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20 Aucun indigène, dans le sens ainsi défini, ne pourra acquérir, dans l'archipel, la qualité de ressortissant à l'une des deux puissances signataires;

30 Les hauts commissaires et leurs délégués auront autorité sur les chefs des tribus indigènes. Ils auront, en ce qui concerne les tribus, le pouvoir d'édicter des règlements d'administration et de police, et d'en assurer l'exécution.

4° Ils devront respecter les meurs et les coutumes des indigènes pour tout ce qui ne sera pas contraire au maintien de l'ordre et de l'humanité.

ART. 10. - 1° Il sera établi un tribunal mixte composé de trois juges, dont un président. Un quatrième magistrat représentera le ministers public et procédera à tous les actes d'instruction. Ce tribunal sera assiste d'un greffier et du personnel auxiliaire nécessaire.

ART. 18. – Les langues officiellement usitées devant le tribunal mixte seront la langue française et la langue anglaise. Les débats seront interprétés et la rédaction des jugements devra être faite dans les deux langues lorsque le procès aura lieu entre ressortissants français et anglais. Les registres du greftier devront être tenus dans les deux langues.

ART. 20. – 1o Il ne pourra être armé, dans l'archipel des NouvellesHébrides, y compris les iles de Banks et de Torrès, que des bâtiments destinés à naviguer sous les pavillons de l'une des deux puissances signataires.

2° Les hauts commissaires détermineront, chacun en ce qui concerne les bâtiments naviguant dans l'archipel sous le pavillon de la puissance qu'ils représenteront, les règles auxquelles sera soumise la navigation de ces bâtiments.

ART. 29. - Il n'est en rien dérogé, par la présente convention, en ce qui concerne les bâtiments armés en dehors de l'archipel, aux règles respec. tivement tracées par les lois et règlements de la puissance sous le pavillon de laquelle naviguera le bâtiment.

ART. 31. - 1o Aucun bâtiment ne pourra se livrer au recrutement des travailleurs indigènes dans l'archipel des Nouvelles-Hébrides, y compris les iles de Banks et de Torres, que si le navire est sous le pavillon de l'une des deux puissances signataires et s'il est muni d'un pouvoir de recrutement délivré par le haut commissaire représentant celle des puissances signataires sous le pavillon de laquelle le bâtiment naviguera, ou par son délégué.

4° Les permis de recruter ne sont valables que pour une année.

ART. 57. - 1o A partir de la mise en vigueur de la présente conven. tion, il sera interdit dans l'archipel des Nouvelles-Hébrides, y compris les îles de Banks et de Torrès, et dans les eaux territoriales du groupe, de vendre ou de livrer aux indigènes, de quelque façon et sous quelque forme que ce soit, en dehors des exceptions limitativement énumérées ci-après, des armes et des munitions de guerre.

L'article 38 énumère quelques exceptions.

ART. 59. - 1o A partir de la mise en vigueur de la présente convention. il sera interdit dans l'archipel des Nouvelles-Hébrides, y compris les iles de Banks et de Torres, et dans les eaux territoriales du groupe, de vendre ou de livrer aux indigènes de quelque façon et sous aucun prétexte que ce soit, des boissons alcooliques.

- Les élections municipales de Londres. — Les élections municipales qui ont eu lieu à Londres au commencement de ce mois ont été une

victoire importante pour les conservateurs. Les conseillers sortants se répartissaient ainsi : conservateurs, 585 ; libéraux, socialistes et indépendants, 777. Les nouveaux membres des borough councils sont : conservateurs, 1.011; libéraux, socialistes et indépendants, 351. Les conservateurs ont la majorité dans 24 arrondissements sur 28.

Cette victoire a été très commentée au point de vue politique, el on en a naturellement déduit que le gouvernement libéral ne rencontre plus actuellement dans le pays l'enthousiasme qui se manifesta en sa faveur lors des élections législatives de 1906.

Autriche-Hongrie. — Mort de l'archiduc Othon. – L'archiduc Othon, neveu de l'empereur François-Joseph et frère de l'archiduc héritier François-Ferdinand, vient de mourir à Vienne, à la suite d'une longue et.douloureuse maladie.

