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Sequanici Tritones, ament & ludere Nymphæ.

Vix ea : Pierides fusis risêre cachinnis. Delulum fine Baccho , & aquâ Permesside Vatem. Hinc fapite, ô socii, nec sacros temnite fontes.

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Traduction par M. DANCHET. .

LX I V.

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'HIVER nous fera-t-il une éternelle guerre ?

N'avons-nous pas assez ressenti sa fureur ?
Les tristes Aquilons portent par tout l'horreur,
Le fleuve de la Seine enchainé dans ses rives
Voit son urne rompue, es ses ondes captives.
Son front est dépouillé des aimables roseaux
Qui de leur verte cime embelissoient ses eaux.
De neige dor de glaçons fa tête blanchisante ,
Ne peut en soutenir la charge trop pesante;
Vainement sous ses flots il cherche à se cacher,
De mille fers secrets il se fent attacher;
Il fait pour s'affranchir des efforts inutiles,
Ce fleuve l'ornement de la Reine des villes,
Que n'aguere on voyoit en ces superbes lieux
Conduire dans nos ports des vins delicieux ,
De tous les Dieux en vain implore l'afsistance :
D' Apollon outragé n'est-ce point la vengeance ?
Ce Dieu jaloux des droits de ses sacrés côteaux
Veut punir le mépris que j'ai fait de ses eaux.
Quoi donc ces vins frians, qui

flattoient mon attente,
Que pour prix de mes vers la Bourgogne obligeante ,
M'envoyoit sur la Seine à l'aide des zephirs,
Arrêtez par l'hyver tromperont mes defirs?

Je ferai donc privé de ce jus dele&table,
Qui feroit le plaisir dgn l'honneur de ma table?
Ciel! contre le Printems quel astre courroucé
Tient encore en son lit cegrand fleuve glacé?
Toi qui venois auffi,coulant d'intelligence
Chés les peuples voisins apporter l'abondance,

Fleuve autrefois fi beau , MARNE, l'Hyver afreux
Te revient gemissant dans ses fers rigoureux :
Il ne i'est plus permis de r'unir à la Seine,
Quel crime a merité cette cruelle peine?
Ces flots que par mes chants j'ai forcé tant de fois
A suspendre leur cours pour entendre ma voix ,
Injustement contraints d'expier mon caprice,
Seroient - ils condamnez à ce fatal suplice ?

Je me plaignois ainsi de la rigueur des Dieux:
Lorsqu'un nuage offrit une troupe à mes yeux.
Je crus que les neuf Sæurs objets de ma tendresse,
Venoient comme autrefois consoler ma tristesse.
Mais , Dieux ! quel changement ! leur visage en fureur
Et leurs yeux irritez me glacerent d'horreur,
Calliope à mes vaux autrefois favorable ,
Ne me regardoit plus que d'un vil formidable.
Insultant à mon trouble, da d'un air dédaigneux .
Me donnant à la fois mille noms odieux,
Son couroux étoufa cette celeste flame,
Qu'elle avoit elle-même allumée en mon ame.
Je ne me sentis plus cette vivacité,
Dort mes Vers empruntoient leur force de leur beauté.
Je la vis par ces mots condamner mon audace.
Tu preferes le vin aux Sources du Parnaße.
Dit elle ; quoi, perfide , as-tu donc quitter
Les lieux qu'avec plaisor tu venois frequenter?
Ces lieux tu puisois ce sublime genie ,
Qui t'inspiroit des Vers la divine manie,
Et qui te conduisant loin des profanes yeux
Quoiqu'en un corps mortel , t'élevoit dans les Cieux.

Jeune on t'a venir dans nos bois dos nos plaines , Rever utilement au bord de nos Fontaines ; Deformais que les ans ont glacé ta vigueur, Cheriffant de Bacchus la greffiere liqueur, Méprise , j'y consens, les Ondes du Permesse: Qu'importe qu'Apollon à tes vers s'interesse ? Bacchus sçait exciter de plus nobles transports, Avons-nous jusqu'ici secondé tes efforts ? Et dequoi t'a servi notre puissance vaine ? Vers le fils de Semele un beau penchant t'entraine,

Le Vin te tiendra lieu de Mufe don d'Apollon,
Et DiJon fera plus que le sacré Vallon.
C'est que de tes Vers tu foútiendras la gloire .
Les braves Bourguignonst'apprendront à bien boire.
Eprouve cependant que les Dieux immortels,
Peuvent quand il leur plaît, punir les criminels.

