir lui donner une leçon à ses dépens. Il le fait rappeller, & changeant de ton, Joi dit que toutes les affaires ont deux faces , & qu'en envisageant la fienne d'un certain côté, il ne pouvoit manquer de la gagner. I en doona une

vo

raison frivole ; elle parut excellente au paysan, qai, transporié de joie , tire tout l'argent de sa po che, & le donne à l'Avocat. Celui-ci en le ferrant, lui dit : mon ami , je vous ai donné deux conseils, vous n'avez pas payé le premier : vous avez payé le second; gardez-vous cependant de le suivre , il ne vaut rien ; mais tenez-vous au premier, c'est le bon,

Un paysan en procès, sollicitoit son Procureor pour qu'il y travaillât. Mais celui-ci qui de voyoit point venir d'argent, difuit toujours à fon client : Mon ami, con affaire est si embrouillée, que je n'y vois goutte. Le paysan comprit à la fin ce que cela vouloit dire, & sirani de la poche, deux écus, les présenta à son Procureur:Tenez, Monsieur, voici une paire de besicles, i

Un Seigneur regardoit des enfants bien gaillards, bien portants, qui se jouoient autour de son fermier. Voilà, lui dir-il, de gros enfants, frais & rougeauds , qui font plaisir à voir, ceux de nous av-, tres gens de Cour, au contraire, font toujours fois, bles, toujours pâles & languiffanis; comment faites-vous donc, vous autres paysans ? — Pargué, Monlieur , je les faisons nous-mêmes.

Lucas étoit de si bonre amirić, que le pauvret voyant sa fen me en couche, s'approcha dę son lit, & cherchoit à la soulager. Cetre femme, au plus fort de les douleurs, le voyant fe laienter : « Eh! » mon ami - lui dit-elle « ne prends point tant de » chagrin de ine voir souffrir , je fais fort bien » que tu n'en es pas la cause. »

Un paysan chargé de fagors ,crioit par les rues, Gare, gare , afin qu'on le détournát. Un jeune. homme vêru de foie , ayant négligé l'avertissement, eu fon habit déchiré. Là-deffus , grand bruit : le jeune homme vegt être payé de fon ha bit , & fait la plaince au Commissaire qui écois survenu. Le paysan est interrogé; mais il ouvre la bouche fans dire mor. Etes-vous muet , mon ami ? lui dit le Commissaire. Non, non, Monsieur , in

terrompic

. terrompic le plaignant , c'est belle malice, parce qu'il ne peut se défendre , il fait le muet ; mais quand je l'ai trouvé en mon chemin , il crioit comme un beau diable; gare, gare. Eh bien ! dit le Commissaire , que ne vous rangiez-vous ?

On sait que St Martin, Evêque de Tours, étoit fils d'un Officier , & qu'il avoit fervi dans les are mées avant d'être Evêque; c'est pourquoi on le voit souvent sous la forme d'un Cavalier. Les Marguilliers d'une Paroisse de campagne, dont il écoic le Patron, l'avoient ainsi fait peindre. Un jour que l'Evêque du Diocèse , suivi d'un grand équipage , faisoic sa visite dans cette Eglise, il demanda au Marguillier , qui étoit paysan, pourquoi le Patron n'étoit pas représenté en Evêque, qui étoit sa dernière & plus noble qualité ? « Oh! oh! Monsei» gneur, répondit le paysan, nousy gagnons cing » chevaux: car il en faut fix au carrosse d'un Evê» que, & il n'en faut qu'un à un Cavalier. .

Un paysan , obligé de faire un voyage, recommanda à la femme de ménager son front. Pour quoi cela, lui répondic la jeune Agnès? C'est, dice ii, que si cu n'écois pas fage, il me viendroitdans le moment des cordes à la tête. Fi donc ! je m'en garderai bien yreprit-elle; je crains trop les cornes. A peine fut-il parti , qu'un galant lui éclaircit le mystère, & mit ses leçons en preuve. Le mari, de recour, elle l'examine, & lui dit : Ta m'as donc trompée ?