L'archiduc Othon était agé de 41 ans. Il venait immédiatement après l'archiduc François-Ferdinand dans l'ordre de succession au třône d'Autriche-Hongrie. C'est son fils ainé qui lui succède à cet égard et devient deuxième héritier présomptif, l'archiduc François-Ferdinand ayant renoncé pour ses héritiers directs à tout droit sur la couronne, au moment de son mariage avec la princesse de Hohenberg, née comtesse Chotek.

- Le nouveau ministre des Affaires étrangères, baron d'Aerenthal. Le nouveau ministre austro-hongrois des Affaires élrangères, baron d'Aerenthal, ancien ambassadeur d'Autriche-Hongrie en Russie, s'est rendu, le 5 novembre, à Saint-Pétersbourg, pour présenter au tsar ses lettres de rappel. A son retour, le baron d'Aerenthal s'est arrêté quelques jours à Berlin. Au sujet de ce voyage, le correspondant berlinois du Temps a lélégraphié à son journal ces intéressants renseigne ments :

Un diplomate allemand me dit, à propos du voyage du baron d’Aerenthal à Saint-Pétersbourg et à Berlin, que les rapports entre Vienne et SaintPétersbourg deviennent plus étroits et qu'en même temps les relations entre Berlin et Saint-Pétersbourg gagnent en cordialité. Mais ce n'est pas une raison de parler de la restauration de la Sainte-Alliance non plus que de nous soupçonner de tenter à notre tour de débaucher la Russie. Nous savons que l'alliance franco-russe est intacte, et nous ne perdons pas de vue que des deux parties c'est la Russie qui a le plus d'intérêt à son maintien. Nous ne désirons avoir avec la Russie que d'amicales et confiantes relations de voisinage, et de voir se continuer et s'accentuer l'intimité entre les deux souverains. A Paris, d'ailleurs, on doit savoir que nous n'avons pas d'arrière-pensée qui soit de nature à jeter de la méfiance dans les bons rapports entre la France et l'Allemagne et on peut ajouter que, pour notre part, nous sommes persuadés des intentions du ministère Clemenceau d'entretenir de bons rapports avec l'Allemagne. Des conversations précises ne laissent aucun doute à cet égard pour les deux gouvernements.

D'autre part, avant de se rendre à Saint-Pétersbourg, le baron d'Aerenthal avait échangé avec le ministre des Affaires étrangères d'Italie, M. Tittoni, des dépêches télégraphiques très cordiales, exprimant la ferme intention, de part et d'autre, de faire une politique d'accord et de rendre les relations plus cordiales entre l'Aulriche et l'Italie. Enfin, dès le lendemain de sa prise de possession du ministère commun des Affaires étrangères, le baron d'Aerenthal eut avec le premier ministre hongrois, M. Wekerlé, une conférence de plusieurs heures, dont la longueur inusitée fut particulièrement remarquée. A la suite de cette entrevue, M. Wekerlé déclara à des amis et à des journalistes que M. d'Aerenthal lui avait promis que tous les désirs du gouvernement hongrois, au point de vue de la parité de la Hongrie dans le ressort du ministère des Affaires étrangères, seront satisfaits : augmentation du nombre des Hongrois dans les emplois, tant au ministère que dans les représentations à l'extérieur; octroi de nouveaux emblèmes et armoiries dans les consulals et les légations, enfin correspondance en langue hongroise, c'est-à-dire la réponse faite désormais en hongrois à des demandes adressées dans cette langue par des particuliers ou des corporations habitant la Hongrie.

Russie. L'apaisement en Russie. Le voyage de J. Istolski. – L'anniversaire de l'oukase du 30 octobre, qui instituait le régime constitutionnel en Russie, s'est passé dans le plus grand calme, malgré les inquiétudes préventives que l'on avait eues. Ce calme est l'heureux indice que l'apaisement tend à se faire dans l'Empire. On a toujours, il est vrai, à déplorer d'odieux attentats et de criminelles violences, mais ces faits si regrettables sont certainement moins fréquents et d'un caractère plus isolé, plus personnel que par le passé.

