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raissouli vis-à-vis de Mohammed el Torres, représentant du sultan å Tanger. Celui-ci, sur la réclamation d'une légation étrangère dont un ressortissant réclamait pour les formalités d'achat d'un terrain le concours des notaires et arpenteurs, a fait intimer l'ordre aux agents d'Erraissouli de cesser leurs menaces contre ces fonctionnaires.

Les agents d'Erraissouli lui ont répondu avec une déférence ironique qu'ils étaient désolés de déplaire à Mohammed el Torrès, mais qu'ils n'avaient d'ordres à recevoir que d'Erraissouli et qu'ils étaient par con. séquent décidés à enlever, pour les emmener à Zinat, résidence de leur chef, les notaires ou autres qui s'aviseraient de procéder aux formalités de vente de terrains hors des portes de la ville.

On se demande si l'état d'esprit que révèle cet audacieux défi à l'autorité du makhzen permet d'attendre sans danger pour la sécurité publi. que les délais prévus pour l'organisation et le fonctionnement de la police internationale.

Afrique occidentale. – Le nouveau régime de propriété foncière dans l'Afrique occidentale. – Le ministre des Colonies vient de soumettre à la signature du président de la République un très important décret en 160 articles, qui organise définitivement le régime de la propriété foncière dans les colonies et territoires relevant du gouvernement général de l'Afrique occidentale française. Cet acte est inspiré des principes sur lesquels repose le système foncier des colonies australiennes, connu sous le nom de système de l'Act Torrens, et dont l'application à plusieurs de nos possessions, la Tunisie, Madagascar et le Congo, a déjà donné d'excellents résultats.

On sait que ce système est essentiellement caractérisé par l'immatriculation des propriétés sur des livres fonciers, où sont consignes le plan et la description exacte de l'immeuble, et où toutes les charges, obligations et transmissions qui peuvent ensuite l'affecter sont inscrites dans l'ordre de leur date. Tout immatriculé possède ainsi une sorte d'état-civil, et il est tenu enregistrement de tous les droils que peut faire valoir sur lui soit le propriétaire, soit des tiers. La copie authentique de l'acte d'immatriculation, maintenue à toute occasion en conformité avec le registre, sert au détenteur de titre de propriété.

Une procédure spéciale est prévue, au moment de l'immatriculation, en vue de la purge des obligations pouvant peser sur l'immeuble, et afin de garantir les intérêts des tiers.

Ce régime avait été déjà partiellement appliqué dans plusieurs des colonies relevant du gouvernement général de l'Afrique occidentale française. Le nouveau décret l'étend à tous les territoires de cette région ; de plus, il réalise d'utiles simplifications de procédure; enfin, innovation particulièrement importante, il ouvre aux indigènes la faculté de faire immatriculer leurs terres.

Dans des pays neufs comme nos vastes possessions de l'Afrique occidentale, un tel système présente les plus grands avantages. La reconnaissance et la consolidation des propriétés sont largement facilitées; les droits immobiliers sont protégés par des garanties

. qui ne peuvent être contestées ; les transactions et le crédit, grâce à la simplicité et à la précision des titres de propriété, deviennent plus aisés.

Enfin, c'est une mesure d'une haute portée morale et civilisatrice que de donner aux indigènes les moyens de faire reconnaître comme droits de propriété, aux termes de la loi française, leurs droits de détenteurs précaires. Ils n'ont plus à craindre les abus, les spoliations, toujours à redouter dans des sociétés encore rudimentaires. L'homme, plus directement attaché à la terre, voit se matérialiser en quelque sorte sous ses yeux les résultats de son effort. Il a conscience de travailler à la constitution d'un patrimoine, c'est-à-dire d'une valeur qui peut lui survivre et passer à ses descendants. Le sentiment de la propriété individuelle relève sa dignité et stimule son énergie.

Le décret pris par M. Leygues constitue la garantie la plus sûre d'ordre et de paix. Rien ne peut nous attacher plus fortement les indigènes et les associer à notre cuvre colonisatrice que les mesures que nous prenons pour leur assurer la juste rémunération de leur travail et la jouissance paisible de leurs biens.

Ethiopie. — L'accord abyssin. — D'Addis Ababa sont arrivés des télégrammes rassurants touchant l'adhésion de Ménélik à la convention stipulée à Londres entre l'Italie, la France et l'Angleterre, au sujet de l'Ethiopie. Dans le courant decemois, cette convention retournerait en Europe, munie du sceau du négus. Le texte de l'accord sera communiqué par les trois gouvernements contractants à leurs Parlements respectifs, et on assure, en outre, que l'Italie profitera de l'occasion pour publier un nouveau Livre Vert sur l'Ethiopie, qui contiendra d'importants documents à propos du développement de l'influence de l'Italie dans cette région depuis une dizaine d'années. 1. - EUROPE.

1904..

Gibraltar. — Le commerce des charbonnages en 1905. - Le décroissement constant que le commerce du charbon dans le port de Gibraltar subit depuis l'année 1890, s'est fortement aggravé en 1905. Pendant le dernier exercice, les navires relâcheurs n'ont en effet embarqué que 96.000 tonnes de houille.