Par l'ordre d'Apollon les Vents impitoyables,
Ont brizé, tu le vois , leurs antres effroyables.
Ces fiers sujets d'Eole échapez de leurs fers
Ravagent la campagne do regnent dans les airs
Conduisant après foi les Frimats, la froidure,
L'aquilon furieux de sole la nature.
Le Fleuve en vain fremit de leurs bruians combats:
Il se cherche en son lit dgn ne se trouve pas.
Son ennemi poursuit ses Ondes fugitives,
Il le presse,il le glace, de l'attache à ses rives.
En ce funeste état il voit de toutes parts
Sur ses Flots endurcis des chevaux des des chars,
Desesperé, confus , il voit dans sa disgrace
vne insolente troupe insulter à la glace,
Heureux si dans ses Eaux il pouvoit submerger
Les fardeaux importuns dont il se sent charger.
Ce Fleuve qui rouloit d'une course orgueilleuse ,
Au sein de l'Ocean fon onde impetueuse
Et aujourd'hui

forcé sans espoir de secours , De rester immobile au milieu de son cours.

Va, brave deferteur d'une troupe impuissante, Anime tes Chansons, do qu'à ta voix touchante Les Nymphes, les Tritons paroissent sur les Eaux Et conduisent des mains tes Vins en tes Vaisseaux. Deformais, j'y consens, reprends en main ta Lyre.

Ces mots furent suivis de grands éclats de rire. Et moi je restai seul fans Muses dos Sans Vin. Craignez., Auteurs, craignez un semblable destinai

* AD

* AD IMPROBAM

MUS A M.

Mufarum indignationem placare tentat.

L X V. URDA puella, meos dudum quid (pernis amores ,

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Vix ego te agnovi, cùm blando accensus amore,

Hæc animum, dixi flectere sola potest.
Audiit hæc, fpondetque animos ad carmiua magnos,

Sed mihi tēntanti carmina nulla dedit.
Improbe amor fallis, fallis magis improba Musa;

Fallis, quis nescit? Fallitur omnis amans. Ah! quoties dixi, te nunquam Musa revisam,

Numquam meque fuis ignibus uret amor.
Me ridebat amor, nam te mea Musa revifi,

Ignibus atque suis fortiùs ussit amor,
Me numquam videas, te numquam Musa videbo,

Sed si me videas, tu videare, precor.
Noctes, atque dies , tua sæpe occurrit imago,

Inceffus, tua vox, & tua verba simul. Quid non misislem? fi non mihi dura fuisles,

Misislem quidquid mittere novit amor. Sed nec muneribus, precibus nec flecteris ullis,

Nunc gaudes nostris sæva puella malis. Ergo vale, extremo tandem te te alloquor ore:

Ni tecum, ah moriar! vivere, amemque mori.

* Cerre Piece & la suivante Muses. Notre Poëte les avoit font deux plaintes contre les faites avant la precedente.

Tomus II.

B

AD EANDEM MUSA M.

Musâ cadente fe quoque cadentem fingit.

DAMON ET LICORIS.

LX V L.

UM Damona fugit celeri pede casta Lycoris,

Virgineus pennas nam pudor addiderat Saxo offensa cadit, faxoque offensus eodem

Mox cecidit Damon nec cecidisle pudet. Sic lapsos ridebar amor, plaudebat utrisque;

Sed fubicus risum comprimit ecce dolor. Acceptum è casu vulnus monstrabat amanti,

Virginis in tenero pollice vulnus erat. Mox lachrymis vulnus Damon aspersit obortis,

Felix si medicam fendo tulisset opem. Quòd tibi feci, inquit, tempus curabit , at illa

Quam mihi fecisti plaga perennis erit.

TRADUCTION.

L X V I.

A Mynthe la Reine des Belles,

Fuyoit un amoureux Berger,
La pudeur lui prétoit ses ailes
Pour échaper à ce danger;

Mais on va mal quand on le presse,
La Nymphe alla tomber dans un endroit glisant ,
Auprès d'elle bientôt tombe aussi son amant

Sans rougir de fon peu d'adresse.
Amour ce petit Dieu badin,
Dans une niche de verdure
s'applaudissoit de l'avanture.

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