D'autre part, le ministre des Affaires étrangères, M. Isvolski, est rentré à Saint-Pétersbourg après avoir passé quelques jours à Berlin. Les journaux se disant bien renseignés ont publié, au sujet de ce voyage de M. Isvolski, les indiscrétions les plus abondantes et aussi les plus fantaisistes. Nous n'en voulons retenir que l'affirmation officieuse publiée à Saint-Pétersbourg que le ministre russe des Affaires étrangères a été très satisfait de son voyage & Paris.

II. – AFRIQUE.

Maroc. – L'insécurité marocaine. Déclarations de J. Reynault. Les incidents continuent à se produire nombreux au Maroc, qui accusent de plus en plus l'état regrettable d'anarchie régnant dans ce pays. A peine les affaires d'Arzila étaient-elles arrangées, si l'on peu! ainsi parler, par l'abdication du Makhzen entre les mains d'Erraissouli — nommé officiellement, dit l'Agence Havas, pacha d'Arzila et des provinces voisines — qu'un nouvel incident avait lieu à Tanger, intéressant plus directement notre pays.

Le 5 novembre, des bateliers marocains assaillirent à coups de

pierres le canot à vapeur du croiseur Galilée qui slationnait à l'appontement de Tanger. Un de nos marins fut blessé. Une enquête fut aussitôt ouverte sur les réclamations du gouvernement français, et les auteurs de l'agression furent arrêtés et emprisonnés. Et la nole officielle communiquée à cet effet aux journaux français ajoulait que des mesures avaient été prises pour empêcher le retour de pareils faits. Cependant, quatre jours plus tard, le 9 novembre, deux géomètres français, employés par une société française, étaient assaillis par deux miliciens marocains, alors qu'ils opéraient sur des terrains à proximité de Tanger. Les agresseurs, un moment arrêtés, furent aussitôt relâchés. Enfin, pendant plusieurs heures, la ville de Tanger a été privée d'éclairage par suite de la défense, faite par les agents d'Erraïssouli à la Compagnie d'électricité, de s'approvisionner d'eau dans les puits de la ville. La Compagnie a dû se résigner à payer à Erraïssouli un tribut pour obtenir l'eau nécessaire. Le gouvernement espagnol a avisé le Makhzen qu'il le rendait responsable des sommes ainsi indûment exigées de la Compagnie d'électricité.

Au sujet de cette regrettable situation, le Temps a publié, le 10 novembre, une intéressante conversation que son collaborateur, M. Georges Villiers, a eue avec M. Regnault, ministre de France au Maroc, de passage à Paris. Voici les déclarations de M. Regnault.

La grosse question du moment, a déclaré M. Regnault, est celle de la sécurité à Tanger. Nul plus que moi ne regrette les exagérations que publient certains journaux sur les affaires marocaines. Mais force m'est de reconnaître que la situation actuelle est loin d'être satisfaisante. Un de mes collègues étrangers la caractérisait récemment avec beaucoup de justesse en disant qu'un changement radical s'imposait. En quoi peut consister ce changement?

A l'heure où nous sommes, et surtout à Tanger, l'autorité du Makhzen n'existe plus. C'est l'impuissance et l'abdication totale au profit d'Erraissouli. Et Erraissouli, devenu fonctionnaire, a gardé des meurs de brigand. Le jour où, sur ses sommations, le Makhzen l'a nommé caid du Fahç, c'est-à-dire de la plaine, ou en d'autres termes de la banlieue de Tanger, où les Européens ont de grosses propriétés, il avait espéré sans doute le contenir et le dominer par les liens de la hiérarchie. Il est trop clair aujourd'hui qu'Erraissouli ne se reconnait point de maître. Le Temps a publié le récit de ses derniers exploits : fermeture des puits, taxes illégales prélevées à main armée, scellés apposés sur les pompes de la Compagnie espagnole d'électricité, extorsions de fonds sous tous prétextes, exécutions arbitraires ; - je n'y reviens pas. Je constate seulement que, si demain Erraissouli veut, après la banlieue, tenir aussi Tanger, ce n'est pas le Makhzen qui pourra l'en empêcher,