Le tableau ci-dessous donne un aperçu de la marche du trafic des charbonnages dans les quinze dernières années : 1888.

506.000 1889.......

562.000 1890.....

450.000 1900.

303.000 1901...

219.000 1902...

167.000 1903.....

124.000

153.000 1905....

96.000 La légère reprise constatée en 1904 élait due à des circonstances particulières et passagères.

La concurrence que le port d'Alger fait au port de Gibraltar depuis une vingtaine d'années, comme havre de ravitaillement, a été en 1905, comme au cours des années précédentes, la principale cause du décroissement du trafic charbonnier dans cette possession britannique.

Au cours de l'année 1903, huit bâtiments de guerre français sont venus charbonner à Gibraltar; ils ont embarqué dans ce port 2.000 tonnes de houille.

Les prix établis par le syndicat des marchands de charbon à Gibraltar ont été les suivants en 1905 :

La tonne de houille, livrée au trou de soute du navire, le long du ponton, par marché isolé 27 francs et par marché à l'année 26 fr. 25.

Livraisons sur chalands, supplément de 4 fr. 38 par tonne.

Au 1er janvier 1906, les prix ont été fixés à 25 francs et 23 fr. 75, au ponton.

Au 1er mars 1906, les prix de l'année 1905 ont été rétablis, soit 27 fr. 50 et 26 fr. 25, au ponton.

Malte. – Mouvement commercial et maritime en 1905. — Le revenu brut des douanes de Malte, pendant l'année 1905, a élé de 6.938.055 fr. 40, accusant une diminution de 187.839 fr. 75 sur le montant perçu dans le cours de l'exercice précédent.

Le revenu a été de 6.632.917 fr. 60, soit une moins-value de 200.556 fr. 85 par rapport à l'année 1904. Ce chiffre est encore inférieur de 128.444 fr. 55 aux prévisions qui avaient été faites.

Les principales diminutions ont porté sur les farines, la bière, le sucre et les droits de dépôt de charbon sur les quais publics.

Les augmentations ont atteint surtout le blé, le pétrole, le vin, le tabac et les droits de tonnage.

Les tableaux ci-dessous donnent un aperçu du mouvement de la navigation :

Droits de tonnage.
Vapeurs........ augmentation : francs 10.500 »
Voiliers.........

4.189 35 Total de l'augmentation francs 14.689 35 L'accroissement du nombre des vapeurs a été de 134 et celui des voiliers 57.

TONNAGE
Vapeurs........ augmentation

360.407 tonnes
Voiliers......

13.406 Total de l'augmentation... 373.813 tonnes Sur les navires anglais on constate une augmentation de 334.817 tonnes et sur les navires étrangers également une augmentation de 39.296 tonnes.

Le tableau ci-dessous permettra de se rendre compte du mouvement de la navigation dans ce port pendant les années 1904 et 1905.

ENTRÉES
Vapeurs
Voiliers

Total Années Nombre Tonnage Nombre Tonnage Nombre Tonnage

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II. – ASIE. Indo-Chine. — Le commerce en 1908. – L'Office colonial vient d'établir comme suit les chiffres du mouvement du commerce général de l'Indo-Chine en 1905. Le commerce total (importation et exportation réunies de marchandises de toutes sortes) s'est élevé à une somme totale de 423.317.932 francs ; c'est une augmentation de 81.948.581 francs sur l'année précédente et de 106.673.020 francs sur la moyenne de la période quinquennale antérieure à 1904.

A l'importation les valeurs ont atteint le chiffre de 254.560.279 fr.; elles ont été ainsi supérieures de 69.564.615 francs à celles de l'année précédente et de 89.887.595 francs à la moyenne quinquennale.

Les exportations ont atteint le chiffre de 169.757.693 francs en augmentation de 12.383.966 francs sur l'année précédente et de 16.785.425 francs sur la moyenne quinquennale.

La part de la France dans ce mouvement commercial a été de 138.697.020 francs dont 107,864.651 francs à l'importation et 30.832.369 francs à l'exportation, présentant 30,3 % du commerce total, 42,3 % des marchandises importées et 18,2 % des marchandises exportées.

Le commerce avec les autres colonies représente 6.010.578 francs dont 4.089.211 francs pour l'importation et 1.921.367 francs pour l'importation, soit 1 % du commerce total, 1,7 % de l'importation et 0,3 % de l'exportation.

Les échanges avec les pays étrangers se sont élevés à 278.610.334 francs dont 142.606.417 francs à l'importation et 136.003.917 francs à l'exportation, soit 68,7 % du commerce total, 56 % de l'importation et 91,4 % de l'exportation.

II. – AFRIQUE. Ile de la Réunion. Le commerce en 1904. — Voici, d'après l'Office colonial, les résultats du commerce de la Réunion pour l'année 1904, comparés à ceux de l'exercice 1903 :

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Différence en

1904

TOTAUX GÉNÉRAUX
1903

1904 France..

30.411.562 23.064.371

.......... Colonies.................

1.687 382 3.962.818

8 601.544 5.861.364 Totaux.. ...

40.700.488 32.888.553

Etranger ...........

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