Un prédicateur prêchoitdans un bourg ; & pour rendre plus sensibles les vérités de la morale, il usoit souvent de l'interrogation. Ma pauve fille ! disoit-il, en parlant des jeunes filles qui prêtent l'oreille aux fleurettes, quel fruit avez-vous recueilli des douceurs que ce jeune homme vous a dices , des soins qu'il vous a rendus, de la promesfe de mariage qu'il vous a faire ? Une fort jolie paysanne, placée vis-à-vis le prédicareur,& qui se irouvoit dans ce cas, crut que c'étoit elle que l'on interrogeoit .: elle se lève ; & après avoir fait la

Tome II.

révérence au prédicateur : « Monsieur » lui dit-elle en pleurant « il m'a leurrée de belles promesses, » & après m'avoir trompée , it m'a plantée là. · Blaise apprenant que Lucas son débiteur écoiti à l'agonie, courut chez lui pour se faire payer. Le débiteur, insolvable , lui dit d'une voix éteinte :: Laissez-moi mourir en paix. Oh ! parbleu , repartit Blaise , tu ne mourras point que je ne fois payé.

Un Laboureur voyant passer l'Archevêque de Cologne, accompagné de soldars, ne put s'empêcher de rire. L'Archevêque en demanda la raison. C'est, dic le Laboureur que je suis étonné de voir un Archevêque armé & fuiyi de gens de guerre. Ne fais-tu pas, mon ami, lui répondit-il , que je suis Prince, aussibien qu'Archevêque ? J'entends bien, répliqua le paysan ; mais dites-moi, je vous prie , quand M. le Prince ira à tous les diables, que deviendra l'Archevêque? ; - Un Seigneur d'un poil roux étant dans une maifon de campagneoù Henri IV, Roi de France, étoit venu pour une partie de chasse , demanda en préfence du Roi au jardinier, qu'il savoit être eunuque, pourquoi il n'avoit point de barbe ? Le jardinier lui répondit , que le bon Dieu faisant la dir· tribution des barbes, il étoit venu lorsqu'il n'en

reftoit plus que des rousses à donner , & qu'il aima mieux n'en point avoir du tout , que d'en porter une de cette couleur. · Un Cardinal recevoit , au milieu d'un cercle de Dames, les présents de fon Fermier, qui lui apportoit un panier de fruits rares par leur beauté, Com- . me ce paysan considéroit avec intérêr toutes ces Dames, plus belles les unes que les autres, le Cardinal lui demanda en riant , laquelle il choifiroit pour son épouse , fi ce choix lui étoit accordé ? Le paysan ne parut point embarrassé, mais parcourant tous ces objets avec des yeux où le desir périlloit, il les arrêta sur une Dame pour laquelle le Cardinal avoit des attentions particulières. Le paysan, qui

les avoit remarquées, dit au Cardinal : « Ma
» foi, Monseigneur, je choisirois Madame la Car-
» dinale. »
· Un paysan venoit du catéchisme. Quelqu'un,
qui le vit chagrin, l'interrogea sur ce qu'il avoit.
Monsieur le Curé, répondit-il, est toujours à me
gronder ; il m'a demandé combien il y avoit de
Dieux. Eh bien ! cu lui as réponda qu'il n'y en
avoit qu'un. — Que dites-vous un ? je lui ai dic
qu'il y en avoit trois, & il n'est pas encore content.

L'amoureux Blaise recherchoit en mariage une jeune paysanne fort jolie. La noce devoit se faire dans peu ; cependant son amour impatient avoir de la peine à se contenir; mais la rusée faifoit la sourde à tous ses discours , & favoit le repousser à propos. Enfin, le jour cant desiré arrive; Blaise,', au comble de ses vœux, & dans sa plus douce joie, loue la prudence de fa prétendue, de n'avoir pas . voulu l'écouter : Car entre nous, disoit-il, li juf- . ques-là eu c'écois laissé aller, je n'aurois, de mes jours, voulu te voir, « Ah ! que je n'avois garde, .» repartit-elle aussi-tôt, de te rien accorder, j'au vois écé trop souvent attrapée.

PEINTRE.

I IMANTE , peintre de l'antiquité, se fervit d'un moyen assez ingénieux pour faire connoître la prodigieuse grandeur d'un géant endormi. Il représenta un latyre qui mesuroit, avec un thyrse, le pouce de ce géant, * Un Peintre se glorifioit devant Apelles, de peindre fort vire. On le voit bien, répondit ce célèbre artiste.

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..; ; On demandoit à un Peintre célèbre , par quel moyen il étoit arrivé à un si haur degré de perfection dans son art : c'est en ne négligeant rien, répondit-il. . i

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RA

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