Est-ce à dire qu'on doive prévoir pour une heure prochaine des événements fâcheux ? Il est impossible de rien affirmer, car au Maroc les événements ne s'enchainent pas suivant un ordre logique. On assiste à l'embrasement de successifs feux de paille, qui demain seront éteints, mais qui après-demain peuvent flamber de nouveau. Je ne saurais mieux traduire ma pensée qu'en vous disant que c'est l'incertitude absolue. Cela peut s'arranger. Cela peut s'aggraver. Nul ne sait si c'est la première

hypothèse qui se vérifiera ou la seconde. Vous voyez donc que je tre suis pas un prophète de malheur. Mais ce qu'il faut bien comprendre, c'est qu'à Tanger on ne peut compter à aucun degré sur le gouvernement du suitao. Ce gouvernement n'existe malheureusement pas. C'est le néant. Or, le néant n'est pas une garantie. Et c'est pourquoi, sans pousser les choses au noir, je pense que l'insécurité présente, l'impossibilité ou l'on est de tabler sur l'avenir créent pour les étrangers résidant au Maroc un état de choses qui justifie toutes leurs préoccupations. Tanger est un. ville trop européenne pour que celle instabilité puisse s'y prolongar sans dommage.

Là contre, que pourons-nous faire ? Pour le présent, rien de plus que ce que le conseil des ministres a décidé. Je crois d'ailleurs que la pres since du Galilée, de la Jeanne-d'Arc et des deux vaisseaus espagn.: suffit comme avertissement. Pour l'avenir, nous remplirons, avec l'Esd. gue, le rôle que nous a tracé la conférence et nous le remplirons aus vite que nous pourrons. Vous savez suelle est la marche à suivre : d'abord constituer la Banque d'Etat, puisque c'est elle qui payera la police. Le comité d'études a, cet éls, élaboré les statuts. Ces statuts ont été, conime le prévoyait l'Acte final, soumis à l'approbation des quatre censeurs, qui est acquise. Le comité rédige en ce moment même le règlement intérieur qui déterminera les relations de la Lanque arec le gouvernement marucain. Et je pense que ce règlement sera complet aujourd'hui ou demain. Quand il aura été, comme les statuts, approuvé par les censeurs, nous serons à pied d'ouvre. Et il ne restera plus qu'à former l'assemblee générale. Pour réunir cette assemblee, il faut que toutes les puissances aient ratifié l'Acte fiua!. En admettant -- et j'espère qu'on gagnera du temps — que les ratifications ne soient achevées que le 31 décembre, j'estime que la Banque pourra fonctionner au plus tard dans le courant de fevrier.

Dici là, nous nous mettrons, avec l'Espagne, d'accord sur l'organisation de la police. Le gouvernement suisse pourra désigner l'inspecteur. Et dès le mois de mars, par conséquent, le règlement relatif à la police. réglement à l'élaboration duquel doivent participer l'officier français et l'officier espagnol le plus élevé en grade, l'inspecteur et un délégue chérifien, sera vraisemblablement établi. Il n'est donc pas téméraire de conclure que la police aura ses cadres prêts au début du second trimestre de 1907. Ce que je vous ai dit tout à l'heure me dispeose d'ajouter qu'il eût mieux valu, dans l'intérêt de tous, abréger ce délai. Mais comment eût-ce été possible ?

Au reste, nous allons tout de suite, mes collègues et moi, nous mettre a un travail utile. Vous savez que la conference a charge le corps diplomā. tique d'établir avec les représentants du Maklızen les règlements relatifs aux travaux publics et à la répression de la contrebande. Sur cette derniere question, l'Acte final est assez détaillé pour que nous n'ayons pas grande chose à y ajouter. Sur la première, qui est essentielle tant au point de vue du développement économique du Maroc qu'à celui de la bonne harmoule entre les puissances, les plénipotentiaires ont posé des principes. Il nous faut les traduire en dispositions pratiques. Mokhi, de retour de Fez, a déja fait savoir aux légations qu'il était prêt à commencer cette étude. Nous sommes tous désireux de la conduire à bonne fin dans le plus bref délai.

Restent les incidents de frontière. Il ne faut pas en exagérer l'importance, mais il serait fâcheux pourtant de les négliger. Je ne crois pas du tout aux megaces de guerre sainte, dont quelques journaux ont parlé. l'ar

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